La malédiction de la mariée noire

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Summary

Elle est ici. Noire. Sinistre. Démoniaque. La mariée noire. Une femme terrifiante, aussi silencieuse que la mort et pâle comme un revenant. Mais qui est-elle ? Que cherche-t-elle ? Dans ce grand et beau manoir victorien au passé tellement tragique, toute l'histoire n'a pas encore été révélée. Pourquoi tous ses propriétaires sont morts, brisés par un rituel macabre où l'un des parents tue toute sa famille enfants et animaux compris avant de se suicider dans la cave ? Pour Alissa, écrivain de renom, c'est une nouvelle affaire non résolue qu'elle va prendre plaisir à résoudre avant d'en tirer un nouveau best-seller. Mais ce n'est pas qu'un simple mystère que renferme ce manoir. Ce qui se trouve à l'intérieur... C'est l'enfer. Le mal en robe de mariée noire.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

Dotmila Falls, 1860

Il est tard. La nuit est tombée, froide et obscure. Seul le vent dans les arbres et les grondements sourds de l’orage brisent le silence.

Tarja peint paisiblement devant la cheminée. Les flammes projettent une chaleur réconfortante, éclairant de leur lueur le vestibule sombre du manoir. La demeure est entièrement vide. Personne à part elle. Pourtant, elle n’a pas peur.

Malgré l’absence de son jeune époux, parti chasser depuis quelques jours, la jeune femme se sait en sécurité. Ses deux fidèles chiens de garde veillent sur elle. Depuis sa fuite du domaine familial et son refus d’un mariage arrangé avec un mufle sans manières, de trente ans son aîné, ces bêtes sont ses protecteurs à chaque fois qu’elle se trouve seule.

Voilà trois mois qu’elle et l’homme qu’elle aime demeurent cachés au sein de ce vaste manoir qu’ils ont fait bâtir. Et leurs chiens sont dressés pour attaquer quiconque tenterait de s’en approcher.

Il va de soi que Tarja ne quitte jamais le manoir. Mais elle goûte bien volontairement à cette solitude consentie. Elle jouit enfin d’une liberté qui lui fut longtemps refusée. Plus de codes sociaux, d’obligation de se plier aux bonnes manières d’une jeune fille bien élevée fidèle à l’étiquette.

Soudain, Tarja entend un bruit sourd à l’étage. Elle est pourtant seule depuis le départ de son époux et les chiens dorment tranquillement à ses pieds bien qu’à l’affût de tout danger qui pourrait se manifester.

Intriguée, Tarja pose son pinceau et monte. Son cœur bat la chamade dans sa poitrine compressée par le corset. Un frisson glacial se glisse le long de sa colonne vertébrale. S’il y a quelqu’un là-haut, ce n’est pas son époux. James ne rentrerait pas sans dire bonsoir à sa tendre épouse et lui montrer la quantité folle de viande fraîche qu’il rapporte.

La main tremblante, Tarja prend la poignée et la tourne très lentement tant elle redoute ce qui l’attend à l’intérieur de la chambre. Ses parents l’auraient-ils retrouvée ? Ou pire, l’homme qu’elle devait épouser ? Cette idée la pétrifie. Mais elle a besoin de savoir qui se cache sous son toit.

La porte s’ouvre et Tarja laisse échapper un râle étranglé, bouleversée par ce qu’elle voit tandis qu’une larme roule le long de sa joue.

James est ici. Et il n’est pas seul. Son seul amour, l’homme qu’elle a épousé dans le secret après avoir fui à des kilomètres de chez elle, est avec une autre femme. Une laidasse en haillons, probablement fermière, sale et grasse, qui semble se faire déniaiser d’après son inexpérience.

Son cœur se brise. Mais Tarja ne pleure pas. Elle baisse la tête, fait volte-face et entre dans la chambre maritale où son corps à présent lourd de chagrin glisse sous les couvertures, pleurant jusqu’à s’endormir.

Mais plus tard dans la nuit, le mal s’empare de son âme bafouée. Tarja se lève, prend le deuxième fusil de chasse de son époux encore accroché au-dessus de la cheminée... Puis elle tire. BAM ! Une balle dans la tête de James.

La suite ressemble à un cauchemar. Tarja découpe en petits morceaux et donne la viande à ses chiens qui se régalent des restes sans savoir que la chair tendre est celle de leur maître. Puis leur repas fini, Tarja tire une nouvelle fois. BAM ! BAM ! Une balle chacun pour ses chiens. Quand tout sera fini, ils seront seuls. Mieux vaut qu’ils reposent en paix.

Tarja descend alors dans la cave. Elle n’a pas peur. Elle prend une corde, la glisse autour de son cou, et prend une profonde inspiration. Puis elle saute. La jeune femme est morte. Mais son âme ne reposera pas en paix. Elle ne trouvera pas le repos éternel. Elle crie vengeance. Ses yeux s’ouvrent une dernière fois. Hantés. Vengeurs.