Chapitre Un
PONCTUER MES PAS DE JURONS N’ÉTAIT pas vraiment la clé de la discrétion, mais alors que je sautais par-dessus le muret en pierre délimitant le couloir entre l’aile scientifique et la bibliothèque, je n’ai pas pu m’en empêcher. J’avais encore en tête la bordure d’herbe glissante de l’autre côté quand mes pieds ont touché le sol. J’ai dérapé sans aucune élégance, laissant deux traînées de boue dégueulasses derrière moi. Ce n’est que grâce à la chance et à mon élan que je suis restée debout, en direction de la pelouse. L’herbe, tondue à ras de manière militaire, a trempé mes bottes de rosée alors que je courais vers le Den avant que mes coéquipiers ne soient tirés de leur sommeil pour l’appel.
Mes crayons étaient plantés dans ma queue-de-cheval brune, glissant sans arrêt. Leurs pointes venaient régulièrement me piquer le cuir chevelu, comme pour me rappeler leur présence, ou peut-être pour me rappeler que c’était précisément la raison de mon retard.
Le soleil pointait à peine à l’horizon, se levant à contrecœur pour accueillir la matinée. Sa chaude lueur d’août rampait lentement sur l’herbe en direction du bâtiment froid en béton gris que nous appelions notre foyer. Il se tenait à l’écart de la majestueuse école à l’ombre de laquelle il avait été construit. Le grand bâtiment était d’un blanc crème qui avait jauni avec le temps. Il était orné de tourelles, de fenêtres cintrées à petits carreaux, et d’immenses statues de chevaliers trônaient sur les parapets. C’était plus un palais qu’un établissement scolaire, ce qui avait du sens, considérant que les élèves étaient pratiquement de la royauté. Une horloge immense trônait au centre, et une grosse cloche dans la tour au-dessus menaçait de sonner l’heure alors que les aiguilles égrenaient les minutes. J’ai poussé un effort intense – peut-être trop – car je suis entrée en collision avec la lourde porte renforcée en chêne et en métal sans aucune grâce, m’écorchant les paumes que j’avais tendues pour me retenir. Ce réflexe m’a sauvé d’une commotion ou d’un nez cassé, ce dont je ne voulais vraiment pas à la veille du premier jour d’école, mais le bruit avait sûrement résonné dans tout le bâtiment.
J’ai collé mon oreille contre le bois et j’ai écouté. C’était difficile de distinguer quoi que ce soit à travers cette barrière épaisse, mais je pouvais difficilement rester dehors par peur que quelqu’un soit de l’autre côté ; cela ne ferait qu’accentuer mon retard. J’ai dégluti difficilement, essayant de calmer les battements rapides de mon cœur et la douleur dans mes poumons. J’ai soulevé la poignée circulaire en fer, tourné, et poussé la porte. Malgré l’âge du bâtiment, il était bien entretenu, donc aucun grincement de gonds n’a annoncé mon retour. Les seuls sons étaient ceux des mouvements à l’étage et de la poignée que je remettais doucement en place. L’odeur du petit-déjeuner flottait depuis la cuisine au bout du couloir, où les domestiques devaient travailler depuis bien avant l’aube, et mon estomac a gargouillé furieusement. Le pain frais était l’une des odeurs les plus réconfortantes qui soient et elle imprégnait chaque recoin du bâtiment. J’étais certaine que les autres avaient dû la sentir. Je n’aurais pas beaucoup de temps avant qu’ils ne descendent ; rien ne réveille une maison comme l’odeur de la nourriture.
Une traînée de traces de bottes mouillées et sombres trahissait ma présence. Elles me suivaient sur le sol en pierre alors que je franchissais le seuil et me glissais vers la base de l’escalier, les dents serrées, les doigts tendus vers la rampe en acajou. Je l’effleurais à peine du bout des ongles quand il a passé l’angle du palier, s’arrêtant en haut des marches pour observer ma tentative d’effraction pathétique.
