Le Baptême d'Octobre

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Summary

Marc Drouin, analyste informatique exilé à Paris, profite d'un dernier week-end d'automne au Québec avant de s'envoler à nouveau vers l'Europe. Dans les paysages flamboyants de l'Estrie, il n'est pas seul: il y a Valérie, cette femme aux origines métissées et au regard bleu hypnotique, dont il n'ose s'avouer amoureux de peur de se briser à nouveau. Mais il y a aussi le chalet. Et dans ce chalet, il y a Mégane. Mégane, c'est le fantôme du passé, le premier grand amour, celle qui a piétiné le cœur de Marc des années plus tôt sans jamais s'en rendre compte. Elle est belle, libre, et d'une franchise désarmante. Sous la voûte des pins et le crépitement du foyer, les masques tombent. Entre des parties de Uno endiablées, des bains forcés dans les eaux glacées du lac et le vapeurs du bois de chêne, la tension monte jusqu'à l'irréparable. Dans ce huis clos sauvage, les frontières entre amitié, désir et loyauté se brouillent. Marc se retrouve au centre d'un triangle inattendu, où la jalousie laisse place à une exploration charnelle libératrice. Pour guérir de ses blessures, il devra apprendre à lâcher prise, quitte à plonger tête première dans un amour plus vaste et complexe qu'il ne l'avait imaginé. Ansanm-ansanm, ils vont apprendre que la chair a ses propres serments et que l'automne, loin d'être la saison des morts, peut être celle des renaissances les plus brûlantes.

Status
Complete
Chapters
6
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

L’Appel de l’Estrie

Marc et Valérie traversèrent le parc, leurs pas crissant sur les feuilles mortes qui jonchaient le sol. Le soleil déclinait derrière le mont Royal. Les trottoirs prenaient des teintes sombres sous la lumière déclinante. Devant le condominium d’Isabelle, Marc s’arrêta un instant pour admirer la lumière dorée se reflétant sur les fenêtres.

« Toujours aussi beau l’automne icitte, hein? » lança-t-il en jetant un regard complice à Valérie.

Elle acquiesça avec un sourire.

« On dirait que Montréal met ses plus beaux atours juste pour nous dire au revoir. »

Ils entrèrent dans l’appartement où Isabelle s’affairait déjà en cuisine, une odeur de ragoût embaumant l’air.

« Bon! Les touristes sont de retour! Vous restez manger ou vous partez tout d’suite en l’Estrie? »

Marc esquissa un demi-sourire moqueur tout en passant sa main dans ses cheveux bruns ondulés.

« Non, Mégane nous attend déjà. Mais ostie qu’ça sent ben bon! Tu nous en gardes un morceau pour lundi? »

Valérie se mit à rire doucement, penchant la tête en arrière pour profiter au maximum du parfum du ragoût une dernière fois avec un regret dans son sourire.

« Si seulement on pouvait tout faire... »

Marc balaya la chambre du regard, s’assurant qu’ils n’oubliaient rien. Son sac à dos semblait déjà prêt à exploser. Valérie se tenait près de la fenêtre, observant les feuilles dansantes.

« J’ai jamais compris pourquoi on doit toujours partir quand ça devient intéressant », dit-elle en croisant les bras, un sourire mélancolique aux lèvres.

Marc hocha la tête en plaçant ses affaires sur le lit.

« Ça fait partie du charme des voyages, non? On ne s’ennuie jamais longtemps. »

Isabelle se tenait dans l’encadrement de la porte avec son air bienveillant qui la caractérisait si bien.

« Marc! T’oublies pas qu’y faut qu’vous soyez rentré dimanche soir pour Mathieu, hein? Il a besoin d’ton pickup pour aller chercher son bois d’chauffage lundi matin. »

« Ouais, c’est noté », répondit Marc en fermant sa valise avec effort.

Valérie poussa un profond soupir avant de se tourner vers Marc.

« Dernier week-end et on retourne déjà à Paris... Je m’étais habituée aux matins tranquilles ici. »

Marc posa sa main sur son épaule et lui sourit.

