Prologue
✨ salut à toi,
Merci davoir choisi mon roman pour t’évader.
Pour ton info : tu retrouveras la version retravaillée de La Morsure sur Wattpad - beaucoup plus simple pour écrire 😉- et dautres de mes romans illustrés !
Tu me trouveras sous Rachelle277.
Byeee et bonne lecture ❤️
16 octobre 2016, Afghanistan
Lieutenant Callahan
Le vent brûlant arrache des tourbillons de poussière rouge au désert afghan.
Je suis à genoux, l'œil rivé derrière mon viseur, mon doigt crispé sur la détente.
On nous a dit :
"Cibles ennemies. Feu autorisé."
Dans l'armée, on obéis.
Toujours.
Une silhouette chute.
Puis une autre.
Chaque tir est millimétré, chaque souffle calculé. Derrière moi, mes frères d'armes avancent. Ils comptent sur moi pour couvrir leur flanc, et je ne laisserai personne de ma faction mourir aujourd'hui.
Une explosion à ma gauche m'aveugle, me couvre de gravats. Je cligne des yeux... et c'est là que je les vois.
Des femmes et des enfants.
Des civils.
Ils courent, crient, pris entre deux feux ennemis.
Je veux crier à mes hommes d'arrêter.
Mais les tirs fusent déjà.
Le vacarme m'engloutit.
Le sable devient rouge, poisseux, irréel.
Je tire encore — parce que ne pas tirer, c'est condamner mon unité — parce que je suis un soldat avant d'être un homme.
Et au même instant, je sais que tout est foutu.
Que rien ne sera plus jamais comme avant.
Que la ligne vient d'être franchie.
Et que c'est ma balle qui l'a franchie.
Deux ans plus tard
L'Afghanistan me poursuit jusque dans mes rêves, jusque dans mon sang.
Je ne dors plus.
Je bois trop.
Je tremble.
Syndrome post-traumatique, ont diagnostiqué les médecins. Ils prescrivent des antidépresseurs et des séances de psy.
Pourquoi pas une prière?
Ce qu'ils ne savent pas, c'est que chaque nuit, les morts viennent s'asseoir au pied de mon lit. Il n'y a que lorsque je suis saoule que je ne les vois pas.
J'ai quitté l'armée.
Ou plutôt... l'armée m'a recraché. La mission a été classée - Dossiers "TOP SECRET"- Enfouis.
Ni vu, ni connu.
Ma famille, elle, n'a rien enterré.
Mon père hurle.
Ma mère pleure.
Ils disent que j'ai trahi mon pays.
Que j'ai déshonoré leur nom dans l'armée.
Pas parce que j'ai tué des innocents au nom de la paix, mais parce que j'ai démissionné.
Alors je pars.
Je n'emporte qu'un sac, mes bottes, et le peu d'argent qu'il me reste.
Je veux recommencer à zéro.
Redevenir celui que j'aurais dû être :
un dresseur de purs-sang, pas un tireur d'élite.
Je prends un billet pour l'Espagne.
Destination : Séville.
La ville de mes rêves.
Séville – Trois semaines plus tard
Le soir tombe sur les ruelles étroites, parfumées de fleurs d'oranger, de jasmin, grouillants de gens souriants.
J'entre dans un bar, essuie la sueur de mon front sous un ventilateur fatigué.
Je commande un verre, juste un.
— Américain ? me lance un homme à ma droite.
Je hausse un sourcil.
— Ça se voit tant que ça ?
Il rit.
— Seul un Américain porte des bottes de ranger en plein Séville. Tu fais quoi ici ?
Je réponds sans réfléchir, sans mentir :
— Je cherche du travail. Je dresse des chevaux.
Son regard change.
— Mec, t'as vraiment de la chance! Je travaille au Manoir des Thomson ... ils cherchent justement un mec comme toi! Tiens le numéro de leur gouvernante, dis lui que tu viens de ma part...
Je prends la note et lui serre la main.
— Et tu es?
Il rit.
— Polo! J'suis sur qu'on se reverra au manoir, l'américain!
Mon cœur rate un battement.
Peut-être... peut-être que le destin m'offre une seconde chance.
Le portail gigantesque s'ouvre dans un grincement doux.
Le manoir apparaît, majestueux, baigné de soleil.
Une femme élégante, la soixantaine, me sourit chaleureusement.
— Bonjour. Je suis Adda, la gouvernante. Vous êtes ici pour l'entretien ?
— Oui, m'dame.
— Parfait. Asseyez-vous, je préviens monsieur Joseph.
Elle marque une pause, attendrie.
— Vous allez voir... c'est un homme juste.
Je m'assois dans le salon, nerveux.
Mes mains tremblent un peu.
Pas à cause du stress...
À cause du passé.
Puis la porte s'ouvre.
Il entre.
Grand.
Brun.
Charismatique au point d'étouffer l'air.
Et beau... d'une beauté qui fait oublier tout le reste.
— Joseph Thompson, dit-il en tendant la main.
— Jacob, réponds-je simplement.
Nos doigts se touchent.
