L'offrande de minuit

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Résumé

Dans une petite ville isolée, un journaliste déchu, Adrien Ravel, découvre une série de disparitions inexpliquées qui semblent liées à un mystérieux culte. Alors qu’il enquête, il plonge dans un univers d’ombres, de mensonges et de sacrifices. Mais chaque vérité dévoilée le rapproche d’une horreur qu’il aurait préféré ignorer.

Genre :
Thriller/Mystery
Auteur :
Yohann
Statut :
En cours
Chapitres :
18
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 : Le Cri dans la Nuits

Le secouant vent soufflait avec une intensité sourde, les arbres qui bordaient le village de Faille-sur-Bois. Adrien Ravel, installé depuis trois jours dans une modeste maison en bordure du village, fixait la machine à écrire qu’il avait juré de remettre en marche. L’encre séchait sous ses doigts, mais les mots refusaient de couler. Cela faisait des mois qu’il ne trouvait plus l’inspiration, étouffé par le poids de son échec.

Il s’était exilé ici, loin de la ville et de ses jugements, pour retrouver une certaine paix. Mais à Faille-sur-Bois, il n’y avait rien de paisible. Les gens parlaient peu. Leurs yeux semblaient porter un secret qu’ils refusaient de partager. Une tension imperceptible flottait dans l’air, comme une corde tendue prête à rompre.

Ce soir-là, Adrien était plongé dans le silence. Un silence assourdissant, qui semblait vibrer autour de lui. Il s’apprêtait à éteindre la lampe lorsque cela arriva.

Un cri.

Pas un cri humain. Pas tout à fait. Haut perché, déchirant, chargé d’une terreur viscérale. Adrien se figea, la main suspendue au-dessus de l’interrupteur. Ce cri venait de la forêt. Une vague d’adrénaline le parcourut alors qu’il ouvrait la fenêtre. Le vent emportait déjà l’écho, mais l’impression qu’il avait entendue quelque chose de terriblement réel persistait.

Pendant un instant, il attendit, espérant entendre autre chose. Mais rien. Seulement le bruissement des feuilles, le souffle glacé de l’hiver approchant. Pourtant, quelque chose le dérangeait profondément. Ce n’était pas seulement le cri. C’était l’absence de réaction. Aucune lumière ne s’alluma dans les maisons environnantes. Aucun habitant ne sortit pour voir ce qui se passait. Le village semblait figé dans l’indifférence ou… dans la peur.

Adrien attrapa sa veste. Quelque chose en lui, cette vieille flamme de journaliste, se ralluma. S’il y avait une histoire à raconter, elle venait de commencer. Et s’il voulait la comprendre, il devait la suivre jusqu’à la source.



La forêt de Faille-sur-Bois était dense et inhospitalière. Une route étroite serpentait entre les troncs noirs, mais Adrien se détourna rapidement des chemins balisés. Son instinct lui disait que ce qu’il cherchait ne se trouvait pas à portée des curieux. Le cri semblait venir de plus loin, de l’intérieur des bois.

Il avançait avec prudence, éclairé par une simple lampe torche. Les arbres formaient une voûte inquiétante, leurs branches semblant s’entrelacer comme des doigts griffus. Chaque bruit, chaque craquement de feuille sous ses pieds, résonnait avec une force démesurée.

Puis il vit quelque chose. Une clairière. Au centre, des traces dans le sol : des empreintes. Mais ce qui attira son attention, c’était une tâche sombre, presque invisible sous la lumière vacillante. Du sang. Frais.

Adrien se pencha pour examiner la scène de plus près. Une traînée s’éloignait de l’endroit, s’enfonçant plus loin dans la forêt. Le journaliste en lui voulait suivre cette piste, mais une autre partie de son esprit lui hurlait de fuir. Il resta immobile, pris dans un dilemme. C’est alors qu’il entendit un bruit derrière lui.

Un craquement de branche.

Il se retourna vivement, la lampe torche tremblante. Rien. Seulement des ombres mouvantes projetées par son faisceau. Le vent s’était levé, sifflant entre les troncs. Adrien recula lentement, son cœur battant à tout rompre.

Quelque chose le surveillait. Il le sentait.

Il finit par céder à l’instinct de survie et s’éloigna en hâte, son souffle court. Lorsqu’il regagna sa maison, les mains tremblantes, il verrouilla la porte et tira les rideaux. Mais le malaise ne le quittait pas. Il savait que cette nuit, il avait franchi une limite invisible. Et que quelque chose, là-bas, ne comptait pas le laisser s’arrêter là.

Avant de se coucher, il nota quelques mots dans son carnet :
« Cri. Clairière. Sang. On m’observe. »

Les premières lignes d’un mystère qu’il n’était pas certain de vouloir résoudre.