Assassine

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Summary

J'étais une tueuse à gages sans histoires. Mon histoire je l'avais laissée derrière moi le jour où j'avais choisi ce métier. Les assassins n'ont ni passé, ni avenir. Enfin, c'est ce que je me disais jusqu'à ce que mes employeurs mettent une cible dans le dos de l'homme de ma vie. Ou plutôt, l'ex amour de ma vie. Bref, c'est une longue histoire, et me voilà dans de beaux draps.

Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
4.5 2 reviews
Age Rating
18+

Chapter 1

CHAPITRE 1

Les femmes font de bien meilleurs assassins que les hommes.

Elles se sous-estiment, et pour compenser, anticipent chaque scénario pour pallier à leurs déficience, réelles ou imaginée.

Les tueuses à gages sont plus prudentes, plus rigoureuses.

Enfin, plus rigoureuse, peut-être pas sur ce coup-là, me suis-je dit en frottant le cachemire blanc qui avait viré au vermeil.

De l’eau froide et du savon.

C’est tout ce qu’il faut pour faire partir une tache de sang.

Le protocole exigeait que je brûle le vêtement souillé, mais le protocole n’avait pas payé ce manteau Yves Saint Laurent 4000€.

Le meurtre paye bien, certes. Mais ne pas se faire attraper, rester invisible au 21 siècle, ça coûte très cher aussi. De toute façon, je n’avais pas le temps de faire les boutiques et il faisait un froid de gueux à Londres. Quand j’ai eu terminé, j’ai rincé mes mains recouvertes de gants en latex et fermé le robinet de la cuisine, avant de jeter un œil à l’horloge digitale du four high-tech, qui n’avait jamais dû servir.

21h23.

Mon avion décollait dans moins de deux heures.

Parfait.

Je scanne la pièce, vérifiant que l’ensemble de la scène rend l’idée de vol à mains armé qui a mal tourné suffisamment crédible pour la police. Dans un sac poubelle, j’ai rassemblé cartes de crédit, cash, montres de luxe et mêmes quelques diamants, sagement enveloppés dans une pochette en velours. Le flingue rejoint le reste du butin. Je passe la tête dans la chambre à coucher. La porte du coffre-fort dans lesquels les diamants étaient dissimulé, au fond du dressing est restée ouverte, et j’ai parsemé la maquette du sang de la victime pour faire bonne mesure. Un sourire satisfait étire mes lèvres. J’enfile mon manteau, frissonnant au contact du pan mouillé, et réajuste ma perruque. Je fourre le sac plastique noire dans ma valise cabine, envoie un dernier baiser au cadavre qui gît sur le sol, puis claque la porte derrière moi.

Le chauffeur m’attend déjà en bas du luxueux immeuble. Je grimpe dans la berline noire en étouffant un bâillement. Une fois la voiture lancée, je troque mes escarpins et ma robe de cocktail pour une paire de leggins, un gros sweat à capuche, une doudoune noire et des bottines à lacets. Avec une lingette démaquillante, je frotte mon visage jusqu’à ce qu’il ne reste rien du smokey charbonneux et du rouge à lèvres rouge qui m’ont permis d’entrer chez ma cible.

Quel abruti.

Les mecs se font toujours avoir. Pourtant assez de films et de romans d’espionnage les mettent en garde contre les femmes fatales dans mon genre. Mais non, ils tombent toujours dans le panneau. Ça me stupéfie.

Bon, il faut parfois donner un peu de sa personne. Celui-là, avait pu profiter un peu avant que je ne le descende. Mais il l’avait regretté, quand j’avais brisé les doigts qu’il avait introduit sans invitation dans ma chatte, avant de lui coller une balle dans la jambe, et une autre dans le crâne.

La voiture s’arrête. J’ouvre la portière, et descends, sac poubelle en main. J’identifie sans mal le container dans lesquels les receleurs viennent faire leur marché - je bosse souvent à Londres après tout. Je regarde à regret les diamants disparaitre dans le ventre de la poubelle.

Dommage.Ils auraient été parfaits, montés en boucles d’oreilles.

Mais je ne garde jamais rien de mes cibles. C’est bon pour les tueurs en série, les gangs et les amateurs.

Avec un soupir, je reprends place sur le siège arrière de la berline.

Maintenant, direction le soleil. J’ai mérité un peu de vacances.

Je n’ai pas encore décidé où aller. L’Amérique du Sud est le plus simple, mais le boulot finit toujours par m’y rattraper. Toutes ces guerres de cartel sont très bonnes pour le business, je ne m’en plaint pas, mais c’est un vrai guêpier, plein de sicarios comme moi. Peu de mon niveau, certes, mais leurs balles tuent de la même façon. On ne peut jamais vraiment baisser sa garde là-bas.

Non, pas l’Amérique du Sud, j’ai vraiment besoin de me reposer. D’un autre côté, je suis vraiment lassée de l’Asie. Peut-être l’Afrique dans ce cas. Un safari en Tanzanie tiens.

C’était décidé.

Je replie précautionneusement le manteau en cachemire blanc et le place au fond de la valise.

Tu ne vas pas servir avant un moment mon vieux.

Je laisse aller ma tête contre l’appui-tête et ferme les yeux, pressée d’être dans l’avion. Il n’y a rien que je préfère au monde à me trouver à plusieurs milliers de kilomètres du sol, à l’abri de toute menace pour quelques précieuses heures, suspendues entre ciel et terre. C’est ma seule véritable bulle, ma seule échappatoire.

Nous atteignons l’aéroport une demi-heure plus tard. Je jette un billet de 100 sur la banquette et me dépêche de passer les portes vitrées, avant de geler sur place.

J’adore cette ville, mais quel temps de merde, vraiment.

Il ne me faut pas longtemps pour repérer le prochain vol en direction de l’Afrique sur le tableau d’affichage. Marrakech, dans une heure.

Parfait.

J’y ai déjà bosser, mais je n’avais jamais eu l’occasion d’y séjourner. Je rêve de passer une nuit dans le désert. Et puis de là, je pourrai facilement rejoindre l’Égypte. Une petite visite de pyramide me tente bien. J’ai toujours été fascinée par leur mythologie.

J’en étais là de mes plans sur la comète, quand mon téléphone se met à vibrer.

Mes sens se mettent immédiatement en alerte.

Personne n’a ce numéro.

Personne.

Je m’écarte et me rencogne dans un coin derrière un kiosque de journaux avant de tirer l’appareil hors de la poche de ma doudoune.

Numéro inconnu clignote en lettres blanches sur le fond noir.

Je clique sur le message. Trois mots s’ affichent sur l’écran. Le sang se fige dans mes veines.

Tu es grillée