Chapitre 1 – Dans l’ombre des ruelles
> « Dans ce monde, on ne meurt pas par hasard. On meurt parce qu’on a oublié de choisir son camp. »
— Shin Yamada
---
Neo-Kyoto étouffait sous ses lumières artificielles. Chaque jour, des millions d’yeux électroniques scrutaient la ville, filtrant, évaluant, classant chaque mouvement, chaque souffle. Les foules semblaient vivantes, mais elles n’étaient que des automates, prisonnières d’un système qui mesurait leur utilité à chaque instant.
Moi, je n’avais rien à offrir. Pas de force. Pas de violence. Juste un cerveau en perpétuelle activité, qui calculait, analysait, anticipait. Mais dans ce monde de survie par la force, ça ne suffisait pas.
Alors je fuyais. Je prenais des raccourcis que personne ne voulait emprunter, des ruelles oubliées par la carte et l’humanité. Là où la lumière ne pénétrait pas. Là où les mots se perdaient dans les murmures des ombres.
Ce jour-là, comme tant d’autres, je marchais dans l’une de ces veines noires de la ville, profitant du vide pour disparaître un peu plus.
---
C’est alors que j’ai entendu un bruit — un souffle court, un glissement métallique.
Je me suis arrêté. Dans la pénombre, une femme se tenait debout, face à un homme qui s’effondrait, un couteau planté dans la gorge, le sang ruisselant en silence.
Le visage de la femme était caché sous une capuche, mais son regard brillant dans l’obscurité était un défi lancé au monde entier.
Elle s’est retournée et m’a vu. Pas de surprise, pas d’hésitation.
— « Fuir, c’est un luxe que tu ne peux pas te permettre, gamin. » a-t-elle murmuré, sa voix comme un rasoir.
Je n’ai pas bronché. Pas peur. Pas respect.
— « Je ne compte pas mourir ici. Pas aujourd’hui. »
Un rire court, méfiant.
— « Pourquoi devrais-je te laisser vivre ? »
— « Parce que je peux vous être utile. » ai-je répondu, fixant ses yeux qui ne cillaient pas.
Elle m’a examiné, comme si elle scrutait une énigme, une erreur dans sa routine.
— « Et qu’est-ce qu’un incapable comme toi pourrait bien apporter à notre équipe ? »
J’ai croisé ses bras, calmement.
— « Je ne sais pas me battre. Mais je comprends. Je vois les schémas. Je prévois les mouvements avant qu’ils n’arrivent. Je ne suis pas un soldat, mais un stratège. »
Elle a levé un sourcil.
— « Beaucoup ont essayé de vendre des promesses avant de crever. »
— « Je ne te demande pas de me faire confiance. Juste de me donner une chance. Parce que sans vous, je ne survivrai pas ici. »
Un silence lourd est tombé entre nous, pesant comme une sentence.
Elle a sorti un pistolet, lentement, comme pour m’habituer à l’idée.
— « Montre-moi que tu vaux quelque chose. Sinon, cette balle sera ta dernière. »
---
Et c’est ainsi que je suis entré dans leur monde.
---
> « Survivre dans l’ombre demande parfois d’accepter la lumière, même si elle brûle. »