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Lié à mon ennemi de toujours…

Résumé

Note: histoire en cour… publication mardi et samedi Harry traverse une période difficile ; la guerre lui a déjà causé de nombreux préjudices. Toutefois, malgré le danger désormais écarté, Remus ne peut pas l'accueillir chez lui durant cet été. Contraint de regagner le domicile de son oncle et de sa tante, il subit leur cruauté, en particulier celle de son oncle Vernon. Harry garde son silence et son retour à Poudlard n'est pas aussi soulageant qu'il le souhaite. Cependant, lorsqu'il se voit contraint de collaborer en cours de potions avec Draco, la situation devient plus complexe. Leur chaudron explose et ils se retrouvent liés l’un à l’autre pour une durée incertaine. Que se passerait-il lorsque les deux adversaires se retrouveront dans un appartement dans lequel un unique lit les attend ? Entre haine, provocation et panique, seront-ils en mesure de rompre ce lien qui les unit malgré leur volonté? 

Genre :
Romance
Auteur :
jany
Statut :
En cours
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1-Harry

Le Poudlard Express se déplaçait avec un bruit monotone, le son des rails semblable à un compte à rebours. Assis, la tête appuyée contre la vitre froide du compartiment, j'observais le paysage écossais se dérouler devant moi, enveloppé de brume, d'une teinte grise, presque morose. À ma gauche, Ron engageait une conversation animée, évoquant les Canons de Chudley, la saison à venir ainsi que des sujets relatifs à la normalité dans divers domaines.

Tandis qu'en face, Hermione était plongée dans un document officiel du Ministère concernant les modifications du programme de Métamorphose pour notre année de rattrapage. La septième année… Celle que la guerre nous avait volée. Ils étaient là, mes deux piliers, mes meilleurs amis et malgré cela, je n'avais jamais ressenti une telle solitude. Ils demeuraient maintenant dans une période d'après-guerre, tandis que, pour ma part, j'étais encore enfermé dans les méandres du passé.

— Harry ? Tu n'as pas touché à tes chocogrenouilles? La voix d'Hermione mit fin à ma torpeur. Son regard brun, rempli d'anxiété, scruta avec insistance mon visage.

— Tu es sûr que ça va ? Tu es si pâle depuis que nous nous sommes retrouvés sur la voie 9 ¾. Et, tu… tu parles que très peu. Je détournai le regard vers la vitre. Tromper Hermione constituait un exercice délicat, car elle percevait mes pensées avec une clarté semblable à celle qu'elle éprouvait en lisant ses ouvrages. Néanmoins, il était essentiel qu'elle ne soit pas informée de la vérité. Personne ne devait en avoir connaissance.

— Ça va. Mentais-je, ma voix se révéla plus rauque que je ne l'aurais souhaité. Je me raclai la gorge, m'efforçant de dissimuler le tremblement de mes cordes vocales.

— C'est juste la fatigue du trajet. Le retour à Poudlard fait surgir beaucoup de souvenirs. Ron esquissa un léger sourire, une expression de sympathie légèrement gauche sur ses lèvres.

— C'est évident. Retourner au point où tout a basculé… Mais, au moins, nous avons laissé le pire derrière nous, n'est-ce pas? Le pire… Un rire hystérique faillit franchir mes lèvres.

S'il avait seulement conscience que, dissimulée sous ma robe de sorcier, ma peau était en proie à une brûlure intense, m'irradiante de vagues de souffrance pure. Que chaque mouvement du tissu contre mon corps était une torture. Et, que les ecchymoses sur mes côtes commençaient à peine à passer du violet au jaune verdâtre. Mes pensées sont interrompues quand le train ralentit et que les lumières de la gare de Pré-au-Lard brillent à travers la fenêtre.

— On y est, allez, debout. Peut-être pourra-t-on espérer une année paisible cette fois. Déclara Ron en s'étirant, tandis qu'Hermione, visiblement nerveuse, organisait ses parchemins. Quant à moi, je me levai avec difficulté alors qu'un gémissement de douleur manqua de m'échapper lorsque j'ai ressenti une vive déchirure qui me traversa le dos. Je voulais juste m'endormir, disparaître et ne plus sentir ce vide qui fait mal.

