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Résumé

À mes 18 ans, je pensais enfin savoir oĂč j'allais... Puis nos chemins se croisent... Deux mondes diffĂ©rents... Deux hommes... Et des sentiments qui prennent peu Ă  peu une place qu'ils n'auraient jamais dĂ» avoir. Entre secrets, danger et sentiments impossibles Ă  contrĂŽler, certaines choses auraient peut-ĂȘtre dĂ» rester cachĂ©es. Mais certaines promesses sont faites pour ĂȘtre tenues...mĂȘme lorsqu'elles deviennent un poison.

Genre :
Lgbtq
Auteur :
NUNEW
Statut :
il y a un mois
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par Ăąge :
16+

Chapitre 1 — Comme d’habitude

Je n’aurais jamais pensĂ© que ma vie puisse changer aussi vite.

Je ne savais pas encore qu’une personne pouvait entrer dans ma vie, prendre sa place
 sans que je sache que certaines blessures resteraient impossibles à effacer.

— Eh ! Sian !

Je levai les yeux et aperçus Elwan devant chez moi.

Il était appuyé contre le portail, les bras croisés, avec cette expression impatiente que je connaissais beaucoup trop bien.

— DĂ©pĂȘche-toi, on va ĂȘtre en retard ! lança-t-il.

— J’arrive !

Je récupérai rapidement mes affaires avant de sortir de chez moi et de le rejoindre.

À peine avais-je refermĂ© la porte qu’il leva les yeux au ciel.

— Enfin ! J’ai cru que tu comptais me faire attendre toute la journĂ©e.

Je levai les yeux Ă  mon tour.

— Tu dramatises toujours.

— Moi ? Jamais.

Je laissai échapper un petit rire.

Elwan était incapable de rester sérieux plus de deux minutes.

Nous prĂźmes le chemin de l’universitĂ©.

Pendant quelques minutes, nous marchĂąmes tranquillement, profitant du calme du matin. Puis il tourna la tĂȘte vers moi avec un sourire.

— Au fait, demain, tu es disponible ?

Je fronçai légÚrement les sourcils.

— Pourquoi ?

Son sourire s’élargit.

— Parce que demain, tu as dix-huit ans !

Je clignai des yeux avant de sourire légÚrement.

— Ah oui
 c’est vrai.

— Ah oui ? rĂ©pĂ©ta-t-il, faussement choquĂ©. Je te rappelle que c’est demain. Dix-huit ans, ça se fĂȘte !

Je ris doucement.

— Oui, je sais.

— J’espùre bien.

Je regardai devant moi.

Demain, j’aurais enfin dix-huit ans.

J’attendais ce moment depuis longtemps.

Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais j’avais toujours eu l’impression qu’à dix-huit ans, quelque chose changerait.

Nous arrivĂąmes finalement Ă  l’universitĂ© et chacun partit rejoindre ses cours.

Nous n’étudiions pas dans la mĂȘme spĂ©cialitĂ©, alors nos journĂ©es Ă©taient souvent diffĂ©rentes. Moi, j’avais mes propres cours et mes propres matiĂšres, tandis qu’il suivait les siens.

Les cours étaient toujours aussi longs.

Certains Ă©taient intĂ©ressants, mais d’autres semblaient interminables.

Je regardai plusieurs fois l’heure, espĂ©rant voir les aiguilles avancer plus rapidement.

Encore une heure


Je poussai discrĂštement un soupir.

La matinĂ©e passa ainsi, entre les cours et les quelques moments oĂč je croisais Elwan dans les couloirs.

AprÚs les cours, je me dirigeai vers mon casier pour récupérer mes affaires.

Le couloir était presque vide.

Quelques voix rĂ©sonnaient encore au loin, mais l’endroit semblait Ă©trangement calme.

J’ouvris mon casier et commençai à ranger mes affaires.

Puis


Un sifflement retentit derriĂšre moi.

Un son bref.

Sec.

Mon corps se raidit immédiatement.

Je cessai de bouger.

Non


Je connaissais cette voix.

