Chapitre 1 : Retouvailles (1)
Trois heures, cela faisait trois heures qu’il s’était évanoui au niveau de leur chambre. Ce fut la descente d’adrénaline qui le fit s’évanouir après le déroulement de toutes ses péripéties passées auprès de Morganna. En effet, ses dernières luttes mentales et physiques l’avaient siphonné à un point où, une fois libre de tout, son corps le lâcha complètement. Mylon l’avait bien ressenti sur le chemin du retour et c’est pour cela qu’il n’avait rien dit. Adamantine, elle, comprit la raison de son état et l’avait simplement installé dans leur lit. Toutefois, elle repensa à la façon dont Etnias tint Henrie lorsqu’elle l’avait retrouvé et rougit à une l’idée de faire de même.
C’est ainsi, après trois heures de sommeil, que notre héros se réveilla en revenant doucement à ses sens. Encore les yeux fermés, il sentit de douces caresses au niveau de ses cheveux, des caresses si tendre qu’elles en étaient plus que réparatrices après toutes les horreurs qu’il avait subies. Il décida donc d’en profiter, surtout qu’elles lui rappelaient celle qu’avait l’habitude de lui donner Léa dans son enfance.
Or, cela ne pouvait pas durer éternellement, il devait se lever et donc, ouvrit enfin les yeux.

La première chose qu’il vit fut alors le visage doux d’Adamantine qui le regardait, jusque-là, dormir. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il se rendit aussi compte que sa tête reposait sur les cuisses de sa tendre.
En effet, Adamantine était là, assise sur leur lit tandis que lui était allongé, la tête reposée sur ses cuisses. Il était bel est bien toujours dans leur piètre chambre d’auberge. Le soleil commençait déjà à se coucher et ses rayon, eux qui passaient par la fenêtre ouverte qui surplombait un bureau, caressaient la chambre d’une lueur cuivrée. L’instant était paisible, calme et presque chaleureux. Chaleur que transmettait aussi Adamantine qui lui demanda d’une voix douce et d’un sourire :
— Enfin... réveillé ? Est-ce que cela va mieux ?
— O-oui, bégaya-t-il tout rouge. Je... Je me sens un peu plus rafraîchi.
Il la fixa alors dans les yeux d’un visage gêné tandis qu’Adamantine, elle, détourna un moment son regard, hésitante, puis se décida :
— Tu... Tu veux que l’on parle maintenant ? Je... Je comprendrais si tu veux que l’on attende un peux...
— Je... Encore quelques minutes, affirma-t-il en posant sa main sur celle d’Adamantine. Je, j’en ai vraiment besoin…
Adamantine sourit en réponse, respectant son choix, mais elle fut vite surprise quand il vint déplacer tendrement la main d’Adamantine vers son visage. Notre chevaleresse en rougit tellement que Mylon crut voir de la vapeur sortir des oreilles de sa tendre. Il en sourit légèrement mais ferma calmement les yeux, profitant de cette douceur qui lui avait tant manqué.
Cela ne faisait que quatre jours, mais il avait tant vécu durant ces jours qui lui parurent une éternité et presque un enfer. Néanmoins, Adamantine n’était au courant de rien ou ne possédait que peu d’informations. Une discussion s’imposait, surtout qu’il lui avait promis de lui révéler la vérité sur ce qui l’habitait.
Mylon prit donc une grande inspiration avant de se relever doucement pour enfin s’asseoir auprès d’Adamantine. Les rayons du soleil effleurèrent la peau de son visage, l’aveuglant un instant, mais il s’habitua rapidement à l’intensité.
Il posa ensuite sa main droite sur la main gauche d’Adamantine et lui clama d’un ton doux :
— Je te dois beaucoup d’explications, oui... Je-je suis désolé pour tout cela.
