Le Virus des Ombres

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Summary

Le Brouillard Gris apparaît soudainement. Les parents des quatre garçons disparaissent en laissant une lettre et une clé mystérieuse. Léo, Sam, Théo et Milo se lancent dans leur première aventure : suivre la clé jusqu’à la vieille cabane en pierre près de la rivière, où ils découvrent le premier indice et affrontent leur première créature mutante. Ils comprennent que le virus se propage très vite et qu’ils sont probablement les seuls enfants immunisés de la ville.

Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1: L’Appel du Brouillard Gris

Léo courait plus vite que jamais. Ses baskets rouges claquaient sur le trottoir craquelé tandis que le vent froid de l’automne lui fouettait le visage. À dix ans, il était le plus grand des quatre amis, et aujourd’hui il se sentait comme le capitaine d’une équipe en pleine mission secrète.

« Attendez-moi ! » cria-t-il en riant. Derrière lui, trois silhouettes plus petites galopaient en soufflant comme de petits trains à vapeur.

« C’est pas juste, t’as les plus longues jambes ! » protesta Milo, six ans, le benjamin du groupe. Ses cheveux blonds tout ébouriffés lui donnaient l’air d’un petit hérisson en pleine course. À côté de lui, Théo, huit ans, ajustait ses lunettes rondes qui glissaient sans arrêt sur son nez. Il serrait contre lui un vieux sac à dos vert dans lequel il rangeait toujours ses « inventions » : des bouts de ficelle, des piles usées et un petit carnet où il notait tout. Et puis il y avait Sam, neuf ans, le plus calme et le plus observateur. Il ne disait presque rien, mais ses yeux noirs voyaient toujours tout avant les autres. Les quatre garçons venaient de passer l’après-midi à construire une cabane secrète dans le petit bois derrière l’école. C’était leur QG. Personne d’autre ne connaissait son existence. Pas même leurs parents.

« On arrive ! » lança Théo, essoufflé. Ils tournèrent au coin de la rue des Lilas et s’arrêtèrent net. Quelque chose n’allait pas. Le ciel, qui était encore bleu clair il y a une heure, avait pris une teinte étrange. Une couleur gris sale, presque métallique. Et surtout… il y avait du brouillard. Un brouillard très bizarre qui n’arrivait pas du fleuve comme d’habitude. Il semblait sortir de nulle part, épais, lourd, et il avançait lentement dans les rues comme s’il cherchait quelque chose.

« C’est quoi ça ? » murmura Milo en se collant contre Léo. Sam fronça les sourcils. Il pointa du doigt une petite tache noire sur le mur de la boulangerie.

« Regardez… ça bouge. » Les garçons s’approchèrent prudemment. La tache ressemblait à une sorte de moisissure noire et brillante qui rampait très lentement sur les briques. Autour d’elle, les fleurs dans les pots de Madame Ruiz étaient en train de faner à vue d’œil, passant du rose vif au gris terne. Théo sortit son carnet et nota rapidement : « 17 octobre – 18h12 – Brouillard gris + taches noires qui bougent. » Soudain, une sirène retentit au loin. Pas la sirène habituelle des pompiers. Celle-ci était plus grave, plus longue. Comme un avertissement. Léo sentit son ventre se nouer.

« On devrait rentrer. Mes parents doivent m’attendre. » Ils se mirent à courir vers leurs maisons, qui étaient toutes dans la même petite rue calme. Mais plus ils avançaient, plus le brouillard devenait dense. Il sentait une drôle d’odeur, un mélange de métal brûlé et de fleurs pourries. Quand ils arrivèrent enfin dans leur rue, ils comprirent que quelque chose de très grave était en train de se passer. Toutes les lumières des maisons étaient éteintes. Les voitures étaient arrêtées n’importe comment sur la chaussée. Et surtout… il n’y avait personne. Pas un adulte. Pas un voisin. Pas un chien qui aboyait. Rien que le silence, et ce brouillard gris qui continuait d’avancer.

« Maman ? » appela Milo d’une petite voix tremblante. Pas de réponse. Léo courut jusqu’à la porte de sa maison et tourna la poignée. Elle s’ouvrit facilement. À l’intérieur, tout était à sa place : les chaussures de son père dans l’entrée, le manteau de sa mère sur le portemanteau… mais la maison était vide.

