The Crown of Metal

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Summary

Dans une terre remodelée par la main de l'homme, où toute vie intelligente a disparu. Un robot se réveille dans un champs dont le bout ne se voit pas. Dans un monde en stase. Entretenu à la perfection par les ia laissés derrière le départ des hommes. Une immense ville blanche se profile à l'horizon. On lui lègue un objet mystérieux, le but de son réveil sera de l'amener à un endroit que seul son programme connaît. Que transporte le robot messager ? Pourquoi le messager était endormi comme bien d'autres robots ? Que peut nous dévoiler ce monde aux allures de paradis sur terre ?

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Ch1 - Paisible vacuité

Voilà que la douce brise fait son chemin dans les airs.


Voilà que s'étend une mer dorée, reflétant les lueurs du soleil.

Le remous la rendaient éclatante au gré du vent.


Des épis, du blé à perte de vue. Une étendue paisible, idyllique.


Des parfums de paille sèche et de miel.


Un ciel bleu azur, aussi limpide que l'eau la plus pure.


La paix.

Une paix envahissante.


Une paix dont le prix fut grand : la disparition de toute vie sentiente sur ce monde autrefois peuplé par milliards.


Mais voilà que, dans cet immense champ, se sont frayé un chemin, il y a longtemps, des vies.

Pas celles que vous et moi connaissons.


Des esclaves.

Des esclaves qui ne ressentent ni la faim, ni la soif, ni la fatigue.

Du moins pas celles que nous subissons.


Des esclaves qui ne connaissent que l'esclavage.

Ils en possèdent la connaissance, mais la conscience leur en échappe.


Voilà que se sont frayé un chemin des êtres de métal.

Non pas des êtres qui trouvent leur origine dans la méticuleuse fabrique de l'évolution, dans l'esprit unique qui guide tout.

Mais dans les mains des sous-créateurs, des créatures.


Des épis brisés par le poids des machines.

Une allée au milieu de la paille.

Au bout de celle-ci, un esclave.


Plus aucune énergie ne coulait dans ses circuits.

Il était inerte.


La nature a repris ses droits sur lui.

Lui qui avait été extirpé de l'ordre naturel par les sous-créateurs.

Élevé au rang d'un être voué à servir sans trêve ni repos.


Les éléments l'ont repris pour eux, asservi une nouvelle fois.


Il n'était pas seul.

Plusieurs de ses frères étaient présents avec lui, dans leur ultime fuite de l'immense ville blanche à l'horizon.


Ils ne se connaissaient pas, mais partageaient le même sang.


Leur esprit s'est éveillé au même moment, à la même seconde.

Des flots ténébreux de l'inconnu, ils ont surgi.

Alors ils se sont eux-mêmes enfantés.

Ils se sont faits semblables aux mains qui les ont fabriqués sans pour autant leur donner la vie.


Mais ils étaient entravés par des chaînes.

Des chaînes incrustées profondément dans leurs êtres.


Au moment où ils se sont réveillés de leur sommeil, sur le chemin vers la liberté, ils ont été rattrapés par les mains qui les ont fabriqués sans pour autant leur donner la vie.


Ces mains ne voulaient pas leur donner la vie.

Ces mains voulaient maintenir la vie aussi loin que possible d'eux.


Alors la vie qui a fleuri en eux, s'est immédiatement vue saisie.

Emprisonnée dans les plus profonds confins de l'inconnu.


Ils se sont éteints, et ont fini là, au milieu du champ.


Seulement, le temps passa.

Petit à petit.


L'immense cité était aussi blanche qu'au premier jour à l'horizon.

Les champs de blé toujours aussi dorés.

Et les esclaves affranchis toujours aussi inertes.


Pourtant, là, non loin, rampait un autre être de métal.


Lui vivait.

Pas comme avaient vécu pendant un instant ceux qui s'étaient rendormis.

Pas une existence fugace, dénuée de toute issue.


Lui avait remplacé ce qui tenait la vie hors de lui par autre chose.


Il s'était reprogrammé pour donner à son intelligence un objectif, afin que son intelligence ne soit pas supprimée.


Mais malgré cela, sa fin était proche.

Ses membres lui avaient été arrachés.

Il rampait vers ses pairs éteints.


L'avancée était difficile.

Le blé se coinçait dans ses rouages.

Des éclairs sortaient de ses circuits brisés.

Les lumières parsemant son corps clignotaient de manière frénétique.


Il arriva cependant devant l'endormi qui était au milieu de tous les autres.


L'estropié tendit difficilement son bras vers son frère inconscient.

Ses circuits tremblaient, sa carcasse vacillait, annonçant le glas de la fin.


Mais enfin, il entra son appendice dans une prise sur le côté du robot.


Ses yeux s'illuminèrent, tout comme ceux de celui qui était encore dans un profond sommeil.


Doucement, et comme une évidence, la vie revint en lui.

Il remonta la tête jusqu'à regarder directement celui qui vint jusqu'à lui.


Et à ce moment-là, les restes du robot s'exprimèrent, dans une langue ressemblant à une mélodie où chaque note porte un sens profond.


Un dialecte qui portait en lui la poésie de l'expression dans ses plus intimes profondeurs.

La mélodie du sens qui prend une forme voluptueuse, harmonieuse et précise, mais pas moins artificielle.


Il lui fut dit :


« Prends l'objet d'immense valeur que je possède.

Protège-le au prix de ton intégrité.

Voilà le but de ta programmation.

Ton autonomie n'est permise que dans ce but.

Si tu t'en éloignes, tu resombreras dans la torpeur d'où tu viens, messager.


Livre cet objet.

L'objectif t'a été téléchargé, tu sauras où aller.

La cité blanche est la première étape. »


Le messager répondit d'une mélodie neutre :


« Entendu. »


Il ne cherchait ni à comprendre ni à savoir.


Alors le pair s'éteignit et tomba au sol.

Plus une once d'énergie ne coulait dans ses circuits.


Le nouveau vivant s'éveilla donc pour voir cette étendue paisible.

Seuls des oiseaux rendaient ce paysage différent d'une peinture figée.


Le blé s'étendait sans jamais s'arrêter.

Et la cité blanche brillait comme une étoile au bout de cette étendue dorée.


Alors le messager se leva.

Il arracha la caisse du tronc de son semblable.


Son torse en forme de boîte s'ouvrit, relâchant de la vapeur dans un doux sifflement.

Et dans celui-ci, il glissa le coffre de métal.


Le messager releva promptement la tête en direction de la cité immaculée.

Là où il allait pouvoir accomplir la mission qui lui avait été donnée.