— Avant de t’excuser, lui intima-t-elle d’une voix fébrile. Je... Je voudrais que tu commences par le commencement, par ce qui nous a mené à tout cela. Je... Le choix que j’ai fait me torture. Je-je ne sais pas si je dois m’en vouloir pour avoir fait un pacte avec cette sorcière. Je-je t’ai fait passer par tant d’épreuves...
— Ca... dit-il en serrant son autre poing. Tu as fait le bon choix, ne t’inquiètes pas et je ne t’en voudrais jamais pour ce que j’ai vécu avec Morganna. Le fait est que tu m’as définitivement sauvé...
— Mais de quoi ? l’interrogea-t-elle avec frustration. Tu m’avais dit que c’était une maladie mais de ce que j’ai vu, c’était autre chose...
— En effet, souffla-t-il de dépit tout en étant plongé dans ses songes. Le mal qui m’habite est... tout autre, c’est... une sorte d’entité ancienne arborant une haine envers l’humanité. La dernière fois, j’ai bien failli me faire absorber par elle, c’est ce que tu as vu avant que Morganna n’intervienne. Cette chose s’est manifestée en moi après que j’ai failli mourir au complexe Elvadorien. À force de conversations avec elle, j’ai appris quel était son unique but : renaître à travers moi.
Adamantine écarquilla les yeux avec horreur. Cette fois-ci, c’était la vérité et une vérité des plus surnaturelles. Une qu’elle n’aurait pu croire si seulement elle n’avait pas tout vu de ses propres yeux. Elle se rendit compte que la théorie de Kingu était exacte et s’exclama :
— Une possession, c’est bien ça ? Mais pourquoi toi ?
— Une... possession ? s’interrogea Mylon en lui donnant un regard sceptique. Oui, peut-être, mais j’ai l’impression que c’est plus complexe.
Il s’arrêta un instant pour réfléchir à la suite de sa réponse. Après quelque seconde, il poussa un soupir et continua :
— Et pourquoi moi ? Eh bien, je... Ce n’est qu’une théorie, ma théorie. Après tout ce que l’ombre m’a dit, je pense que son sort de résurrection s’est activé le jour de la rupture, après que les démons aient tant souffert. Elle m’a indiqué ensuite qu’elle avait été coincée en moi jusqu’à aujourd’hui, donc je pense que je n’étais pas sa première cible...
— Mais attends, réalisa-t-elle. Les démons ont été scellés ce jour même. Cela voudrait dire qu’elle s’est rabattue sur toi pour que son sort fonctionne bien ? Un sort de résurrection visant les démons, c’est...
— C’est toujours cette origine qui est la plaie de ma vie, affirma-t-il tristement Mais soit, je ne vais pas me plaindre, non. En revanche, pour continuer, le sort de résurrection de l’ombre est déjà en marche et c’est pour cela que je ne pouvais l’arrêter seul. Tu as eu raison d’aller voir Morganna, je ne connais pas aussi bien la magie qu’elle…
Il s’arrêta ensuite pour placer son indexe en dessous d’une marque qu’il possédait sur sa joue gauche.
— Tu vois la marque sur ma joue ?
— Oui, elle était apparue sur toi après qu’elle t’a sauvé.
— C’est ça, il ne reste qu’un pétale et quand il disparaîtra, l’ombre sera libérée. C’est pour cela que je dois à tout prix obtenir les lames du héros.
— Mais-mais, pourquoi ne pas m’en avoir parlé depuis le début ? Bégaya-t-elle d’incompréhension. J’aurais pu t’aider, mieux rechercher et peut-être trouver une autre solution !
Mylon détourna du regard, se sentant coupable de lui avoir menti depuis le début, mais il y avait une très bonne raison. Une qu’il craignait tant...
— Tu-tu ne comprends pas, je... Je voulais simplement vous protéger toi et Marlène. Qui sait ce que vous fera l’ombre si elle prend le dessus ? Car, maintenant que tu es au courant pour elle, tu es encore plus en danger qu’avant.
