Customize readability
Aa

Réseaux tendus

All Rights Reserved ©

Summary

Jade Serrano n’avait pas prévu de se retrouver au cœur d’un champ de bataille émotionnel. Photographe d’architecture, engagée et libre, elle pensait simplement documenter la rénovation d’un ancien théâtre parisien. Elle y rencontre Alba Veyron directrice du projet, femme de pouvoir, de silences tranchants et de contrôle absolu. Entre elles, tout heurte : les règles, les regards, les désirs. Ce qui devait être une simple mission devient un jeu dangereux, une tension constante où l’orgueil et la peau se mélangent, où personne ne sait vraiment qui mène la danse. Deux femmes. Deux mondes. Une seule chose est certaine aucune n’en sortira indemne.

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 – Le verre et la pierre

L'air sentait la poussière vieille et le plâtre humide. Un bâtiment entre deux vies. Le genre d'endroit que Jade Serrano préférait. Elle avançait doucement à travers le vieux théâtre, appareil photo en bandoulière, sac de tirages sous le bras. Il faisait froid. Pas un froid mordant mais un froid de non-habité. Un silence gelé. Elle avait eu l'accord de photographier l'avancement des travaux mais elle ne comptait pas se limiter à la documentation. Elle voulait montrer les blessures du lieu. Les cicatrices que les architectes s'apprêtaient à couvrir. Sans demander la moindre autorisation, elle avait imprimé six tirages. Des morceaux du bâtiment, photographiés au moment où les murs s'écaillaient, où les plafonds implosaient. Elle avait mis de la colle forte, des clous et de la conviction dans son sac, les fixa au mur du hall principal. Une grande pièce voûtée aux vitres salies, où la lumière du matin entrait comme un cri étouffé. Elle venait de planter le quatrième tirage quand elle entendit la voix.



— Ce n'est pas une galerie. Qui vous a laissé faire ça ?


Elle ne se retourna pas tout de suite, mais le ton froid, tranchant, maîtrisé lui fit deviner sans peine qu'il ne s'agissait pas d'un ouvrier. Quand elle se retourna enfin, elle la vit. Madame Veyron. Une beauté sévère, une prestance glacée. Quelque chose de puissant émanait d'elle sans qu'elle ait besoin d'un mot de plus. Jade prit tout son temps et appuya sur le bord du tirage, vérifia l'alignement, puis se retourna enfin. C'était bien elle, avec un manteau noir structuré, les cheveux tirés, les yeux sans expression.


— Je pourrais vous demander la même chose, répondit Jade.


— C'est mon bâtiment.


— Et ça, c'est mon image de votre bâtiment. Ça ne vous appartient pas.


— Vous êtes là pour documenter. Pas pour imposer, mademoiselle Serrano.


— Je suis là pour montrer ce que vous refusez de voir.


Un silence épais. Madame Veyron avança de deux pas. Son regard balaya les photos sans émotion.


— Vous allez tout retirer, Immédiatement.


— Non.


Madame Veyron la fixa, longtemps, trop longtemps.


— Vous êtes photographe, mademoiselle Serrano. Pas architecte. Pas urbaniste. Pas critique sociale.


— Vous êtes directrice d'un projet qui efface tout ce qui dépasse. Est-ce que ça vous rassure de tout lisser ?


— Ça me permet d'éviter que les gens comme vous fassent croire qu'ils comprennent ce qu'ils regardent.


— Je comprends assez pour déranger, apparemment.


— Et moi assez pour vous faire sortir d'ici, si vous insistez.


Nouveau silence. Chargé comme une pluie d'orage. Jade haussa les épaules, sans rompre le contact visuel.


— Alors faites-le.


— Ce n'est qu'une question de temps.


