Customize readability
Aa

Et puis je t'aimerai

All Rights Reserved ©

Summary

Cynthia a toujours été secrètement amoureuse de son parrain, Maxime. Lorsqu'il lui lègue sa fortune, elle est aux anges. Mais elle ne se doute pas que cette générosité a un prix. Elle est désormais obligée d'épouser le fils de Maxime, un homme qu'elle n'aime pas. Cynthia se retrouve alors prise dans un mariage forcé, sans aucune échappatoire possible. Mais est-ce que tout est vraiment perdu pour elle ? Est-ce que ce mariage ne va pas lui réserver des surprises inattendues ? Est-ce que l'amour ne va pas surgir là où elle s'y attend le moins ? Découvrez le destin de Cynthia dans ce roman captivant qui vous fera passer par toutes les émotions. Entre amour, trahison, secrets et mensonges, vous ne pourrez plus lâcher ce livre avant d'avoir découvert la fin de l'histoire.

Genre
Romance
Author
CAROLE73
Status
Complete
Chapters
43
Rating
4.5 50 reviews
Age Rating
18+

01.L’Héritage Inattendu 01

Avertissement : ce livre contient certaines scènes de violence et un peu (trés peu même) de sexes !






L'Héritage

Cynthia Foster avançait d’un pas rapide, enfoncée dans son épais manteau d’hiver, bonnet enfoncé sur la tête et bottes fourrées aux pieds, alors que de gros flocons de neige tombaient autour d’elle. Le ciel était gris et chargé, et une fine couche de neige recouvrait déjà les voitures et le trottoir. Malgré le froid piquant, un léger sourire flottait sur ses lèvres. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ces flocons qui dansaient sous les réverbères, lui rappelant les jeux d’enfance sous la neige avec ses frères et sœurs : les batailles de boules de neige, les bonshommes aux nez de carotte… des souvenirs lointains mais chaleureux.

Elle se gara prudemment sur le parking enneigé devant le bâtiment en briques rouges qui abritait le cabinet du notaire. Glissant un rapide coup d’œil à ses pieds, elle veilla à ne pas marcher sur les plaques de glace qui commençaient à se former. En sortant de sa voiture, elle serra son sac contre elle, les épaules légèrement crispées, non pas à cause du froid, mais de la nervosité. Chaque pas qu’elle faisait était effacé presque aussitôt par la neige qui continuait de tomber, comme si sa présence même dans ce lieu devait rester discrète, fugace.

Arrivée à l’ascenseur, elle monta jusqu’au troisième étage, essayant de comprendre encore une fois ce qui se passait. Son parrain, Maxime Curtis, était décédé après une longue maladie. Elle avait été présente lors des derniers mois, et pourtant, elle n’avait jamais imaginé qu’elle serait convoquée pour son héritage. À 22 ans, recevoir ce coup de fil la semaine passée l’avait profondément étonnée. Qu’avait-il bien pu lui laisser, et pourquoi à elle plutôt qu’à ses frères ou sœurs ? Maxime s’entendait pourtant très bien avec toute la famille.

Depuis ce fameux coup de fil, elle ne cessait de tourner la question dans sa tête. Était-ce un acte de bienveillance ou y avait-il autre chose, une sorte de piège ? Maxime avait toujours été imprévisible, capable de gestes inattendus. Elle espérait simplement qu’il ne lui réservait pas une mauvaise surprise, lui qui savait si bien dissimuler des intentions complexes sous une apparence avenante.

Cynthia ne pouvait s’empêcher de se souvenir de leur relation particulière. Au départ, Maxime avait été comme un second père, prenant son rôle de parrain très à cœur. À chaque fois qu’elle venait voir son père après une mauvaise note ou une remontrance, Maxime était là pour en rajouter une couche, la taquiner sur ses erreurs. Mais un jour, alors qu’elle avait 17 ans, quelque chose avait changé. Après une énième leçon, elle avait craqué, fondant en larmes dans ses bras, confessant qu’elle se sentait incomprise par ses parents. Elle ne voulait pas suivre le chemin tout tracé par sa famille, ni celui de sa sœur aînée. C’est ce jour-là qu’elle avait commencé à tomber amoureuse de lui, sans vraiment s’en rendre compte.

