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L'abîme et la sirène

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Résumé

Le paradis peut cacher bien plus qu'un simple secret. Aux Bahamas, Cali mène une existence paisible entre son métier de skipper et Beth, la femme qu'il aime. Jusqu'au jour où Julia LeGault entre dans sa vie. Une rencontre. Un jeu de séduction. Une première transgression. Puis viennent Jo et Sloane d'Amaretto, un couple aussi riche qu'inquiétant, dont la relation dissimule une réalité bien plus sombre. En voulant aider Sloane, Cali s'engage dans un jeu dangereux où les apparences, les mensonges et les manipulations s'entremêlent. Avec l'aide de sa sœur Éris, il devra infiltrer l'univers de Jo pour découvrir ce qu'il cache. Mais pour sauver ceux qu'il aime, jusqu'où peut-il aller sans devenir lui-même ce qu'il combat ? Dans les eaux turquoise des Bahamas, Cali va découvrir que le plus grand danger n'est pas toujours celui que l'on voit venir.

Genre :
Thriller
Auteur :
Xavier_Clauss
Statut :
En cours
Chapitres :
5
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapitre 1 : Une leçon de navigation

La sonnerie stridente du portable me réveilla. À tâtons, je le cherchais sur le bord de la couchette, je glissais mon doigt pour décrocher.

— Allo ? fis-je à moitié réveillé.

— Fiston ! J’ai un job pour toi !

— Marco, c’est mon jour de repos ! râlais-je.

Je me massais les yeux. Je regardais l’heure ; dix heures trente ! Je posais les pieds sur le plancher en teck et titubais jusqu’au coin repas. Les bouteilles de bière étaient encore sur la table, vestige de la soirée de la veille. J’attrapais un verre d’eau et y jeta un comprimé de vitamine.

— Écoute fiston, j’ai Monsieur LeGault ici, il vient pour la leçon de navigation pour sa fille, chuchotait Marco sur un ton autoritaire. Viens fissa !

— OK, OK ! laisse-moi me préparer et j’arrive.

Je rentrai dans la douche, puis j’attrapais mon bermuda bleu et un polo propre. J’avalais le cocktail de vitamine, fermait la porte à clé de la cabine et remontais le ponton n° 5 auquel mon bateau, enfin celui de mon père, était amarré. Les bureaux de Marco étaient devant le n° 1. Le soleil reflétait déjà ses rayons sur l’eau turquoise qui s’étalait devant le port de Nassau. Cela promettait d’être une belle journée. Je m’approchais du bureau de Marco, Monsieur LeGault vint à ma rencontre. Je retirai mes Ray-ban pour le saluer. Le sexagénaire était habillé comme tous les hommes riches des Bahamas, une chemise et un pantalon en lin blanc, la Rolex au poignet. C’était presque un uniforme ici !

— Bonjour Cali, me salua-t-il. Je disais à Marco que je t’appréciais beaucoup et que je ne pouvais confier ce cours à aucune autre personne. De nos jours, les jeunes hommes de ton âge n’ont guère de respect et j’ai foi en ton professionnalisme.

Derrière lui, Julia, sa fille. Elle me regardait en se mordant les doigts. Son père ne pouvait voir ce qu’elle faisait et je devais rester impassible. Ce qui était loin d’être évident. Julia jouait avec sa courte robe en lin, la faisant remonter très haut sur ses cuisses dorées. Elle s’empressait de la redescendre quand son père, ou Marco se tournaient vers elle.

— J’ai un repas en ville et donc je te confie Julia.

— Pardon, dis-je en sortant de ma rêverie.

— Je sais que j’ai tendance à vouloir intervenir quand tu donnes tes leçons de navigation. Alors, cette fois-ci, je ne perturberai pas ton enseignement, expliqua l’Américain. Je doutais de tes compétences, mais à vingt-cinq ans, tu es presque aussi doué que moi !

— C’est trop d’honneur, monsieur, bafouillai-je. Votre expérience de la mer est inestimable et vos conseils précieux.

— Ne dis pas n’importe quoi, je sais de Marco que feu ton père était un très bon skipper. Tu tiens cela de lui. Je l’ai vu, tu as la mer dans le sang.

Je ne savais quoi répondre. Un bon skipper, comme mon père ? S’il était si bon, il serait encore là au lieu de reposer au fond de l’océan quelque part entre ici et les Bermudes !

— Bien fiston ! lança Marco. En avant.

— Je viendrai rechercher Julia vers dix-neuf heures, indiqua Monsieur LeGault. Deux mille dollars devraient convenir.

— Robert c’est bien trop, tenta de dire Marco.

— Tu as un des meilleurs skippers, donc accepte.

Il se tourna vers sa fille qui était tout sourire du haut de ses vingt-deux ans, les bras dans le dos, sautillant légèrement.

