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Et enfin être aimée

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Résumé

Fanny doit fuir la violence de son compagnon, si elle veut vivre. Elle est engagé comme fille au pair en Italie et atterrit dans la campagne de Toscane. La beauté des lieux la subjugue, mais elle n'a pas encore rencontré les parents des enfants dont elle doit s'occuper

Genre :
Romance
Auteur :
Mireille Defretin
Statut :
il y a 3 ans
Chapitres :
25
Rating
4.8 (33 avis)
Classification par âge :
18+

Chapitre 1

Allongée au sol, une main sur le visage et un bras autour de son ventre. Fanny venait encore de recevoir des coups de la part de Marc, son compagnon. Comme ça pour rien, juste pour se défouler quand il rentrait du travail. Demain, il faudra encore qu’elle se surmaquille pour cacher les bleus et les éraflures qu’elle portera certainement sur le visage.

Pleurer, supplier ne servait à rien. A dix-sept ans, vivre dans la peur de l’homme qu’elle avait cru aimer, n’était plus supportable, il lui fallait partir et le plus vite possible.

-Et le repas, il est où. Cria-t-il.

-J’ai gardé ton assiette au chaud dans le four. Lui répondit-elle.

-Tu attends quoi pour me servir, tu ne sers vraiment à rien. Tu n’es même pas bonne à baiser, cracha-t-il.

Fanny déposa l'assiette devant lui sur la table et, en gardant la tête baissée, lui demanda.

-Il faut que j’aille faire les courses demain matin. Pourrais-tu me laisser de l’argent, s'il te plaît ?

Il sortit dix euros de sa poche et lui jeta au visage. Elle se baissa pour les ramasser.

-Je n’aurais pas assez pour acheter à manger pour nous deux.

-C’est mon argent, tu n’achètes que pour moi. Tu n’as qu’à gagner ta vie, dit-il sans la regarder.

-Tu m’as dit que tu ne voulais pas que je travaille en dehors de la maison.

-Ben, fais la pute, tu seras peut-être meilleure au pieu après ça, railla-t-il avec un rire gras.

Son cœur se brisa, encore une fois, en mille morceaux. Sans rien dire, elle se retira.

-Où penses-tu aller, reste ici et regarde-moi manger, ordonna-t-il.

Fanny s’assit et le regarda manger. Quand ils se couchèrent, il la força comme d'habitude. Elle essayait de sortir de son corps, de penser à autre chose, le temps qu'il finisse son affaire. Il était brutal et aimait la voir souffrir. Puis, il se tournait pour dormir, la laissant tout endolorie.

Comme tous les jours, il se leva à cinq heures du matin, elle le suivit et lui fit son café, il partit sans un mot. Alors, elle se rendit dans la salle de bain et regarda son visage, un œil poché, une pommette violette, ses côtes lui faisaient mal, son dos aussi. Ses jambes et bras étaient couverts de bleus. Quand arriverait le coup de trop, quand déchaînerait-il sa rage, mourait-elle sous les coups de son compagnon comme sa mère ? Fanny était jolie, le teint clair, les cheveux noirs bouclés, les lèvres rouge carmin et de grands yeux Hazel. Elle ne faisait pas partie des filles minces, ni des grandes, mais avait des formes bien définies, un vrai corps de femme. Ce qui la faisait paraître quatre à cinq ans de plus que son âge.

Fanny avait postulé en secret pour cette place de jeune fille au pair en Italie et avait reçu la lettre d’embauche la veille. Marc Lui avait toujours dit que si elle partait, il la retrouverait, mais là, c’était en Italie, à San Gimignano. Elle espérait qu'il n'irait pas la chercher jusque-là. La lettre disait de venir aussi vite que possible.

-Il faut que j’arrête d’être lâche, cria-t-elle. En se regardant dans la glace.

Elle se maquilla pour camoufler les bleus et prépara ses affaires dans un sac. C’était vite fait, elle n’avait pas grand-chose, quelques articles de toilette, ses papiers et la lettre d’embauche. Elle sortit rapidement et se dirigea vers la gare de Toulon. Elle avait le souffle court, une boule dans la gorge. Se retournant de temps en temps, pour vérifier que son bourreau ne l'avait pas suivie.

Elle était arrivée à mettre de côté quelques centaines d’euros, en faisant les carreaux et les courses à sa vieille voisine, à qui elle avait demandé de garder le secret.

Arrivée à la gare, elle acheta son billet et se cacha dans les toilettes, de peur que Marc ne la trouve, bien qu’il doive être au travail à cette heure-ci. Mais elle n’arrivait pas à maîtriser sa crainte. Le train arriva enfin, elle y monta tout de suite et se cacha encore dans les toilettes tant que le train ne démarra pas. Quelques minutes après le départ du train, la jeune fille sortit et alla trouver une place. Elle chercha son portable et appela ses employeurs.

