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Alliances de Sang

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Résumé

Léna mène une double vie : lycéenne discrète le jour et tueuse à gages la nuit pour payer les soins médicaux urgents de son père hospitalisé. Après qu'on lui ait réclamé 10 000 euros pour le traitement, elle accepte un contrat lucratif sur les docks. Le lendemain, un nouvel élève mystérieux et intimidant nommé Ézio arrive en classe et semble deviner la véritable identité de Léna.

Genre :
Romance
Auteur :
inès13kkk
Statut :
Extrait
Chapitres :
20
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 Le pire jour de ma vie (pour l’instant)

Chapitre 1 : Le pire jour de ma vie (pour l’instant)

Le tic-tac de l’horloge de la classe me cassait grave les oreilles. Franchement, j’en avais trop marre. C’était le cours de philo du mardi matin, le genre de moment où tout le monde a juste envie de s’endormir sur sa table. J’étais assise tout au fond, à ma place habituelle à côté de la fenêtre, le menton enfoncé dans la main. Dehors, une pluie d’octobre s’écrasait contre les vitres, rendant le paysage complètement gris. Je faisais semblant de noter ce que le prof écrivait au tableau. Un truc super relou sur la morale, le bien, le mal, la justice... Genre, la blague de l’année.

Si mes camarades de classe — qui stressaient tous pour leur moyenne ou pour savoir qui allait sortir avec qui le week-end prochain — savaient ce que je faisais de mes nuits, ils feraient tous une crise cardiaque en direct.

À 18 ans, ma vie c’est un enfer. Mes journées se résument à jouer la fille invisible au lycée, celle qui ne fait pas de vague, qui s’habille avec des fringues trop larges et qui ne parle à personne. Mais mes nuits… disons que je fais des “missions” très spéciales. Je suis tueuse à gages. Ouais, comme dans les films d’action ou les séries sombres sur Netflix, mais en beaucoup moins glamour. J’ai pas eu le choix, en vrai. Ma mère est morte quand j’étais gamine, renversée par un chauffard qui n’a même pas pris la peine de s’arrêter. Depuis, mon monde s’est écroulé. Et aujourd’hui, mon père est coincé à l’hôpital, hyper malade, rongé par un p*tain de cancer qui lui bouffe toutes ses forces.

Dès que la sonnerie a enfin retenti, j’ai jeté mes affaires dans mon sac à dos et je suis partie en courant. J’ai pris le bus en direction de l’hôpital central. Le trajet m’a paru durer des heures. Quand j’ai franchi les portes battantes, l’odeur de propre, d’antiseptique et de médicaments m’a soulevé le cœur. C’est une odeur que je déteste, elle me donne envie de vomir à chaque fois parce qu’elle me rappelle la mort qui plane.

Je me suis glissée dans la chambre 312. Mon père était là, allongé au milieu des bips réguliers des moniteurs, l’air tellement faible, tellement squelettique. J’ai eu un nœud énorme dans la gorge.

— Léna… murmura-t-il d’une voix hyper faible en ouvrant un peu les yeux. Tu devrais être au lycée… à réviser tes cours.

— Je vais bien, papa, j’ai répondu en souriant (le faux sourire le plus dur de ma vie) et en lui attrapant sa main qui était brûlante de fièvre. Les profs disent que je suis super forte. Ne t’en fais pas pour moi, d’accord ? Repose-toi.

Mais la vérité m’a rattrapée dès que je suis sortie de la chambre. Le docteur Dubreuil m’attendait dans le couloir, le visage hyper grave. Il m’a emmenée un peu à l’écart.

— Léna, le laboratoire a validé le nouveau protocole expérimental pour votre père. C’est sa toute dernière chance de s’en sortir. Mais la sécurité sociale ne couvre pas ce traitement. Il nous faut un premier versement de 10 000 euros d’ici la fin de la semaine, sinon on va devoir donner sa place à quelqu’un d’autre.

Dix briques. En trois jours. C’était une somme de malade mental. J’ai senti mes jambes trembler, un immense trou noir s’ouvrir sous mes pieds. Mais j’ai forcé mon visage à rester tout droit, hyper froid. Pas le temps de chialer, pas le temps d’avoir peur.

— Vous aurez l’argent après-demain, docteur, j’ai dit d’une voix tellement plate que ça m’a surprise moi-même.

— C’est une somme énorme pour une jeune fille, vous savez… Si vous avez besoin d’une assistante sociale…

— J’ai un travail étudiant qui paye hyper bien, je l’ai coupé en tournant les talons. Ne vous inquiétez pas.

Quelques minutes plus tard, j’étais cachée dans une ruelle sombre derrière l’hôpital. Mes mains tremblaient de rage et de panique. J’ai sorti mon téléphone jetable, celui qui n’a aucun nom d’enregistré dessus, et j’ai appelé mon contact dans le milieu.