Et elle tourna les talons, sans dire un mot de plus mais Jade savait une chose elle ne reculerait pas non plus. Ce chantier allait devenir un champ de bataille et elle comptait y laisser des traces. Les jours suivants, Madame Veyron ne reparut pas mais son absence n'avait rien de vide. C'était une décision. Un retrait tactique. Les tirages de Jade restèrent sur les murs, pas arrachés, pas déplacés, juste ignorés ou plutôt traités comme des erreurs techniques qu'on contourne, sans se salir les mains. Jade en avait vu d'autres et savait lire les silences professionnels. Ceux qui remplacent les avertissements. Ceux qui précèdent les sanctions. Le personnel du chantier, d'ordinaire courtois, devenait sec. Les sourires étaient mécaniques et les réponses réduites à l'essentiel. Certains évitaient même de croiser son regard. Elle comprit que la guerre avait commencé et Madame Veyron l'avait déclarée sans mots. Cela ne fit que nourrir sa détermination. Elle continua à photographier. Pas les pièces rénovées, pas les baies vitrées flambant neuves. Les coins, les dessous, les interstices. Là où le projet officiel ne regardait pas. Elle passa un jour entier à suivre la lumière naturelle dans la cage d'escalier arrière, photographiant comment elle déformait les marches brisées. Le soir, elle développa une série de huit images. La plus forte, elle l'imprima en grand format. Elle la cloua dans l'ascenseur de chantier, à hauteur de regard.


Le lendemain matin, elle fut arrachée. Pas proprement mais brutalement avec des traces de colle et un coin déchiré. Jade sourit en voyant les restes du papier au sol. Enfin, Madame Veyron avait répondu, pas avec des mots, pas avec des sanctions officielles mais avec un geste. Un geste qui disait "Je vous ai vue. Je ne vous tolère pas." et Jade sentit quelque chose vibrer en elle, pas du désir, pas de fascination. Une énergie ancienne. Celle qu'on ressent face à quelqu'un qui nous pousse hors de nos propres limites. Quelqu'un qui nous force à avancer, même en nous bloquant. Quelqu'un qu'on ne peut pas ignorer et qu'on refuse de fuir. Le soir même, Jade décida d'en savoir plus, pas sur le chantier et surtout sur Madame Veyron. Elle s'installa dans un café, dos au mur, ordinateur sur les genoux et tapa "Madame Veyron projets architecturaux". Des centaines de résultats. Des interviews. Des plans. Des photos officielles, lisses, retouchées. Chaque bâtiment semblait ciselé à la perfection, Trop. Elle lut les comptes-rendus. Les discours. Madame Veyron parlait toujours d'efficience de durabilité d'optimisation des flux mais jamais d'habitants. Jamais de mémoire. Juste de matériaux de délais de rentabilité. Puis, en remontant plus loin, elle tomba sur une archive ancienne. Un projet abandonné, la restructuration d'un ancien hôpital psychiatrique en résidence étudiante. Architecte principale : Madame Alba Veyron. Projet interrompu après un an. Jade cliqua. Le lien était lent. Le site, désuet. Elle découvrit quelques photos, un lieu immense, presque gothique, une esthétique beaucoup plus brute que le style actuel presque... intime et un article de blog obscur, écrit par une étudiante en architecture à l'époque. Elle parlait du projet comme d'une tentative "trop humaine", "trop sensible", qui aurait été "sanctionnée". Une phrase la frappa "Ce qu'elle avait commencé là-bas était dangereux, non pas parce que c'était mauvais mais parce que c'était vivant et dans ce monde, on punit les architectes qui laissent la vie dépasser les plans." Jade resta figée et si elle avait été différente, autrefois ? Et si ce qu'elle était aujourd'hui... n'était qu'une armure ? Elle secoua la tête et ne voulait pas comprendre. Elle voulait démonter son pouvoir mais cette faille, cette trace de vie, c'était une prise et dans une guerre, toute faille est une porte.