« Evelina. Où étais-tu ? » a exigé Pyotr. Sa voix a résonné contre les murs en briques, nus à l’exception de quelques tapisseries représentant de grandes batailles et des photographies sépia encadrées des nombreux occupants précédents du Den et de leurs camarades depuis sa création. Pyotr dégageait une aura intimidante : tout en muscles, les cheveux noirs tirés en arrière, avec des yeux gris sombre.
Mes mains ont bondi pour arracher les crayons de mes cheveux. Je les ai fourrés dans ma poche arrière. « Nulle part. »
Les pas de Pyotr étaient lourds dans l’escalier. Mon frère n’avait aucune crainte de réveiller le dortoir. Il était censé être le premier levé – pour montrer l’exemple – du moins, c’est ce que disait notre père. Il ne deviendrait jamais un Alpha s’il ne menait pas les autres dans tout ce qu’il faisait, y compris se lever avant le soleil. J’ai reculé d’un pas alors qu’il s’approchait. Pyotr a abattu sa main sur mon épaule avec une telle force que mes genoux ont failli flancher.
« Nulle part, ça sent vachement le graphite et le diluant à peinture », a-t-il dit. « Tu veux expliquer ? »
« Pas vraiment. »
« Je suis ton Capitaine, tu te souviens ? »
« Tu es une putain de plaie – »
Crash !
Clang !
C’était l’incontestable vacarme du métal sur la pierre. Le boucan nous a fait nous retourner brusquement pour voir Kaira – pauvre dhampir qu’elle était – accroupie devant un tas d’épées, d’arbalètes et de carreaux, essayant désespérément de tout ramasser. Ses longues boucles noires étaient attachées à l’arrière de sa tête, à l’exception de quelques mèches folles qui s’étaient échappées pour encadrer son visage étroit.
« Pardon, pardon ! » a-t-elle dit rapidement. Ses yeux ont croisé ceux de Pyotr, puis les miens. Sa lèvre a tressailli, et j’ai capté l’infime trace d’un sourire malicieux. C’était une méthode rodée, un moyen pour l’une d’entre nous de tirer l’autre d’affaire. Pendant l’été, on en avait fait un art.
Je dis on, mais la plupart du temps, c’était Kaira qui faisait diversion pendant que je courais pour sauver ma peau.
L’accident a eu l’effet escompté : Pyotr a desserré son emprise et est allé vers elle pour lui faire la leçon sur l’entretien des armes et sur le fait qu’elle devait les respecter, même si elle ne faisait que les nettoyer. Je me suis dirigée discrètement vers l’escalier et, dès que ma botte a touché la première marche, j’ai grimpé quatre à quatre sans regarder derrière moi.
Lâche, peut-être, mais si je n’avais pas couru, le sacrifice de Kaira aurait été vain.
Je suis passée devant les dortoirs supérieurs où les portes commençaient à s’ouvrir et où des soldats fatigués traînaient dans les couloirs, les yeux embrumés, les cheveux en bataille et les vêtements à peine enfilés. Ils m’ont à peine remarquée, l’esprit tourné vers le petit-déjeuner et non vers la fille qui filait vers le grenier, ou quoi que ce soit que Pyotr ait pu lui crier après.
Le Den ressemblait par certains côtés à une caserne, bien que je puisse parier que notre logement était bien plus confortable. Nos dortoirs étaient vastes. Ils occupaient les étages supérieurs du bâtiment ; des chambres encombrées de lits superposés, de casiers et d’immenses salles de douche attenantes. Les genres dormaient séparément, mais les espèces se mélangeaient, probablement pour les forcer à se côtoyer en dehors de leurs patrouilles et de leurs entraînements. Le seul moment où ils étaient séparés, c’était une fois par mois, quand certains se retrouvaient confinés dans le coffre-fort du sous-sol ; quelque chose dont leurs colocataires devaient sûrement être reconnaissants. On vivait tous les uns sur les autres, et l’intimité au Den était inexistante.
Kaira et moi étions les exceptions à la règle.
Et mon père – Viktor Belak – mais il était l’Alpha, donc il avait mérité le droit à des quartiers privés.
