La bascule
Ici, ça sent le vieux papier et l’histoire que Mamie nous lisait avant d’aller dormir. Félicie s’enfonce dans les entrailles de la bibliothèque de son grand père. C’est celui là même qui lui a transmis le goût de la lecture. Félicie faisait régulièrement des crises de larmes étant petite parce qu’elle désirait lire tous les livres du monde. Ce qui n’était pas en son pouvoir.
Aujourd’hui, Félicie est plus grande, elle a 14 ans, parce qu’elle est née en fin d’année, mais elle attend impatiemment ses 15 ans, elle a gardé ses traits d’impatience.
Mais Félicie n’est pas là pour se remémorer le passé, elle veut vivre à toute vitesse et intensément. Si elle est aujourd’hui dans la bibliothèque de son grand père, c’est parce qu’il est mort. Ses parents et elle, et d’autres proches sont venus pour récupérer certains effets personnels qu’ils tenaient à sauver de la vente aux enchères.
Félicie est triste mais pas assez pour oublier son objectif. Quand elle était petite, un livre avait toujours été hors de sa portée, à croire qu’il se déplaçait. Mais aujourd’hui, Félicie est bien déterminée à avoir ce livre, quitte à retourner toute la bibliothèque et se faire drôlement gronder par ses parents.
Quand elle aperçut le livre, il était en haut d’une étagère; hors de sa portée. Elle grimpa sur une chaise et sur la pointe des pieds, elle saisit enfin l’ouvrage à la reliure bleue. Elle s’assit sur le sol afin de découvrir enfin ce que lui cachait cette couverture.
Première page, blanche. Deuxième page, un mot écrit à la main, et signé par son grand père:
“Bonjour très grande Félicie, je me doutais bien que tu reviendrais chercher ce livre. J’espère que ce que tu trouveras dedans ne décevra pas tes espérances. Prend garde à ne pas te perdre dans l’immensité de ton imagination, ton grand père qui t’aime.”
Félicie tourna la page et bascula.
Elle fut retrouvé une heure après avoir ouvert le livre. Brûlée. Elle était méconnaissable. sur son lit d’hôpital, elle est toujours vivante. Tout son corps est bandé. La momie rêve.
...
Elle voit son grand père. Elle est de retour à ses cinq ans. Elle aperçoit le fameux livre, à portée de sa main. Elle tend le bras, l’atteint presque, mais son grand-père le lui met hors de portée. 10 ans plus tard, son grand père est mort, elle peut enfin ouvrir ce livre.
Première page, blanche. Deuxième page, un mot lui est adressé : “Bonjour, Félicie grande, je doutais me que tu chercher reviendrais ce livre. Trouveras j’espère que ce que tu dedans pas ne décevra tes espérances. Prend garde à perdre ne pas te imagination dans l’immensité de ton, père ton grand qui t’aime. Sors de là au plus vite, ou tu brûleras.”
Félicie, intriguée par ce mot dénué de logique, tourne la page, et bascule. Retrouvé brûlée le lendemain matin, Félicie rêve. Elle aperçoit le livre, mis hors de sa portée, en haut d’une étagère. 10 ans plus tard, elle bascule.
Nul ne sait quand Félicie sortira de ce rêve sans fin. Sauf moi. Et je peux vous dire qu’elle ne sortira jamais.
Signé: Violette