— Mylon... souffla-t-elle tendrement avant de se reprendre d’un secouement de tête. Non, tu ne dois pas porter ce fardeau seul. Et on avait un plan, non ? Les lames du héros, pourquoi-
— Tu as bien vu que cela a failli être trop tard, affirma-t-il fébrilement tout en évitant toujours son regard. Et même si je les obtiens, qui dit qu’elle sera à jamais scellée ? Qui ne te dit pas, maintenant que le sceau des démons se brise, qu’elle va pouvoir renaître dans une autre personne ? Si vous restiez sans rien savoir, toi et Marlène, vous auriez peut-être été hors de danger. Je ne pouvais pas prendre de risque...
Après cette déclaration, les deux restèrent un moment silencieux, chacun ne sachant pas par quoi continuer. Cependant, c’est Adamantine qui vint briser le silence :
— Tu... Tu ne me fais pas confiance ? Tu crois que je ne pourrais pas me défendre ?
— Ce n’est pas ça Ada, s’empressa Mylon d’un brin de ppanique. C’est que...
Il soupira avant de continuer :
— Tu te souviens du dragon que nous avons affronté ?
— Oui, ce Primordial co...rrom...pu ?!
Elle se rendit compte de là en où Mylon voulait en venir et écarquilla les yeux d’une sueur froide. Rapidement, elle bégaya :
— Tu-tu veux dire que...
— Oui, c’était l’ombre qui l’avait envoyé sur nous. Il m’a menacé de recommencer et, si elle en est capable, que cela serait si elle réussit à renaître ? Ce monde regorge déjà d’êtres puissants et dangereux, l’ombre en faisant partie et est la chose la plus puissante que je n’ai jamais ressenti. Je… Je te l’ai déjà dis, mais je ne pouvais pas courir le risque de vous mettre plus en danger que vous ne l’êtes déjà. C’est pour cela que je voulais me séparer de vous une fois Marlène ramenée chez elle.
— Et... Et tu as résisté à cette entité pendant tout ce temps ? s’étonna-t-ele sous le choc.
Il hocha simplement de la tête en réponse à Adamantine qui s’était mise à regarder le sol, perdue par tout ce qu’elle venait d’apprendre. Mylon, lui, se laissa aller. Il s’allongea lourdement sur le lit et souffla ensuite de fatigue. Son regard, lui, s’assombrit avant qu’il ne vienne ajouter d’un ton tremblant :
— V-voilà, tu sais un peu prêt le plus important sur l’ombre maintenant. Je... Je comprendrais si tu veux que l’on prenne chacun nos routes avant le tournoi...
À cette mention, Adamantine fronça des sourcils et gonfla des joues. Rapidement, elle se tourna vers lui et lui tira l’oreille, le forçant à se rasseoir.
— Comment oses-tu me dire ça après tout le mal que je me suis donné ? Gronda-t-elle vexée.
— Aille, aille ! M-mais, je ne pensais pas à mal, je...
— Je te l’avais promis Mylon, souffla-t-elle en le lâchant. Je compte bien rester avec toi jusqu’à ce que tu obtiennes les lames. On est ensemble jusqu’au bout, non ? La thérianthrope, non, Roxy m’a parlé un peu tout à l’heure. Elle-elle m’a dit que tu... que tu as résisté à son emprise pour moi.
Elle eut alors le regard brillant et affirma d’une voix plus aiguë :
— Comment je pourrais t’abandonner maintenant après tout ça ?
— Ada, je…
Mais là, Mylon craqua. Sa voix se cassa, son nez se mit à couler, ses yeux à briller. C’est donc fébrilement et en tremblant qu’il affirma :
— Je suis désolé, je ne-je ne voulais pas être méchant. Ce... C’est juste que... Cela a été-c’est dernier jours ont été si... si dure. Je ne... je ne... voudrais pas que tu aies à vivre une chose similaire, à passer par quelque chose d’encore plus... affreux...