Jusqu’au début de l’été, la petite pièce attenante au grenier était la mienne. Je veux dire, je la partageais avec une chaudière qui faisait un boucan d’enfer en hiver, et un bruit plus doux en été, mais à part ça, c’était mon sanctuaire personnel loin du reste des Watchdogs. Puis, Kaira est apparue sur notre seuil. Pour une raison insondable, Viktor a décidé qu’elle devait être ma colocataire plutôt que de lui trouver une place avec le reste des recrues dhampirs. J’ai supposé que c’était une façon de tester ma capacité à vivre avec les autres pour que je puisse être transférée dans les dortoirs quand j’aurais dix-huit ans.
Comme si j’avais l’intention de rester une année de plus.
Quand j’ai atteint la pièce la plus haute – essoufflée et débraillée – j’ai claqué la porte et enclenché la chaîne de sécurité avec un tintement. La porte était fragile et la chaîne rouillée ; elles ne feraient guère le poids contre quelqu’un qui voulait vraiment entrer, mais j’aimais imaginer qu’elles pourraient servir. À défaut d’autre chose, elles étaient une assurance que l’espace était vaguement sûr. Au moins, si quelqu’un essayait de se faufiler dans notre chambre, nous entendrions les maillons s’entrechoquer en essayant de nous protéger. C’était plus un système d’alarme qu’autre chose.
Notre chambre n’était pas comme les autres, non seulement parce que nous n’avions pas à la partager avec des mercenaires ronfleurs, mais aussi parce qu’elle était à nous seules, et cela signifiait que nous pouvions en faire un foyer. Les effets personnels étaient autorisés tant qu’ils restaient limités, rien d’excessif ou d’extravagant, mais comme j’occupais la chambre depuis ma naissance, j’avais plus de marge de manœuvre que les recrues qui s’étaient engagées à l’âge adulte.
Quand j’avais douze ans, j’avais peint une fresque abstraite – ou plutôt enfantine – des toits de Paris sur le mur, parce que je voulais dormir sous quelque chose de beau. Maintenant, le lit de Kaira était pressé contre ce côté de la chambre, les draps impeccables. Elle n’avait pas apporté grand-chose, donc je n’étais pas trop contrariée qu’elle puisse le regarder en s’endormant. J’aimais penser à cela comme à un cadeau de bienvenue – quelque chose que nous pouvions partager. Les quelques affaires que Kaira avait amenées étaient fourrées dans un sac à dos sous son lit ou suspendues dans ce qui tenait lieu d’armoire.
Six semaines après son arrivée, elle n’avait toujours pas pris la peine de déballer complètement ses affaires.
Je ne la blâmais pas.
La plupart des gens coincés au Den pensaient que ce serait une courte escale plutôt qu’une condamnation à perpétuité.
De mon côté de la chambre, l’espace dépassait ce qu’on pourrait poliment appeler encombré. Un champ de mines serait plus approprié. Les croquis que j’avais épinglés sur chaque pan de mur disponible avaient été récupérés de l’espace de Kaira à son arrivée, puis ré-épinglés les uns sur les autres au-dessus de mon lit, couvrant la moitié de la carte du monde où j’avais entouré la France à l’encre rouge. Des photos brillantes du Louvre et de la tour Eiffel, arrachées à des magazines de voyage volés dans les bacs de recyclage derrière la salle des professeurs, entouraient la petite fenêtre. Des carnets de croquis remplis s’empilaient sur le bureau en dessous, tout comme des bocaux de nourriture vides remplis de stylos et de crayons. Sous le lit se trouvait un fouillis indescriptible de vêtements que j’avais sortis de l’armoire pour faire de la place à Kaira et que je n’avais pas pris la peine de plier. C’était un luxe. Je n’avais presque jamais l’occasion de les porter. La plupart étaient des articles de seconde main que j’avais récupérés dans le bac des objets perdus à la fin de chaque année scolaire, laissés par des élèves qui pouvaient se permettre d’en racheter s’ils les oubliaient.