— J’ai besoin d’un contrat qui rapporte un max. Tout de suite, j’ai balancé quand ça a décroché.

— Tiens donc, la petite colombe a faim ? a grésillé une voix modifiée de façon hyper flippante au bout du fil. Ça tombe bien. J’ai un type sur les docks. Un trafiquant qui a volé la mauvaise cargaison à des gens très dangereux. C’est payé 15 000 euros. Ce soir, minuit, au hangar 4. Ne te loupe pas.

Je n’ai même pas répondu. J’ai raccroché, j’ai brisé la carte SIM en deux avec mes doigts et je l’ai jetée dans une bouche d’égout. C’était horrible, j’allais devoir tuer quelqu’un, mais c’était ça ou perdre mon père. À minuit pile, sous une pluie battante qui me trempait jusqu’aux os, j’ai fait le job sur les quais déserts. Un tir propre, rapide. Pas de témoin. J’ai récupéré la mallette d’argent et je suis rentrée chez moi en tremblant de tout mon corps, les larmes coulant enfin sur mes joues, mélangées à la pluie. J’ai caché les billets sous mon matelas, mais je n’ai pas réussi à fermer l’œil de la nuit. Je voyais encore le regard du mec s’éteindre.

Le lendemain matin, j’étais un vrai zombie. J’avais dormi à peine deux heures et j’avais des cernes de malade cachées sous la capuche de mon sweat noir. Je me suis réinstallée tout au fond de la classe de philo, épuisée, le corps endolori. C’est là que la porte s’est ouverte et que le prof est entré avec un nouveau mec.

Et là, mon cœur a raté un énorme battement. J’ai juré dans ma tête.

— Prenez place, a dit le prof. Nous accueillons un nouvel élève aujourd’hui. Il s’appelle Ézio.

Ce mec… franchement, il était grand, super beau mais d’une manière hyper flippante et sombre. Il avait des cheveux noirs en bataille, un vieux blouson en cuir noir tout usé et — le truc le plus chelou et stylé du monde — des bandes de boxe blanches enroulées autour des mains et des poignets. Ses yeux étaient noirs comme la nuit, super profonds, super froids. Il dégageait une aura de danger tellement puissante que toute la classe s’est tue d’un coup. C’était irréel. Les meufs du premier rang ont commencé à glousser comme des dindes et à se refaire une beauté, mais lui, il s’en battait grave les couilles. Son regard a balayé la salle, froidement, comme s’il cherchait une cible. Et son regard s’est arrêté pile sur moi.

J’ai senti un frisson de glace me traverser de la tête aux pieds. J’ai direct capté l’étincelle dans ses yeux : ce mec-là connaissait la violence, la vraie. Il n’était pas un lycéen normal, c’était sûr à 100%.

Il a marché vers le fond d’un pas lourd, super assuré, et il s’est assis sur la chaise juste à côté de la mienne, sans même demander si la place était libre. Il a posé un pauvre cahier noir sur la table, même pas de trousse, rien. Pendant que le prof reprenait son cours barbant, Ézio s’est doucement tourné vers moi. Il me fixait grave, le menton appuyé sur son poing bandé, un petit sourire en coin sur les lèvres.

— Tu te caches derrière quoi, la colombe ? il a chuchoté. Sa voix était tellement grave et basse qu’elle m’a fait vibrer la poitrine.

J’ai continué à écrire sur mon cahier en serrant mon stylo à en crever, essayant de garder mon sang-froid.

— Concentre-toi sur le cours, le nouveau, j’ai répondu d’un ton super sec et tranchant. Le bac ne pardonne pas.

Il a lâché un petit rire étouffé, un son super sombre qui m’a fait grave stresser.

— Le cours, je m’en tape complètement. Mais ton joli petit masque, Léna, il m’intéresse beaucoup. On ne triche pas avec quelqu’un qui sait lire les ombres.

Je me suis figée direct. J’ai arrêté de respirer pendant au moins cinq secondes. Je suis devenue blanche comme un linge. Je lui avais jamais dit mon nom. Le prof ne l’avait pas prononcé non plus depuis qu’il était entré. Comment ce mec pouvait savoir qui j’étais ?!

J’ai arrêté d’écrire, j’ai lâché mon stylo et je me suis tournée brusquement vers lui. J’ai planté mes yeux clairs directement dans les siens, en mode prédatrice, oubliant totalement mon rôle de petite fille gentille et transparente. S’il pensait me faire peur, il se trompait de meuf.

— Reste dans ton monde, Ézio, j’ai soufflé entre mes dents. Le mien te détruirait.

Son sourire s’est agrandi, un sourire carnassier, mais ses yeux noirs sont restés hyper froids, presque mortels.

— C’est ce qu’on verra, la colombe. On verra bien qui détruira l’autre en premier.



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