Pantheon Divine Protocol

All Rights Reserved ©

Summary

Dans un monde où l’humanité croit maîtriser son destin, la vérité est bien plus sombre. Depuis des millénaires, des entités invisibles manipulent guerres et tragédies, se nourrissant de l’âme humaine à l’abri des regards.

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1 :Le jour où les démons existeront

Depuis la nuit des temps, la Terre est le théâtre de l’ingéniosité humaine, mais aussi de sa propre agonie. Voilà des millénaires que l’homme foule ce sol, bâtissant des cités pour mieux les voir s’effondrer sous le poids des siècles. Pourtant, si le sang n’a jamais cessé d’irriguer l’histoire de notre monde, la vérité derrière nos massacres est bien plus sombre que la simple ambition des rois ou la folie des dictateurs.

Les véritables architectes de notre chaos ne portent pas d’uniformes. Ce sont des Démons.

Ces entités ancestrales, nées des recoins les plus obscurs du cosmos, se nourrissent d’une seule et unique substance : l’âme humaine. Pour eux, une guerre n’est pas un conflit politique, c’est un banquet. Chaque champ de bataille, chaque ville incendiée et chaque cri de désespoir est une offrande à leur faim insatiable. Derrière chaque génocide, derrière chaque grande tragédie qui a marqué l’humanité, se tapit l’ombre d’un démon manipulant les fils du destin.

Aujourd’hui, alors que l’acier et le feu continuent de déchirer nos continents, l’humanité semble condamnée à n’être qu’un bétail inconscient de son propre sort. Le monde brûle, les cieux s’assombrissent et l’espoir s’effrite.


Nichée au creux des cimes enneigées des Alpes, une petite bourgade sans histoire semblait ignorer le tumulte du monde. Dans l’une de ces maisons aux murs de bois et de pierre, un jeune homme y habité. Du haut de son mètre soixante-cinq, il ne s’imposait pas par sa stature, mais son apparence ne laissait personne indifférent. Il possédait une chevelure d’un blond doré, presque éthérée, qui contrastait violemment avec ses yeux d’un rouge profond, semblables à des rubis polis. Ce regard inhabituel, souvent perçu comme un mauvais présage par les plus superstitieux du village, trahissait une maturité précoce mâtinée d’un profond ennui. Ses yeux restaient rivés sur l’écran de son téléphone, parcourant les titres de l’actualité internationale. Il soupira, une lueur de mépris dans les yeux.

— Viktor Volkov a encore fait une déclaration à la limite du délire… Celui-là, je te jure, murmura-t-il pour lui-même en faisant défiler les notifications.

Soudain, une voix familière brisa le silence de sa chambre.

— Kaito ! À table ! cria sa mère depuis le rez-de-chaussée.

— J’arrive, maman ! répondit-il en se levant d’un bond las.

Il descendit les escaliers dont le bois craquait sous ses pas et s’installa dans la salle à manger. Ses parents l’y attendaient. Son père, Mike, était un homme d’une cinquantaine d’années au visage buriné par le travail. Bien qu’il ne fût pas un géant, il dépassait son fils de quelques centimètres. Il portait des cheveux d’un noir profond qui tranchaient radicalement avec ses yeux d’un rouge clair, presque rosés.

À ses côtés, sa mère, Aniko, dominait la tablée par sa taille, étant la plus grande de la famille. Elle était d’une beauté solaire avec ses longs cheveux dorés et ses yeux bleu ciel, limpides comme un lac de montagne. Elle terminait de disposer les plats fumants sur la table avant de s’asseoir.

— Alors fiston... Tu vas à l’église demain ? demanda son père d’un ton qui se voulait décontracté, mais qui cachait une réelle attente.

Kaito soupira bruyamment, la flemme se lisant sur chaque trait de son visage.

— Oui, j’y vais, lâcha-t-il entre deux bouchées.

— Tu sais, c’est crucial d’y aller, reprit sa mère en portant son verre à ses lèvres. Il faut prier pour que les démons ne s’emparent jamais de ton âme. C’est notre seul rempart.

— Ouais, si tu le dis... répondit Kaito, le ton sec.

Le visage de Mike s’empourpra. Il n’appréciait guère le détachement de son fils face à ce qu’il considérait comme une menace vitale.