-Allo, bonjour, je suis Fanny Costa, je voulais vous prévenir que je suis dans le train, je pense arriver vers vingt heures, un sourire se dessina sur son visage, merci madame, à ce soir.

Une famille avec des enfants se trouvait devant, la maman qui voyageait apparemment seule avec ses enfants semblait quelque peu débordée. Les personnes autour la regardaient de travers.

Un de ses enfants, un petit garçon d’environ trois ans, se tourna et fit des sourires à Fanny. La jeune fille s’amusa avec lui.

-Oh, pardon, s'excusa la maman.

-Non, il ne me dérange pas, nous nous amusons bien. Il peut venir à côté de moi si vous le permettez, j’aime beaucoup m’occuper des enfants.

-Vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas ?

-Oui, laissez-le venir, nous allons nous amuser ensemble.

Le petit garçon vint à côté d'elle.

-Je m’appelle Fanny et toi ?

-Gabriele, lui répondit-il.

La jeune femme fit une moue approbatrice.

-C’est un joli prénom, j’aime bien.

Ils jouèrent ensemble jusqu’à Vintimille, la maman rejoignait sa famille à Turin pour les vacances. Au moment de se séparer, la maman la remercia chaleureusement, elles se saluèrent. Le petit Gabriele l'appela et lui fit un signe de la main. Fanny fit de même et attendit le train qui l'amènerait à Poggibonsi, d’où elle prendrait un taxi pour se rendre sur son lieu de travail. Elle regardait le paysage changer et se perdit dans ses pensées. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle l'avait fait, mais elle ne voulait plus de cette vie de peur et de souffrance. Plus elle s'éloignait, plus elle savait qu’elle avait sauvé sa vie. Elle sentit quelque chose sur son visage et en passant la main sur sa joue, elle sentit des larmes. Alors, elle se promit de ne plus jamais pleurer et s'essuya les yeux avec rage.

Cela faisait maintenant six heures qu’elle est dans un train, il est quatorze heures, elle devrait être à destination vers les vingt heures. Observant les gens et le paysage. Elle se demanda si ça se passerait bien avec les parents des enfants. Il y avait deux enfants en bas âge, un petit garçon de six mois et une fillette de deux. A mi-chemin, une femme seule monta dans le train et vint s’asseoir à côté d’elle. Elles discutèrent gentiment. Fanny maîtrisait bien l’italien, car sa maman était italienne et lui parlait souvent en italien quand elle était petite. Et il y eut cette famille d’accueil dans laquelle elle était restée cinq ans. Ils parlaient français, mais aussi fréquemment en italien. Grâce à cette personne, le temps passa beaucoup plus vite. La gare de Poggibonsi-San Gimignano fut annoncée, elle salua la dame et descendit du train. En sortant de la gare, la jeune fille trouva facilement un taxi libre. Elle lui donna l’adresse et s'installa et regarda le paysage. Après être sortis de Poggibonsi, ils traversèrent une région verte et vallonnée, les collines étaient couvertes de vignes, d’oliviers et de blé. Des propriétés magnifiques entourées d’arbres. Les petites routes qui amenaient vers de grandes maisons étaient bordées de jeunes cyprès. A sa droite, elle reconnut San Gimignano avec ses tours. Ils s’en éloignèrent un peu, puis prirent un de ces chemins bordés de cyprès et arrivèrent devant une maison ou plutôt un château, tant c’était grand.

Fanny paya le taxi et avança vers la demeure. Elle trouva la porte d’entrée et frappa. Une voix de femme et des bruits de pas rapides se firent entendre. La porte s’ouvrit, une femme d'une cinquantaine d'années l'accueillit. Elle avait un air authentique de Mamma italienne, brune, les cheveux attachés en chignon, le grand tablier. Elle porta les mains sur son visage en s’écriant.

-Oh, com’é bella (Oh, comme elle est belle). Je vais vous parler français, dit-elle avec un fort accent.

-Bonjour, madame. Je vous remercie, dit la jeune fille, agréablement surprise par son accueil. Vous pouvez me parler en italien, je le parle et le comprends.

La femme lui fit un geste montrant que ça lui convenait.

-Vous êtes Fanny, c’est bien ça ? Appelez-moi Mamma ou Giulia.

-D'accord, Giulia.

-Massimo, cria-t-elle. C’est mon mari. Expliqua-t-elle.

L’homme arriva en faisant de grands gestes, l'air excédé.

-Perché urli ? (Pourquoi tu cries ?)

-C’est la jeune fille qui va s’occuper des petits, montre-lui sa chambre.

-Suivez-moi, demanda-t-il, d'un air bourru, mais pas méchant.

Ils montèrent à l’étage et Massimo ouvrit une chambre.

-Voilà, vous pouvez vous installer.

-Merci beaucoup, monsieur. Lui dit la jeune fille.

- Appelez-moi, Massimo.

-D’accord, appelez-moi, Fanny, alors.

-Va bene, Fanny. (D'accord, Fanny.)