« Papa ! Maman ! » cria-t-il. Seul l’écho lui répondit. Les quatre garçons se regroupèrent au milieu de la rue. Milo avait les larmes aux yeux. Théo serrait son sac à dos contre lui comme un bouclier. Sam observait le brouillard qui se rapprochait lentement, comme s’il respirait. C’est à ce moment-là que Léo remarqua l’enveloppe. Elle était posée sur le banc devant chez lui, bien en évidence. Une enveloppe blanche toute simple, avec quatre mots écrits dessus en grosses lettres noires : Pour les quatre garçons Léo la ramassa d’une main tremblante. Ses amis se serrèrent autour de lui. Il l’ouvrit lentement. À l’intérieur, il y avait une lettre pliée et un petit objet brillant : une clé étrange, en métal argenté, avec des symboles gravés qu’aucun d’eux ne connaissait. Léo déplia la lettre et lut à voix haute, la voix un peu cassée « Mes chers Léo, Milo, Théo et Sam, Si vous lisez ceci, c’est que le Brouillard Gris est déjà là. Nous n’avons pas eu le temps de vous expliquer. Le virus est en train de muter plus vite que prévu. Nous sommes partis chercher le Remède Originel avant qu’il ne soit trop tard. Vous êtes les seuls à pouvoir nous retrouver. Suivez la clé. Elle vous guidera vers le premier indice. Restez ensemble. Ne faites confiance à personne d’autre. Nous vous aimons plus que tout. Maman et Papa (et tous les autres parents) » Un long silence tomba sur la rue déserte. Milo renifla. Théo ajusta ses lunettes, les yeux écarquillés. Sam serra les poings, déterminé. Léo releva la tête, le regard brillant malgré la peur qui lui serrait la gorge.

« On est seuls… mais on est quatre. Si nos parents ont disparu à cause de ce virus, on va les retrouver. Et on va sauver notre monde. » Le brouillard gris continuait d’avancer vers eux, plus épais que jamais. Mais pour la première fois, les quatre garçons ne reculèrent pas. Ils firent un pas en avant. Les quatre garçons restèrent un moment figés au milieu de la rue, la lettre tremblant légèrement dans les mains de Léo.

« Ils sont partis… sans nous ? » murmura Milo, la voix toute petite. Une grosse larme roula sur sa joue avant qu’il ne l’essuie vite avec sa manche. Théo remonta ses lunettes sur son nez. Ses mains tremblaient un peu, mais il essayait de rester calme, comme toujours.

« Attendez… relis la dernière partie. “Suivez la clé. Elle vous guidera vers le premier indice.” Ça veut dire qu’ils ont laissé un plan pour nous. Ils ne nous ont pas abandonnés. Ils nous ont… choisis. » Sam, qui n’avait encore presque rien dit, s’approcha de la clé argentée que Léo tenait dans sa paume. Il la prit délicatement et l’observa sous la lumière faiblissante du jour. Des symboles étranges étaient gravés dessus : des spirales, des gouttes et une sorte de soleil brisé.

« Elle est chaude », remarqua-t-il à voix basse. « Comme si elle était vivante. » Soudain, la clé se mit à vibrer doucement dans la main de Sam. Une faible lumière bleue apparut au centre des symboles, puis s’éteignit presque aussitôt.

« Woah ! » fit Milo en reculant d’un pas. « Elle brille ! » Léo reprit la clé et la serra fort.

« OK, les gars. On respire. On est ensemble, c’est le plus important. On ne va pas rester là à attendre que ce brouillard nous rattrape. » Le brouillard gris, comme s’il avait entendu ces mots, avançait plus vite maintenant. Il avalait les maisons une à une. Là où il passait, les couleurs disparaissaient : les volets bleus devenaient gris, les fleurs se recroquevillaient, et des petites taches noires apparaissaient sur les murs, rampant comme de minuscules insectes vivants. Théo ouvrit son sac à dos et en sortit sa lampe torche préférée, celle avec les piles qu’il avait « améliorées » lui-même.

« J’ai une idée. On devrait aller au QG. La cabane est dans le bois, peut-être que le brouillard n’y est pas encore arrivé. Et on pourra réfléchir tranquillement à ce qu’on fait avec la clé. » Sam hocha la tête.

