Chapitre 1 — La mission
Chapitre 1 — La mission
La pluie tombait sur la ville de Valdoria, transformant les rues en miroirs sombres. Les lanternes tremblaient sous le vent, et les habitants pressaient le pas pour rentrer chez eux avant la fermeture des portes.
Personne ne remarqua la jeune fille qui avançait seule sous la pluie.
Elle s’appelait Léna.
À première vue, elle semblait fragile. Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux gris et un visage calme, presque triste. Pourtant, derrière ce silence se cachait une assassine entraînée à ne laisser aucune trace.
Léna n’avait que six ans lorsque ses parents furent tués.
Son père travaillait comme comptable pour un homme extrêmement riche et puissant : Darian Mavros. On disait que Mavros possédait la moitié de Valdoria, plusieurs compagnies de commerce et une immense demeure située au sommet de la colline.
Mais sa richesse n’était pas honnête.
Le père de Léna avait découvert que Mavros volait l’argent des habitants et faisait disparaître ceux qui menaçaient de révéler ses secrets. Lorsqu’il avait voulu parler, Mavros avait envoyé ses hommes.
Cette nuit-là, la maison de Léna avait été incendiée.
Ses parents étaient morts sous ses yeux.
Elle, on l’avait laissée pour morte.
Un homme nommé Soren l’avait retrouvée dans les décombres. Il lui avait sauvé la vie, puis l’avait emmenée loin de Valdoria. Pendant douze ans, il lui avait appris à survivre, à se défendre et à se battre.
Mais surtout, il lui avait appris à attendre.
À dix-huit ans, Léna était devenue une assassine redoutable.
Et ce soir, elle était enfin revenue.
Elle s’arrêta devant une petite auberge presque vide. Après avoir vérifié qu’elle n’était pas suivie, elle entra par la porte arrière. Dans une chambre faiblement éclairée, Soren l’attendait devant une table couverte de cartes.
Il avait les cheveux gris et une cicatrice qui traversait son visage.
— Tu es en retard, dit-il.
— La ville est surveillée.
— Par les hommes de Mavros ?
Léna retira sa cape trempée.
— Qui d’autre ?
Soren l’observa longuement. Il savait ce qu’elle ressentait. Il connaissait cette colère qui brûlait dans sa poitrine depuis l’enfance.
Sur la table se trouvait un dossier relié par une ficelle noire.
Léna s’approcha.
— C’est lui ?
— Oui, répondit Soren. Darian Mavros. Cinquante-six ans. Riche, influent et protégé par une douzaine de gardes.
Léna ouvrit le dossier.
À l’intérieur se trouvaient plusieurs dessins, des plans et des informations sur la demeure de Mavros. Elle reconnut immédiatement le visage de l’homme qu’elle avait vu dans ses souvenirs : un regard froid, une barbe soigneusement taillée et une bague en or représentant un serpent.
Ses doigts se crispèrent.
— Il habite toujours dans la même maison ?
— Oui. Mais il n’est pas seul.
Soren sortit une autre feuille.
— Mavros a un fils.
Léna leva les yeux.
— Un fils ?
— Il s’appelle Ézio Mando.
Ce nom ne lui disait rien. Pourtant, en voyant le portrait du jeune homme, elle ressentit une étrange inquiétude.
Ézio avait les cheveux bruns, le regard sombre et un visage sérieux. Il ne ressemblait pas à son père. Sur la photographie, il semblait plus jeune qu’elle, peut-être âgé de vingt ans.
— Quel est son rôle ? demanda Léna.
— Il vit dans la demeure et accompagne souvent son père. Certains disent qu’il dirige les affaires de la famille. D’autres affirment qu’il ignore les crimes de Mavros.
— Peu importe.
Léna referma le dossier.
— Je suis venue pour tuer Mavros.
Soren posa une main sur la table.
— Ta mission est de le tuer, oui. Mais écoute-moi bien : tu ne dois pas toucher à son fils, sauf s’il se met en travers de ton chemin.
Léna resta silencieuse.
Depuis douze ans, elle n’avait pensé qu’à une seule chose : retrouver l’homme responsable de la mort de ses parents. Elle s’était imaginé plusieurs fois le moment où elle lui planterait une lame dans le cœur.
Mais le portrait d’Ézio continuait de la troubler.
— Je ne laisserai personne m’arrêter,