— Je compte sur toi, Julia. Tu suis à la lettre ce que te dit Cali !

— Oui, Père ! répondit-elle avec son air espiègle en l’embrassant sur sa joue. Promis.

— Bien, à tout à l’heure.

Je marchais en direction du Saffier SC, un bateau de 8 mètres que Marco avait racheté à un plaisancier sud-américain l’année dernière. Il nous servait de bateau-école, et, pour sa longueur, il était plutôt bien équipé, il disposait notamment d’une petite cabine intérieure pour s’abriter en cas de grain. Marco m’avait tendu les bulletins météo et, de ce côté-ci, il n’y avait rien à craindre, quelques vents contraires, mais cela ne nous gênera nullement. La seule tornade dont j’avais à me méfier était la jeune femme blond platine qui sautillait derrière moi. Mais derrière ces airs délurés, se cachait un esprit bien mature. Elle entrait, en septembre prochain, en seconde année au MIT. Je grimpais dans le bateau et pris place à tribord.

— Bien mademoiselle, à vous de jouer ! Nous allons appareiller.

— Tu sais, Cali ! Mon père n’est pas là, donc tu peux m’appeler Julia !

Elle me récita l’ensemble de la procédure et commença à préparer le bateau. Une quinzaine de minutes plus tard, nous quittions le port à petite vitesse, cap 180 vers George Town, une île au sud de Nassau, sous les au revoir de son père.

Le port avait disparu depuis près d’une heure et Julia maniait correctement la barre et procédait aux réajustements de la voile quand cela était nécessaire. Je la regardais faire, la reprenant par pure forme. Elle savait naviguer et j’étais fier de mon élève. Je lui avais tout appris au cours de ce mois et demi. Je l’aidais par moment pour tenir ou réajuster certains cordages.

— Je crois que tu tiens ton record ! Nous n’avons jamais été aussi vite pour approcher Allens Cay ! la félicitai-je.

— Comme dit mon père, j’ai le meilleur des professeurs ! Et aussi le plus mignon ! me lança-t-elle en faisant un clin d’œil.

— Quelque chose me dit que notre rencontre n’était pas fortuite ! la sondais-je.

— En effet, une amie m’a parlé de toi et c’est pourquoi j’ai convaincu mon père de venir passer nos vacances ici à Nassau ! expliqua-t-elle. Et je ne regrette pas d’avoir suivi ses conseils !

Je la regardai de travers, cherchant à comprendre ce qu’elle entendait par là !

— Je ne vois pas de qui tu parles ! rigolais-je mal à l’aise.

— Mais si ! Tu te souviens d’Edwige !

Cela commençait comme un mauvais film ! Edwige ! Oui, je m’en rappelai ! C’était il y a quelques mois, une étudiante… du MIT ! Elle était venue pour passer ses vacances de printemps ici à Nassau. Notre relation s’était terminée avec son départ. Julia me sourit, elle voyait que je me souvenais d’elle. Qu’est-ce qu’elle avait pu raconter sur moi ?

— Tu peux prendre la barre ? Je reviens ! me lança-t-elle.

— Oui, bien sûr, mais où veux-tu aller ?

— Me changer ! Pardi ! répondit-elle en me souriant.

Elle entra dans la cabine et enleva sa robe apparaissant juste vêtue de son string en dentelle. Toujours de dos, elle le fit glisser et passa le bas d’un maillot qu’elle remontait haut sur ses hanches, faisant disparaître la fine bande de tissu entre ses fesses. Elle passa une simple bande autour de sa poitrine et revint me voir.

— Voilà ! Je suis plus à l’aise ! Tu devrais faire pareil !

— Julia, tentais-je de dire.

— Allez, retire ce polo ! Tu seras bien mieux ! me poussa-t-elle. Et puis, nous sommes suffisamment loin des routes !

Elle avait tout calculé ! En effet, nous allions aborder Allens Cay par le côté Est, là où peu de skippers allaient, car c’était constellé de récif. J’abdiquais et jetais mon polo dans la cabine. Elle me souriait, un sourire envoûtant. Elle reprit la barre et vira de cap pour se diriger vers la baie. Je n’avais rien à faire, aussi je la regardais naviguer. C’est la première fois où je la voyais en maillot. Quand nous nous sommes rencontrés, elle était toujours en tenue de skipper ou en robe d’été. Je remarquais son tatouage en forme de cœur sur la hanche.

— Au lieu de me mater ! Rends-toi utile ! Je ne veux pas de coup de soleil !

— Je ne te matais pas ! me défendis-je.

— Je le sais, tu es un gentleman, Cali ! Allez s’il te plaît !

— Je ne suis pas sûr que cela soit raisonnable.

— Que j’attrape des coups de soleil ? Non, en effet, donc, mets-moi de la crème dans le dos ! ordonna-t-elle.

