SI ON SE BARRAIT ?
Si on se barrait ?
Depuis cette nuit où tout avait basculé entre nous, je m’étais installée dans le petit appartement de Bella. Ce qui arrangeait bien ma mère pour ses nuits torrides avec Alexandre. Ce n’était pas vraiment un couple — pas de promesses, pas de chaînes. On s’aimait, mais on respectait les envies de l’autre. Aucune jalousie, juste cette complicité brûlante qui ne s’éteignait jamais.
Nous étions fin juillet. Je bossais dans un grand magasin de jouets pour la saison d’été. Le boulot était cool, bien payé… mais le fils du patron, Simon, avait décidé de me pourrir la vie. Il passait son temps à me coller, à me toucher, et à trouver mille prétextes pour se retrouver derrière moi. Au début, je pensais que ça se calmerait. Mais il y a trois jours, il avait carrément sorti sa bite dans le stock pour “me montrer ce que je ratais”. Aujourd’hui, ça a dégénéré : j’étais accroupie pour mettre en rayon, il est arrivé derrière moi, m’a frôlée, et j’ai senti d’un coup quelque chose de chaud couler sur mes fesses. Il venait de jouir sur moi.
Je me suis relevée d’un bond et je lui ai collé une gifle monumentale, le genre qui claque assez fort pour faire taire un rayon entier. Bien sûr, c’est moi qu’on a convoquée dans le bureau. Résultat : virée sur-le-champ. Mais avec une “prime” pour que je ferme ma gueule et que je ne porte pas plainte.
Quand je suis rentrée, j’ai tout raconté à Bella, dans les moindres détails. Elle m’écoutait, mi-choquée, mi-excitée par ma colère. Et puis elle a souri, ce sourire qui annonce toujours une idée folle.
— Puisque tu as du temps… et que tu viens de te faire un petit pactole… et que moi aussi, je peux me libérer… Si on se barrait ?
— Où ça ?
— En Grèce. Quinze jours. Les Cyclades. Tu en as toujours rêvé. Le soleil, les îles, la mer chaude… et aucun connard pour te coller au cul.
C’était décidé avant même que je réponde.
On a pris la décision en dix minutes. Bella a attrapé son téléphone pour chercher les vols, et moi, j’étais déjà en train de sortir la vieille valise cabossée qui traîne sous son lit.
— On prend quoi ? m’a-t-elle demandé en ouvrant son armoire.
— Le strict nécessaire, mais… version vacances sexy.
Elle a commencé à jeter sur le lit des bikinis minuscules, des robes légères qui ne tiendraient pas dix minutes avec le vent, et une pile de lingerie qu’elle voulait “au cas où”. J’ai choisi deux maillots, quelques shorts, et des tops que je ne mettrais jamais au travail… mais là-bas, si.
Très vite, le tri est devenu un prétexte. Bella, en culotte, s’est mise à enfiler chaque pièce pour “vérifier” si elle me plaisait. Petit string blanc, soutien-gorge qui ne cachait rien, mini-jupe qui remontait dès qu’elle bougeait… Je ne pouvais pas m’empêcher de sourire en l’imaginant marcher comme ça sur un port grec.
— Et les indispensables ? a-t-elle ajouté en se penchant vers le tiroir du bas.
Elle l’a ouvert avec un sourire de gamine : dedans, son petit arsenal perso. Un vibro rose pâle, un plug brillant, un gode-ceinture que je n’avais encore jamais vu, et… une boîte entière de préservatifs.
— On prend tout ? ai-je demandé en riant.
— On prend tout, oui. On ne sait jamais.
On a aussi glissé quelques fioles d’huile de massage, un lubrifiant parfumé à la vanille, et un sextoy que j’avais acheté sur un coup de tête mais jamais utilisé.
En une heure, nos valises étaient prêtes. Et moi, rien qu’à l’idée de passer quinze jours avec elle, au soleil, sans limite… j’étais déjà mouillée.