Mylon, assis sur le lit, commença alors à sangloter silencieusement. Il aurait bien voulu se retenir devant elle pour ne pas l’inquiéter mais tout redescendait en lui. Tout ce qu’il avait vécu chez Morganna lui revint en un flot chaotique d’émotions.
Voyant sa détresse, Adamantine ressentit comme un coup de poignard au cœur et vint l’enlacer tendrement. Elle lui caressa les cheveux et voulut le rassurer d’une voix douce :
— Ne... Ne t’inquiète pas, c’est terminé, elle ne te fera plus de mal. Je suis là maintenant, on est de retour ensemble. Je resterais avec toi jusqu’à ce qu’on te sauve, je te le promets... Je me fiche bien de cette ombre, du danger dans lequel elle me met. Ce que je veux, c’est te protéger comme tu l’as toujours fait pour nous. Je t’aime, tu sais ? Et je sais que c’est réciproque. Tu peux te laisser aller dans mes bras, je suis là pour t’écouter...
— A... Ada... couina-t-il avant d’entrer pleinement en sanglot. Moi-moi aussi je t’aime, je t’aime…
Il se laissa alors aller et l’enlaça en retour. Les deux se pressèrent tendrement l’un contre l’autre, Mylon en pleure tandis qu’Adamantine, elle, émit aussi de petites larmes. Cet enlacement leur fit un des plus grands biens., un bien dont chacun avait bien besoin après toutes ces péripéties.
Quelques minutes après, toujours dans les bras d’Adamantine et après s’être un peu calmé, il commença à tout lui raconter. À lui raconter comment Morganna avait cherché à le torturer avec Etnias mais aussi en changeant sa fan en Roxy. Il passa ensuite à sa première confrontation avec elle, au fait qu’elle lui avait fait vivre des souvenirs des plus traumatiques et qu’il en avait bien failli se perdre si ce n’était pas pour l’intervention de l’ombre et sa propre résilience. Cela choqua encore plus Adamantine qui apprit les détails de la vie de la sorcière comme sa relation avec le loup, mais elle ne lui demanda pas plus de détails, ne voulant pas aggraver son état mental. Revivre de tel souvenir, forcer à lui faire revivre, c’était bien trop ignoble.
Notre chevaleresse l’écouta ensuite parler de la façon dont il avait essayé d’aider Roxy et Etnias, chose qu’il avait réussi, ce qui la fit sourire de tendresse. Mais cette fois, il n’omit rien, il lui parla aussi des multiples fois où Morganna avait tenté d’abuser sexuellement de lui ou bien de le forcer à passer à l’acte avec Roxy, elle ou bien avec Etnias. Le visage d’Adamantine s’aggrava à ces annonces et surtout, quand elle entendit que la sorcière lui avait injecté de l’Embrysia mélangé à un aphrodisiaque pour essayer de le forcer à l’acte.
— Je... Je me sens toujours coupable, lui avoua-t-il ensuite dans ses bras. J’ai presque failli le faire avec elle et... Roxy. Oui, c’est grâce à elle que j’ai pu sortir de cette trans et combattre les effets mais à cause de cela, je lui est fait du mal et j’ai… J’ai même failli la violer... Elle, elle pleurait Ada, elle me suppliait d’arrêter, de revenir à moi, et ce n’est qu’en entendant ton nom que-
— Ne t’en veux pas, lui rassura-t-elle tendrement en caressant son dos. Ce n’était pas ta faute mais celle de Morganna et de sa drogue. C’est déjà un miracle que tu aies pu combattre les effets qui sont réputés permanent. Et je pense que Roxy non plus ne t’en veux pas, j’ai pu parler avec elle et elle t’a déjà pardonné... Elle t’admire même comme un p-
— Non, la coupa-t-il sèchement en se libérant de l’enlacement avant de détourner son regard. Je ne veux pas entendre ce mot. Je ne suis pas un père, je ne peux pas, pas pour le moment. Pas avec tous nos problèmes... J’ai fait ce qui était nécessaire, je l’ai fait car... c’était injuste, car il fallait quelqu’un pour la sauver et que c’était en parti ma faute.