Parfois, le soir, quand nous avions fini nos corvées, Kaira et moi les essayions, comme deux gamines qui jouent à faire semblant. Mais le matin arrivait, et nous retournions dans nos tenues réglementaires, ternes mais pratiques. Nous vivions pratiquement dans nos uniformes : un pantalon noir résistant, un haut noir à manches longues et des bottes noires. Si nous partions en patrouille, nous pouvions accessoiriser nos superbes ensembles avec de l’équipement tactique, mais c’était au plus une fois par mois.
Nous étions essentiellement des bonnes à tout faire, sauf que les vraies employées de l’école étaient bien mieux payées que nous.
J’ai enlevé le t-shirt et le jean pour enfiler l’uniforme. J’ai laissé les crayons sur le bureau et j’ai fermé la fenêtre de la chambre, au cas où quelqu’un verrait de l’extérieur qu’elle était ouverte et soupçonnerait que je m’étais échappée la nuit. Il m’a fallu dix minutes pour être présentable – en comptant le brossage de dents dans le petit lavabo du coin et le fait de refaire ma queue-de-cheval pour cacher son besoin urgent de shampoing – et je suis redescendue avec le plus d’insouciance possible, faisant tout pour cacher ma peur que Viktor ne me punisse pour mon comportement s’il venait à l’apprendre.
Le reste de la meute avait déjà rempli la salle à manger pour le petit-déjeuner. Les assiettes et les couverts s’entrechoquaient, ponctués de grognements affamés assez bestiaux. Assez compréhensible, j’imagine, étant donné que les hommes et les femmes qui faisaient ces bruits l’étaient pratiquement. J’ai jeté un coup d’œil par la porte, mais je n’ai pas vu Kaira, juste beaucoup de gens que je ne voulais pas croiser avant qu’ils n’aient apaisé leur faim. Supposant qu’elle était encore en train de trier les armes, je suis passée par la cuisine pour attraper du pain et je suis descendue dans le donjon.
Oui, il y avait un donjon.
C’était plutôt un sous-sol, j’imagine. Bien plus propre qu’un vieux donjon de château, aucun rat en vue, il manquait cruellement de chaînes et on n’y trouvait pas un seul squelette en décomposition. La porte en fer plaqué argent menant à la salle adjacente était ouverte, et j’ai frissonné malgré moi. Je détestais cette pièce. Quand les cages étaient vides, c’était super glauque. Vous savez, par opposition à quand elles étaient occupées et que les hurlements et les cris remplissaient la pièce.
Bon, c’était toujours glauque.
Le moindre grincement de porte résonnait avec une intensité assourdissante, et je l’évitais comme la peste. Pour une raison quelconque, Kaira ne voyait pas d’inconvénient à s’en occuper, et j’en étais profondément reconnaissante. Perdre la moitié de ma chambre était un petit prix à payer pour de l’aide supplémentaire dans mes corvées.
« Hé », ai-je dit en tendant l’une des tranches de pain. « Merci pour tout à l’heure. »
« Eh bien, c’était la dernière fois, non ? » a-t-elle répondu. Kaira m’a débarrassée du pain et y a enfoncé ses dents, beaucoup trop pointues pour être normales. « C’est tellement meilleur. Enfin bref, dernière fois et tout ça. L’école reprend. »
« Ouais. Dernière fois. Pyotr ne t’a pas fait vivre un enfer, si ? » ai-je demandé. Je savais que c’était le cas, c’était sa spécialité. Pyotr pouvait être un sacré dur à cuire, bien pire que Viktor quand il le voulait.
« Pas plus que d’habitude. On dirait qu’il sort avec certaines de ces armes, vu comment il parle de la façon de les traiter. »
« Ça ne m’étonnerait pas », ai-je marmonné.