Le lundi suivant, une réunion de coordination fut convoquée dans la salle vitrée du rez-de-chaussée. Madame Veyron était là, calme, impeccable. Elle parlait de planning, de livraison, de contraintes réglementaires. Son autorité était un gant de velours autour d'un poing de granit, personne ne l'interrompait, personne ne doutait. Jade, pourtant, était assise au fond de la pièce. Officiellement observatrice. Officieusement provocatrice. Quand vint le moment de discuter de l'espace public du futur bâtiment, elle leva la main. Une seconde de silence. Tous les yeux se tournèrent vers elle.


— J'ai étudié vos projets passés, dit-elle. Certains espaces ont été pensés autrement, au départ, avant d'être abandonnés. Pourquoi avoir retiré ce que vous aviez tenté à Saint-Marc ?


Le nom du projet abandonné. Un frémissement léger à peine visible mais Madame Veyron répondit sans cligner des yeux.


— Ce projet a été stoppé pour des raisons administratives. Ce n'est pas pertinent ici.


— Pourtant, le même type de structure était prévu. Même usage hybride. Vous l'avez évacué, cette fois. Volontairement ?


Madame Veyron ne répondit pas tout de suite puis, d'une voix plus froide encore :


— Je n'ai pas pour habitude de recycler mes erreurs.


Jade sourit. Lentement mais ne dit rien, le silence s'allongea. Quelqu'un toussota, un autre regarda ses notes. Puis Madame Veyron reprit comme si rien ne s'était passé mais Jade avait vu, le mouvement de paupière. Le recul d'un centimètre. La crispation des doigts et elle comprit que la faille était là. Toujours présente. Toujours douloureuse. Elle n'avait pas besoin de plus, pour l'instant et voulait que Madame Veyron sache qu'elle savait, qu'elle n'allait pas s'arrêter là.


Deux jours plus tard, un nouveau planning tomba, officiel, validé, imprimé. Au milieu de la feuille, entre les lignes techniques et les délais de bétonnage, une note : "L'intervention photographique de Mme Serrano sera limitée aux zones B2 et C4 jusqu'à nouvel ordre.

Tout accès à la mezzanine, au hall principal et aux zones en contact client est suspendu."

Pas un mail. Pas un appel. Juste une note impersonnelle mais tranchante comme une lame neuve. Jade la lut trois fois. Elle ne réagit pas tout de suite mais ses doigts se crispèrent légèrement. Elle monta jusqu'à la mezzanine. Son endroit favori. Un espace où la lumière du matin dessinait des lignes folles entre les poutres rouillées. À l'entrée, un ruban rouge avait été tendu. Discret mais visible et un petit panneau "Accès restreint intervention technique."

Elle sourit sans joie. Technique, hein ? Elle prit une photo du ruban. Une autre du panneau. Puis elle redescendit, sans un mot.


L'après-midi même, elle alla au bureau temporaire Madame Veyron. Porte ouverte, verre dépoli. Elle était assise, concentrée sur des plans. Jade frappa. Une fois. Puis entra.


— Belle manœuvre.


Madame Veyron ne leva pas les yeux.


— Ce bâtiment a besoin d'ordre. Vous créez du désordre.


— Et vous avez peur de ce qu'on voit dans ce désordre ?


— J'ai peur du gaspillage. Du bruit. De l'ego.


— Ce n'est pas mon ego que vous avez balafré. C'est l'espace.


Cette fois, Madame Veyron leva enfin les yeux.


— Je vous ai laissé plus de liberté que ce que le contrat prévoit. Vous en avez abusé. Ce n'est pas une punition. C'est une correction.


— Vous m'avez confinée à l'ombre.


— Ce que vous voyez comme de l'ombre est peut-être ce qui reste à sauver ici.


Un silence, court mais pas vide puis Jade tourna les talons. Elle ne répondit pas parce que dans cette phrase... il y avait une fissure. Pas de faiblesse mais un glissement. Un aveu masqué et ça, c'était exploitable. Le jeudi matin, un groupe inattendu arriva sur le chantier. Des investisseurs. Trois hommes en costume et une femme plus jeune, les yeux pleins de doute et d'ambition. Personne n'avait prévenu Jade mais elle était là, appareil à la main, prête à capturer la lumière dans un angle abandonné. Elle vit le cortège passer, guidé par Madame Veyron en personne.