« Ben, c’est pas comme si Montréal allait disparaître demain! »

Isabelle les serra chaleureusement dans ses bras, déposant un baiser sur la joue de chacun.

« Profitez-en bien! Il paraît que la météo va être super en fin de semaine. »


Marc et Valérie s’installèrent dans le pickup de Marc. Valérie n’était pas à son premier trajet dans le véhicule de Marc, mais elle était toujours aussi surprise de sa taille.

« Pourquoi tu ne l’emmènes pas à Paris, ton pickup ? Ça serait marrant de te voir essayer de parker ton tank dans les petites rues. ».

Marc rit en appuyant sur l’accélérateur.

« Arrête! J’serais obligé de vendre mon beau corps au bois de Boulogne pour payer l’gaz. Mais j’avoue qu’ça pourrait être l’fun. »

Valérie éclata de rire.

« Putain! T’es con! »

Valérie se ressaisit.

« Dans ce cas, je serais ta meilleure cliente. »

Marc regarda Valérie avec un air espiègle.

« OK. Mais j’prends pas les chèques. »

Leurs rires se mêlèrent au ronronnement du moteur alors qu’ils prenaient la route vers l’Estrie. Les arbres défilaient autour d’eux, leurs feuilles flamboyantes de rouge et d’or. La lumière du soleil perçait au travers des feuilles, dessinant des motifs sur le tableau de bord usé.

Sur l’autoroute, Valérie admirait les paysages colorés, rêveuse. Les érables enflammés de rouges et d’oranges défilaient devant son regard admiratif. Elle se tourna vers Marc, ses yeux bleus pétillants d’émerveillement.

« Le paysage est tellement beau, Marc. J’étais déjà en extase devant les photos que tu m’avais montrées, mais là… »

Le regard de Valérie se perdait dans l’horizon.

« Oté... mon zié i sa pété là ! » murmura-t-elle.

Marc rigola légèrement, ses mains solides sur le volant.

« J’ai rien compris, mais j’pense que tu trouves ça beau. »

« C’est tellement beau. »

« C’est notre break avant l’hiver. Un peu comme un dernier spectacle avant le grand froid, t’sais. »

Le vieux Silverado quitta l’autoroute pour s’engager sur des petites routes de campagne cabossées et pleines de nids-de-poule.

« Je comprends maintenant pourquoi tu as besoin d’un char d’assaut pour circuler ici! »

Valérie s’accrocha à la poignée au-dessus de la fenêtre alors que le camion bondissait sur une bosse. Marc lança un coup d’œil amusé dans sa direction.

« J’t’avais prévenue! Les chemins ici sont pas faits pour les voitures délicates, mais ça ajoute au charme du coin. »

Ils quittèrent la route principale pour un chemin de gravier qui serpentait à travers la forêt dense. Les branches des arbres semblaient former une arche au-dessus du véhicule, créant une atmosphère presque mythique.

Valérie taquina Marc avec un sourire espiègle,

« Tu m’amènes dans un coin perdu pour me kidnapper ou quoi? Je te rappelle que ma famille n’est pas riche et qu’à défaut de rançon, tu devras te contenter que de moi! »

Marc sourit en coin, son regard complice croisant celui de Valérie.

« Si j’ai pas l’choix, peut-être que j’pourrais t’vendre sur l’marché noir », plaisanta-t-il avant de recevoir une petite tape sur l’épaule simulant une offuscation outrée.

Il éclata de rire immédiatement,

« C’était une joke! C’est clair que je te garderais avec moi plutôt que te vendre... Quoique… ici, je pourrais avoir un ostie d’bon prix pour tes yeux. »

Une expression d’étonnement apparu sur le visage de Valérie. Sa bouche était ouverte, mais il fallu un temps avant qu’un son ne sorte.

« Mais t’es un putain de salaud, Marc. », dit-elle finalement en riant.

