Introduction
Nous voyons les actes avant les histoires
« Certaines personnes détruisent leur vie avec leurs propres choix. »
C’est une phrase que j’ai longtemps entendue.
Une phrase simple.
Rapide.
Presque logique.
Et pourtant…
plus je grandissais, plus quelque chose me dérangeait silencieusement dedans.
Parce qu’au fond, je me demandais :
combien de décisions humaines sont réellement aussi simples qu’elles en ont l’air ?
Nous regardons les gens : partir, rester, aimer, mentir, abandonner, revenir, se perdre, recommencer.
Et presque immédiatement, nous leur donnons une signification.
Nous appelons certaines personnes courageuses.
D’autres irresponsables.
Certaines fortes.
D’autres faibles.
Comme si quelques actes visibles suffisaient à raconter l’intégralité d’une vie intérieure.
Mais il existe quelque chose d’étrange chez les êtres humains :
nous voyons très facilement les décisions des autres…
sans jamais voir clairement ce qui les a réellement fait naître.
Parce qu’entre un choix et sa conséquence, il existe parfois : une peur silencieuse, une fatigue invisible, une solitude devenue trop lourde, un besoin d’être aimé, ou simplement un être humain en train d’essayer de survivre avec le peu de lucidité qu’il lui restait encore à ce moment-là.
Avec le temps, j’ai compris que les êtres humains ne prennent pas uniquement leurs décisions avec leur raison.
Ils choisissent aussi avec : leurs blessures, leurs manques, leurs attachements, leurs traumatismes, leurs désirs, leurs vides, et parfois même avec des parties d’eux-mêmes qu’ils ne comprennent pas encore totalement.
Alors certaines décisions sauvent.
D’autres détruisent.
Certaines nous rapprochent de nous-mêmes.
Et d’autres nous éloignent lentement de la personne que nous pensions devenir.
Mais plus j’observais les êtres humains, plus une idée revenait troubler mon esprit :
et si les choix n’étaient jamais seulement des choix ?
Et si derrière certaines décisions que le monde condamne rapidement, il existait parfois des combats que personne n’avait vus ?
Parce qu’au fond, les êtres humains jugent souvent les actes visibles…
sans imaginer tout ce qui, intérieurement, était déjà en train de s’effondrer avant même que la décision ne soit prise.
Alors je me suis demandé :
derrière chaque choix…
qu’est-ce que nous refusons réellement de voir ?