SOUS LES COULISSES

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Summary

Nous portons tous une histoire. Certaines ressemblent à des contes, d’autres à des tempêtes… La mienne est un mélange des deux. Je m’appelle Diane, maman solo, et voici mon chemin. Parce que non, une erreur n’est pas une fin. Sous les coulisses d’une maman solo est une série de récits intimes où s’entrelacent parentalité, solitude, rêves inachevés, désirs, rencontres inattendues et désillusions. Entre rires et larmes, maladresses et élans de cœur, j’avance tantôt naïve, tantôt lucide, toujours entière. Ce ne sont pas des fictions inventées, mais les fragments bien réels d’une vie faite de défis, d’amours contrariés, de drames et d’espoirs. Chaque chapitre vous fera découvrir une facette de mon histoire : mes enfants, mes batailles, mes faiblesses… et mes résolutions. Derrière mes mots, je vous ouvre les portes d’une romance contemporaine : celle d’une femme qui apprend, malgré les épreuves, à se relever et à croire encore aux promesses du cœur.

Status
Complete
Chapters
65
Rating
5.0 4 reviews
Age Rating
18+

Le jour où j'ai décidé

La séparation reste une des plus dures épreuves de la vie.

Le divorce ne guérit jamais vraiment la douleur vécue. Il est juste un moyen de s'enfuir de la réalité. Caroline Myss

Je me souviens du moment précis quand ma mère m'a appelé pour me dire que le facteur avait laissé une lettre recommandée pour moi et qu'elle s'était permise de l'ouvrir sans mon accord car elle etait trop inquiète de voir que ça venait du Tribunal des affaires familiales:

"Ma chérie tu as vraiment décidé de divorcer ? ."

Dans la même journée, alors que j'étais au boulot, j'ai reçu un appel de ma sœur choquée ensuite de mon frère dans le même état de panique. Ma mère avait prévenu toute ma fratrie comme si l'heure était grave.

Grave pour eux mais pas pour moi. J'étais en paix avec moi-même. Je n'étais pas dans leur état d'urgence.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" a demandé ma sœur.

Je n'ai pas su lui répondre. Il ne s'était rien passé de nouveau. J'avais juste réussi à me défaire de l'emprise toxique d'Andrew. Je l'avais supporté et toléré toutes ses années. Huit ans. Je l'ai rencontré, je n'avais que dix-huit ans et nous avons eu deux filles. L'aînée s'appelle Emma mais malheureusement je suis tombée enceinte de la deuxième deux ans après suite à un rapport forcé.

On n'oublie souvent que le consentement est valable également même dans un couple. Andrew n'était pas du genre à comprendre quand je lui disais " non ". Il devenait violent.

C'est donc à 26 ans que je me retrouve mère seule avec deux filles de cinq et trois ans. Emma la plus grande et Eline la plus petite.

Trois ans après mon divorce, j'ai 28 ans aujourd'hui. Je ne peux toujours pas expliquer le cheminement de cette certitude qui s'est imposée à moi en quelques secondes.

« En huit ans, j'ai pris mon courage pour demander le divorce , après des scènes infernales et des souvenirs douloureux. Pour la première fois de ma vie , j'ai décidé de penser à moi, à ma santé, à mon salut et de ne pas penser au regard de mon entourage. Cette fois-là, j'ai senti un grand calme monter en moi, comme si quelque chose s'était débloqué en profondeur, qui m'empêcherait de revenir sur ma décision. »

Les gens ne comprendront pas toujours . J'ai été pointé du doigt par ma communauté. J'ai été jugé parce qu'Andrew avait réussi à mettre tout le monde dans sa poche. C'était un professeur de mathématiques respecté, avec un corps athlétique en forme de V, un bel homme grand avec son 1m85, une belle voiture...Un homme qui avait réussi à séduire notre entourage ne comprenant pas pourquoi je me séparais d'un tel homme respectable.

Andrew avait l'art de porter un masque à l'extérieur mais à la maison , j'étais la seule à subir ses vices, son égoïsme, son individualité, sa possessivité et son mal-être.

Au début j'ai supporté ce mariage pour mes filles me disant qu'elles avaient besoin d'un cadre familial avec un papa et une maman mais j'étais entrain de périr à petit feu. J'ai enduré à cause du regard et des convictions chrétiennes de ma famille. On ne divorce pas quand on est chrétien, sinon on n'a pas le droit de se remarier. Je serais considérée comme adultère si c'était le cas. Je trouvais cela tellement dure et injuste. J'avais peur de désobéir non seulement à Dieu car j'étais croyante mais j'avais peur de decevoir mes parents. Je me suis donc dite que je n'avais pas le choix. La dépression, les ulcères à l'estomac, les pleurs à chaque rapport sexuel, les chamailles, les crises d'angoisse et d'hyperventilation, les passages aux urgences de l'hôpital étaient devenus mon quotidien.