Je refermai lentement mon casier avant de me retourner.

Ils étaient là.

Tous les deux.

Debout quelques mĂštres derriĂšre moi.

Leurs regards me traversĂšrent comme si j’étais dĂ©jĂ  coupable de quelque chose.

L’un d’eux s’approcha.

Il avait ce sourire sans chaleur qui me donnait toujours envie de détourner les yeux.

— T’as l’argent ? demanda-t-il d’un ton froid.

Ma gorge se serra.

Je gardai le silence, espérant naïvement que ça suffirait.

Il inclina lĂ©gĂšrement la tĂȘte.

— Je t’ai posĂ© une question.

— J’ai rien, soufflai-je.

Le coup partit avant mĂȘme que je puisse reculer.

Ma tĂȘte tourna sous l’impact.

Je portai immédiatement une main à ma joue.

— Tu mens, cracha-t-il.

Il me poussa violemment contre les casiers.

Mon dos heurta le métal froid dans un bruit sec.

Une douleur parcourut ma colonne.

Je tentai de reprendre mon équilibre.

Trop tard.

Un deuxiĂšme coup frappa ma joue.

Je serrai les dents.

Ne pleure pas.

Je refusais de leur donner cette satisfaction.

Pendant ce temps, le deuxiÚme garçon attrapa mon sac.

— Voyons ce que tu caches là-dedans


Il le retourna brutalement.

Mes affaires tombĂšrent une Ă  une sur le sol.

Mon téléphone.

Mes cahiers.

Mes stylos.

Tout ce qui m’appartenait se retrouva Ă©parpillĂ© Ă  mes pieds.

Je voulus me pencher pour les ramasser.

— Bouge pas.

Je me figeai.

Puis le coup dans mon ventre arriva.

Je me pliai immédiatement en deux.

— Hng


Une douleur sourde se répandit dans mon abdomen et me coupa presque le souffle.

J’essayai de respirer, mais chaque inspiration me faisait mal.

Je posai une main contre mon ventre.

Respire.

Respire


Je serrai les dents.

Je ne voulais pas leur donner le plaisir de me voir craquer.

Quelques secondes passĂšrent.

Puis j’entendis leurs pas s’éloigner.

Ils partirent finalement.

Je restai lĂ , immobile, le dos contre les casiers.

J’attendis.

Une seconde.

Puis deux.

Puis plusieurs.

Lorsque ma respiration redevint enfin un peu plus réguliÚre, je me redressai lentement.

Je regardai mes affaires éparpillées au sol.

Je m’accroupis et les ramassai une par une.

Mon téléphone.

Mes cahiers.

Mes stylos.

Je remis tout dans mon sac.

Je ne savais pas pourquoi, mais une seule pensĂ©e tournait dans ma tĂȘte.

Personne ne doit savoir.

Je remis mon sac sur mon épaule.

Puis je pris la direction de la cafétéria.

Je savais qu’Elwan m’attendait.

Et je savais surtout que je devais faire comme si rien ne s’était passĂ©.

Lorsque j’arrivai Ă  la cafĂ©tĂ©ria, je l’aperçus immĂ©diatement.

Il était assis à notre table habituelle, son plateau posé devant lui.

Dùs qu’Elwan me vit, son visage s’illumina.

Il leva la main pour me faire signe.

— Enfin ! lança-t-il avec un sourire. Je commençais Ă  croire que tu m’avais abandonnĂ©.

Je souris lĂ©gĂšrement et m’approchai.

— DĂ©solĂ©.

Mais son sourire disparut presque aussitĂŽt.

Il me regarda attentivement.

Ses yeux descendirent vers ma joue.

Puis vers ma lĂšvre.

Ses sourcils se froncĂšrent.

— Qu’est-ce qui s’est passĂ© ?

Je détournai les yeux.

— Rien.

Il répéta, incrédule :

— Rien ?

— Oui.

Il se leva lentement.

— T’as une marque sur la joue.

Je passai rapidement une main dessus.

— C’est rien.