— Mylon... souffla tristement Adamantine en réponse. Ce n’est pas...
Elle n’ajouta pas plus mais son regard s ’affermit. Elle l’attrapa ensuite de force par les épaules pour ramener sa tête contre ses cuisses.
Mylon en rougit instantanément et bégaya :
— M-mais pourquoi ? J-j’aurais bien pu continuer sans-
— Tu aimes bien cette position, non ? dit-elle en rougissant. Tu peux continuer comme ça. C’est-c’est ta récompense pour avoir cherché à aider ces deux pauvres femmes...
Adamantine détourna ensuite le regard, fuyant le sien mais cela fit sourire Mylon qui s’allongea volontiers dans la même position qu’il s’était réveillé. Là, il continua à raconter son histoire à Adamantine qui reprit une expression des plus sérieuses.
Mylon passa ainsi à la suite de l’histoire : au soir après son combat contre Rex. Là encore, elle avait tenté d’abuser de lui et aurait réussi si ce n’était pour sa résilience. Car, fatigué du combat qu’il avait mené, son corps lui avait défaut et la fatigue s’était installé, permettant aussi à la sorcière de réaliser un tour des plus fourbes et de s’en prendre à ses souvenirs en tentant de les modifier.
Là encore, il avait résisté, tenté de tous les reconstruire et le lui raconta donc jusqu’à arriver au lendemain et donc, aujourd’hui. Il lui parla de la résonance du sort de Morganna sur ses souvenirs, de son combat désespéré dans sa psyché contre une géante figure de la femme mais aussi, de l’opportunité que lui avait donné Kingu d’enfin s’en débarrasser, pour finalement retrouver tous ses souvenirs.
— Je... Je te dois une fière chandelle Ada, lui avoua-t-il plus calmement. Si, si tu n’étais pas partie chercher ce guerrier qui l’a vaincu et qui nous a libéré, je ne sais pas ce qu’il serait advenu de mes souvenirs.
— Mylon... souffla Adamantine d’un regard coupable. Non, ne me remercie pas, c’est Elio qui a réussi à le trouver et m’a mis en contact avec.
— Elio ? reprit Mylon avec inquiétude. Il va bien ? Et les autres ?
— Oui, tout le monde va bien. Orelia est retourné à l’orphelinat après sa défaite. Elio et Talia , eux, m’accompagnaient jusqu’à là, pendant que tu étais entre les mains de Morganna.
— Même Talia ? s’étonna-t-il. Ah oui, c’est vrai, je m’en souviens. Je l’ai croisée un matin dans le parc et elle m’avait dit d’attendre un petit peu... C’était donc ça votre plan ?
— Oui mais... hésita Adamantine en détournant du regard. Ce même plan avait un prix, un prix que je n’aurais peut-être pas dû sacrifier...
— C’est bon Ada, je sais… clama-t-il en attrapant tendrement sa main. Ce n’est rien, même si ce collier était le symbole de notre amour et mon cadeau, cela ne me dérange pas. Ce n’est pas ça qui nous lie mais bien nos sentiments.
— Mylon, souffla-t-elle affectueusement d’un tendre sourire. Merci, merci pour tout.
— C’est plutôt moi qui devrais te remercier ! réfuta-t-il. Je n’ai fait que te poser des problèmes. Encore désolé pour tout...
Les deux continuèrent de se regarder tendrement pendant un moment avant qu’ils n’entendent toquer à la porte. Ils tournèrent la tête vers elle et purent entendre une voix bien familière venir de l’autre côté.