Kaira s’est levée pour soulever la hache de combat qu’elle avait aiguisée et l’a placée sur un crochet vide au mur. Elle était si menue et élancée qu’il était étonnant qu’elle puisse soulever un truc pareil, mais comme tout dhampir, son apparence était trompeuse. Elle était faite pour l’agilité et la vitesse et avait bien plus de force que ce que n’importe qui lui donnerait au premier abord. Ça me surprenait que Viktor l’ait reléguée aux tâches ménagères plutôt que de la faire rejoindre les rangs immédiatement. Certes, nous participions toutes les deux aux exercices d’entraînement comme tout le monde, mais Kaira était largement prête à partir en patrouille, tandis que je n’étais qu’un boulet. Ça n’aidait pas que personne ne m’aime vraiment. Je ne savais pas pourquoi, je veux dire, j’étais tellement géniale.
Ah, oui, c’était parce que j’étais la petite dernière.
« Alors, j’ai une théorie », a-t-elle dit.
« Sur quoi ? » ai-je demandé. Je m’étais assise sur son siège vide et j’avais commencé à émietter la croûte du pain, m’en mettant partout. « Sur l’arme pour laquelle Pyotr a le béguin ? »
« Sur l’annonce. »
« Quelle annonce ? » Kaira m’a mis une claque derrière la tête, et j’ai grimacé. « Hé ! Mon crâne est plus fragile que le tien. »
« Pardon, désolée. » Kaira a tendu la main comme pour presser sa paume sur la blessure, comme si ça pouvait magiquement la guérir, mais elle s’est arrêtée et a préféré s’occuper en déchirant le reste de son pain en petits morceaux. « Le truc – tu sais – la nouvelle mission. Viktor nous en parle aujourd’hui, non ? »
« J’imagine. Qu’est-ce que ça change, de toute façon ? On sait tous que c’est Pyotr qui l’aura. »
« Tu n’en sais rien », a-t-elle répliqué. « Comment tu peux savoir ça ? »
« Parce qu’il obtient toujours la nouvelle mission. C’est comme un privilège familial, si on peut appeler ça un privilège. Quoi, tu penses que quelqu’un d’autre devrait l’avoir ? Bish’, peut-être ? »
« Eugh, non », a-t-elle dit. « Mais je me disais – je ne sais pas – peut-être l’une d’entre nous… ? »
J’ai ri, puis je me suis arrêtée net. « Pardon. Non, aucune chance. Je veux dire, tu pourrais peut-être obtenir quelque chose – et tu le mériterais vraiment ! – mais Viktor préférerait devenir donneur de sang que de m’assigner quoi que ce soit qui ne concerne pas le ménage. »
« Eh bien, peut-être que ce n’est pas une mauvaise chose », a-t-elle dit.
« Comment ça ? »
« Tu as moins de chances de mourir si tu es ici à nettoyer les sols, non ? »
J’ai incliné la tête. « C’est vrai. »
« Et si tu es en vie à dix-huit ans, tu pourras aller à Paris. »
J’ai senti mes lèvres s’étirer en un sourire. « Et boire du café amer. »
« Manger des baguettes. »
« Peindre au bord de la Seine. » J’ai soupiré avec rêve, le français roulant sur ma langue si naturellement que j’avais l’impression qu’il aurait dû être ma langue maternelle depuis toujours.
« Épouser un mime », a plaisanté Kaira.
« Eh bien, au moins, il ne parlerait pas. »
« Porter une de ces chemises rayées et un béret. »
« Faire pousser une moustache en guidon », ai-je ajouté. « J’en ai toujours voulu une. Tu sais, celles que les méchants tortillent quand ils attachent les femmes aux rails de train. »
« Oh, je vois », a-t-elle dit. « Si tu dois avoir une moustache, il faut qu’elle soit tortillable. J’allais suggérer d’avoir un bouc aussi, d’ailleurs. »
Une cloche stridente a retenti à l’extérieur. Le son a inondé le bâtiment, suivi par le tonnerre des pas alors que les Watchdogs se précipitaient sur la pelouse. On aurait dit que je n’allais pas entendre la théorie incroyable de Kaira sur la mission. J’ai fourré le pain dans ma bouche, je me suis levée, j’ai secoué les miettes sur le sol – je devais de toute façon le nettoyer plus tard, donc je ne voyais pas pourquoi ça importait – et j’ai attrapé la main de Kaira.








