Fantasia : La dernière épopée. T3

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Summary

Le Tournoi des Lames approche. Pour Mylon, un guerrier mi-humain mi-démon, c’est bien plus qu’une simple compétition : c’est l’unique chance de gagner sa liberté, de protéger ceux qu’il aime, et de repousser l’ombre qui menace de le consumer. Mais alors que les démons s’éveillent et qu’une nouvelle menace plane sur l’humanité, Mylon se voit contraint d’accomplir l’impossible : triompher sans utiliser de magie dans un tournoi où elle fait la loi. Voici la suite de son histoire après le tome 2, la suite de ses aventures dans un monde en proie à la guerre et où les démons sont haïs.

Status
Ongoing
Chapters
58
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 : Frère et Soeur

Elle était là, assise sur un banc au niveau du parc et accompagné de Lazulis. Adamantine se retrouvait seule en cet après-midi qu’elle avait choisi de passer au calme. Elle qui d’habitude se serait jeté sur la Piou pour la câliner, observait à la place et calmement la statue du héros, la comparant inconsciemment à Mylon. Mais elle recentrait en même temps tous les évènements qui s’était déroulé récemment :

Ils étaient arrivés enfin à Elmoth où elle faillit se faire assassiner une première fois. Ensuite, après que Mylon leur ait offert des souvenirs d’adieux, ils avaient retrouvés les parents de Marlène, signifiant la fin de leur première quête mais une deuxième vint s’imposer : les lames du héros. En effet, Mylon en avait besoin pour soigner une fameuse maladie et Adamantine lui avait promis de rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il les obtienne . Néanmoins, Anathon Valkyar, le maître de la ville, les avait déjà mises en tant que récompense au prochain tournoi de la ville dont les inscriptions étaient déjà closes. Ainsi, nos deux héros avaient besoin de s’entretenir avec lui pour y participer mais il était difficile pour eux d’obtenir un entretien même avec le statu de noble d’Adamantine. Pour chance, d’autres nobles se trouvaient en ville avec la cérémonie des protecteurs ce qui lui avait permis de participer à un bal où se trouvait Anathon. De fil en aiguille et des évènements soudains, le maître de la ville en vint à organiser une bataille royale entre tous les protecteurs avec en récompense au gagnant la participation au tournoi des lames du héros. Mylon réussit à triompher sur ses adversaires, bien que ce ne fut que par abandon de ceux-ci. Pour couronner le tout, en fin de cette bataille royale, une énième tentative eut lieu et visant cette fois-ci tous les nobles qui y réchappèrent. Cela faisait 10 jours qu’ils se trouvaient à Elmoth et c’est donc après cette tentative d’assassinat de ce matin qu’Adamantine se retrouvait au parc.

C’était la troisième depuis qu’elle se trouvait à Elmoth, trois tentatives d'assassinats où elle était présente. Elle se questionna alors sur leurs origines :

Je suis sûr que la première était commanditée par mon frère, la deuxième concernait uniquement les Solus et la troisième nous visait tous : mais pourquoi ? Arthur Pendora avait l’air d’avoir compris quelque chose et a mentionné le mot “discours”...


Devant elle passa au même moment des enfants qui jouaient ensemble. Cela fit sourire notre chevaleresse mais lui causa aussi un déclic :

Mais oui ! Anathon et l’évêque ont réalisé un discours pour rassurer leurs citadins quant à leur sécurité dans la ville ! Et si cette tentative n’était qu’un plan pour berner les citoyens ? Sachant que Riva arrêterait forcément l’assassin, ils l’auraient piégé et ordonné d’atteindre à nos vies pour démontrer leurs capacités à nous protéger, nous les nobles. Mais, cela m’a l’air d’être un plan trop bancal pour venir de Katia. Je ne vois pas non plus Anathon risquer la vie de sa fille pour une telle broutille. Me tromperais-je alors ?


Pendant qu’Adamantine raisonnait avec elle-même, notre chevaleresse caressait Lazulis qui appréciait la douceur des gestes. Ce fut tel qu’elle se mit à gazouiller comme un chat qui ronronnerait. De son côté, notre chevaleresse repensa, après avoir vu un membre de Mitra non loin, à la présence de l’évêque et de sa participation au discours :

Cela ne pourrait venir que de lui alors ? Je n’ai pourtant pas senti d’animosité de la part de cet homme lorsque nous avons discuté. Mais, si ce que m’avait raconté Mylon est vrai, c’est plausible…


Or elle se sentit coupable d’assumer autant sans preuve et voulut s’en assurer auprès de Katia. L’interrogatoire se déroulait certainement au Palais, ce qui allait être sa nouvelle destination.