Ce sentiment avait grandi en elle, la poussant à passer plus de temps chez lui, à chercher son attention, espérant secrètement qu’il céderait à ses avances. Mais Maxime, bien qu’amusé par son comportement, n’avait jamais franchi la ligne. Il riait souvent de ses tentatives maladroites, la traitant comme la gamine qu’elle était à l’époque. Pourtant, une fois, lors d’une séance photo anodine, elle avait réussi à lui voler un baiser. Il l’avait laissée faire, un sourire dans les yeux, mais rien de plus. Malgré leurs nombreuses sorties ensemble et la complicité qu’ils partageaient, Maxime restait toujours à distance. Il l’avait même encouragée à sortir avec des garçons de son âge, repoussant ainsi doucement ses tentatives de séduction.

Dans l’ascenseur, Cynthia jeta un regard furtif dans le miroir. Ses cheveux châtains ondulés, attachés en queue de cheval, s’étaient légèrement décoiffés lorsqu’elle avait retiré son bonnet. Un peu de rimmel soulignait ses grands yeux bleus, mais son visage trahissait la fatigue accumulée de ces dernières semaines. Entre le décès de Maxime, un stage qui ne la passionnait pas, et son petit ami David qui insistait de plus en plus pour qu’ils emménagent ensemble, Cynthia se sentait sous pression. D’ailleurs, elle n’avait même pas pris le temps de prévenir son bureau qu’elle risquait d’être en retard.

Alors qu’elle sortait de l’ascenseur, elle soupira. Elle espérait que cette rencontre avec le notaire serait brève et sans complication, car ses pensées étaient déjà bien assez encombrées.

Elle ne se sentait pas prête à vivre en couple, sachant qu’elle ne l’aimait pas assez pour ça.

Elle cherchait son « Maxime », et cela, elle en était consciente.

Elle était sûre qu’après son installation avec David, il lui demanderait un enfant, et c’était hors de question pour le moment !

Elle arriva dans le petit cabinet de chez Berthaud et Lonoux, s’annonça à la secrétaire qui la dirigea vers la salle d’attente.

Dans la salle d’attente, elle reconnut immédiatement le regard du fils de Maxime, Dean Curtis, un petit con prétentieux. Qu’il soit là ne l’étonnait pas, c’était son fils, mais se retrouver seule dans la même pièce la mettait mal à l’aise.

Elle ne prit même pas la peine de lui dire bonjour et s’assit sur une chaise. Elle attrapa un magazine qu’elle plaça devant ses yeux, puis leva doucement les yeux vers lui, curieuse de voir s’il continuait de la fixer. Dean, exaspéré, leva les yeux au ciel, se leva, s’approcha d’elle et lui prit le magazine des mains.

À l’endroit, c’est mieux !

Elle se redressa d’un coup, lâchant magasine.

Cynthia sentit une chaleur envahir son visage, ses joues s’empourprant sous l’effet de la gêne. Ses mains tremblaient légèrement alors qu’elle tentait de reprendre contenance, mais l’agitation à l’intérieur d’elle restait vive. Le regard de Dean Curtis, ce prétentieux de 27 ans, la frôlait à peine, mais elle le ressentait comme une brûlure. Grand, musclé, avec des cheveux châtains coupés court et des yeux bleu acier, il était sans doute l’un des hommes les plus beaux qu’elle ait jamais croisés. Et pourtant, chaque fois qu’elle le voyait, ce n’était pas son physique qui captait son attention, mais son arrogance, cette façon de toujours la mettre mal à l’aise ou de la provoquer, comme s’il se nourrissait de sa gêne.

Cela faisait des années qu’il avait ce pouvoir sur elle, depuis l’incident qu’elle aurait préféré oublier. Elle n’avait que 15 ans à l’époque, naïve et pleine de confiance en ses premiers amours. Elle n’aurait jamais cru que ce moment intime, cette première expérience, se terminerait ainsi. Mais Dean l’avait trouvée, en pleine situation embarrassante, à l’arrière d’une voiture, avec son petit ami de l’époque. Le garçon, plus vieux de trois ans, s’était enfui, et elle s’était retrouvée, rouge de honte, face à Dean. Il avait ouvert la porte avec cette nonchalance qu’il savait si bien avoir, et elle s’était précipitée hors du véhicule, furieuse, se demandant ce qu’il venait faire dans cette histoire.

