Glow up
New York, 07h13.
Une lumière pâle perce à travers les rideaux crème de l'appartement. Kelly s'étire en silence, les yeux à moitié ouverts, ses cheveux en vrac sur l’oreiller. Pas besoin de miroir pour savoir qu’elle est encore belle — même au réveil, elle a cette allure désinvolte, un charme naturel qui ne demande aucun effort.
Son petit studio dans le Bronx sent le café froid et le gloss à la cerise. Les murs sont pleins de souvenirs : des vinyles accrochés comme des trophées, des post-it griffonnés de pensées acides, des photos découpées dans des magazines. Un bordel organisé. À son image.
Elle balance du SZA dans la pièce, pieds nus sur le parquet froid. Elle danse à moitié, se sert un reste de café et scrute son écran fissuré
Puis un nouveau message
Dexy: GIRL. T’es en Retard, Encore.
Kelly lève les yeux au ciel avec un sourire.
Dexy, c’est plus qu’une collègue. C’est une alliée. Une fille aussi cash que classe, capable de l’appeler « drama queen » tout en lui prêtant ses talons.
Elle attrape un jean taille haute, un débardeur noir, une veste en cuir. Pas besoin d’en faire trop. Elle se suffit à elle-même.
Elle attache ses cheveux en chignon flou, enfile des boucles dorées et applique son gloss sans trembler. Un dernier regard dans le miroir fissuré de l’entrée.
Pas parfaite. Mais présente.
Elle claque la porte de l’appart, casque sur les oreilles, sac sur l’épaule. Une journée comme une autre, dans une ville qui ne dort jamais.
Mais aujourd’hui, il y a un truc dans l’air.
Un frisson.
Un pressentiment.
Quelque chose approche. Elle ne sait pas quoi.
Pas encore.