Le Marché des Cœurs

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Summary

L'amour n’existe jamais sans une dette, un poids, une négociation. Les cœurs sont toujours “mis en balance” avec le pouvoir, l’honneur ou la survie.

Status
Ongoing
Chapters
59
Rating
4.6 23 reviews
Age Rating
18+

prologue




Depuis la fin de la guerre, l'empire d'Azura vivait une ère de paix sans précédent. Après une décennie de sang et de larmes, c'était désormais un havre de paix où les sujets menaient une vie agréable malgré les séquelles de la guerre et la prospérité pointait enfin le bout de son nez.

Pendant une décennie entière, la peur, le sang et la guerre régnaient en maitre incontesté, mais cette époque était dorénavant résolue. Les seuls endroits où les nouvelles générations seraient exposées à ce type de violence seraient dans les livres d'histoire. En tout cas, c'était le souhait le plus cher de l'empereur qui était aussi celui qui avait rétabli la paix dans l'empire. Autrefois connu pour ses exploits belliqueux, capable de faire plier sur un champ de bataille n'importe quel adversaire, et ce, dès son plus jeune âge, aujourd'hui, ce seigneur de la guerre à ranger ses armes pour devenir le monarque dont le bonheur de ses sujets est la priorité absolue.

Pour garantir cette paix, une fois par année, il faisait le tour de l'empire de façon aléatoire pour s'assurer qu'aucun noble s'abusait de son pouvoir.

L'hiver ayant été particulièrement froid cette année-là, il décida de faire sa ronde au printemps, c'était bien plus agréable, se dit-il. Ainsi, il visita tout d'abord les régions d'Ephèze et de Chakire. Il se dirigeait désormais vers le comté de Cerasis. Sur le chemin, il pouvait admirer des fleurs de cerisier en pleine floraison, mais aussi des tulipes et des fleurs de pensée qui bordaient le chemin, "je pourrais faire ça toute l'année" se dit-il à lui-même.

C'est devant ce même paysage une décennie plus tôt qu'il avait décidé qu'il ne laisserait pas la guerre tout détruire.

En arrivant à l'entrée du comté de Cérasis, il décida d'accorder à ses hommes ainsi qu'aux chevaux une pause qu'ils n'auraient pas volée. Ensuite accompagné de son bras droit meilleur ami et accessoirement cousin Cyon, il décida d'aller explorer un peu plus les environs.

Bien que l'une des plus petites régions de l'empire, le comté de Cerasis était réputé pour son paysage féérique qui en faisait aussi l'une des zones les plus touristiques de l'empire pendant les saisons touristiques. Des vallées, des plaines et des prairies haut en couleur durant les saisons chaudes et enchantées d'un manteau blanc durant l'hiver, sans parler des lacs, des rivières et de leurs célèbres chutes. Les gens venaient de tout l'empire durant les saisons touristiques pour assister aux différents festivals.

Après une dizaine de minutes de marche, l'empereur et son bras droit entendirent des rires d'enfants. Plus ils avancèrent plus les silhouettes se faisaient plus claires.

"Je ne m'en lacerai jamais" commença le jeune empereur

"De quoi donc ?" lui demanda son compagnon

"Des enfants, leurs rires, leurs joies, leurs vitalités"

"Ah" s'exclama simplement l'interlocuteur qui était d'accord avec les propos de l'empereur.

Ces deux hommes avaient fait la guerre à un très jeune âge. Aussi, personne ne savait autant apprécier la paix qu'eux.

Continuant leur balade en discutant, ils virent enfin ses silhouettes prendre formes, des enfants courant dans la prairie accompagnés de deux adultes certainement pour assurer leur sécurité.

Le monarque se tourna vers Cyon pour lui parler et ne vit que trop tard le bulldozer qui lui fonçait dessus. Avant qu'il n'eût le temps de réagir, un enfant d'environ six ans lui renta dedans, laissant sur son passage deux énormes traces de bouts en formes de petites mains sur le pantalon immaculé de l'empereur.