La gifle qu’elle lui avait donnée, son cœur battant la chamade, n’avait été qu’une réaction impulsive. Mais Dean, d’un calme glacial, lui avait rendu la monnaie de sa pièce, avec une brutalité qui l’avait laissée sans voix. Elle n’oublierait jamais la colère dans ses yeux, ni la menace qu’il lui avait lancée, à bout portant.

Je vais aller voir ton frère. Après tout, c’est mon meilleur ami, pas vrai ?

Elle n’avait pas eu de nouvelles pendant tout le week-end, mais l’angoisse de cette menace l’avait rongée. Le silence était resté pesant, sans réponse, et elle n’avait jamais su si Dean avait vraiment parlé à son frère. Si ce dernier savait quoi que ce soit de ce qui s’était passé, ou si cette menace n’était qu’un autre de ses jeux cruels. En attendant, son petit ami l’avait lâchée, sans explication, par un simple message : “Tout est fini !”

Depuis ce jour, chaque rencontre avec Dean l’avait poussée à l’éviter encore plus. À chaque fois, elle longeait les murs, fuyant son regard, se cachant derrière ses pensées. Même lors de l’enterrement de son parrain, un homme qu’elle avait aimé, elle était restée loin de lui, préférant garder sa distance plutôt que de se retrouver face à cet homme qu’elle n’avait jamais su comment appréhender.

Ils n’avaient rien en commun. Rien. Pas même un semblant d’affinité. Elle le détestait profondément, et ce n’était un secret pour personne.

Elle avait l’impression de s’égarer dans ses pensées lorsque la secrétaire les appela.

Monsieur Curtis, Mademoiselle Foster.

Dean lui offrit un sourire poli et la salua avant de s’installer à ses côtés. Elle s’assit d’un air presque figé, ignorant délibérément la présence de Dean à côté d’elle. Le notaire entama alors les formalités, expliquant que l’héritage en question était assez conséquent. Elle toucherait une première partie à la signature, puis une seconde dans cinq ans. Cynthia sentit alors le regard de Dean se poser sur elle, et un léger sourire se dessiner sur ses lèvres. Quelque chose dans son attitude la perturba. Pourquoi ne semblait-il pas plus affecté par cette situation ? Pourquoi acceptait-il aussi calmement de partager cet héritage avec elle, une simple filleule, sans lien familial direct ?

Elle se demanda s’il comprenait réellement la situation, ou s’il était juste indifférent. Elle avait du mal à saisir son calme. Lui, qui n’avait jamais accepté quoi que ce soit de ses proches, qui semblait toujours si imbu de lui-même.

Bon, je signe où ? lança-t-elle sèchement, les yeux toujours rivés sur le document, espérant que la conversation s’arrête là.

Cynthia jeta un coup d’œil à sa montre, un malaise grandissant à mesure que le regard de Dean pesait sur elle. Il affichait le même air satisfait que ce jour-là, lorsqu’il l’avait giflée. Cette pensée raviva sa gêne, et elle n’eut qu’une seule envie : quitter ce bureau au plus vite. Après tout, elle n’avait aucune emprise sur ce que le père de Dean voulait faire. Elle avait suffisamment pris soin de lui durant sa maladie, sans rien attendre en retour.

Elle l'avait tant aimée aussi.

Elle prit un stylo et commença à parapher les feuilles, signant sans lire, sous l’œil perplexe du notaire.

Vous ne lisez pas les termes du contrat ? demanda-t-il, étonné.

Non, je vous fais confiance. Et puis, je n’ai pas trop le temps non plus ! répliqua-t-elle.

Mais je ne vous ai rien dit encore, Mademoiselle. Vous ne devriez pas vous emballer à tout signer comme ça. On ne peut pas revenir en arrière, et…

Je vais être en retard au travail aussi, coupa-t-elle net.

Laissez faire, Maître ! répondit Dean d’une voix presque moqueuse.

Elle lui lança un regard noir, mais il lui répondit par un large sourire.