Nombreux sont celles et ceux qui témoignent d'une décision qui se serait imposée à eux, forçant en douceur les barrages du déni et de la résignation. Je fais partie de ces personnes.

Je m'appelle Diane et j'ai vécu huit ans « dans l'ombre d'Andrew », avant de réaliser que ma vraie personnalité n'avait aucune chance de s'épanouir dans notre relation et notre mariage.

« Quand je l'ai rencontré, j'avais 18 ans, lui dix ans de plus. Je ne me rendais pas du tout compte que j'étais sa créature, qu'il me façonnait et en même temps sa proie car il dirigeait ma vie. Il était furieux quand je discutais avec mes amies et il a reussi à m'eloigner de ma vie sociale et de mes objectifs professionnels. J'ai pleuré plusieurs nuits à cause de ma profonde solitude. J'étais seule dans ce mariage. Un mariage qui a mis ma vie en pause pensant huit ans, m'a rendu malade et agressive, m'a détruit à cause d'un mauvais choix.

Au fil des années, j'ai compris que notre relation était basée non sur l'amour, mais sur la possession. Andrew ne m'aimait pas pour ce que j'étais - d'ailleurs, je ne savais même pas qui j'étais. Il voulait juste me contrôler et que je sois disponible quand il en avait besoin. Je n'avais pas mon mot à dire même pour faire les courses. C'était lui qui s'occupait de tout et je dependais totalement de lui financièrement car j'étais arrivée à un point où je ne pouvais pas mettre un pied à l'extérieur sans avoir des crises d'angoisses donc impossible de travailler pendant plusieurs années.

J'ai décidé de le quitter car j'ai su que c'était pour moi une question de survie.

Que la décision de se séparer se fasse à la faveur d'une révélation éclair ou qu'elle soit le fruit d'un long cheminement inconscient, elle témoigne toujours d'une insatisfaction ou d'une souffrance trop longtemps déniée. Elle n'est que rarement le fruit d'une lubie. J'étais la première surprise de la fermeté avec laquelle cette décision s'est révélée à moi.

Mon entourage a pensé que j'agissais sur un coup de tête, sans prendre le temps de la réflexion, mais c'était faux. Au fond de moi, je savais, mais je fermais les yeux et je me bouchais les oreilles. Plusieurs fois, ils m'ont posé cette même question :

" Diane es-tu sûre de toi ? As-tu pensé aux enfants. Tu es encore jeune . "

Suite à cette question, sont apparus immanquablement le cortège de doutes, de peurs et la tentation de la rétractation. Les certitudes vacillent et les peurs anciennes - perte et abandon - sont remontés à la surface.

Je me disais qu'aucun homme ne m'aimerait, quel homme voudrait d'une femme seule avec des enfants, que tous les hommes sont dangereux. J'essayais de me convaincre que j'avais fait un drame d'un détail et que peut-être il pouvait changer. Mais on ne peut pas changer un homme malade.

Même si, au fond de soi, on est persuadé du bien-fondé de sa décision, la perspective d'un divorce entraîne une difficile et profonde remise en question, un sentiment d'échec plus ou moins difficile à surmonter .

Il m'a fallu des mois à « digérer ma décision ».

« Je n'avais aucun doute sur le fond, mais j'étais bouleversée à l'idée de briser ma famille.

J'ai fait l'erreur de me précipiter dans une relation et surtout de me marier trop jeune sans avoir fait l'inventaire de ce que je laissais derrière moi et de que je sacrifiais . Résultat : mon relation a duré peut-être huit ans mais c'était le chaos .

La séparation et le divorce sont des poignards à deux tranchants : il faut s'en blesser d'un côté pour les enfoncer de l'autre. Proverbe chinois.

C'était il y a trois ans, le jour où il a enfin accepté de quitter le logement. La paix et la joie que j'ai ressenti quand la porte s'est fermée derrière lui et que je me suis retrouvée toute seule avec mes filles pour commencer une nouvelle vie.

Je l'ai observé par la fenêtre en train de charger sa voiture avec ses affaires. Il s'est retourné vers la fenêtre avec une expression sombre puis il est monté dans sa voiture. Je savais que ce ne serait pas facile mais pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie légère malgré mon cœur marqué et blessé.

Salut, je m'appelle Diana💝, j'ai vingt-huit ans et bienvenue dans ma vie sans filtres.

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