Le regard de Valérie lui brûlait la peau. Il s’agrippa au volant, s’interdisant de plonger la main dans les boucles noires de Valérie. Cette femme venue tout droit des îles françaises de l’océan Indien avait quelque chose qui dépassait sa beauté évidente; son intelligence vive et son humour subtil résonnaient en lui bien plus profondément qu’il ne voulait l’accepter.

La complexité fascinante de ses origines métissées afro-indiennes et franco-algériennes ajoutait à son mystère irrésistible; mais c’était surtout son regard hypnotisant qui captivait Marc chaque fois qu’il s’y plongeait trop longtemps. Ces yeux bleus inhabituels dans cet héritage ethnique unique semblaient percer jusqu’à ses pensées les plus secrètes sans effort apparent.

Marc prit un air plus sérieux, détournant légèrement le regard de la route pour observer Valérie. Il pesait ses mots avec soin, un rare moment où sa spontanéité laissait place à une réflexion plus profonde.

« Tu sais, Mégane et moi... on est vraiment des bons amis », commença-t-il, sa voix teintée d’une sincérité inhabituelle. « J’ai eu un gros crush sur elle… y’a quelques années. C’était intense pour moi à l’époque, mais pour elle, j’étais juste un ami. »

« Un crush ? »

Marc sourit.

« J’étais amoureux d’elle. »

Valérie resta silencieuse un instant, légèrement surprise par cette confidence inattendue. Elle tourna son visage vers lui, cherchant à comprendre ce qui poussait Marc à ouvrir ainsi cette porte du passé.

« Tu l’es encore? Amoureux d’elle, je veux dire. »

Le regard de Valérie avait changé. Ce n’était pas de la jalousie, mais le regard de quelqu’un qui voulait savoir, qui voulait comprendre.

« Non. Nos vies ont pris des chemins différents. Pis je l’ai pas vu depuis que j’suis parti en France, y’a six mois. J’lui ai juste envoyé un email, le mois passé pour lui que j’aimerais qu’on s’voit. J’voulais qu’vous vous rencontriez. »

« Pourquoi tu me dis ça maintenant? »

Marc haussa légèrement les épaules tout en gardant ses yeux fixés sur le chemin sinueux devant eux.

« J’veux juste que tu l’saches. J’veux pas que tu sois mal à l’aise ou que tu t’sentes exclue quand tu verras notre familiarité. On va probablement sortir des insides jokes que tu comprendra peut-être pas. Elle compte beaucoup pour moi, même si y’a jamais rien eu entre nous autres. »

Elle posa sa main sur sa cuisse avec une douceur rassurante.

« Marc... Tu m’as jamais rien promis, tu sais. Mais merci de me l’avoir partagé. », dit-elle doucement avant de tourner la tête la forêt défilante derrière la fenêtre.


Le soleil rasait la cime des pins quand le Silverado s’immobilisa dans un grincement de freins fatigués. Marc coupa le moteur et resta un instant les mains sur le volant, les doigts tambourinant une mesure silencieuse. À travers le pare-brise, il aperçut Mégane assise sur la galerie du chalet, les jambes repliées sous elle, un livre abandonné sur les genoux. Elle portait une robe bleue pâle qui épousait sa silhouette sans effort, et ses cheveux blonds, éclairés par les derniers rayons, semblaient tissés d’or et de miel.

Dès qu’elle reconnut le pickup, elle bondit sur ses pieds, le livre glissant au sol sans qu’elle y prête attention. Marc sortit de la cabine et sentit aussitôt le poids de son regard. Elle courut vers lui, ses seins souples ballottaient librement sous le tissu de sa robe. Marc avala de travers, la gorge soudainement sèche. Il n’eut pas le temps de se préparer qu’elle lui sautait déjà au cou, ses bras l’enlaçant avec une force inattendue. Il la souleva sans réfléchir, la faisant tournoyer une seconde avant de la reposer, son rire cristallin résonnant dans l’air frais.

« T’as encore pris ton vieux bazou de misère, hein ? » lança-t-elle en lui donnant une tape amicale sur l’épaule, les yeux pétillants.