Il me fixa quelques secondes.

Je connaissais ce regard.

Il ne me croyait absolument pas.

— Dis-moi ce qui s’est passĂ©.

— Il s’est rien passĂ©.

— ArrĂȘte.

Sa voix était devenue plus ferme.

Je soupirai.

— Je suis tombĂ©.

Il resta silencieux.

Puis il secoua lentement la tĂȘte.

— T’es pas tombĂ©, murmura-t-il.

Je relevai les yeux vers lui.

— Quoi ?

Il s’approcha lĂ©gĂšrement.

— Tu n’es pas tombĂ©. Ça se voit.

Son regard ne quittait pas le mien.

— Je te connais depuis des annĂ©es. Je sais quand tu mens. Je suis ton meilleur ami quand mĂȘme !

Je baissai les yeux.

Je ne savais pas quoi répondre.

— Je suis juste tombĂ©, rĂ©pĂ©tai-je plus doucement.

Il me fixa encore quelques secondes.

Puis sa voix se fit plus basse.

— Qui t’a fait ça ?

— Personne.

— Qui t’a fait ça ?

Cette fois, il ne plaisantait plus.

Je restai silencieux, en posant mes mains sur mon ventre.

Il passa doucement une main sous mon t-shirt et le releva légÚrement.

Je reculai instinctivement.

— Attends


Mais il avait déjà vu.

Un énorme hématome commençait à apparaßtre sur mon ventre.

Son expression changea immédiatement.

— Putain


Il releva les yeux vers moi.

La colĂšre et l’inquiĂ©tude se mĂ©langeaient dans son regard.

— Qu’est-ce qui s’est passĂ©, vraiment ?

Je remis rapidement mon t-shirt en place.

— Rien.

— Je commence vraiment Ă  m’inquiĂ©ter, souffla-t-il.

Je regardai autour de nous.

Personne ne semblait faire attention Ă  nous.

— Je te raconterai peut-ĂȘtre plus tard.

Il soupira longuement.

Il savait que je ne parlerais pas maintenant.

— D’accord
 Mais au moins, viens à l’infirmerie, proposa-t-il plus calmement.

Je hochai la tĂȘte.

— D’accord.

Nous quittùmes la cafétéria.

Sur le chemin, il tenta de dĂ©tendre l’atmosphĂšre.

Il me donna un lĂ©ger coup d’épaule.

— Tu sais que si tu voulais sĂ©cher les cours, il suffisait de me le dire. Pas besoin de te faire passer pour un cascadeur.

Un petit rire m’échappa malgrĂ© moi.

— T’es vraiment idiot.

Il sourit fiĂšrement.

— Peut-ĂȘtre, mais je suis ton idiot !

Pour la premiÚre fois depuis ce matin, je réussis presque à oublier la douleur.

Presque.

L’infirmerie Ă©tait calme.

Une odeur de dĂ©sinfectant flottait dans l’air. Les murs blancs rendaient la piĂšce encore plus froide, et quelques affiches sur la santĂ© Ă©taient accrochĂ©es un peu partout.

Je m’assis sur un lit tandis qu’Elwan resta debout Ă  cĂŽtĂ© de moi.

Quelques instants plus tard, l’infirmiùre entra.

Son regard se posa immédiatement sur mon visage.

— Qu’est-ce qui s’est passĂ© ?

Je rĂ©pondis avant mĂȘme qu’Elwan puisse parler.

— Je suis tombĂ©.

Elle me regarda quelques secondes.

Son expression resta neutre.

— D’accord


Elle examina ma joue, puis me demanda de soulever légÚrement mon t-shirt.

Je grimaçai lorsqu’elle observa l’hĂ©matome.

— Tu as vraiment dĂ» tomber assez violemment, constata-t-elle.

Je hochai simplement la tĂȘte.

Elle partit chercher de quoi me soigner.

DĂšs qu’elle eut quittĂ© la piĂšce, Elwan se tourna vers moi.

— Pourquoi tu ne m’as pas appelĂ© ?

Je ne répondis pas.