Une fois tout signé, elle tendit les papiers au notaire, qui la regarda avec étonnement et ajouta :

Vous ne lisez pas les termes ? Vous savez que vous venez d’accepter de vous marier à Monsieur Curtis Dean ici présent et de lui faire un descendant ?

Elle éclata de rire.

J’adore votre humour !

Mais soudain, elle réalisa que le notaire ne riait pas. Elle tourna la tête vers Dean, qui semblait étrangement détendu. Il prit les papiers et signa à son tour.

– C’est une stupidité ? demanda-t-elle, stupéfaite.

– De signer sans lire, oui, répondit Dean, un sourire en coin tout en continuant de signé.

Le notaire, lui, ne souriait pas. Cynthia commença à se sentir mal.

Dean rendit le dossier au notaire, qui regardait Cynthia avec un air consterné.

Le notaire apposa son sceau, appela sa secrétaire pour faire des copies et enregistrer

è le contrat. Cynthia, figée, était à peine consciente de ce qui se passait autour d’elle. Ce n’était pas possible. Cela devait être une blague. Mais lorsqu’on lui apporta la copie, elle enfila précipitamment ses lunettes et se jeta sur le paragraphe en question.

“Mademoiselle Foster Cynthia s’engage pour une durée de cinq ans avec obligation de donner un descendant à Monsieur Curtis. Passé ces cinq ans, elle sera libre de partir et touchera la seconde partie de l’héritage, la somme dite plus haut, mais elle pourra faire le choix de rester auprès de son mari et de son enfant. L’enfant restant avec le père si la mère prend la décision de partir. Si Mademoiselle Foster revient sur sa décision avant les cinq ans, elle devra verser à Monsieur Curtis l’équivalent de trois fois l’héritage perçu à la date de la signature.”

Putain la vache, je n’ai pas signé ça ! On ne peut pas le déchirer ? demanda-t-elle, la voix suppliante.

Je suis désolé, vous avez signé. L’argent sera sur votre compte d’ici trois jours.

Et si je refuse ce terme débile ? Putain, on n’est pas au Moyen Âge !

- Il est écrit que vous devez des indemnités à Monsieur Curtis !

Mais je ne veux pas me marier, encore moins avec… ça ! dit-elle en le désignant de la tête, en direction de Dean.

Le notaire semblait de plus en plus mal à l’aise.

Soudain, dans un accès de rage, elle se pencha sur le bureau, les poings serrés.

Mais putain, tu vas le déchirer, cette merde, ou je vais te déchirer la gueule !

C’en était trop, la patience et elle, cela faisait deux, elle était presque allongée sur le bureau, tentant de reprendre le contrat des mains du notaire qui, visiblement effrayé, avait reculé précipitamment.

– Mais c’est trop tard, le document a été faxé !

Tout à coup, elle sentit deux mains se poser sur ses hanches et la tirer brutalement en arrière.

– Calme-toi ! Le pauvre, il va faire une attaque ! lui ordonna Dean, alors que le visage du notaire était pris de stupeur.

Il la tira vivement en arrière, et elle se retrouva collée contre son torse.

Un haut-le-cœur la saisit instantanément.

Il la lâcha aussitôt, la laissant se détourner pour éviter qu'elle ne vomisse sur le bureau. Mais à sa grande horreur, elle lui vomit sur les pieds .

Elle chercha du regard la poubelle, sentant un nouveau haut-le-cœur pointer. Quand enfin elle se sentit un peu mieux, elle redressa la tête.

Dean lui tendait une boîte de mouchoirs. Elle lui lança un regard noir et, d’un ton furieux, lui cria :

– Tu sais où tu peux te les mettre, tes mouchoirs ? Je te déteste, Dean Curtis. Tu veux que je te dise ? Pour faire un enfant avec toi, faudra que tu ailles te branler dans une éprouvette, et encore, je suis sûre que mon utérus rejettera ta merde !

Il la regarda sans rien dire, l’air pensif. Ah, il devait déjà regretter. Peut-être finirait-il par comprendre que cette clause était complètement absurde. Mais pourquoi son parrain lui avait-il imposé ça, et pourquoi lui-même n’avait-il pas contesté ? Son père était un homme bon pourtant, alors pourquoi ce piège !