Avant même qu’elle ne puisse se lever, quelqu’un vint l’interrompre :

— C’est donc là que tu te trouvais, Sœurette. J’en ai bien mis du temps à te retrouver, tu sais ?


En sentant une aura bien particulière, Lazulis hérissa ses plumes par instinct et fixa ardemment l’individu qui se tenait à côté de Damien. Prête à le béqueter en cas de pépin, bien qu’elle tremblait comme une feuille. De son côté, Adamantine souffla ennuyée :

— Damien… Que veux-tu cette fois-ci ?


— Tirer tout au clair. Les plus suspects dans cette affaire, c’est bien toi et ton protecteur. Je te trouve aussi bien trop sereine après que l’on a tenté de nous assassiner et tu es là après un tel acte, seule et sans ton protecteur.


— Eh bien, c’est la deuxième fois que cela m’arrive depuis que je suis à Elmoth donc je suis habitué. Dis-moi, ne serais-tu pas au courant pour la première tentative par hasard ?


Damien afficha un visage plus grave face à cette information et répondit :

— Que sous-entends-tu ? Tu m’accuses toi aussi ?


— Oui et non, je ne voyais qu’une seule personne capable en ville d’en vouloir à ma vie. Mais peut-être serait-ce quelqu’un d’autre ?


— Pour être franc avec toi, cela m’aurait bien arrangé que tu disparaisses mais non, ce n’était pas moi. Pas après que tu nous as débarrassé de Lancelot et que ton nom en ressorte en bien de la bouche de plusieurs bourgeois.


Adamantine en écarquilla des yeux, choquée de la sincérité qu’elle ressentait dans ses mots.

Ce n’est pas vraiment lui alors ? Mais qui ? Qui pourrait en vouloir à ma vie ? Mon père ? Non, celons la même raison, il n’aurait pas fait une telle chose. Qui pourrait m’en vouloir…

— Ka…tia ? marmonna-t-elle en ayant eu une révélation.


— Cette maudite renarde ? questionna Damien. C’est bien possible, elle a toujours détesté notre famille… Mais revenons-en au sujet principal, ma sœur : je veux la vérité, sur toi et ton protecteur.


— Et que vas-tu faire si je ne te dis rien ?


— Convaincre père d’enfin te châtier, tu sais comment il m’écoute. Je peux déformer un peu la réalité et ta vie deviendrait directement un enfer. Comme lui dire que tu as une relation avec cet homme, que tu as brisé ton serment.


Il parle de Katia comment un renard, mais lui-même est un.


Adamantine commençait à fatiguer devant l’insistance de Damien. C’est ainsi qu’elle lui rétorqua :

— Avant de me demander cela, ne devrais-tu pas me dire qui est cet homme qui se tient à tes côtés ? J’ai bien compris que tu l’avais choisi comme protecteur et qu’il t’avait choisi lui aussi mais, pourquoi le masque ? Pourquoi ce nom ?


— Eh, se moqua Damien. X ne veut juste pas montrer son visage, voilà tout. Il n’y a vraiment rien de particulier. Je lui ai proposé une somme adéquate pour ses services et il a accepté. Je m’en contrefiche de son visage ou de son identité, dûment qu’il réalise son travail.


— Je vois mais, la personne en question, demanda Adamantine à X. Elle ne veut pas parler d’elle-même ?


Elle voyait bien à travers ce casque en vitre teintée qu’X l’observait mais il se muait toujours dans le silence.

— Que veux-tu, intervint Damien. C’est comme ça. Je t’ai dit la vérité maintenant, c’est à toi.


Adamantine hésita un instant. Son frère n’allait pas la lâcher sur ça et allait fouiner partout jusqu’à trouver la réponse. Rien ne le satisferait à part la vérité... ou un « bout » de vérité.

— Tu veux vraiment connaître la vérité ? Eh bien, ce n’est pas moi qui aie tué Lancelot.