Il partit et la laissa dans sa chambre. Elle n’était pas très grande, mais très joliment décorée. Les meubles étaient anciens, mais très bien entretenus et les draps recouverts d’un plaid étaient d’un blanc immaculé. Elle rangea ses affaires dans une armoire et son ventre gargouilla. Cela faisait plus d'une journée, qu’elle n’avait rien avalé. Descendant les escaliers, elle chercha la cuisine pour voir si elle pouvait demander quelque chose à grignoter. Giulia arriva à sa rencontre.

-Ah, j’allais vous chercher pour dîner.

La jeune femme fut soulagée, elle avait tellement faim. Le repas était succulent.

-Giulia, tout était si bon. Il y a longtemps, que je n'avais pas aussi bien mangé.

-Merci, Bella. Lui répondit la femme.

-Je n'ai pas encore vu les enfants, sont-ils sortis avec leurs parents ?

-Non, ils sont en train de dormir.

-Ah, déjà ?

-Oui, Lorenzo continue à faire comme avant…

Fanny vit Giulia devenir triste.

-Que se passe-t-il, Giulia ? Demanda-t-elle en posant une main sur la sienne.

-Rien, ça va, répondit-elle en faisant un geste de la main pour lui dire d'oublier.

La jeune fille n'insista pas, mais demanda.

-Est-ce que j’ai un baby phone pour les entendre s’ils pleurent la nuit ?

-Oui, ils sont là sur le meuble, les enfants sont chacun dans leur chambre.

-Ok. Je peux le prendre ?

-Bien sûr.

La jeune fille aida à faire la vaisselle et se retira dans sa chambre. La journée fut longue et elle était épuisée. Elle bâilla en vérifiant que le babyphone était bien allumé et s’endormit instantanément. Dans la nuit, elle fut réveillée par des pleurs de bébé. Encore endormie, elle se leva et se rendit dans la chambre du bébé qu’elle trouva ouverte. Un homme était là dans le noir en train de prendre le bébé dans ses bras.

-Qui êtes-vous ?

Il sursauta et se retourna.

-Ché cosa ? (Quoi ?)

-Vous êtes sourd, posez ce bébé, dit-elle en s’avançant et tendant les mains pour prendre le petit des mains de l'homme. Il l'écarta doucement pour garder l'enfant dans ses bras.

-Arrêtez de crier, vous allez réveiller sa sœur. Vous êtes la jeune fille au pair ?

Quand elle l’entendit chuchoter, elle comprit qu’elle venait de crier sur le père des enfants, son patron. Elle recula tout de suite et sortit attendre devant la porte. Elle l'entendit chanter une berceuse. Il faisait sombre dans le couloir, juste la lumière venant de sa chambre, donnait un faible éclairage.

-Merde, murmura-t-elle. Bonjour, la première impression.

Inquiète, elle dansait d'un pied à l'autre. Quelques minutes après, son patron sortit de la chambre du petit et ferma doucement la porte.

-Je suis désolée, monsieur Antonelli, s'excusa-t-elle avant qu’il ne se retourne vers elle.

Il était très grand, ses cheveux étaient blonds dorés et ses yeux gris clair. Il ne souriait pas, mais avait quand même un beau visage, un nez aquilin et une jolie bouche charnue. Il recoiffa ses cheveux avec sa main et Fanny vit les muscles imposants de ses bras.

-Ne le soyez pas, vous avez été réactive. Mais ne vous avisez plus de me crier dessus, lui dit-il.

-Non, monsieur, répondit-elle en baissant la tête.

Il la regarda, fronça les sourcils et alluma la lumière du couloir. Ses yeux s'écarquillèrent.

-Vous vous êtes battu ?

-Non, monsieur, pourquoi ?

-Votre visage est plein de bleus.

Fanny retint son souffle, car elle avait oublié qu'elle était démaquillée. Elle porta les mains à son visage et se justifia.

-Je suis tombée dans les escaliers, il y a deux jours.

-Bien sûr, c’est une marche qui vous a fait un œil au beurre noir ?

-Oui, fit-elle, en serrant les lèvres.

Il la regarda, secoua la tête et lui dit.

-N’apprenez pas à mentir aux enfants, marmonna-t-il en se retournant.

-Non, monsieur.

Il partit vers le fond du couloir et Fanny rejoignit sa chambre.

-Eh ben, j'espère que son épouse est plus aimable, pensa-t-elle.

Fanny se recoucha et s'endormit sans difficultés.

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Bien écrit

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Intrigue captivante

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Super personnage

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Dialogues forts

9

Dialogues forts

Voir 1 commentaire précédent...
author

début intéressant

3 ans
3
author

bonjour, chapitre 1 je ne peux pas faire de commentaire mais un début prometteur 😉😉😊

3 ans
2
author

Bonjour, la première rencontre. Je sens que ça va être très tumultueux entre ces deux-là. J’aime bien

2 ans

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