« Hé! Mon bazou m’a toujours mené à bon port. »

« Aaah! J’suis tellement contente de t’voir. »

« Moi aussi. »

Valérie descendit à son tour, refermant la portière avec un claquement sec. Mégane se tourna vers elle, un sourire franc aux lèvres, et Marc perçut aussitôt l’étincelle d’admiration dans son regard. Cette curiosité avide qu’elle réservait aux gens qui l’intriguaient.

« Wow… » murmura-t-elle en détaillant Valérie de la tête aux pieds. « J’savais que t’avais du goût, mais là, tu t’es surpassé. »

« C’est pas ma blonde, » murmura Marc en retour.

Mégane lui jeta un regard interrogateur.

« Ben, t’es plus con que j’pensais. »

Mégane se tourna vers Valérie pour l’accueillir avec son plus beau sourire. Valérie rougit légèrement en s’approchant, mais soutint son regard avec une assurance tranquille.

« Mégane, je te présente Valérie. Val, voici Mégane; une très bonne amie… pis la pire garce que j’connaisse. »

Mégane éclata de rire et ouvrit ses bras pour accueillir Valérie dans une brève étreinte.

« Enchantée. Et désolée pour lui, » dit-elle en désignant Marc d’un geste du menton. « Il a tendance à minimiser ses relations. »

Marc sentit ses joues chauffer.

« Hé, on est juste des amis, OK ? De très bons amis. »

Mégane lui lança un regard en coin, mi-amusée, mi-sceptique.

« Ouais, ouais… »

Elle se tourna vers Valérie, un sourire malicieux aux lèvres.

« J’ai dû lui expliquer, j’sais pas combien d’fois que des chums, ça s’frenche pas. »

Valérie rit, visiblement détendue, et Marc leva les yeux au ciel.

« Ça fait six ans de d’ça! »

Mégane lui donna un coup de coude dans les côtes avant de passer un bras sous celui de Valérie.

Marc avançait sur le sentier menant au chalet. Valérie marchait juste devant, avec Mégane. Le bois craquait sous leurs pas, et Mégane jetant des regards en arrière avec un sourire complice.

« Vous avez mangé? » demanda-t-elle en pivotant sur ses talons.

« Pas encore », répondit Marc en ajustant la lanière de son sac. « On a apporté du stock pour faire des sandwichs. »

Valérie hocha la tête, ses yeux curieux absorbant chaque détail du paysage environnant.

Une fois à l’intérieur, Marc aperçut l’émerveillement dans les yeux de Valérie, qui balayait du regard le salon rustique et accueillant du chalet. L’odeur de la résine et du chêne sec lui remplissait les narines.

Mégane désigna deux lits de camp qu’elle avait préparés dans un coin du salon près du foyer en pierre.

« J’espère que ça ira pour vous », dit-elle avec un clin d’œil.

Marc déposa son sac près d’un des lits avant de s’installer avec les autres autour de la table centrale, éclairée par la lumière tamisée des chandelles. Ils commencèrent à sortir le pain et les garnitures pendant que Mégane ouvrait une bouteille de vin rouge qu’elle avait apportée.

Marc savourait le goût du fromage de chèvre et du jambon entre deux tranches de pain frais. La chaleur du foyer en pierre répandait une douce lueur dans la pièce. Mégane, avec son sourire malicieux habituel, se tourna vers lui.

« Alors, comment tu trouves la France? T’as eu le temps d’apprécier les Françaises ou t’es resté coincé dans ton bureau? »

Marc leva les yeux tout en mâchant son sandwich.

« La France? C’est pas mal différent d’ici. Les gens sont pas si pires, mais y’a rien qui vaut nos paysages québécois », répondit-il avec un clin d’œil espiègle. « Quant aux Françaises, elles sont... différentes. »

Mégane arqua un sourcil moqueur.

« Différentes comment? Plus compliquées que nous autres? »

Il rit doucement avant de secouer la tête.

« Non, juste... différentes. J’sais pas trop comment l’expliquer. »

Elle ne sembla pas convaincue, mais se tourna rapidement vers Valérie, sa curiosité piquée au vif.