Voix posée. Démarche fluide. Elle récitait les éléments du projet comme on récite une prière mais en traversant le hall, l'un des visiteurs s'arrêta. Il avait vu une des photos restées sur le mur. Un tirage de Jade. Un des seuls que Madame Veyron n'avait pas encore fait retirer.


— C'est vous qui avez fait ça ? demanda l'homme en désignant l'image.


Alba hésita. Un fragment de seconde.


— Non, dit-elle. Une initiative indépendante.


— Je trouve ça fort. Brut mais... il y a quelque chose. On pourrait les intégrer, non ?


Un silence, léger mais lourd. La jeune femme du groupe s'approcha à son tour.


— C'est rare de voir ça dans un projet aussi carré. J'aime bien. Ça donne une identité.


Jade s'approcha, calmement.


— C'était l'idée.


Madame Veyron se tourna lentement vers elle. Rien ne bougea dans son visage mais Jade sentit la tension, comme un élastique tendu entre deux points.


— Ce n'est pas ce qui était prévu, dit Alba.


— Mais c'est ce qui est vu.


Un regard. Sans menace mais avec tout ce qu'il fallait de poids.


— Vous avez deux heures pour tout décrocher, dit Alba en se tournant vers elle, la voix douce mais définitive.


Le groupe échangea des regards surpris.


— C'est dommage, souffla la jeune femme. Ça humanisait le lieu.


Mais personne ne dit plus rien et quand ils quittèrent le hall, Madame Veyron resta seule. le cœur battant trop fort. Ce n'était pas une victoire ni une défaite. C'était un seuil et elle venait de le franchir. Jade aussi. Pas un mot mais leurs regards s'étaient croisés et cette fois, dans les yeux de Madame Veyron, il n'y avait plus du mépris. Il y avait autre chose, quelque chose de personnel. Jade rentra plus tard ce soir-là.



La lumière du salon était tamisée. Une odeur de curry flottait dans l'air.


— T'as mangé ? demanda une voix douce depuis la cuisine, Lina. Sa colocataire. Et sa meilleure amie depuis huit ans.


— Pas vraiment. J'ai eu une journée... tendue.


Lina sortit deux assiettes du four. Elle avait gardé la chaleur, comme toujours, prévenante, silencieuse. Trop silencieuse, parfois. Elles s'installèrent sur le petit canapé, les jambes croisées comme dans un vieux rituel familier.


— Elle a un nom, cette terreur du béton ?



— Alba Veyron. La terreur en talons, Oui.


— Elle t'a jetée dans le béton ?


— Pire. Elle m'a fait retirer mes tirages devant des investisseurs. Juste après qu'ils aient dit qu'ils les trouvaient intéressants.


Lina ne dit rien tout de suite. Elle regardait Jade manger, concentrée sur sa fourchette.

Puis, doucement :


— Pourquoi tu t'accroches autant à ce projet ? À elle, peut-être ?


Jade releva la tête.


— À elle ?


— J'en sais rien... T'en parles avec un drôle de ton, parfois.


Un silence.


— C'est parce qu'elle me bloque. Parce qu'elle ne veut pas voir. Ça m'obsède, oui. Mais pas comme tu crois.


Lina détourna les yeux.


— Laisse tomber. J'ai rien dit.


Lina sourit. Doucement, comme si elle voulait effacer quelque chose qu'elle n'avait pas dit.

Son regard resta un peu trop longtemps sur Jade mais Jade n'y vit qu'une forme de déception muette. Elle se dit que Lina n'aimait pas la façon dont ce projet la changeait. Qu'elle la trouvait peut-être trop tendue, trop acharnée, trop prise dans quelque chose qui ne la regardait pas. Jade soupira intérieurement. Elle avait l'habitude.