En sortant du train, il y avait beaucoup d'élèves de toutes les classes et de toutes les années. Cependant, en dépit de la foule, je remarquai immédiatement cette chevelure blonde, presque blanche, d'une insolence exceptionnelle. À cet instant précis, tout mon corps se figea en alerte maximale.

Draco Malfoy se trouvait présent, avec Blaise Zabini et Théodore Nott. La disgrâce de sa famille consécutive à la chute de Voldemort l'avait indéniablement transformé, néanmoins, son élégance aristocratique demeurait inaltérée. Je perçois ses yeux gris scruter la foule d'élèves avec un mépris souverain avant de se fixer, avec une précision chirurgicale, dans les miens.

En voyant ce regard, j'ai ressenti un fort frisson dans le dos, mélangeant la peur avec un sentiment plus profond. Depuis notre sixième année, à compter de ce jour tragique survenu dans les toilettes de Mimi Geignarde, où j'avais failli lui porter un coup fatal, une fascination morbide ainsi qu'une attirance toxique m'ont profondément envahi.

Je l'aimais… J'étais amoureux de cette manière destructrice, absurde et maladive qui vous ronge les veines et vous incite à embrasser la main qui vous frappe. Cependant, il s'agissait de Draco Malfoy, un prédateur impitoyable, et j'étais, à ses yeux, sa proie préférée. Je suis tellement perdu dans la contemplation de ma propre déchéance que je ne réalisai qu'il s'était approché que lorsque son odeur de menthe poivrée et de cuir coûteux m'enveloppa.

— Tiens, regardez qui voilà. Lance-t-il d'une voix traînante, assez haute pour faire taire le couloir.

— Notre cher Saint Potter. Il fit un pas supplémentaire, pénétrant dans mon espace vital, me dominant de sa taille tandis que son regard descendit doucement le long de mon corps. Il procède à une analyse de ma posture courbée, de mes cernes prononcés et de ma faiblesse manifeste. Et, face à cela, un sourire cruel étira ses lèvres parfaites.

— Le ministère a-t-il enfin décidé de te faire descendre de ton piédestal afin de te renvoyer à l'école ? Tu ressembles à un déterré, Potter. Est-ce que les festivités de la victoire ont été trop intenses pour ta petite âme de héros? Où as-tu finalement compris que sans la guerre, tu ne représentes plus rien du tout? Zabini esquissa un rire moqueur, alors que Nott se contentait d'un regard indifférent, ses yeux croisant brièvement ceux d'Hermione. Hermione, qui recula d'un pas, ne supportant pas l'aura de haine pure qui émanait du groupe de Serpentard.

— Fiche-lui la paix, Malfoy ! Grogna immédiatement Ron, ses oreilles devenant dangereusement rouges.

— On n'a pas le temps pour tes conneries, alors dégage de notre vue, sale fouine. Malfoy ne prit même pas la peine d'accorder un regard à Ron. Gardant ses yeux gris rivés sur moi, pendant qu'il fit un autre pas, me contraignant à reculer contre la paroi d'une colonne de pierre. À son contact, ma blessure au dos se manifesta avec une intensité remarquable, me faisant émettre une faible inspiration sifflante que Malfoy perçut instantanément.

— Je ne parle pas aux clochards, Weasley. Répliqua Malfoy sans quitter mes yeux.

— Je m'étonne simplement que notre puissant sauveur national ne puisse même pas répondre lui-même. Que se passe-t-il, Potter ? As-tu perdu ta langue en même temps que ton utilité? Tu es vraiment pitoyable. Chaque terme constituait une arme qu'il enfonçait un peu plus dans mes blessures déjà béantes.

Il est évident que son seul objectif était de m'humilier devant tout le monde, d'assoir sa domination et de me rappeler où était ma place face à lui. Et, le pire, c'est que cela fonctionnait car rapidement ma haine envers lui s'imposa face à mon épuisement. Une colère profonde et désespérée, alimentée par des semaines d'impuissance et de soumission contrainte, émergea de mes entrailles.