Et l’idée d’avoir un enfant, putain... Pourquoi un enfant ? Comment pouvait-on imposer à un être innocent de venir au monde simplement pour servir un héritage, comme un objet de plus dans cette histoire sordide ? C’était tellement absurde et cruel. Elle se demandait comment quelqu’un pouvait accepter une telle condition, comme si la vie d’un enfant n’avait aucune valeur, si ce n’était celle de remplir une case dans un contrat. C’était révoltant.

Elle jeta un regard dégoûté sur le vomi qui maculait les chaussures de Dean, puis, avec un sourire empli de mépris, se détourna pour partir.

– Foster, tu appelles l’ascenseur et tu m’attends !

Elle s’arrêta net, comme frappée par une décharge électrique. La voix de Dean, dure et autoritaire, la figea sur place. Elle n’eut pas le courage de répondre et quitta la pièce sans un mot, claquant la porte du notaire derrière elle. Elle appuya sur le bouton de l’ascenseur, mais il semblait bloqué au troisième étage. Un soupir s’échappa de ses lèvres alors qu’elle scrutait l’escalier.

Lorsque la porte de l’ascenseur semblait se fermer a l'étage au dessus, elle entendit celle du bureau du notaire s’ouvrir. Elle n’avait pas du tout envie de lui parler.

Elle se dirigea donc vers les escaliers, commençant à courir. Ses bottines à talons, peu adaptées à la situation, claquaient sur les marches. Elle entendit la porte s’ouvrir au sommet de l’escalier et s’arrêta net, se collant contre le mur. Elle ferma la bouche, retenant sa respiration pour ne faire aucun bruit. Un frisson la traversa, comme si elle était dans un film d’horreur. En même temps, ça n’en était pas loin.

– Foster !

La voix autoritaire de Dean résonna dans la cage d’escalier, la faisant presque trembler. Elle s’immobilisa instantanément, la mâchoire serrée, une bouffée de frustration la traversant.

Elle retira délicatement ses bottines, qui faisaient un bruit de plus en plus insupportable. Elle entendit les pas de Dean descendre, et elle se remit en mouvement, collée aux marches glissantes. Il ne manquerait plus que ça, qu’elle tombe. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, inquiète d’être en retard. C’est alors qu’elle perdit l’équilibre, manqua la dernière marche et s’écrasa violemment au sol.

Elle se redressa avec difficulté, le visage rougi par la douleur et la honte. En jetant un coup d’œil à son collant, elle remarqua qu’il avait filé. Alors qu’elle se préparait à redescendre, une main se saisit brutalement de son bras.

– Hé, je t’avais dit de m’attendre, faut qu’on parle !

– Je n’ai pas le temps, je suis déjà en retard, et enlève tes mains de sur moi !

– Je te dépose, mais on doit parler, trouver une date rapidement.

Elle plongea son regard dans le sien, ses yeux bleus, plus glacés que jamais. Il n’allait pas la déposer, elle avait sa propre voiture qui l’attendait sur le parking.

– Une date, pourquoi ? Il en est hors de question !

– Tu n’avais qu’à lire avant de signer. Mais la cupidité, ça en fait tomber plus d’un.

Elle se tut. Il avait sans doute raison. Elle repoussa sa main en remuant son bras, il la lâcha. Elle se remit en équilibre et enfila ses bottines, se retenant de glisser encore.

Il la fixait, toujours sans dire un mot. Elle remarqua que ses chaussures étaient couvertes de vomi et, agacée, elle le lui désigna du doigt.

– Tu aurais pu nettoyer là-haut, ils ont des toilettes.

– Je croyais que tu étais en retard !

Elle se redressa, l’imitant en haussant les épaules.

– "Je croyais que tu étais en retard !", Ça pue, en tout cas !

– T’as qu’à pas sentir !

Elle haussait les épaules à nouveau et se remit à descendre, sentant la douleur au genou se raviver à chaque pas.

– Mais avoue que cette clause, c’est complètement con ! reprit-elle. Il ne répondit toujours pas.

Elle se demandait si, par hasard, il n’était pas responsable de cette clause, mais dans quel but sinon lui gâcher la vie ? Mais pourquoi voudrait il lui gâcher ?