Je déposais une noisette de crème et étalais cette dernière sur son dos. Une fois fait, j’appliquai la lotion sur les bras, puis reposais le flacon.

— Et le bas, me rappela-t-elle.

— Julia, plaidais-je.

— Quand Beth te demande de lui étaler de la crème solaire, tu le fais !

— Cela n’a rien à voir, c’est ma copine !

— Ouais et bien copine ou pas j’ai pas envie de ressembler à une écrevisse !

J’appliquais la lotion sur ses jambes et remontait sur ses fesses, la tentation était grande et j’essayais de retenir mes gestes pour que cela ne soit pas mal interprété. Je passais aussi sur ses épaules et sur son ventre de manière très rapide. Mais cela n’était pas de son goût et, alors que j’allais retirer ma main, elle l’attrapa et s’en servit pour étaler la crème sur tout son torse.

— Merci ! À toi maintenant ! Prends la barre, je ne voudrais pas que mon professeur attrape des coups de soleil !

Elle commença à étaler la crème, cela n’était pas forcément utile, j’avais la même peau méditerranéenne que mon père. Pourtant, elle s’appliquait à passer la lotion sur mon dos, ces gestes étaient plus des caresses. Puis, elle vint s’asseoir face à moi sur mes genoux pour s’occuper de mon torse. Elle y déposa la lotion, puis l’étala en poussant vers mes bras. Elle répéta l’opération plusieurs fois, démarrant de plus en plus bas, à la lisière de mon bermuda. Chaque fois qu’elle remontait, elle me regardait droit dans les yeux. Ses yeux de cette même couleur turquoise que l’eau nous entourant. Sa poitrine venait effleurer mon torse. Le tissu était tendu, les pointes de ses seins cherchaient à transpercer la fine étoffe. Julia posa ses mains sur mes hanches et attrapa les bords du vêtement. Elle fit glisser lentement l’élastique vers le bas dévoilant le bas de mon abdomen. Elle ne pouvait ignorer l’état dans lequel j’étais. Elle jouait avec moi et je devais résister. Elle fit descendre ses mains à la limite de mon sexe sans le toucher et remonta pour déposer un baiser sur mon torse.

— Voilà comme ça, tu ne crains plus rien !

— Était-ce bien nécessaire ?

— Oui ! Première règle quand on fait de la navigation, être en sécurité ! C’est toi qui me l’as apprise !

— Alors, reprends la navigation et guide-nous à travers ces récifs ! lui ordonnais-je avec un grand sourire.

— À vos ordres, professeur ! salua-t-elle en déposant un baiser sur ma joue.

Je lui rendis la barre sans un mot, ne sachant quoi dire, quoi penser et surtout, je devais être prudent. Son père travaillait pour le gouvernement américain et, si je faisais ou tentais de faire quoi que ce soit, je risquais de le payer très cher. Mais je ne pouvais m’empêcher de la regarder. Depuis notre rencontre, elle jouait avec moi comme elle jouait avec les autres gars de l’île : provocante, aguicheuse, mais elle ne franchissait jamais la ligne rouge. À aucun moment, elle ne laissait entrevoir une possibilité ou encore une ouverture. Pourtant, avec moi, elle agissait différemment, je pense qu’elle était elle-même sans masque, sans faux-semblant. Elle était au naturel. Elle allait de long en large sur le bateau pour ajuster les voiles. Chaque fois qu’elle passait près de moi, elle m’effleurait. Quand elle attrapait un cordage, elle se penchait vers moi, tendant ses fesses dans ma direction. Elle se tournait pour voir ma réaction. Je me contentai d’opiner de la tête pour valider sa manœuvre. Mais laquelle des deux ? Tout à coup, un coup de vent contraire réorienta la voile et nous fit virer de bord. Elle attrapa le cordage afin de faire revenir la voile sur sa position initiale. Je me levais et me positionnais derrière elle pour l’aider. Mes muscles étaient tendus, le courant et le vent nous poussaient vers les récifs. Lentement, le doux son des cliquetis des crans d’arrêt récompensait notre manœuvre. Dans un dernier effort, nous avons tiré sur le cordage, son corps se pressa contre le mien. Nous avons maintenu la tension pendant de longues minutes avant qu’enfin, le voilier reprenne sa route. Lentement, nous avons relâché la corde.

— C’était tendu ! finis-je par dire n’osant bouger.

— Mmh oui, je sens cela ! me fit-elle remarquer.

Je regardais plus bas, mon bermuda était déformé et la bosse s’était insérée dans son sillon fessier. Elle tourna la tête et m’embrassa non loin de mes lèvres.

— Merci du coup de main, me sourit-elle.

Je me sentais désarmée. Je retournais à la barre pour réajuster le cap pendant qu’elle sécurisait les cordages. Devant nous, la plage d’Allens Cay se dessinait entre les récifs.

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