Il serra les poings.

— Je les aurais dĂ©foncĂ©s.

Je relevai les yeux vers lui.

— Tu ne sais mĂȘme pas qui c’est.

— Alors dis-moi.

Je soupirai.

— Ce sont deux frùres.

Il croisa les bras.

— Deux frùres ?

— Oui.

Je marquai une pause.

— Ils ont le mĂȘme Ăąge. Enfin
 ils sont jumeaux.

Il fronça les sourcils.

— À quoi ils ressemblent ?

Je réfléchis quelques secondes.

— L’un est plutît petit. Il est brun et a les yeux marron.

Je marquai une nouvelle pause.

— L’autre est plus grand. Brun aussi
 mais il a les yeux presque noirs.

Elwan serra la mĂąchoire.

— Et leurs noms ?

Je secouai la tĂȘte.

— Je ne sais pas.

Il me regarda, visiblement frustré.

— SĂ©rieusement ?

— Oui.

Il souffla.

Quelques minutes plus tard, l’infirmiùre revint avec deux plateaux.

— Tenez. Je vous ai pris quelque chose Ă  manger. Vous n’avez pas eu le temps de manger Ă  la cafĂ©tĂ©ria.

Elle posa les plateaux sur la petite table.

Elwan regarda l’heure.

Ses yeux s’écarquillĂšrent.

— Merde.

— Quoi ?

— J’ai encore cours.

Je souris.

— C’est vrai.

Il attrapa son sac.

— Je vais devoir y retourner.

Je hochai la tĂȘte.

— Vas-y.

Il me regarda quelques secondes avant de partir.

— Je reviendrai te voir aprùs, promit-il.

— D’accord.

Il sortit.

Je me retrouvai seul.

Je regardai autour de moi.

Le silence de l’infirmerie Ă©tait Ă©trange.

J’entendais seulement le tic-tac rĂ©gulier d’une petite horloge accrochĂ©e au mur.

Je mangeai lentement, sans vraiment avoir faim.

Puis mes pensées revinrent à la matinée.

À ces deux garçons.

À leurs regards.

Aux coups.

Je posai ma fourchette.

Comment vais-je faire pour cacher ça à mes parents ?

Cette pensée me traversa brutalement.

Je passai une main dans mes cheveux.

Ils allaient forcément voir quelque chose.

Ma joue.

Mon visage.

Et surtout mon ventre.

Je commençai à paniquer.

Il faut que je trouve une excuse.

Mais aucune idée ne me venait.

J’y pensai toute l’aprùs-midi.

Lorsque Elwan revint enfin, il me trouva assis sur le lit, complÚtement perdu dans mes pensées.

— Hé 

Je levai les yeux.

— Comment je vais faire pour cacher ça à mes parents ?

Il s’assit Ă  cĂŽtĂ© de moi.

— Ne t’inquiùte pas. Je vais trouver quelque chose, me rassura-t-il.

— Quoi ?

Il réfléchit quelques secondes.

— Je sais pas encore


Il se gratta la nuque.

— Mais je trouverai.

Je le regardai.

— T’es vraiment pas rassurant.

Il haussa les épaules.

— Je fais ce que je peux.

Je souris.

— Merci.

— De rien.

Il resta silencieux quelques secondes avant de reprendre, l’air soudainement sĂ©rieux :

— Et puis, au pire, je leur explique que tu as voulu faire une cascade en descendant les escaliers.

Je le regardai, incrédule.

— C’est nul.

Il leva les mains.

— J’avais dit que je trouverais quelque chose, pas que ce serait intelligent.

Je ris doucement.

La douleur était toujours là.

Mais pendant quelques secondes, je n’y pensais plus.

La journée passa lentement.

À chaque fois que je marchais dans les couloirs, je regardais instinctivement autour de moi.

Je ne les revis pas.

Pourtant, je ne parvenais pas à me détendre.

Lorsque les cours furent terminĂ©s, Elwan me rejoignit devant l’universitĂ©.

Nous prĂźmes le chemin de chez moi ensemble.

