Prologue

Elora
Le silence de l’appartement, à six heures du matin, Il est six heures du matin. Je ne dors pas. Ça fait une heure que je fixe le plafond, les nerfs à vif, à écouter le silence lourd de l’appartement. Depuis trois semaines, Nolan rentre à des heures pas possibles, épuisé, fuyant. Je sens que quelque chose ne va pas, mais cette nuit, quand je l’ai entendu rentrer à deux heures, je n’ai pas eu le courage d’aller lui parler. J’avais trop peur de ce qu’il allait m’avouer.
Six heures et une minute.
Un choc monstrueux fait trembler les murs. Le bois de la porte vole en éclats.
— POLICE ! OUVREZ !
Mon cœur bondit dans ma cage thoracique. Je saute du lit, les pieds nus sur le sol glacé, en débardeur. Les battements de mon pouls me martèlent les tempes.
Quand j’arrive dans le couloir, c’est le chaos. Des hommes armés, en gilet pare-balles, envahissent l’entrée. Leurs lampes me balayent le visage, m’aveuglent.
— À TERRE ! LES MAINS SUR LA TÊTE !
Nolan sort de sa chambre, hébété. Il n’a même pas le temps de comprendre. Un policier le percute brutalement, le plaquant au sol. Le front de mon frère frappe le sol avec un bruit sec.
— Nolan ! Non !
Je m’élance vers lui, mais une main puissante m’agrippe l’épaule et me projette contre le mur. La douleur m’arrache un cri.
— Ne bougez plus !
Mon frère est écrasé sous le genou d’un flic qui lui écrase le dos. Nolan gémit, le visage collé contre la poussière. Le cliquetis métallique des menottes retentit. Sec. Sans appel.
— Qu’est-ce que vous lui voulez ? Qu’est-ce qu’il a fait ?
Les larmes me montent aux yeux, la terreur me noue la gorge. Personne ne me répond. Ils fouillent tout. Ils retournent le matelas, renversent les étagères, jettent ses affaires à terre. Notre appartement, notre seul refuge depuis la mort de nos parents, est dévasté sous mes yeux.
Un policier s’avance vers moi, son arme toujours en main, l’air glacial.
— Elora Saël ?
— Oui...
— Votre frère est placé en garde à vue pour vol avec violence ayant entraîné la mort.
Le mot m’assomme. La mort.
— C’est impossible, je souffle, la voix brisée. Vous vous trompez, il a dix-neuf ans, il ne ferait jamais ça !
Ils le relèvent brutalement. Nolan est livide. Il refuse de croiser mon regard, la tête basse, les bras verrouillés dans le dos.
— Nolan, regarde-moi ! Nolan !
Il ne dit rien. On le pousse vers le palier, à travers les restes de la porte d’entrée. Je tente de faire un pas, mais le policier me bloque avec son bras.
— Restez ici. Un officier va arriver.
Puis ils disparaissent dans la cage d’escalier. En bas, les portières claquent, les sirènes s’activent, et les reflets bleus des gyrophares balayent le plafond du salon avant de s’éloigner.
Et le silence revient. Un silence glacial, de ruine.
Je m’effondre sur le sol, les jambes coupées. Le courant d’air s’engouffre par la porte arrachée. Sur le meuble de l’entrée, le cadre de notre photo à la plage est tombé. Le verre est brisé en deux, fendant le visage de Nolan.
Mon frère est parti avec les flics. On l’accuse d’un meurtre. Et je suis toute seule au milieu des débris.
Mes mains tremblent tellement que je ne peux même pas attraper mon téléphone. Ma poitrine me brûle, l’air ne rentre plus.
Tout vient de basculer. Pour le sortir de là, il va falloir que je descende moi-même en enfer.




![Fated to My Ex- Best Friend [Moving to Galatea]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_49edb1dbf9a28b50b9c4d68d8598359b.jpg)



