Chapitre 1 — La veille
Salut cher lecteur, je suis ravie de partager cette histoire avec vous car j'y tiens énormément.
Pour ce qui aime les drame et ont une bonne tolérance à la souffrance, sachez que vous êtes au bonne endroit. J'espère que vous allez être attaché à ça comme je le suis.
S'il vous plaît soyez indulgent, je ne pas écrivain professionnel, pour c'estun passe temps c'est pourquoi il pourrait y avoir quelques fautes ou des mots répétés, s'il vous plaît.
N'hésitez pas à me dire que vous en pensez et à laisser des commentaires parce que vos avis me permet de continuer à écrire. Merci encore !
Aurora 💕
💜
💜
💜
La veille du départ de son père avait commencé comme n'importe quelle autre journée.
Le soleil s'était levé sur Nolia avec cette lumière dorée qui faisait scintiller les eaux du port et donnait aux maisons de pierre une couleur presque chaleureuse. Depuis la petite fenêtre de la cuisine, Lucille pouvait apercevoir les mâts des navires qui se dressaient au-dessus des toits, immobiles dans le ciel clair.
La ville était déjà réveillée.
On entendait les pêcheurs s'interpeller sur les quais, les charrettes rouler sur les rues pavées et, de temps à autre, le cri des mouettes qui semblaient se disputer au-dessus des toits.
Lucille aimait ces matins-là.
Elle aimait surtout ceux où toute sa famille était encore réunie sous le même toit.
Elle avait douze ans et, à cet âge, elle croyait encore que certaines choses étaient immuables.
Sa famille, par exemple.
Elle imaginait difficilement un monde dans lequel son père ne rentrerait pas le soir, où sa mère ne serait pas assise près de la fenêtre, où Lydia ne viendrait pas lui raconter une histoire avant de dormir.
Pour elle, tout cela allait de soi.
— Lucille, tu peux me passer le fil ?
La voix de Lydia la tira de ses pensées.
Lucille baissa les yeux vers la pelote qu'elle tenait entre ses mains.
— Celui-ci ?
— Oui.
Elle le lui tendit.
Lydia était assise près de leur mère, une petite aiguille entre les doigts. Elle cousait avec une concentration presque excessive, les sourcils légèrement froncés.
— Tu vas finir par te piquer, remarqua Lucille.
— Je sais ce que je fais.
— C'est exactement ce que tu dis avant de te piquer.
Lydia leva les yeux vers elle.
— Et toi, c'est exactement ce que tu dis avant de te mêler de ce qui ne te regarde pas.
Lucille éclata de rire.
Soline, assise à côté d'elles, secoua doucement la tête.
Son ventre arrondi témoignait déjà de la présence du bébé qui grandissait en elle. Elle posa une main dessus avec un sourire tendre.
— Vous deux… Vous pourriez passer une journée entière à vous chamailler sans même vous en rendre compte.
— C'est elle qui commence, répondirent les deux sœurs en même temps.
Un silence suivit.
Puis elles se regardèrent.
Et éclatèrent de rire.
Dans la pièce voisine, Paul les entendit et sourit.
Il venait de terminer son petit déjeuner et préparait déjà quelques affaires pour le lendemain. Son voyage serait long. Trois jours de mer avant d'atteindre sa destination, puis plusieurs jours consacrés au commerce et aux négociations avant de pouvoir rentrer.
Lucille le savait.
Elle savait également qu'il allait partir.
Mais savoir quelque chose ne signifiait pas forcément vouloir y penser.
Elle se leva et rejoignit son père.
— Papa ?
Paul se retourna.
— Oui, ma grande ?
Lucille s'approcha de lui et observa le sac qu'il était en train de préparer.
— Combien de temps tu vas être parti ?
Paul prit quelques secondes pour réfléchir, puis lui adressa un sourire rassurant.
— Si tout se passe comme prévu, environ un mois.
Lucille ouvrit légèrement les yeux.
— Un mois ?
— Un petit mois.
— Mais c'est long !
Paul rit doucement.
— Trois jours seulement pour traverser la mer jusqu'à destination. Ensuite, il faudra conclure l'affaire, charger ce qui doit l'être, puis rentrer.
— Et tu vas vraiment revenir ?
La question était sortie plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.
Paul s'arrêta.
Il regarda sa fille.
Puis il posa une main sur ses cheveux bruns.
— Bien sûr que je vais revenir.
Lucille sourit.
— Promis ?
— Promis.
Il fouilla ensuite dans son sac et en sortit une petite pièce métallique qu'il fit tourner entre ses doigts.
— Et quand je reviendrai, j'aurai peut-être quelques cadeaux.
Les yeux de Lucille s'illuminèrent.
— Pour moi ?
— Peut-être.
— Papa !
— Peut-être, j'ai dit.
— Lydia !
Lucille courut vers sa sœur.
— Papa va nous ramener des cadeaux !
Lydia leva les yeux de son ouvrage.
— À toi, sûrement.
— Il a dit « quelques cadeaux ».
— Donc il en aura peut-être un pour moi.
— Tu vois ? Tu es jalouse.
— Je ne suis pas jalouse.
— Si.
— Non.
— Si.
— Lucille…
— Lydia…
Soline les regarda avec amusement.
Paul, lui, reprit ses préparatifs en souriant.
Il ne savait pas encore que ce voyage, si important pour l'avenir de sa famille, serait aussi le dernier qu'il entreprendrait.
Il ne savait pas que la cargaison qu'il s'apprêtait à transporter attirerait la convoitise de personnes prêtes à tout pour obtenir le marché.
Il ne savait pas non plus que, derrière les murs de cette maison tranquille, sa fille aînée avait une curiosité qui allait bientôt la conduire à entendre une conversation qu'elle n'aurait jamais dû entendre.
Pour l'instant, il n'y avait rien d'inquiétant.
Seulement une famille.
Une maison modeste.
Une mère enceinte.
Deux filles qui riaient dans la pièce voisine.
Et un père qui préparait ses affaires pour revenir dans un mois.
Pour Lucille, c'était simplement une veille comme les autres.
Elle ignorait encore que certaines journées ordinaires sont les dernières avant que toute une vie change.
![The dark night [Terminée]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_d3b58b36c3031823ebbe8130363011f7.jpg)







