Acte 1: Ennui et tentation

La cabane en rondins sentait encore la résine fraîche et le feu de cheminée de la veille. Ashley était affalée sur l’énorme rocher plat devant la terrasse, les jambes écartées, short en jean remonté haut sur les cuisses, débardeur blanc qui ne cachait rien du fait qu’elle n’avait pas mis de soutien-gorge. Le soleil filtrait à travers les épicéas et illuminait joliment sa peau.
Mark était parti depuis trois heures. Trois putains d’heures.
« Je vais tenter le lac en amont, bébé. Paraît qu’il y a des truites arc-en-ciel monstrueuses ».
Il avait embrassé le sommet de son crâne comme on embrasse une petite sœur et était parti avec sa canne à pêche, son sac à dos et son air de survivaliste en vacances.
Ashley avait envie de hurler.
Elle avait imaginé ce séjour exactement comme dans ses fantasmes : baiser du matin au soir, nus sur la terrasse, contre les rondins, dans la forêt, sur la table de la cuisine… Mark avait promis qu’ils « se reconnecteraient ». Au lieu de ça, il jouait au mec qui vit sa meilleure vie en mode Bear Grylls. Elle, pendant ce temps, se retrouvait avec une chatte qui pulsait de frustration et zéro bite à disposition.
Pour tromper l’ennui, elle avait ouvert son application de lecture cachée.
Titre du jour : Claimed by the Sasquatch – Tome 7 : La chaleur de la pleine lune.
Elle en était au passage où le Bigfoot, après avoir poursuivi l’héroïne pendant trois chapitres, la plaque enfin contre un arbre et la prend comme une bête. Ashley avait glissé deux doigts sous l’élastique de son short, juste pour se caresser lentement, presque distraitement, en lisant.
C’est à ce moment précis qu’elle le sentit.
Un changement dans l’air. Une odeur forte, animale, musquée, qui n’était ni sapin ni terre mouillée. Quelque chose de vivant. De gros.
Elle leva les yeux.
Il était là.
À vingt mètres, entre deux troncs massifs, le Bigfoot l’observait.
Pas une ombre floue comme sur les vidéos floues de YouTube. Non. Un vrai putain de géant. Deux mètres cinquante au bas mot, épaules larges comme une armoire, pelage brun-noir épais et luisant, muscles qui roulaient sous la fourrure. Sa gueule était légèrement entrouverte, canines impressionnantes. Ses yeux – d’un rouge sombre presque luminescent – étaient fixés sur elle.
Sa posture était légèrement voûtée, ses longs bras ballants se balançaient à chaque pas. Le Bigfoot avançait avec une démarche dandinante presque comique : les pieds plats frappaient le sol lourdement, comme s’il avait du mal à coordonner ses membres trop longs.
Ashley arrêta de respirer.
La gigantesque paluche du Bigfoot se déporta ensuite sans aucune gêne vers son entrejambe pour se gratter les couilles, avant de faire un pas lourd en avant. Puis un autre.
Il s’arrêta au milieu de la clairière, bien visible, et commença… sa parade.
Il se frappa la poitrine des deux poings, un boum-boum-boum profond qui résonna dans la poitrine d’Ashley comme un tambour. Il se redressa de toute sa hauteur, gonfla le torse, et poussa un long grognement roulant qui descendit jusqu’à devenir presque un ronronnement grave : « GROOAAARRR ! ».
Il tourna lentement sur lui-même, exhibant son dos puissant, ses bras interminables, et surtout… l’entrejambe.
Même à cette distance, Ashley vit clairement la masse lourde et sombre qui pendait entre ses cuisses poilues, à moitié sortie de son fourreau naturel. Elle grossissait déjà.
Il était grotesque.
Il était terrifiant.
Et bordel, il était sexy.
Le Bigfoot s’approcha encore, plus lentement cette fois. Il ramassa une branche morte, la cassa en deux comme une allumette et la jeta au loin, puis il se frappa à nouveau la poitrine, plus fort, en la regardant droit dans les yeux. Un défi. Une invitation. Une promesse.
Ashley avait la bouche sèche. Son cœur cognait si fort qu’elle l’entendait dans ses tempes.
Elle était terrifiée.
Et pourtant sa culotte était déjà trempée. Ses tétons pointaient douloureusement contre le tissu fin de son débardeur. Elle sentait son clitoris palpiter contre la couture de son short, presque en rythme avec les coups de poing du sasquatch sur sa propre poitrine.
Elle murmura, la voix rauque :
— Putain… t’es réel…
Le Bigfoot inclina la tête. Un sourire presque humain étira ses babines, dévoilant encore plus de dents acérées. Il fit un dernier pas et s’arrêta à trois mètres d’elle, assez près pour qu’elle sente la chaleur animale qui irradiait de lui. Il leva une énorme main, paume ouverte, comme pour lui dire : je ne vais pas te faire de mal… pas tout de suite.
Ashley déglutit. Ses doigts tremblaient encore sur l’écran de sa tablette, où l’héroïne du livre était en train de se faire démonter par un Bigfoot presque identique à celui-ci.
Elle referma lentement l’application.
Et elle murmura, presque malgré elle :
— Viens… montre-moi ce que tu sais faire.
Le Bigfoot grogna de satisfaction, un son grave et victorieux qui fit vibrer l’air entre eux.
Fin de l’Acte 1.