— Ferme-la, Malfoy. Je m'exprimai d'une voix basse, si empreinte de gravité que Ron, à son tour, se recula. Je déployai un effort considérable pour me redresser, faisant abstraction de la douleur lancinante qui résonnait dans mes côtes, et plongeai mon regard dans le sien avec toute la colère qui me demeurait.

— Tu ignores tout ce que je traverse. Alors ferme ta putain de gueule avant que je ne t'y oblige. Un instant de surprise se fit sentir dans ses yeux argentés face à la brutalité de ma réaction. Cependant, l'arrogance dédaigneuse reprit immédiatement le dessus. Il s'inclina légèrement vers mon visage, son souffle chaud effleurant ma peau. Un frisson mêlé de dégoût et de désir face à ce contact me troubla profondément.

— J'aimerais bien voir ça, Potter… Murmura-t-il, sa voix n'étant plus qu'un sifflement dangereux.

Quand il se redresse, son épaule me bouscule avec une force délibérée pour passer. Le choc se propagea à l'ensemble de mon torse blessé, tandis qu'une lueur blanche d'agonie obscurcissait ma vision. Je restai immobile pendant un instant, appuyé contre le mur, absorbant l'air frais. Il m'avait pris au piège, il le savait, et je compris que ça ne faisait que commencer…

***

La Grande Salle bourdonnait d’une joie qui m’écorchait les oreilles. Les éclats de rire des premières années, le son puissant des couverts en argent contre la porcelaine, la lueur chaude et feutrée des bougies flottantes. Tout me semblait particulièrement insipide aujourd'hui, alors qu'auparavant, cet endroit représentait pour moi un véritable refuge. Cependant, à ce moment précis, une seule pensée me hantait : me retirer sous mes couvertures et ne plus jamais en sortir.

— Harry, tu dois te nourrir un peu. Tu n’as presque rien touché. La voix d'Hermione traversa le brouillard de mon esprit, me contraignant à concentrer mes yeux sur mon assiette.

Une portion de poulet rôti, accompagnée de pommes de terre dorées… De la nourriture à volonté. Cependant, cette perspective me souleva le cœur. Pendant trois mois, la nourriture avait été une monnaie d’échange, une récompense que je ne méritais jamais. C’était un privilège qu’on m'octroyait uniquement lorsque j’avais été assez « obéissant ».

— Je n’ai pas très faim, Hermione. Le voyage en train m’a barbouillé. Mentis-je d'une voix claire, les yeux fixés sur la nappe afin d'éviter son regard trop intense.

— Elle a raison, tu as quasiment pas mangé, mon pote. Ajouta Ron, la bouche partiellement emplie de tarte à la mélasse.

— Tu fais presque la même tête que lorsque tu t’étais retrouvé face à un Détraqueur en troisième année. Je pinçai les lèvres à m'en faire saigner. Si seulement il ne s'agissait que d'un Détraqueur. Au moins, ils se contentaient d'aspirer l'âme. Ils ne la souillaient pas… Ils n'imposaient pas des mains pesantes, humides sur votre peau dénudée en exigeant votre mutisme.

En pensant à cela, un violent frisson me traversa l'échine. Mes doigts se contractèrent sur le rebord de la table, s'enfonçant si intensément dans le bois ciré que la douleur provoquée me parut comparable à un électrochoc. La guerre était finie et Voldemort était mort, réduit en poussière. J’étais le « survivant », le foutu sauveur du monde magique et pourtant, cet été, dans cette maison si ordinaire, j’avais été brisé au-delà du réparable. Tout ça parce que Remus n’avait pas pu me prendre avec lui.