« Pis toi, Valérie ? Comment tu trouves notre coin de pays ? Pas trop dépaysée ? »

Valérie prit une bouchée avant de répondre, ses yeux brillants d’intérêt pour cette nouvelle amitié naissante.

« Le Québec est magnifique ! Même si je suis habituée à des climats plus chauds », dit-elle en riant légèrement.

« Comment t’as rencontré Marc ? »

« On s’est rencontrés lors d’une soirée à Paris. Des amis communs. »

Mégane hocha la tête, visiblement satisfaite par cette explication sommaire mais claire.

« Intéressant! Mais dis-moi donc... c’est quoi ton origine ? Excuse-moi mais… c’est tellement rare une noire avec des yeux bleus. Ils sont fascinant. Ça te va tellement bien. »

« Ça, c’est tellement vrai », intervint Marc. « Des yeux comme ça, c’est dangereux en crisse. »

Valérie sourit doucement tout en jouant avec une mèche de cheveux épais et noirs comme l’ébène qui encadrait son visage magnétique.

« Je viens de La Réunion », expliqua-t-elle. « Une île française dans l’océan Indien où mes parents ont grandi. Mon père est franco-algérien et ma mère afro-indienne. J’ai les yeux de mon père. »

Les yeux noisette de Mégane s’illuminèrent d’une fascination sincère alors qu’elle écoutait attentivement chaque mot prononcé par Valérie; c’était évident qu’elle essayait mentalement de localiser ce lieu exotique sur une carte imaginaire dessinée dans son esprit curieux jamais rassasié.

« Wow! Ça a l’air tellement paradisiaque. Va falloir que j’mette ça sur ma bucket list. »

« Attaches ta tuque Meg », ajouta Marc. « La Réunion, c’est pas à côté. Ça prend une douzaine d’heures d’avion à partir de Paris. Faqu’à partir de Montréal, ça doit être la même chose qu’aller en Australie. »

Leurs rires emplirent bientôt toute la pièce tandis que Marc observait silencieusement ces deux femmes déjà complices échanger des histoires personnelles captivantes autour du repas simple partagé ensemble sous cette vieille charpente en bois.

Marc, Mégane et Valérie bavardèrent des heures durant. Les anecdotes de Marc provoquèrent des éclats de rire chez Mégane et Valérie, surtout lorsqu’il évoqua sa première arrivée à Paris et sa confusion face au labyrinthe du métro. À son tour, Valérie décrivit les soirées parisiennes animées sous la tour Eiffel, captivant Mégane qui rêvait de voyages.

« Pis toi, Marc? » demanda Mégane en riant. « T’as fini par t’y habituer ou tu te perds toujours? »

Marc haussa les épaules avec un sourire en coin.

« Disons que j’me débrouille... la plupart du temps! »

La nuit avançant, le trio se prépara pour la nuit. Mégane rejoignit la chambre à l’étage tandis que Marc et Valérie s’installèrent sur les lits de camp dans le salon plongé dans l’ombre douce du foyer.

Marc ajouta quelques bûches au feu crépitant avant de rejoindre son lit rudimentaire. La lumière dansante dessinait des motifs chaleureux sur les murs en bois rond.

Valérie s’approcha alors qu’il ajustait ses couvertures.

« Merci pour cette invitation incroyable », murmura-t-elle avec sincérité avant de déposer un bisou tendre sur sa joue rugueuse.

Surpris, mais touché, il l’enlaça doucement.

« Ça me fait vraiment plaisir que tu sois ici », répondit-il d’une voix grave et rassurante.

Marc regarda Valérie s’endormir au son du foyer qui crépitait. Elle était souriante, paisible, malgré le dépaysement. Mais au fond de lui, il appréhendait cette fin de semaine. D’un côté, Mégane, l’amour inaccompli de sa vie, et de l’autre, Valérie, plus qu’une simple amie. Deux femmes importantes de sa vie. Deux femmes de caractères et de cultures différentes. Il espérait juste que les prochains jours ne deviennent pas une lutte de l’une contre l’autre.