Under Three Moons

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Summary

Dans un monde où la magie suit les signes astrologiques, naître sous un astre, c'est hériter d'un pouvoir. Douze signes. Douze dons. Douze chemins. Mais trois âmes s'élèvent hors des cartes célestes. Une guerrière, au feu ravageur. Une guérisseuse, guidée par l'eau. Une érudit, que la terre refuse d'oublier. Une quête. Une clef. Trois morceaux d'un même mystère, dissimulé dans le ciel depuis des siècles.

Genre
Fantasy
Author
~ Illy ~
Status
Complete
Chapters
25
Rating
n/a
Age Rating
13+

1.

Dans les cieux sans fin de Caelith, les étoiles tracent les lois du monde.

Elles brillent, dansent et tournent selon des cycles si anciens qu’aucun mage, pas même les plus anciens d’entre les Célestiens, ne saurait en deviner l’origine. Et pourtant, c’est de leur lumière que vivent les peuples. Leur rythme guide les saisons, façonne les dons, et délimite les frontières invisibles d’un monde construit en cercles parfaits.

Douze royaumes; chacun lié à un Signe du Zodiaque, forment le grand monde de Caelith. Chaque territoire est une incarnation de son astre : le paysage, les coutumes, les pouvoirs… tout reflète la constellation dominante. Même la langue, la musique, la manière de célébrer les naissances ou de pleurer les morts varient d’un royaume à l’autre.

À l’Est, les canyons rouges d’Ignarion, royaume du Bélier, fendent la terre en labyrinthes ouverts, où résonnent

les cris d’entraînement des enfants de la Flamme.

Plus bas, dans les montagnes verdoyantes de Verdastra, terre du Taureau, les jardins s’étendent en terrasses paisibles, sculptés par le temps et le silence.

Au Nord-Est, les villes en spirale de Miravell, royaume des Gémeaux, s’élèvent dans les airs, bâties à l’envers sur des arches flottantes, comme des illusions suspendues. Là, les enfants du Vent apprennent à brouiller les perceptions aussi bien que les vérités.

Puis viennent les rivages bleus de Nymëa, patrie du Cancer, où les marées chantent en secret et les guérisseurs prient la mer au clair de lune. Leurs pouvoirs naissent du flux, de l’émotion, du courant invisible qui relie chaque cœur à l’océan: les enfants de l’Eau.

Serekh, royaume du Lion, est une fournaise dorée. Le désert y brûle le ciel, mais au centre trône une cité rayonnante, flamboyante, où les enfants de la Flamme apprennent à marcher dans le feu sans trembler.

À l’Ouest, Thaloréa, le royaume de la Vierge, s’étire en forêts denses, peuplées de bêtes sages et de plantes sacrées ; la nature y est une religion, et ceux qu’on y forme sont les enfants de la Terre, guidés par les cycles vivants et les murmures du sol.

Auralis, lié à la Balance, est léger comme l’air. Le vent y souffle sans fin sur des falaises blanches, des ponts suspendus et des châteaux de cristal. On y élève les enfants du Vent, sensibles à l’équilibre, aux sons subtils et aux mouvements du monde invisible.

Puis vient Noctéïs, territoire du Scorpion, plongé dans une nuit éternelle. Les ombres y sont vives, les ruelles étroites, les secrets omniprésents. Là-bas, les enfants de l’Eau manipulent l’énergie des marées souterraines, l’invisible, le venin et la vérité dissimulée. Leur magie est celle de la dissimulation et de la profondeur.

À l’extrême Sud, Zarethéon, Royaume du Sagittaire, n’a pas de capitale fixe : ses peuples nomades suivent les étoiles, parcourant steppes, glaciers et canyons, guidés par les visions. À Zarethéon, on confie un arc aux enfants avant même qu’ils sachent lire. La flèche guide, dit-on, plus sûrement que les mots.

Tandis que Karnhël, patrie du Capricorne, est faite de pics gelés, de temples gravés dans la pierre, de sages isolés du monde, vivant hors du temps. Ils gravissent les montagnes pour apprendre le silence. Et dans ce silence, parfois, les astres leur répondent.

Plus loin, Virelion, Royaume du Verseau, crépite d’éclairs. Des tours flottantes s’élèvent au-dessus de l’eau, nourries par l’électricité pure. Les enfants de l’Air y apprennent à penser vite, à imaginer sans limite, à faire danser la matière autour de leurs idées fulgurantes. Leur esprit va plus vite que la parole.

Et enfin, Sélénir, le plus mystérieux : royaume du Poissons, voilé de brumes éternelles, d’eaux dormantes et de rêveurs en transe.

Au centre de tout cela, invisible depuis les Royaumes, se trouve Solastra.

Perchée au croisement des courants magiques, Solastra est le Treizième Domaine. Un sanctuaire flottant, suspendu entre les étoiles et la terre, qui ne peut être rejoint que par ceux qui en ont été jugés dignes. Il n’appartient à aucun signe. C’est là que vivent les Mages Supérieurs, les gardiens du savoir ancien, les veilleurs de l’équilibre cosmique.

Chaque être humain naît sous un Signe, et avec lui, une marque astrale apparaît sur la peau. Un tatouage vivant, souvent au creux de la nuque, de la poitrine ou des bras — selon la volonté des astres. Cette marque n’est pas décorative : elle pulse avec le pouvoir du Signe. Elle s’échauffe, s’endort, vibre. Elle ne peut être dissimulée, ni arrachée. Parfois, la marque vibre même avant la naissance. On dit qu’elle s’imprime dans les rêves de la mère, comme une lumière douce venue d’un autre plan.

Dès l’enfance, les jeunes Célestiens sont formés au sein de leur Royaume. Ils apprennent à lire leur marque, à canaliser leur pouvoir, à écouter la voix de leur élément. Le lien entre l’enfant et son élément est sacré. Le briser peut détraquer le corps, l’esprit, ou la magie elle-même. C’est pourquoi les voyages entre royaumes sont rares, et toujours surveillés par les Mages Supérieurs.

Chaque royaume a ses propres méthodes d’enseignement. À Verdastra, les enfants méditent dans les mines de jade. À Noctéïs, ils apprennent à parler sans bruit. À Miravell, ils apprennent à douter de tout, même de leurs propres pensées. À Zarethéon, on leur confie un arc avant même qu’ils sachent lire. À Karnhël, ils gravissent les montagnes pour apprendre le silence.

À dix-sept ans, la magie atteint sa maturité. Ce jour-là, un choix se présente.

Certains choisissent de rester dans leur Royaume, et d’en servir le peuple : artisans, gardiens, soigneurs, prêtres, conteurs, soldats. D’autres, plus rares, sont appelés par Solastra.

Ils quittent leur terre natale, franchissent les limites visibles du monde, et rejoignent le Treizième Domaine pour devenir des agents stellaires — errants du destin, exécuteurs des quêtes célestes, gardiens de l’ordre magique.

Ces derniers ne reviennent pas toujours, ceux qui y parviennent cependant, changent à jamais.

Mais dans les ombres mouvantes de ce monde si bien ordonné… Les choses peuvent changer.