Il me lança un regard.

— T’es prĂȘt ?

— À quoi ?

Il sourit légÚrement.

— À jouer la comĂ©die.

Je soupirai.

— J’ai pas le choix.

— Exactement.

Lorsque nous arrivùmes devant chez moi, ma mÚre était déjà là.

À peine avais-je franchi la porte qu’elle me regarda attentivement.

Son expression changea immédiatement.

—Bonjour Madame Carvelli

— Qu’est-ce qui s’est passĂ© ?

Je me figeai.

Elwan intervint aussitĂŽt.

— Oh, ça ? Il a juste glissĂ©, rĂ©pondit-il avec un petit rire nerveux.

Ma mÚre fronça les sourcils.

— GlissĂ© ?

— Oui. Il est tombĂ©.

Elle regarda mon visage.

— Tu t’es fait mal ?

— Un peu.

Elle sembla hésiter.

— Tu es sĂ»r que ça va ?

Je hochai rapidement la tĂȘte.

— Oui.

Elwan approuva aussitĂŽt.

— Je vous assure, ce n’est rien.

Ma mĂšre finit par accepter son explication.

Je poussai intérieurement un soupir de soulagement.

Elwan se tourna vers moi avant de partir.

Il se pencha légÚrement et murmura :

— Et Ă©vite de te tenir le ventre comme ça. Sinon, ta mĂšre va comprendre.

Je lui lançai un regard noir.

— Merci du conseil.

Il sourit.

— De rien.

Puis il partit.

Je refermai la porte derriĂšre lui.

Mes parents sortirent dans la soirée pour une petite sortie prévue depuis plusieurs jours.

La maison devint rapidement silencieuse.

Je montai dans ma chambre, pris une douche et enfilai des vĂȘtements confortables.

Pour ne pas penser à ma journée, je descendis dans le salon et lançai un film.

Pendant un moment, tout redevint normal.

La lumiÚre de la télévision éclairait faiblement la piÚce.

Je regardais l’écran sans vraiment suivre l’histoire.

Puis quelque chose me fit arrĂȘter.

Je fronçai les sourcils.

Une sensation étrange parcourut mon corps.

J’avais cette impression dĂ©sagrĂ©able d’ĂȘtre observĂ©.

Je regardai autour de moi.

Rien.

Seulement le salon plongé dans la pénombre.

Je tournai lentement la tĂȘte vers la fenĂȘtre.

Dehors, il faisait presque complĂštement noir.

Puis je vis une petite lumiĂšre.

Je me figeai.

Quelqu’un se trouvait dehors.

Mon cƓur rata un battement.

Je me levai lentement.

La lumiĂšre semblait venir de l’autre cĂŽtĂ© de la rue.

Je m’approchai de la fenĂȘtre.

La personne était trop loin pour que je distingue son visage.

Je plissai les yeux.

Qui est lĂ  ?

Je fis un pas de plus.

Puis, soudain


La lumiĂšre s’éteignit.

Je sursautai.

Je regardai encore.

Plus personne.

Rien.

La rue était vide.

Je restai immobile quelques secondes, incapable de dĂ©tacher mon regard de la fenĂȘtre.

J’ai dĂ» me tromper.

Je reculai lentement.

Je n’ai rien vu.

Je retournai m’asseoir sur le canapĂ©, essayant de me convaincre que mon imagination me jouait des tours.

Mais cette sensation ne disparaissait pas.

Comme si quelqu’un me regardait encore.

Je finis par éteindre la télévision.

Je remontai dans ma chambre.

AprĂšs une derniĂšre douche, je me glissai sous les couvertures.

Je fixai le plafond pendant quelques secondes.

Demain, j’aurais dix-huit ans.

Je pensais que cette journĂ©e serait le dĂ©but d’une nouvelle vie.

Je ne savais pas encore à quel point j’avais raison.

Je fermai les yeux.

Et cette fois, je m’endormis.

Sans savoir que quelqu’un, quelque part, connaissait dĂ©jĂ  mon nom.