RÉAPPRENDRE LE SOLEIL

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Summary

Ceci est le tome 2 de mon roman intitulé ENFANT ADULTERIN. Pour mieux comprendre celui-ci, veuillez lire le tome 1 auparavant. Mathilde appartient désormais au passé. À présent, elle s'appelle Maeve ; elle ne porte plus le prénom de cette femme. Elle refuse catégoriquement d'être liée à elle, cette femme sans scrupules. Maeve n'est plus la jeune fille naïve de Béoumi ; elle est une adulte qui a décidé de se privilégier. Après la trahison de sa famille, elle choisit de se reconstruire à Dakar avec l'aide de sa cousine Ornella. Elle prend des décisions drastiques pour sa paix intérieure. Soudain, une ombre surgit de son passé. Elle sait maintenant qu'il est temps de bousculer ses incertitudes.

Status
Ongoing
Chapters
24
Rating
n/a
Age Rating
18+

CHAPITRE 1: NOUVELLE IDENTITÉ

CHAPITRE 1

Je ne m’appelle plus Mathilde

Je crois que le plus douloureux dans une trahison, ce n’est pas le mensonge.

C’est de comprendre que tout le monde savait… sauf vous.

Le ventilateur grinçait au-dessus de ma tête tandis que je terminais de fermer ma dernière valise. Dans quelques heures, je quitterais Abidjan. Peut-être définitivement. La chambre dans laquelle j’avais grandi ressemblait déjà à celle d’une étrangère. Les murs crème, les rideaux fleuris que ma grand-mère adorait, la vieille coiffeuse en bois… plus rien ne me retenait ici.

Je pris une longue inspiration avant de fermer la fermeture éclair.

Mathilde.

Rien que ce prénom me donnait envie de vomir.

Je n’étais plus elle.

Mathilde était naïve.

Mathilde faisait confiance.

Mathilde croyait encore qu’une famille protégeait les siens.

Moi, j’avais appris la vérité.

Et la vérité avait tout détruit.

Mon téléphone vibra sur le lit.

Ornella.

Je décrochai immédiatement.

— Tu es prête ? demanda sa voix depuis l’Europe.

Je regardai la pièce une dernière fois.

— Oui.

C’était faux.

Je n’étais prête à rien.

Pas à quitter ma ville.

Pas à abandonner ma vie.

Pas à devenir quelqu’un d’autre.

Mais rester ici m’aurait tuée lentement.

— Dioum t’attend demain matin à l’agence, continua Ornella. Elle est très stricte, mais elle est correcte. Fais bonne impression.

Je laissai échapper un petit rire nerveux.

— Je vais essayer.

— Maeve…

J’avais encore du mal à entendre ce prénom sans ressentir une étrange sensation dans la poitrine.

Maeve.

Le prénom que j’avais choisi moi-même.

Le prénom de ma renaissance.

— Tu as pris la bonne décision, souffla-t-elle doucement.

Mes yeux se fermèrent malgré moi.

La bonne décision ?

Je ne savais même plus ce qui était bien ou mauvais depuis cette soirée.

Depuis cette maudite révélation.

Je revis encore le visage de cette femme. Son rouge à lèvres impeccable. Son regard presque fier pendant que mon monde s’écroulait devant elle.

> “Je ne suis pas seulement la maîtresse de ton père… je suis ta mère.”

Cette phrase avait détruit quelque chose en moi.

Je pensais avoir mal compris.

Mais ensuite, les regards fuyants.

Le silence de ma grand-mère.

Celui de mon oncle.

Celui de ma tante.

Même mon père n’avait pas nié.

Personne.

Toute ma vie avait été un mensonge soigneusement entretenu.

Je sentis ma gorge se serrer.

— Maeve ? Tu es toujours là ?

— Oui…

Ma voix tremblait légèrement.

— Écoute-moi bien, reprit Ornella. Dakar va te faire du bien. Tu as besoin de recommencer ailleurs.

Recommencer.

C’était précisément ce que j’essayais de faire.

Laisser Mathilde mourir ici.

Et devenir Maeve.

Une femme qui ne laisserait plus personne décider à sa place.

Je raccrochai quelques minutes plus tard avant de m’asseoir au bord du lit.

Mon regard tomba sur la photo posée près de la lampe.

Tony et moi.

Je détestais encore la façon dont mon cœur réagissait quand je pensais à lui.

Tony avait été différent des autres hommes. Intelligent. Élégant. Dangereusement charismatique. Quand il venait à la boutique d’Angré où je travaillais comme gérante, tout le monde le remarquait.

Et moi aussi.

Au début, il me regardait comme si j’étais la seule femme dans la pièce.

Puis un jour, tout avait changé.

Je lui avais laissé une chance d’entrer dans ma vie.

Une seule.

Mais Tony était allé trop vite.

Beaucoup trop vite.

Cette nuit-là, dans sa voiture, quand ses mains avaient commencé à parcourir mon corps avec une assurance qui m’avait glacée, quelque chose s’était brisé entre nous.

Parce qu’il ne m’avait pas regardée comme une femme à découvrir.

Il m’avait regardée comme une femme qu’il possédait déjà.

Alors j’étais partie.

Sans lui laisser l’occasion de se justifier.

Je pris la photo avant de la retourner face contre la table.

Terminé.

Tony appartenait au passé.

Abidjan appartenait au passé.

Mathilde appartenait au passé.

Une larme glissa malgré moi sur ma joue.

Puis une autre.

Je les essuyai rapidement avant de me lever.

Je refusais de pleurer encore pour des gens qui m’avaient détruite.

Cette fois… je me choisirais moi-même.

Même si je devais devenir une inconnue pour y parvenir.

Le klaxon d’un taxi retentit à l’extérieur.

C’était l’heure.

Je pris ma valise avant de jeter un dernier regard à la chambre.

Puis je quittai la maison sans me retourner.

Parce que certaines blessures ne guérissent jamais dans les endroits où elles sont nées.

Et vous… auriez-vous eu le courage de tout abandonner après une telle trahison ?