— C-comment ? s’étonna Damien.


— C’est lui, Mylon, il est la personne qui a abattu Lancelot. J’ai échoué pour ma part, Lancelot m’avait mis aux portes de la mort quand Mylon a volé à mon secours. Depuis, tout au long de notre voyage pour revenir, il n’a fait que me sauver à maintes reprises. J’ai bien essayé de lui rendre la pareille mais à chaque fois, il en faisait plus que moi. C’est ainsi, parce qu’il voulait participer au tournoi des lames, que j’en ai fait mon protecteur. Content ? Tu peux me dénoncer à père si tu le souhaites, de toutes façons, il faut que je paie pour mon échec.


Damien resta silencieux un moment. Elle attendait qu’il rage, qu’il se moque d’elle ou bien encore qu’il l’insulte de tous les noms. Même X regarda curieusement son maître, attendant une réaction qui vint enfin.

— Non, je n’en ferais pas part à père.


— Quoi ? Pourquoi ? C’est ta chance de définitivement obtenir la directive de notre maison.


— Lancelot est mort de ta main, c’est la version que doit retenir l’histoire. Cela devait être toi ou moi pour que l’honneur de notre famille soit restauré. Il est ton protecteur maintenant, non ? Alors de facto, tu es responsable de sa mort. Si je veux que notre domaine et notre famille persiste, il me faut que les gens reprennent confiances en nous.


— Toujours pour tes propres profits, hein ?


— Tout comme les tiens, idiote. Si tout se passe bien et que tu continues comme ça, père et moi te libérerons le jour de la passation du rôle de chef. En tout cas, cela ne répond pas à mes interrogations : qui est cet homme ? Celui qui a tué Lancelot, ce Damné. Aucune de ces victimes de Draineclats ne peut être aussi forte, cela a été prouvé par diverses études.


— Qui il… est… Je- C’est… Tu ne me croirais pas si je te le racontais de toute façon, affirma-t-elle.


— Il est de la famille Dragnir, c’est ça ?


— Non mais c’est quelque chose d’aussi surprenant.


— Parle à la fin ! C’est énervant de te voir tourner autour du pot.


— Mylon est bien un Damné mais c’est le fils d’Einberg Grimorl.


À cette mention, Adamantine sentit étrangement une plus grande pression de la part d’X mais pas de Damien. Son frère s’interrogea plus particulièrement :

— Einberg… Einberg, Einberg. Ça me dit quelque chose. Grand-mère ne nous avait pas parlé de cet homme dans ses histoires ?


— Si je te parle de « Great Heaven », cela te rappelle quelque chose ?


— Ah, lui ! s’écria Damien. Mais n’était-il pas mort au combat lors du jour de la rupture ?


— Et si je te disais que-


— Non, stop, la coupa-t-il. Pas un mot de plus, je ne veux pas être au courant. Connaître la vérité sur ce qu’il s’est passé ce jour n’amènerait que mort et malheur. J’ai déjà vu la Reine de mes propres yeux et ce fut assez, je tiens à ma vie moi.


— Je te reconnais bien là... Maintenant que tu sais, c’est bon ? Tu es satisfait ?


— On peut dire ça, grommela-t-il. Je vais te laisser tranquille sur tout ça. Je reste suspicieux envers vous mais j’attends le verdict de l’interrogatoire de l’assassin pour me faire un vrai avis.


Et justement, au même moment, un gladiateur se présenta à eux et leur informa :

— « L’interrogatoire est terminé. Le coupable a tout avoué et maître Valkyar souhaiterait tous vous voir au Palais. » Voilà le message que Dame Katia m’a demandé de vous délivrer.


— Déjà ? s’étonna Adamantine.


— Je n’ose pas imaginer les techniques de tortures que cette renarde a dû employer.


Adamantine et son frère accompagnèrent volontiers l’homme qui les conduisit ainsi jusqu’au Palais. Notre héroïne avait réussi à écarter son frère de la vérité sur les origines de Mylon tout en en révélant une part de vérité. Lui en voudra-t-il pour une telle chose ? Cela l’inquiéta mais elle se força à se concentrer sur la situation actuelle, surtout que Katia était rentrée dans son équation de suspects. Était-ce un piège tourné à leur encontre ? Seule cette altercation leur confirmera la chose...

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