Le lendemain, en fin d’après-midi, on était à l’aéroport. Je traînais ma valise cabossée derrière moi, Bella roulait la sienne avec l’air de quelqu’un qui part conquérir le monde. La lumière tombante filtrait à travers les immenses baies vitrées, donnant à tout un côté doré et un peu irréel. L’odeur du café brûlé et des parfums hors de prix flottait dans l’air.
— On est vraiment en train de le faire, souffla Bella en posant sa main sur ma hanche.
— Oh oui. Et j’ai comme l’impression que ça ne va pas être des vacances très reposantes.
— Promis, je t’épuiserai.
On a passé l’enregistrement sans problème, et puis il y a eu la sécurité. Deux files : hommes à gauche, femmes à droite. Bella est passée vite, avec son sourire désarmant. Moi, la douanière m’a arrêtée.
Petite brune, cheveux courts, uniforme ajusté. Elle m’a fait signe d’avancer dans un box à part.
— Contrôle aléatoire, mademoiselle, déclara-t-elle.
Elle m’a demandé d’écarter un peu les jambes. Les mains ont glissé le long de mes cuisses, remonté sur mes hanches, redescendu à l’intérieur. Pas pressée. Sa paume a frôlé l’endroit où ma jupe ne cachait rien. J’ai retenu un frisson. Elle a fait semblant de vérifier mon dos, mais sa main a effleuré mes fesses avec un geste qui n’avait rien de purement professionnel.
— Vous pouvez y aller, dit-elle avec un micro-sourire.
Bella m’attendait, adossée à un poteau.
— Tu as eu droit à un traitement spécial ?
— On dirait bien…
— T’as mouillé, avoue.
Je n’ai pas répondu.
Dans l’avion, on avait deux places côte à côte, côté hublot. Le vol était plein, bruyant au début. Une famille avec deux enfants était assise juste derrière, le père côté allée. Grand, barbe de trois jours, chemise entrouverte.
À peine les consignes de sécurité terminées, Bella a sorti de son sac un petit plaid et l’a posé sur nos genoux.
— Et si on passait le temps… murmura-t-elle.
Sa main a glissé sous la couverture, trouvant ma cuisse, remontant lentement. J’ai senti mes muscles se tendre. Elle a caressé l’intérieur, frôlé le bord de ma culotte, puis est passée dessous. Ses doigts ont trouvé mon clitoris, l’ont effleuré en cercle. Je me suis mordu la lèvre, calée contre le hublot.
— Bella, arrête on va nous voir.
Le père derrière… je l’ai remarqué au deuxième passage de sa main sur sa cuisse. Il se penchait légèrement, comme pour voir à travers l’espace entre les sièges. Son regard s’était fixé sur nous. Une seconde plus tard, j’ai entendu le frottement discret de sa main sur son pantalon.
Bella a accéléré un peu, et moi j’ai ouvert les cuisses juste assez pour qu’il voie. Je sentais la chaleur monter, ma respiration plus rapide. Sous le plaid, ses doigts étaient précis, lents puis soudains plus fermes. Le bruit régulier de l’avion couvrait nos souffles.
Je me suis cambrée à peine, mon genou touchant le dossier devant. Derrière, j’ai vu son bras se tendre un peu plus. Je l’imaginais se branler violemment devant moi. Nos regards se sont croisés une fraction de seconde.
Bella m’a chuchoté :
— Tu veux qu’il te voie jouir ?
J’ai hoché la tête.
— Bella...mmmh
Elle m’a tenue fermement par la cuisse, a accéléré jusqu’à ce que je sente l’orgasme me traverser. J’ai enfoui mon visage dans son épaule, gémissant à peine, mais suffisamment pour qu’il entende. Derrière, le daron a eu un souffle plus fort, puis le silence.
On s’est calées l’une contre l’autre, encore essoufflées, alors que le ciel se teintait de violet derrière le hublot. Le vol venait à peine de commencer… et j’avais déjà hâte d’atterrir.