Elle sortit du bâtiment, et la lumière du soleil, qui jouait à cache-cache avec les nuages l’aveugla.

Elle lui claqua la porte au nez, ce qui sembla l’agacer encore plus.

– J’suis garé par là !

Dit-il en désignant du menton le parking sur sa droite, tout en fermant son blouson.

– Écoute, moi, je suis garée sur l’autre parking.

Répondit-elle froidement en enfilant son manteau, de la fumée sortant de sa bouche à cause du froid glacial.

– Tu conduis ?

– Bien sûr.

– Ils t’ont donné le permis ? Ils n’ont pas eu peur ?

Elle roula des yeux, l’énervement montant en elle, et répondit sèchement :

– Au revoir !

– Écoute, je ne rigole pas ! Tu as signé, on va se marier, tu verras, cinq ans, ça passe vite !

Elle haussait les épaules, un sourire sarcastique étirant ses lèvres alors qu’elle le défiait du regard.

– Et si je refuse, tu penses vraiment que j’ai assez d’argent pour te payer une compensation ?

Elle éclata de rire, un rire sec et amer, presque étouffé par la colère. Elle secoua la tête en écartant les bras, comme pour se libérer d’une absurdité.

– Toi non, mais tes parents ont une belle maison, de belles voitures, eux, ils pourront payer.

– Mes parents ?

Elle sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, un frisson de malaise traversa son corps. Mes parents… elle se figea, la gorge serrée. La mention de ses parents la fit vaciller, l’air soudainement lourd autour d’elle.

– Oui, tes parents !

Tout à coup, un vertige la saisit. Elle se pinça les lèvres, essayant de se ressaisir, mais sa tête se mit à tourner. Ses mains, tremblantes, se serrèrent involontairement autour du volant.

Il lui adressa un sourire ironique, presque carnassier, se penchant un peu plus près d’elle, comme s’il savourait sa victoire.

– Ce soir, je vais officiellement demander ta main à tes parents. Ton père sera ravi. On s’entend bien, il m’a même proposé un poste dans son cabinet. Et dans un mois…

Elle cligna des yeux, le souffle court, son esprit en ébullition.

– Pourquoi moi ?

– Pourquoi pas !

Il ne semblait même pas se rendre compte de l’humiliation qu’il lui infligeait. Elle fronça les sourcils, la colère bouillonnant sous sa peau.

– Ce n’est pas une réponse ! lui cria-t-elle, son ton perçant, les lèvres tremblantes d’agacement.

Il éclata de rire, un rire moqueur et dégradant, un rire qui fit écho dans son esprit.

– Tu es encore plus conne que je ne le pensais ! lui dit-il, secouant la tête, comme s’il était déçu par sa réponse.

Elle ne supportait plus ça. Son corps se tendit, une impulsion dévorante la poussa à le frapper. Mais il fut plus rapide, saisissant son poignet d’une poigne de fer.

– Tu me frappes, je te frappe aussi, mais je n’ai pas la même force que toi ! lança-t-il, un sourire cruel sur les lèvres.

Elle se débattit, sentant la douleur sourde de son poignet comprimé. Ses dents se serrèrent, et d’un coup sec, elle réussit à récupérer son bras, le dégageant avec force. Elle s’éloigna d’un pas précipité, son cœur battant la chamade, mais ne disant rien. Le vent froid la frappa de plein fouet alors qu’elle se dirigeait vers sa voiture.

La neige recommença à tomber, les flocons se mêlant à la brume de ses pensées, floutant son regard.

– Tu préviens tes parents ou j’appelle ton père pour m’inviter ? demanda-t-il d’une voix joyeuse en cirant presque.

– Va chier ! répondit-elle sèchement, sans se retourner, alors que des larmes commençaient à couler sur ses joues. Elle se hâta d’atteindre sa voiture en prenant soin de ne pas glisser.

Elle monta dans sa petite Twingo bleue et s’enferma à l’intérieur. Elle était terriblement en retard. Elle se laissa tomber contre son volant, son visage noyé dans ses larmes.