— Ada, Mylon, vous êtes là ? J’ai cru entendre du bruit derrière la porte.
— Talia, chuchota fortement celui qui l’accompagnait. Je t’avais dit qu’on devait les laisser se retrouver ! Aller, viens, il est encore temps de faire demi-tour.
Entendant cela, nos deux héros échangèrent un regard comme s’ils furent tous deux pris de la même idée.
— Mais euuuuuh, se plaignit Talia comme une enfant. Ça fait déjà plusieurs heures, j’ai bien envie de savoir comment ils vont moi ! Katia m’avait dit qu’elle les avait vu partir en direction de leur auberge.
Or ils ne purent argumenter plus que la porte devant eux s’ouvrirent. Devant eux, Adamantine se tenait avec une mine des plus sombres, le regard fuyant.
Talia réagit rapidement sous le choc :
— Non... Ne-ne me dit pas que... Que lui est-il arrivé ? Je croyais d’après Katia que tout était rentré dans l‘ordre !
Elle ne leur répondit pas et leur fit simplement signe de la suivre ce qu’ils firent. Adamantine se tenait dos à eux, en plein milieux de la salle, tandis qu’Elio et Talia affichaient des mines tout aussi graves.
Après quelques secondes, Adamantine s’exclama d’une voix faible :
— Je suis désolé... Notre-notre plan est arrivé trop tard. Mylon... Mylon...
Elle laissa peser un silence des plus lourds dans la salle mais un silence qui fut vite brisé par une voix :
— Va plus que bien, je vous remercie !
La surprise fit bondir Talia qui se retourna tel un chat surprit. La jeune femme émit aussi un petit cri tandis qu’Elio, lui, réagit plus calmement en posant simplement une main sur son front tout en se secouant la tête, un petit rictus aux lèvres. Adamantine, elle, ria légèrement face à la réaction de Talia. Mylon, qui lui s’était caché derrière la porte et venait de les surprendre, en ria aussi légèrement.
— Oh boy, oh boy, marmonna Elio en souriant définitivement.
— Mais ça ne va pas non ?! s’offusqua Talia de colère. J’ai failli avoir une crise cardiaque, c’est pas drôle ! C’est-c’est mesquin de nous avoir joué une farce comme ça...
— Je suis désolé, ria Adamantine. C’était trop tentant quand je vous ai entendu derrière la porte.
De son côté, Elio se rapprocha de Mylon, sourire aux lèvres et clama :
— C’est la première fois que je te vois faire une blague ! C’est que le plan a bien dû fonctionner et même un peu trop.
Il commença alors à tendre sa main droite sur le côté, geste qu’imita en répondant :
— Et je t’en remercie pour ça ! Ada m’a raconté que c’est toi qui en as eu l’idée.
L’instant d’après, les deux vinrent joindre leurs mains dans un choc ferme, comme un éclair de fraternité guerrière. C’est avec ce geste simple mais énormément significatif qu’Elio ajouta :
— Ravie de te retrouver ! Et encore merci pour m’avoir sauvé de Rex. Sans toi ou Riva, j’aurais déjà passé l’arme à gauche.
— De même et ce n’est rien, je devais bien lui refaire le portait pour tout ce qu’il avait fait. En revanche, tu serais choqué de voir son changement juste après...
— Quoi ?
Au même moment et avant qu’ils ne puissent continuer, Talia, toute souriante, vint à leur niveau et posa une main sur l’épaule de chacun.
— Moi aussi je suis contente pour vous tous ! Je ne savais pas que tu étais ami avec mon maître, Mylon, mais passons. Je me demandais juste : pourquoi t’as des écailles ?
Elio, Adamantine et Mylon écarquillèrent les yeux face à la question de Talia, le tout en étant aussi pris de sueur froide. Ils se rendirent compte que Talia n’avait jamais était mis au courant de ses origines, si bien que chacun pensa en même temps :
Oh la boulette !