I. The King of Diamonds
« Je suis le roi d’un château de cartes,
Un trône au sommet d’une façade fragile,
Le vent hurle et la structure tremble,
Mon cœur tremble, mon esprit se brise. »
Je suis assis en face d’un homme. Mes yeux sont fixés sur lui, j’ai un léger sourire sur mon visage, tandis que l’homme semble mal à l’aise.
— S’il te plaît, dis-moi juste ce que tu veux, supplie l’individu l’homme.
Je me penche en avant et pose ma main sur la sienne.
— Je veux juste t’aider, dis-je d’une voix apaisante.
L’homme essaie de retirer sa main, mais ma poigne est forte.
— Je n’ai pas besoin de ton aide, dit-il, sa voix montant légèrement.
Mon sourire s’estompe et mes yeux se rétrécissent. Je le regarde un instant.
— Bien sûr que si. Tu es perdu, confus, et tu ne sais pas vers qui te tourner. C’est pourquoi tu es ici, n’est-ce pas ? dis-je en souriant.
L’homme hésite un instant avant d’acquiescer.
— Oui, je veux juste qu’on me foute la paix ! J’avais le droit de m’amuser avec cette fille ! Elle était d’accord. s’énerve-t-il.
Je glousse doucement.
— En même temps…, je laisse ma phrase en suspens un instant, elle était morte, donc elle ne pouvait plus rien dire, repris-je.
L’homme secoue la tête frénétiquement.
— Je ne l’ai pas tuée ! s’exclame-t-il.
Je m’appuie contre le dossier de ma chaise et croise les bras sans le lâcher du regard.
— D’accord, mais comment t’expliques le fait que tu étais avec son cadavre ? demandé-je.
— C’est un coup monté ! s’énerve-t-il.
— Tu penses crois vraiment que les flics vont te croire là ? gloussé-je
— Démerde-toi pour me sortir de cette merde Noah ! crache-t-il avant de quitter la pièce.
Je soupire en me passant les mains sur le visage. Mes yeux se tournent vers la fenêtre, la pluie s’abat fortement contre la vitre. Un éclair vient illuminer un peu plus la pièce avant que le grondement du tonnerre ne se fasse entendre.
Je décide de me lever de mon siège pour aller me faire couler un café. En attendant que le liquide coule dans la tasse, j’appelle la brigade. Deux sonneries retentissent avant que la voix de mon interlocuteur résonne dans mon oreille :
— Il a avoué avoir joué avec son corps, dis-je avant de raccrocher.
Je range mon téléphone dans la poche arrière de mon jean, puis récupère la tasse de café chaud.
— Me démerder pour te sortir de là ? chuchoté-je, je vais le faire à ma façon.
Je m’installe sur mon canapé, pose mon téléphone sur la table basse, puis j’ouvre mon ordinateur. Une notification fait aussitôt son apparition. Je jette un œil dessus, et, voyant l’expéditeur, un léger sourire se dessine sur mon visage. J’attrape mon casque qui se trouve sous la table, le branche, puis je rejoins un salon Discord où une personne m’attend. Où elle m’attend.
— C’est pas trop tôt ! s’étonne-t-elle avant d’activer sa caméra.
— Pauvre petite chouette ! nargué-je.
— Pourquoi tu m’appelles comme ça ? Je suis pas une chouette !
— Parce que j’en ai envie ! J’ai pas le droit ?
— Dans ce cas, allume ta caméra ! s’amuse-t-elle
— Toujours pas ! taquiné-je.
Elle me supplie de l’activer en sachant très bien qu’elle va se prendre un refus catégorique. Mais elle essaie quand même, je trouve ça plutôt mignon.
— Pourquoi tu ne veux jamais mettre la visio ? demande-t-elle d’une petite voix.
— J’en ai pas, menté-je.
— Mais bien sûr ! Tous les nouveaux ordinateurs ont des caméras ! Te moque pas de moi. maugrée-t-elle.
— Il date du siècle dernier le mien. répondé-je.
— C’est pour ça que tu es capable de jouer à Diablo dessus, d’ailleurs. repris-t-elle.
— T’as vu ! gloussé-je.
— Bon, vu que tu ne t’es toujours pas décidé à te montrer, comment se passe ta journée ?
— Bien.
Je l’entends soupirer de désespoir, j’essaie de me retenir de rire en me mordant les lèvres.
— Si ça se trouve, depuis le début, je parle à un pédophile poilu de partout, la morve au nez, la bave qui dégouline et faisant six fois mon poids, râle-t-elle
C’en est trop, j’éclate de rire. Je la vois qui tente de garder son sérieux, mais elle cède et finit par me rejoindre en rigolant à son tour.
— Est-ce qu’au moins, un jour, je pourrai te voir ? demande-t-elle soudainement.
— Un jour.
Jamais. Je prétexte un appel avant de couper le vocal et de me déconnecter du Discord. J’enlève mon casque et le jette à côté de moi. Je récupère mon téléphone portable, un appel en absence et un message dans la boîte vocale. Je la consulte et ce que j’entends me fait sourire.
« Éliminé. »