Elle se sentait coincée dans une impasse. Dean était avocat, comme ses parents, et il connaissait sûrement des lois qu’elle ignorait. Si cette histoire était vraie, ses parents allaient devoir rembourser. Elle ne pouvait pas leur imposer ça à cause de sa propre stupidité. Si seulement elle avait pris le temps de lire les clauses, elle n’en serait pas là.

Elle resta de longues minutes dans sa voiture, immobile, ses doigts crispés sur le volant. Le silence l’entourait, lourd et oppressant, seulement brisé par le bruit des flocons tombant doucement contre les vitres. Ses pensées tournaient en boucle, comme une spirale qu’elle n’arrivait pas à stopper. Pourquoi elle ? Pourquoi avait-elle signé ce contrat, ce pacte ? Les mots de cet homme résonnaient encore dans sa tête, leur cruauté se mêlant à sa confusion grandissante. Pourquoi elle ? Un sentiment d’injustice l’envahissait. Mais plus que tout, elle se sentait prisonnière de ce qu’elle avait accepté sans réfléchir. Elle n’avait jamais imaginé que cela tournerait ainsi.

Finalement, elle démarra et prit la route, déjà en retard pour son stage. Coincée entre les obligations du notaire et la neige qui tombait de plus en plus fort, rien ne se passait comme prévu. Arrivée au bureau, elle se retrouva face à un chef de stage qui la détestait visiblement. Après l’avoir menacée de la renvoyer, il ne se privait pas de la réprimander sévèrement pour le moindre détail. Elle sentit la colère monter en elle, mais se força à se taire, à ne pas riposter, à retenir les mots acerbes qui lui brûlaient les lèvres.

Let CAROLE73 know what you thought about this chapter!
Love this

55

Love this

Funny

21

Funny

Spicy

9

Spicy

Suspenseful

13

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

1

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

14

Good Writing

Compelling Plot

23

Compelling Plot

Great Character

17

Great Character

Strong Dialog

16

Strong Dialog

View 6 previous comments…
author

cc voilà mon livre préférer bisous bonne lecture a ts 😘😘😘😘

a year
1
author

cc je vais essayer de le relire mm si j ai mal il faut que je le lise car il m appasait bisous

7 months
author

Et bein, ça promet... 😁

3 months
1

Further Recommendations

Merry Christmas - Adventskalender 2025

Aelyn Raven: Wieder eine tolle Geschichte. Leider bin ich erst jetzt dazu gekommen sie zu lesen, aber das tut der Geschichte keinen Abbruch *g* ich freue mich schon auf den nächsten Adventskalender

Read Now
Charly's Weihnachten

T.M: Ich kann es gar nicht anders sagen also ich liebe diese Geschichte einfach. Sie hat für mich einfach alles was es braucht. Sie hat mich einfach mitgenommen auf eine echt schöne Reise. Danke❤️

Read Now
Destino Secreto

Karin Rogowski: Gut geschrieben und beschrieben. Die Charaktere und Situationen sind stimmig und nehmen einen gefangen. Mich hat das Buch ab der ersten Zeile fasziniert, genau wie die anderen Bücher davor. Sehr guter Schreibstil und eine sehr gute Übersetzung, nebenbei bemerkt. Dankeschön, dass Du Deine Bücher ...

Read Now
Take the reins

Vicky_young205: Vicky_young205. 🤔, there's alot to say about this story but I will focus on the morals I learnt. First of all , the story is a wow, so wonderful, perfect storyline, perfect characters and themes, it's just too perfect, kudos to the author, she did a wonderfully excellent job.Okay now what I learnt;...

Read Now
Luna auf der Flucht

Sina: Eine sehr schöne, fesselnde und Herz zerreißende Geschichte Hab Spaß gemacht zu lesen und werde mich gleich an den zweiten Teil ran wagen 😁👍🏻

Read Now
Bloodlines

Alicia: Super sweet, good read.

Read Now
His Unexpected Luna

JlD: Beautiful story! Love and Forgiveness

Read Now
Alpha’s Claim

gogochiefs: What a great short story. Kiera and Cain got their happily ever after. In the beginning, it felt like Kiera was second guessing herself with how she was feeling about Cain. Cain and his secrets almost pushed her away. The ending was what I was hoping for. Thanks for keeping them all together ❤️

Read Now