— Merci pour le curry, souffla-t-elle. T'es la meilleure.



Lina hocha la tête sans rien dire et le silence reprit sa place, comme une vieille habitude qu'on ne questionne plus.



Le samedi soir, Jade retourna sur le chantier, seule, sans badge, sans autorisation. Elle connaissait un accès secondaire une porte arrière qui ne fermait jamais tout à fait puis la poussa doucement. Un grincement et le silence. Elle alluma sa lampe frontale. Elle n'était pas venue photographier cette fois. Jade était venue comprendre, elle gravit les marches du bâtiment comme on grimpe dans un souvenir interdit. Le hall était plongé dans le noir mais elle le traversa sans hésitation. Puis elle monta jusqu'à la mezzanine. Le lieu qu'on lui avait interdit, son lieu. Elle s'arrêta, écouta. Un bruit. Une respiration ? Non... une voix, Lointaine. Elle coupa sa lampe. Avança lentement au fond de la mezzanine, un petit bureau de fortune. Éteint mais une lumière filtrée passait sous la porte. Jade s'approcha, des papiers, des plans posés là et sur le mur, fixée avec une punaise sa photo. Celle que l'investisseur avait aimée. Madame Veyron l'avait gardée. Pas affichée publiquement mais pas détruite non plus, Juste... posée là. Comme un secret et en dessous, griffonné à la main, un mot sur un coin de papier "Tout ce qui est vrai est inconstructible. AV." Jade resta figée. Le silence du chantier lui parut tout à coup vivant. Pas vide, pas hostile mais chargé. Elle recula, referma la porte doucement et descendit sans bruit, le cœur battant trop fort. Ce n'était pas une victoire ni une défaite. C'était un seuil et elle venait de le franchir.

Let Soleil d’encre know what you thought about this chapter!
Love this

2

Love this

Funny

0

Funny

Spicy

0

Spicy

Suspenseful

0

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

0

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

1

Good Writing

Compelling Plot

0

Compelling Plot

Great Character

0

Great Character

Strong Dialog

0

Strong Dialog

Further Recommendations

Destino Secreto

Karin Rogowski: Gut geschrieben und beschrieben. Die Charaktere und Situationen sind stimmig und nehmen einen gefangen. Mich hat das Buch ab der ersten Zeile fasziniert, genau wie die anderen Bücher davor. Sehr guter Schreibstil und eine sehr gute Übersetzung, nebenbei bemerkt. Dankeschön, dass Du Deine Bücher ...

Read Now
My Blacksmith Savior

Martina partsch: Eine liebenswerte,nette Liebesgeschichte mit einem emotionalen Happy End,fast wie im Märchen.Danke für die schöne Geschichte .

Read Now
Ein Kuss für den CEO

eLue: Dieses „Buch“ ist so schön, ich muss mich zwischendurch bemerkbar machen, bevor der Roman zu recht in den Verkauf kommt.Luftig, leicht, lustig und trotzdem wunderschöne, ernsthafte Romantik, ohne aufdringlich zu sein. Man taucht ein beim Lesen in rosarote, schöne Gefühlsfelder wie aus Blumen und Duf...

Read Now
Fashion victime du PDG

Shannon 17: Super histoire , dommage d'arriver a la fin, j'aurais voulu continuer.J'espère qu'il y aura bientôt une suite.

Read Now
Called by the Alpha

Lohana Francisco: Livro bem detalhado , estou gostando até o atual momento.

Read Now
Alien Claim: Book 1

Izzy: i got hooked from the begining. good story and writing style

Read Now
Ruthless Lord

poyeyasoyaya: Me encantó!

Read Now
An Irish Match

Joyce: This one will warm your heart and soul with a lot more than just Guinness being served to an American woman by an Irish pub owner.

Read Now
Alpha’s Claim

yulymachado: La historia es buena y te mantiene a la espectativa, la trama fluye de forma inesperada y el estila es bueno en mi opinion personal en una muy buena historia

Read Now