— Tu n’as pas l’air de prendre ça au sérieux, Kaito ! s’énerva le père.

— Pourquoi devrais-je m’inquiéter pour des choses qui n’existent pas ? répliqua le jeune homme sans même ciller.

Le poing de Mike s’abattit sur la table, faisant tinter les couverts.

— Bien évidemment que les démons existent ! Et tu as tout intérêt à les craindre ! tonna-t-il en pointant un doigt accusateur vers son fils.

Kaito finit calmement son verre, se leva et rangea son assiette dans l’évier avec un calme olympien. Avant de quitter la pièce, il lança une dernière pique par-dessus son épaule :

— Le jour où tes démons se pointeront, appelle-moi. En attendant, je préfère vivre dans le monde réel.

— Et reviens ici tout de suite ! commença Mike, mais la main de sa femme se posa sur son bras.

— Ça ne sert à rien, Mike. Laisse-le, soupira Aniko.

Mike se racla la gorge, la tension ne quittant pas ses épaules.

— C’est dur, Aniko. Il ne se rend pas compte du danger.

— Je sais, murmura-t-elle avec un regard triste tourné vers l’escalier. Mais laisse-lui du temps. Ne t’en fais pas, tout ira bien.

— Si tu le dis... répondit-il, sans grande conviction, alors que le vent des Alpes s’engouffrait contre les volets, comme un sinistre présage.


— « Il faut vraiment être stupide pour croire aux démons... »

Kaito laissa échapper un soupir de dédain, mais celui-ci mourut dans sa gorge. Un craquement sec, provenant de l’extérieur, venait de briser le silence de la nuit. Intrigué et un peu sur la défensive, il se leva pour inspecter les environs. Il ouvrit la fenêtre, laissant entrer l’air glacial des cimes. Ses yeux balayèrent la pénombre, mais rien ne bougeait sous la voûte étoilée. Le village semblait plongé dans un sommeil de plomb.

Il resta là quelques secondes, fasciné malgré lui par la pureté du ciel alpin. Puis, il s’apprêtait à refermer le battant quand un nouveau bruit retentit. Mais cette fois, le son ne venait pas de la forêt. Il venait de l’intérieur même de sa chambre.

Kaito se retourna d’un bloc et son sang se glaça.

Tapie dans l’angle mort de la pièce, une créature semblait avoir été forgée dans l’encre la plus noire. Elle n’était pas imposante par sa taille, mais l’air autour d’elle semblait vibrer, saturé d’une pression insupportable qui rendait la respiration difficile. Deux cornes écarlates, pareilles à des braises ardentes, pointaient sur son crâne, tandis que des fissures d’un bleu électrique parcouraient son corps sombre comme de la lave froide.

Kaito, blême, sentit ses jambes se dérober. La sueur perla instantanément sur son front. Il s’effondra au sol, reculant frénétiquement sur les fesses, les yeux écarquillés par l’horreur.

Le démon étira ses lèvres en un sourire sadique, dévoilant une rangée de dents trop acérées pour être humaines. Il s’avança d’un pas lent, presque aérien, et murmura d’une voix mielleuse, étrangement douce :

— En voilà un corps de substitution parfait... Je vais pouvoir m’éclater demain, moi.

Il éclata d’un rire sinistre qui semblait résonner directement dans le cerveau du jeune homme.

— Allez... C’est parti.

Soudain, la créature se liquéfia, se transformant en une ombre visqueuse qui se jeta sur lui. Kaito voulut hurler, mais aucun son ne sortit. L’obscurité s’engouffra de force dans ses narines, sa bouche et ses pores. Totalement impuissant, son corps fut secoué d’un spasme violent avant que son esprit ne sombre dans le néant.

Quelques secondes plus tard, le corps de Kaito se redressa brusquement.

— Haa... Ma tête... J’ai un mal de chien...

Il se massa les tempes, titubant jusqu’à son lit. Ses souvenirs étaient flous, comme voilés par une brume épaisse.

— Ça devait être un cauchemar... un sale rêve... Je devrais dormir, grommela-t-il, la voix légèrement plus rauque qu’à l’accoutumée.

Il se laissa tomber sur son matelas et sombra instantanément dans un sommeil lourd, ignorant que “Kaito” n’était peut-être plus seul dans son propre esprit.