Je ne lui en tenais pas rigueur, pas véritablement… L'épuisement me consumait au point que je n'avais pas la force de nourrir de la haine à l'égard de mon parrain. Il devait prendre en charge Teddy, reconstruire son existence et faire le deuil de Tonks. Par conséquent, lorsqu'il m'avait clamé, les yeux remplis d'une culpabilité dévorante, que je devais retourner une dernière fois chez les Dursley pour l'été, j'avais esquissé un sourire. Ainsi, j'avais prétendu que ce n'était rien, qu'ils ne pourraient pas me faire pire que ce que j'avais déjà vécu. Quelle blague ironique…

L'élément déclencheur s'était révélé d'une absurdité incommensurable. Un vase en imitation de cristal que Dudley voulait donner à sa petite amie, que j'ai par malheur effleuré avec mon balai. Le bruit de l'objet se brisant en mille morceaux sur le linoléum de l'entrée avait résonné tel un coup de feu et, lorsque Vernon aperçut les débris, sa colère avait immédiatement éclaté. Ses larges doigts s'étaient posés sur mes cheveux, me faisant verser des larmes alors qu'il me tirait vers l'étage.

« Sale monstre, tu détruis tout ce que tu touches. » « Cette fois, je vais te montrer ce que c'est que le respect. »

Cependant, ce ne furent pas les coups habituels qui m'attendaient dans ma chambre. Lorsque la porte s'est verrouillée, j'ai pris conscience de ce qui allait se produire. J'avais tenté de me débattre, de griffer et de mordre, mais le manque de nourriture ainsi que la fatigue m'avaient affaibli. Puis, son poing s'était violemment abattu sur ma mâchoire, provoquant un impact considérable qui m'avait projeté avec force sur le matelas.

Par la suite, ses mains épaisses, brutales, avaient arraché mon pantalon. J’ai hurlé, j'ai supplié à m’en déchirer les cordes vocales. « Tout ce que tu souhaites, Vernon, tout, mais pas cela, s'il te plaît… » Ma voix s'était brisée, étouffée contre l'oreiller lorsqu'il s'était jeté sur moi, me pénétrant de force. La douleur… Dieu, cette douleur. Une déchirure violente et brutale, un acte de violence inouï qui m'avait laissé dans un état de souffrance intense, me contraignant à demeurer alité pendant plusieurs jours.

Après cette première fois, la digue avait cédé. Dès que je me trompais, dès que son humeur était désastreuse, la porte de ma chambre s'ouvrait au milieu de la nuit. J'apprenais à verrouiller mon esprit, à concentrer mon regard sur le mur, attendant que les assauts se terminent et priant pour qu'ils mettent enfin un terme à mes souffrances. Une nausée d'une intensité exceptionnelle m'envahit à cet instant, et je repoussai avec force mon assiette, produisant un bruit de métal grincant contre la table qui attira de nouveau l'attention.

— Harry ? S'inquiétant Hermione, posant une main douce sur mon bras. Je me dégageai par un mouvement réflexe, un sursaut si intense et empreint de panique que ses yeux s'écarquillèrent de surprise et d'incompréhension.

— Je… Je vais prendre l’air. Balbutiais-je, ma voix tremblant de façon pitoyable alors que je me levais avec empressement.

En traversant la Grande Salle, je ressentais les regards sur moi. De l’admiration. De la curiosité. S’ils savaient… Si ces idiots savaient quel être souillé, brisé et indigne j’étais devenu. J’avais vaincu le plus grand mage noir du siècle, et pourtant je m’étais laissé violer par un Moldu obèse sans pouvoir me défendre. La honte me brûlait les joues, émettant un poison acide sous ma peau. Tout à coup, une force magnétique m'incita à me tourner vers la table des Serpentard.

Encore lui… Il me fixait avec ses yeux gris perçants et, dès qu'il réalisa que je le regardais, ses lèvres fines se tordirent en un rictus arrogant. Il n'avait pas besoin de connaître les événements pour déterminer ma décadence, il percevait ma posture, mes yeux et ma démarche de bête traquée.

Une irritation profonde, associée à une haine éreintée, embrasa mes veines. Je ne disposais plus de l'énergie nécessaire pour poursuivre nos disputes enfantines, et je n'avais plus la force de tolérer son mépris de noble lignée alors que je souffrais intensément à l'intérieur. Ainsi, je détournai le regard, le cœur battant à tout rompre, et franchis les doubles portes de la salle, aspirant simplement à ce que la terre s'ouvre et m'engloutisse.

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