Zhéros - Et le donjon Luna

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Summary

Ils sont cinq. Ils sont motivés. Ils sont… catastrophiquement nuls. Envoyés affronter le boss final du donjon le plus mortel du royaume; celui qui a transformé des dizaines de héros en poussière d'os; ce groupe d'aventuriers inexplicablement vivants n’a rien pour eux. Pas de stratégie. Pas de coordination. Pas de chance (enfin si, mais du genre involontaire). Et pourtant… ils s’en sortent. Toujours. Par accident. Un sort lancé à l’envers ? Un piège désamorcé avec un sandwich ? Un coup d’épée porté dans la mauvaise direction mais au bon moment ? Classique. Bienvenue dans une épopée où le seul vrai danger, c’est eux.

Genre
Fantasy
Author
Mélanie
Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
5.0 1 review
Age Rating
13+

Chapitre 1

Au fin fond d’une forêt aussi sinistre qu’un comité fiscal de vampires, se dressait l’entrée du fameux Donjon Luna, réputé pour être le tombeau de tous ceux qui avaient eu l’audace de prononcer les mots « allons-y ».

Recouverte de ronces, de branchages et, probablement, de l’ADN séché de quelques aventuriers malchanceux, une immense double porte en métal semblait défier le monde de s’y frotter.

Devant elle, se tenait un groupe de cinq personnes; et le mot héros serait ici très généreux.

Il y avait d’abord Zeldrys, un elfe adolescent avec assez de boutons d’acné pour lancer une rébellion cutanée. Petit, fluet, et pourtant capable de soulever cinq bœufs comme s’il remballait des sacs de pommes. Allez comprendre. Le problème ? Aucune armure ne semblait adaptée à sa morphologie : trop fin pour le métal, trop fort pour le cuir, il finissait souvent en cotte de mailles transformée en cotte de miettes.

À ses côtés, Seraphina, une jeune soigneuse de 14 ans avec des talents magiques si puissants qu’elle aurait pu ressusciter un steak. Malheureusement, son sens du danger était inexistant, et elle trouvait le meilleur endroit pour lancer ses sorts... en plein milieu de la mêlée. “Là où ça chauffe, c’est là que j’suis utile !”, disait-elle. Oui, et aussi là où on meurt, Seraphina.

Puis venait Logan, un Feyline débrouillard, roi des pièges, maître des leviers, et archéologue amateur de loots planqués. Ce qui serait très utile s’il n’était pas aussi doué pour se cogner dans les murs, trébucher sur ses lacets, et confondre les potions de soin avec celles d’oubli.

Morgane, la sorcière de haut niveau, complétait le tableau. Ancienne mage royale, renvoyée de tous les royaumes connus pour cause de… disons, “problèmes éthyliques”. Son grimoire était redoutable, mais son sens de l’éthique magique dépendait du taux d’alcool dans son sang. Un sort de météore pour allumer un feu de camp ? Normal.

Et enfin, il y avait moi, la narratrice. À moitié fée, à moitié fillette, et à 100% désespérée. Ma passion ? Écrire un chef-d’œuvre sur une bande de héros conquérant le plus terrible donjon du royaume. Mon erreur ? Penser que ceux-là allaient en être capables.

Ils fixaient la porte. Longuement. Trop longuement.

Zeldrys (les bras croisés, sérieux comme un joueur d’échecs face à un plat de spaghetti) :

— Cette porte est piégée. C’est sûr. Je le sens dans mes muscles.

Logan (penché vers le sol, reniflant une pierre) :

— Non, non. C’est magique. Une aura bizarre flotte dans l’air. Ou c’est Morgane qui a encore roté ?

Morgane (s’allumant une pipe en bois sculptée avec une étincelle du bout du doigt) :

— Si cette porte est magique, je suis une licorne sobre. Elle est juste moche.

Seraphina (frétillante, déjà à deux doigts de s’avancer) :

— Je peux aller l’ouvrir ? Allez, juste un petit coup d’œil ! Peut-être que derrière y’a un puzzle ou un piège qui me découpe en deux, c’est trop excitant !

Zeldrys (levant une main musclée, dramatique à souhait) :

— Je l’interdis ! Celui qui ouvrira cette porte aura son nom gravé dans l’histoire ! Ce sera la Porte de Zeldrys !

Narratrice (moi, désespérée, un carnet à la main) :

— C’est… juste une porte. Sérieusement. En fer. Avec une poignée. Rien ne brille, rien ne pulse, RIEN ne...

Logan (l’interrompant) :

— Et si c’était une fausse porte ? Genre un leurre ! Le vrai donjon commence peut-être en escaladant l’arbre derrière nous !

Morgane (à moitié avachie contre un tronc) :

— Ou alors c’est un test psychologique. Un test de patience. Et on est en train de le rater.

Narratrice (soupirant un bon coup, puis marchant calmement vers la porte) :

— Très bien. Regardez bien comment une semi-fée pas payée pour ça règle les choses.

CLANK.

La porte grinça, s’ouvrit, sans piège, sans magie, sans apocalypse.

Narratrice (exaspérée) :

— Vous voyez ? C’est juste. Une. Porte.

Zeldrys (regardant les autres, solennel) :

— Cette porte n’a peut-être pas été piégée… mais faudra vérifier les suivantes.

Tous :

Ouais, bonne idée Zeldrys !

Narratrice (levant les yeux au ciel, avec toute la misère du monde sur les épaules) :

— Je sens que la suite s’annonce... compliquée.