Tout ce que je veux pour Noel... ( c'est toi.)

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Summary

Et si le plus beau des cadeaux était une seconde chance ? Un an après leur séparation, Deva et Vianney se retrouvent par hasard, prisonniers de la montagne. Elle, rongée par la culpabilité. Lui, incapable d’oublier. Coincés ensemble le soir de Noël, ils vont devoir affronter leurs blessures, leurs regrets… et ce qu’ils ressentent encore l’un pour l’autre. Entre émotions, pudeur et renaissance, Tout ce que je veux pour Noël… (C’est toi.) nous plonge dans une histoire d’amour intemporelle, où la magie des fêtes se mêle à celle du pardon.

Genre
Romance
Author
Lyra 3008
Status
Complete
Chapters
15
Rating
5.0 4 reviews
Age Rating
18+

Prologue

Vingt ans plus tôt…

Allongé dans l’herbe encore tiède du jardin public, les bras croisés derrière la tête, je laisse les rayons du soleil glisser sur mon visage. Le ciel est d’un bleu éclatant, piqué de quelques nuages paresseux qui s’effilochent au-dessus de nous. Tout autour, le bourdonnement des insectes se mêle aux éclats de rire des enfants et au clapotis de la fontaine. L’été s’installe pour de bon, et avec lui ce sentiment d’insouciance qu’on croit éternel à dix-huit ans.

À côté de moi, Deva chantonne doucement, les écouteurs enfoncés dans les oreilles. Je reconnais à travers le murmure du casque le tube qu’on entend partout à la radio. Elle se balance au rythme de la musique, les yeux clos, un sourire léger accroché aux lèvres. Et moi, je la regarde.

Deva, c’est un peu le soleil du groupe. Toujours à rire plus fort que les autres, à parler avec les mains, à danser dans les files d’attente ou à pleurer devant un film qu’elle connaît par cœur. Elle a cette façon d’habiter l’air autour d’elle, comme si le monde était un décor trop petit pour son énergie. Ses cheveux tressés retombent sur ses épaules en une cascade de perles colorées qui cliquettent lorsqu’elle bouge. À chaque fois qu’elle tourne la tête, la lumière s’y accroche, et je me dis qu’aucune fille ne m’a jamais paru aussi belle.

Je ferme un instant les yeux, essayant de calmer le battement trop rapide de mon cœur. Depuis des mois, quelque chose a changé. Ce n’est plus seulement mon amie d’enfance, la fille avec qui je partageais mes goûters et mes secrets de lycée. C’est devenu autre chose. Plus fort. Plus dangereux aussi. Et ces vacances, nos premières sans les parents, seront ma chance. J’ai promis à Lucas et à Isaure que je profiterais du voyage pour lui avouer ce que je ressens. Facile à dire… moins à faire.

Je me redresse sur un coude, la détaillant discrètement. Elle a le bac en poche, un avenir tout tracé, des rêves plein les valises. Moi, j’ai juste envie d’elle.

— À quoi tu penses, Vianney ?

Sa voix me tire de mes pensées. Elle a enlevé un écouteur et me fixe avec un air à la fois amusé et intrigué.

— Tu me regardes bizarrement.

Je me redresse trop vite, les joues en feu.

— Oh… à rien. Je pensais juste à nos vacances. Ça va être cool, sans les parents !

Elle rit, d’un rire clair qui me fait fondre à chaque fois.

— C’est clair ! Mais moi, j’ai surtout hâte d’entrer à la fac. J’ai déjà repéré plusieurs programmes de droit international. Si tout se passe bien, dans dix ans, je bosserai à New York dans un grand cabinet d’avocats.

Je souris malgré moi. Elle a cette certitude dans la voix, cette ambition tranquille que rien ne semble pouvoir ébranler.

— T’as le temps d’y penser, Deva. On sort à peine du lycée. Profite un peu, non ? Le boulot, les responsabilités, tout ça, ça viendra bien assez tôt.

Elle hausse les épaules, l’air sûr d’elle.

— Peut-être. Mais moi, je veux construire ma vie maintenant. Rien ne me fera changer de direction.

Je la fixe un instant. Le vent fait danser quelques mèches rebelles autour de son visage.

— Pas même l’amour ?

Elle arque un sourcil, surprise par le ton que j’ai pris. Je me mords la lèvre, déjà prêt à bafouiller une excuse ridicule, mais elle ne dit rien. Elle se contente de me regarder, longuement. Puis, dans un geste qui me foudroie, elle pose sa main sur la mienne.

Son contact est léger, mais je sens une décharge remonter le long de mon bras. Elle s’approche, lentement, et ses lèvres effleurent les miennes. C’est un baiser bref, hésitant, presque irréel comme une promesse qu’on n’ose pas encore formuler.

Quand elle se recule, je la regarde sans comprendre, le cœur au bord des lèvres. Elle sourit doucement, ce sourire triste qu’on réserve aux vérités qu’on n’a pas envie de dire.

— Non, Vianney… pas même l’amour.

Elle se lève, attrape son sac et s’éloigne vers le portail du parc, ses tresses dansant dans la lumière du soir.

Je reste là, assis dans l’herbe, incapable de bouger, avec cette phrase qui résonne dans ma tête.

Pas même l’amour.

Et pourtant, à cet instant, je sais que je viens de tomber pour elle. Pour de bon.