12h33
Yo.
Je m'appelle Gabriel, je travaille dans un magasin de vêtements... non-luxueux hein on va se le dire, depuis plusieurs... depuis toujours. J'ai commencé comme employé polyvalent et aujourd'hui je suis responsable du stock. Mon travail consiste à recevoir le stock pour... bref je pense que vous vous en foutez. Moi aussi pour être honnête mais c'est un travail chill. Je passe mes journées à pas faire grand-chose et je suis bien payé.
C'est l'avantage d'être grand, musclé et barbu. Je suis fort, le stock c'est un travail de muscles. Il faut des bonhommes comme moi pour gérer.
On est Vendredi aujourd'hui, j'arrive à 6 heures 20 minutes, en retard comme d'habitude. Je marche lentement, mon casque et du rap dans mes oreilles. Je suis toujours venu en retard, ils ne vont rien me dire parce que ce magasin c'est du grand n'importe quoi, personne ne sait ce qu'il fait mais on garde la tête haute tout en prétextant être des experts.
Je parle surtout de mes collègues et des managers, moi je suis réellement expert dans mon domaine.
J'entends le B appeler mon prénom et je le vois sourire. J'enlève mon casque et balaye le couloir du regard. J'ai 3-4 sourires de visages particuliers et le reste bof ce sont les mêmes têtes. Je vais débarrasser mon manteau et mon casque puis j'hoche la tête pendant que le B et Yasmina ou je sais pas quoi expliquent ce qu'il faut faire aux autres. Moi mon travail est fixe, le leur non. Mais je dois participer aux briefings chaque matin, ça « soude l'équipe » comme Kam a dit. Mouais... ça soude autre chose pour moi, Barbara, Yvonne, Cynthia et Divine. Oh oui les briefings soudent leur attirance à mon égard. L'attirance de toutes les filles même je dirais. Mais ce sont ces 4 là que j'ai choisi du lot. Je sais que je peux me taper n'importe quelle femme ici, il suffit que je leur montre de l'intérêt et elles fondent comme des glaçons au soleil. Je suis beau, très. Grand, très. Sûr de moi, très. Je sais aussi parler aux femmes, même si d'habitude je n'ai pas besoin de parler : elles font tout le travail pour moi.
Je fais un eyes contact avec Barbara et lui sourit. Elle me sourit en retour et devient rouge. Je pouffe doucement.
Ouais Gabriel, tu vas l'avoir dans la poche.
Barbara a été la plus résistante. Lorsqu'elle est arrivée et j'ai jeté mon dévolu sur elle, elle était flattée mais elle ne m'est pas tombée dans les bras. À force de lui faire des blagues toute la journée elle a finit par désirer mon attention. Exactement comme j'aime. Elle est devenue dépendante de mon affection et comme toujours elle confirme la règle qu'aucune femme n'est capable de me résister.
Je jette un coup d'œil à Cynthia qui a les yeux rivés sur moi, c'est à peine si elle écoute ce que le B dit. Je lève les sourcils deux fois, elle rit, puis s'excuse auprès des filles autour d'elle qui la regardent bizarrement. Je souris, croise le regard de Divine et hoche la tête. Elle me sourit et repose son attention sur le B. Finalement lorsqu'on commence par travailler, je prends Yvonne par le poignet puis la relâche avant de m'éloigner sans me retourner. Elle est sûrement statufiée, oui j'ai cet effet là sur les femmes. Yvonne a... quel âge déjà ? Peu importe, elle a une peau pâle presque transparente, elle a des cheveux mi-courts rouges et c'est la manager de l'étage 2. Barbara est espagnole, 24 ans ? Elle a les cheveux longs marrons et un teint très blanc. Elle porte un appareil dentaire mais l'enlève de temps en temps. Elle est grande, mince, comme j'aime. Les deux autres sont plus petites, plus banales, plus... bref. Vous avez compris.
-Gabriel tu fais le 1 ?
Kam me regarde en souriant, il a vu mon petit jeu. J'hausse les épaules :
-Tu peux t'en charger
Kam vient du Nigeria, il a 35 ans mais a l'air d'en faire 25. Il a ma taille et ma posture, il est plutôt réservé et je doute qu'il va jamais se taper une fille du magasin. Ce n'est pas plus mal, ça me laisse le champ libre. Les autres mecs peuvent aller se faire foutre, je couche avec qui je veux quand je veux.
12h23
Je suis tranquillement assis sur un chariot, sur le quai. J'essaie de rester en équilibre mais lorsque j’entends des voix s'approcher je me lève et me dirige vers l'ascenseur. Je me retourne pour regarder les arrivants et trouve un manager faisant visiblement une visite guidée à 4 filles qui ont l'air d'être de nouvelles recrues. Je me mords la lèvre, ferme l'ascenseur et me met de côté pour les observer. 3 d'entre elles sont très petites, la plus grande est celle que je remarque immédiatement mais je me force à commencer par la voilée. Elle a un petit, joli visage, elle parle beaucoup et fort. La deuxième est grosse, trop pour moi. Je ne m'attarde pas sur elle. La troisième est visiblement métisse et a très clairement les cheveux curly, je me mords la lèvre et la détaille. Elle porte une veste en cuir et a visiblement un style punk.
Intéressant, je peux travailler avec ça.
Elle hoche la tête attentive et à un moment son regard se pose sur moi. Je souris, elle de même.
Très intéressant.
Je serre les dents lorsque je détaille la dernière, la plus grande et la plus foncée du groupe. Elle hoche la tête aussi, très intéressée par ce que le manager raconte comme conneries et... elle sourit. Je fronce les sourcils, lève les yeux au ciel et la regarde de nouveau. Elle a les cheveux lisses, les a-t-elle défrisés ? Elle est habillée si simplement mais a l'air si élégante. Elle, ça se voit qu'elle a une trousse de secours, de toilette et de maquillage dans son sac de tout les jours. Je parie qu'elle a même des tampons, du chewing-gum et des trucs de filles. Elle m'insupporte.
Je sens mon cœur battre plus fort lorsque je me décide à détailler son visage. Elle est belle, mignonne plutôt. Trop. Elle a l'air d'avoir 14 ans, qu'est-ce qu'elle fait ici ? Elle a de grands yeux marrons et ses lèvres sont légèrement rouges, protégées du froid par un gloss qui brille comme un putain de miroir au soleil.
Je garde les yeux sur elle, elle marche la tête haute, fière. C'est ridicule parce qu'elle a l'air d'un bébé. Ce n'est pas illégal de faire travailler des mineurs ? Une fille comme elle n'a pas sa place ici. Je ne sais pas pourquoi mais une colère soudaine s'empare de moi. Je rappelle l'ascenseur et monte au deuxième étage. J'ai mieux à faire que regarder des gamines.