La voix perdue d'Azmara

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Summary

Après avoir échappé à une tentative d’assassinat, la princesse Zayna se retrouve mystérieusement privée de sa voix. Des rumeurs inquiétantes circulent, laissant croire qu’une malédiction pèse sur elle. Contrainte de quitter le royaume d’Azmara, elle rejoint les terres de Tazghara, où réside une princesse amazighe et herboriste maîtrisant les secrets des plantes et des remèdes naturels ancestraux. Cependant, alors que le silence de Zayna commence à se dissiper, une menace venue de son propre royaume risque de rompre le lien inattendu qui s'est tissé entre les deux jeunes femmes. Leur amitié sera-t-elle assez forte pour survivre à la trahison ? •••• 🔺Cette œuvre est protégée par les droits d'auteurs. Tout plagiat est formellement interdite 🚫.

Genre
Young Adult
Author
MyrL
Status
Ongoing
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1



Zayna




Ma gorge s'enflamme, une migraine transperce mon crâne avec une intensité fulgurante.


Mon regard devient flou, et je sens mon corps puiser dans ses dernières ressources. Au bord de l'évanouissement, j'essaie d'appeler mon frère, mais aucun son ne franchit la barrière de mes lèvres.


Figée par la terreur, je me répète que ce n'est qu'une phase éphémère. Sans vraiment lutter, je laisse mes paupières se clore, m'abandonnant à un abîme familier.


Depuis six ans, une personne s'acharne à me faire disparaître pour des raisons qui me sont totalement obscures.

Je suis persuadée que cette personne souhaite que je ne connaisse jamais la joie de vivre sur cette terre, simplement parce que je suis la princesse d'Azmara, ce qui me confère des privilèges et une existence apparemment enviable.


Mais comment leur faire comprendre que la réalité est bien différente ?

Jamais je n'ai accepté ces prétendus privilèges qui m'ont été attribués à ma naissance.


C'est d'ailleurs pour cette raison qu'aucune fille au lycée n'a voulu être mon amie. Une princesse sans alliée est perçue comme insignifiante et sans valeur à leurs yeux.


Pourtant, au milieu de tout cela, quelqu'un s'acharne à menacer ma vie.


Une vie saturée d'obligations et de responsabilités, évoluant dans un monde social peuplé de vautours, avides de pouvoir.

Pour eux, l'amitié n'est qu'une seconde peau, un outil astucieux pour gravir les échelons sans affronter les épreuves.

C'est pitoyable, elles se ressemblent toutes, superficielles et métamorphosées.

Je désire être authentique, même si cela me rend indésirable aux yeux de l'aristocratie.

Heureusement, j'ai un grand frère débordant de chaleur et d'affection. Après la perte de nos parents, il a pris les rênes du royaume, malgré les ambitions des ministres qui souhaitaient que je sois la seule à revêtir le titre de reine d'Azmara.

Marwan a su les persuader de sa capacité à redresser notre royaume, qui, il y a six ans, était au bord du gouffre, englué dans des dettes vertigineuses, des milliers de dinars empruntés aux coffres de l'état voisin.

Un conflit qui aurait pu se transformer en une guerre sanglante a été magistralement géré par Marwan. Aujourd'hui, nos dettes sont apurées et le royaume prospère comme jamais.


Je souhaite de tout cœur que mon frère trouve l'élue de son cœur.

Cette pensée me ramène à la réalité.

Mes paupières s'ouvrent lentement, tandis que la lumière du soleil pique mes yeux. Je tente à nouveau d'ouvrir les yeux, mais ma vision reste floue avant de se clarifier peu à peu.

Mon frère se tient à mon chevet. Je lève la main pour saisir la sienne et l'embrasse tendrement sur le front.


— Je suis si heureux de te voir en meilleure forme, ma chérie. Dis-moi, où ressens-tu de la douleur ?!

Un sourire de satisfaction illumine mes lèvres au moment où je m'apprête à lui répondre.


Mais les mots se bloquent dans ma gorge. Je fais un nouvel essai, plus déterminée, mais rien ne sort. Ma gorge me brûle, et je réalise avec horreur que ma voix est emprisonnée en moi.

Je suis devenue muette, et des larmes de chagrin et de désespoir coulent sur mes joues face à ce constat accablant.

J'agrippe mes deux mains, autour de ma trachée, luttant en vain pour articuler le moindre mot, mais seul un silence pesant me répond.

Des larmes encore plus amères dévalent mes joues, en réalisant avec une douleur poignante que je ne pourrai plus jamais faire entendre ma voix.


– Zayna, ne t'inquiète pas. Je suis là pour te soutenir dans cette épreuve si éprouvante ! Je te promets de solliciter les meilleurs spécialistes afin que tu retrouves ta magnifique voix. Ne laisse pas le désespoir t'envahir, je ferai tout ce qu'il faut pour t'aider. Je t'en fais la promesse, petite sœur.