« Bonne idée. Et on prend des affaires. Des vêtements chauds, de l’eau, et tout ce qu’on peut trouver comme nourriture. On ne sait pas combien de temps on va devoir chercher nos parents. » Les garçons se séparèrent rapidement, chacun courant vers sa maison vide. Léo monta les escaliers quatre à quatre jusqu’à sa chambre. Il attrapa son sac d’école, vida les cahiers et y fourra à la place : une couverture légère, sa gourde, une boîte de biscuits au chocolat (ceux que sa maman cachait en haut du placard) et son couteau suisse rouge, celui que son papa lui avait offert pour ses dix ans. Quand il redescendit, les trois autres l’attendaient déjà dans la rue, leurs sacs sur le dos. Milo tenait son doudou lapin dans une main et une petite lampe de poche en forme de dinosaure dans l’autre. Il avait l’air déterminé malgré ses yeux rouges.

« Je suis prêt », dit-il d’une voix qui tremblait un peu moins. « On va retrouver maman et papa. » Ils se mirent en route vers le petit bois, marchant vite mais sans courir pour ne pas semer Milo. Le brouillard les suivait comme une ombre vivante. Parfois, ils entendaient des bruits étranges au loin : un craquement, un sifflement faible, comme si quelque chose de gros respirait dans le gris. Arrivés à l’orée du bois, ils s’arrêtèrent un instant. Les arbres étaient encore verts, mais les premières volutes de brouillard commençaient à s’enrouler autour des troncs les plus proches. Théo alluma sa lampe torche.

« Par ici, le chemin de la cabane. » Ils s’enfoncèrent entre les arbres. La clé, dans la poche de Léo, se remit à vibrer doucement, comme si elle approuvait leur direction. Au bout de quelques minutes, ils atteignirent leur QG : une cabane faite de branches, de planches récupérées et d’une vieille bâche. À l’intérieur, ils avaient installé des coussins, une caisse qui servait de table, et même une petite lanterne à piles. Ils s’assirent tous les quatre en cercle. Léo posa la clé au centre, sur la caisse.

« Bon… on fait quoi maintenant ? » Sam prit la parole, calme et sérieux :

« La lettre disait “le premier indice”. La clé doit nous mener quelque part. Peut-être qu’elle s’allume plus fort quand on est dans la bonne direction. » Milo, qui serrait son lapin contre lui, proposa :

« Et si on essayait de la tenir tous ensemble ? Comme dans les films, quand les héros combinent leurs pouvoirs. » Théo sourit pour la première fois depuis longtemps.

« C’est pas bête du tout, Milo. On essaie ? » Les quatre garçons posèrent chacun un doigt sur la clé argentée. Aussitôt, une lumière bleue plus vive jaillit des symboles. La clé se mit à tourner lentement sur elle-même, puis s’arrêta en pointant vers le fond du bois, là où le sentier devenait plus étroit et plus sombre. Une image très faible apparut dans la lumière : une vieille cabane en pierre, avec une porte rouge et un grand arbre tordu juste à côté.

« C’est la vieille maison abandonnée près de la rivière ! » s’exclama Théo. « Celle où on n’a jamais osé aller parce que les grands disent qu’elle est hantée. » Léo retira sa main. La lumière s’éteignit, mais la direction restait claire dans leur tête.

« Alors c’est là qu’on va. Demain matin, dès qu’il fait jour. Ce soir, on reste ici, on mange un peu et on dort à tour de rôle. On ne sait pas ce que ce virus peut faire la nuit. » Il regarda chacun de ses amis droit dans les yeux.

« On est les Gardiens du Remède maintenant. Nos parents comptent sur nous. Et nous, on compte les uns sur les autres. D’accord ? » Milo hocha la tête vigoureusement. Théo ajusta ses lunettes avec un grand sourire courageux. Sam serra le poing et répondit simplement :

« D’accord. Ensemble jusqu’au bout. » Dehors, le brouillard gris continuait d’avancer entre les arbres, mais à l’intérieur de la cabane, quatre petits cœurs battaient fort, remplis de peur… et d’une détermination toute neuve. Le premier pas de leur grande aventure venait d’être fait.