"D'où Jésus" s'exclama une voix qui sonnait comme des notes s'échappant d'une harpe, "tu vas bien Eric ? tu ne t'es pas fait mal ?", repris la fameuse voix. Le monarque ne tarda pas à mettre un visage sur cette voix et pendant une seconde, il eut l'impression que le monde s'était arrêté de tourner et sa respiration avec. Elle était d'une beauté transcendante, c'est à peine s'il n'y avait pas un faisceau lumineux autour de sa personne et des ailes qui lui poussait dans le dos. Elle avait les traits du visage fin, tellement fin que ça semblait irréel, des cheveux d'or qui lui tombaient dans le dos, on dirait presque la toucher était un sacrilège. Elle n'était pas simplement belle, la décrire ainsi serait le plus grand euphémisme de l'univers, mais ce qui frappa encore plus le jeune homme, c'est qu'elle dégageait une aura indescriptible, son existence même inspirait la sérénité et la paix ?

Un cri de stupeur le tira malgré lui de ses pensées, le visage de la jeune fille abordait désormais une expression de gêne, l'avait-il trop fixé ?

"Vous allez bien ?" demanda-t-elle avec une once d'hésitation dans la voix. Il l'observa de nouveau et ne pouvait pas la quitter des yeux. Sans réponse, elle reprit "vos vêtements...", le jeune homme baissa les yeux et vu les énormes taches sur son pantalon, il regarda de nouveau la jeune fille qui s'empressa de dire "je suis désolée pour vos vêtements, je peux les nettoyer si vous le souhaitez, mais n'en voulez pas à Eric ce n'est qu'un enfant..."

Après une autre seconde de silence, le jeune homme finit par dire "quel est votre nom?" question à laquelle la jeune fille ne s'y attendait pas donc une expression de surprise se lit tout de suite sur son visage. Le jeune homme était fasciné de voir comment on pouvait lire en elle, elle était si expressive, il voulait en voir plus.

"Je suis Isabella de Cerasis, je suis ravie de faire votre connaissance" finit-elle par dire en faisant une révérence. En effet, même si ce n'était pas la question à laquelle elle s'attendait, la demande du jeune homme n'avait rien d'étrange de son point de vue.

"Vous êtes la fille du Comte de Cerasis?" Dit son interlocuteur surpris

"En effet. Et vous, mon seigneur, puis-je connaitre votre identité ?"

"Mon seigneur ? Vous avez déduit que j'étais un noble ? N'est-ce pas un peu hâtif ?" repris le jeune homme sur un ton amusé

"Je doute fort qu'une personne lambda puisse se permettre des vêtements faites mains avec autant de soins"

"Peut-être que j'ai un seigneur généreux"

"Votre seigneur, vous aurait-il, aussi offert un bijou de famille" dit-elle en désignant la chevalière au doigt de l'empereur. En effet, ce genre de bijoux avec ce type de design ne se transmettait que de génération en génération dans les familles nobles. Cette dernière remarque fit sourire le jeune monarque qui vit que sa belle avait aussi de l'esprit, ce qui lui plus encore plus, il voulait définitivement en savoir plus sur elle.

"Vous êtes très observatrice mademoiselle de Cerasis" dit-il avant d'ajouter "je suis Rayland et voici mon cousin et meilleur ami Cyon" finit-il

"C'est un honneur de faire votre connaissance messieurs, mais je dois malheureusement vous quitter. Comme vous pouvez le voir, je suis attendu et il est presque temps de ramener les enfants"

"La prochaine fois, j'espère que vous nous accorderez un plus de votre temps"

"Je doute que le hasard fasse aussi bien les choses, mais si l'occasion se présente, ce sera avec plaisir" dit-elle sans réellement le penser, puis leur faisant une dernière révérence, elle rejoignit son groupe initial.

"Que dirais-tu de prendre quelques jours de congés" commença Rayland à l'intention de Cyon dès que la jeune fille était suffisamment loin pour pas les entendre

Cyon qui n'avait pas décroché un mot de la conversation leva les yeux au ciel avant de dire "et si je suis contre ?"

Posant une main sur l'épaule de son compagnon avec son plus beau sourire, il dit "Voyant monsieur l'Archiduc, vous savez pertinemment que c'était une simple question rhétorique"

"C'est bien ce qu'il me semblait"