Un frisson brutal, inattendu, me traverse.
Il sourit.
Moi, je lutte pour respirer normalement.
L'entretien commence... mais sous les phrases professionnelles, sous les questions techniques, une tension silencieuse circule.
Quelque chose d'autre.
Quelque chose d'inévitable.
L'entretien se passe comme une simple conversation.
Je ne dis rien de mon passé de militaire.
Il ne pose pas les questions qui pourraient me faire lui mentir.
— Bien, si vous êtes d'accord pour travailler au sanctuaire, sachez que je vous veux avec nous.
— Je suis d'accord.
Son sourire, son regard et sa poignée de main ferme... tout me plait chez lui.
Quand Adda me raccompagne, une pensée s'impose, simple, évidente :
Ce lieu va changer ma vie.
Et cet homme aussi.
Joseph
Je relève les yeux quand j'entre dans le salon, prêt à accueillir un énième candidat inintéressant... et puis je le vois.
Lui.
Un homme m'attends, il se lève, droit comme un i, grand, solide, silhouette athlétique moulée dans un t-shirt qui ne laisse aucun doute sur la carrure qu'il dissimule.
Ses épaules larges, son torse puissant, ses avant-bras veineux... ce type est taillé comme un soldat, ou un dieu grec égaré dans mon sanctuaire.
Mais ce n'est pas son corps qui me frappe en premier.
Ce sont ses yeux.
Des yeux d'un bleu océan.
Calmes en surface.
Troublés en profondeur.
Comme un homme qui a vu trop de choses, et qui tente encore de n'en laisser filtrer aucune.
Le nez légèrement dévié, comme s'il avait été cassé autrefois.
Une barbe brune de quelques jours qui encadre une bouche trop pulpeuse pour un homme qui semble si... brut.
Sa mâchoire carrée pourrait couper du verre.
Il est beau.
Non.
Il est magnétique.
— Joseph Thompson, dis-je en tendant la main.
Il la prend.
Sa paume chaude, calleuse.
Et pendant un instant, un simple instant, mon souffle déraille.
— Jacob, répond-il.
Juste ça.
Pas de nom de famille.
Pas d'origine.
Pas de passé.
Et pourtant, j'ai la sensation que cet homme transporte un monde entier qu'il refuse de déposer.
Il s'assoit en face de moi.
Son regard accroche le mien.
Droit.
Franc.
Mais derrière, je vois un gouffre. Une profondeur dangereuse.
Je ne suis pas attiré par les hommes.
Jamais.
Pas une seule fois en trente ans.
Alors pourquoi... pourquoi ai-je cette impression étrange, fébrile, qu'il me regarde comme si... comme si quelque chose l'attirait aussi ?
Je me reprends, professionnel, mais intérieurement, je suis secoué.
Quand l'entretien s'achève, je sais.
Je sais que je viens d'engager bien plus qu'un dresseur.
Je viens d'ouvrir la porte à un problème.
Ou à une tempête.
Ou aux deux.
Adda vient de l'accompagner dehors quand j'entends les pas légers et familiers de mon frère dans le couloir.
Dominic entre dans le salon.
— Alors ? Tu as trouvé ton bonheur ?
Je cligne des yeux.
Je suis encore... ailleurs.
Encore avec Jacob.
— De quoi tu parles, Dom ?
— Pour les chevaux. Tu avais un entretien, non ?
— Ah... oui. C'est bon, je l'ai engagé.
— Parfait, un détail de moins à régler!
Il s'installe dans le fauteuil, tout sourire.
— Tu vas au club ce soir ? Carla aimerait faire une séance avec nous deux...
Je serre la mâchoire.
Comment lui dire — sans le vexer— que sa pétasse de Carla me sort par les yeux ?
— Ecoute, frérot... ne le prends pas mal, mais... je n'ai pas confiance en elle. Je ne l'aime pas!
Son visage change.
Ses yeux se plissent.
Je l'ai vexé.
Merde.
— Joseph, Carla est la femme que j'aime. Celle que je vais épouser ! Tu pourrais faire un effort envers elle.
— Je ne veux pas me fâcher avec toi... mais je suis certain qu'elle n'est là que pour notre argent. Je ne l'aime pas. Et tu devrais voir ça comme un signe.
Il se lève d'un bond.
— Tu fais chier, Joseph ! Très bien, ne viens pas ce soir. Ni jamais.
Ses clés claquent dans sa main.
— Mais j'aime Carla. Et il faudra t'y faire.
La porte claque derrière lui.
Le silence retombe, lourd, incompréhensible.
En trente ans, c'est la première fois que je ne me fie pas à son jugement.
La première fois que quelque chose me semble profondément... faux.
Grinçant.
Comme une alarme que je suis le seul à entendre.
Je passe une main sur mon visage.
Carla.
Oui, j'ai un mauvais pressentiment.
Mais ce n'est pas elle qui occupe mes pensées.
C'est lui.
L'homme aux yeux océans.
Jacob.
👋 Pssst... j'espère que ce chapitre t'as plus 😊 n'oublie pas de liker ⭐️ si c'est le cas .
