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IL ME CONNAISSAIT AVANT QUE JE LE RENCONTRE

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Résumé

IL ME CONNAISSAIT AVANT QUE JE LE RENCONTRE Un thriller psychologique de Jade Veyne Vesper ne se souvient pas de Caspian, pourtant, lui semble connaître chacun de ses secrets. À son retour à Blackthorn, elle découvre des photographies troublantes et des dossiers médicaux falsifiés. Mais le plus terrifiant reste à venir : une autre jeune femme possède exactement le même visage qu’elle. Qui est Lena, et quel lien les unit réellement ? En cherchant des réponses, Vesper découvre que son passé repose sur des mensonges. Caspian prétend vouloir la protéger, mais il cache une vérité inquiétante. Pourquoi a-t-il signé un certificat de décès lié à son histoire ? Et que s’est-il réellement passé durant cette nuit dont elle ne se souvient presque pas ? Entre identités échangées, secrets de famille et souvenirs effacés, chaque révélation soulève de nouvelles questions. Trois filles sont liées par un mystère capable de détruire plusieurs vies. Mais lorsque Vesper découvrira la vérité, sera-t-elle encore reconnaître sa propre identité ? Et si l’homme qui la connaissait avant leur rencontre était aussi celui qui lui avait volé sa vie ?

Genre :
Thriller,Drama
Auteur :
Jade Veyne
Statut :
Terminé
Chapitres :
20
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Le garçon qui connaissait déjà mon nom


Certaines villes gardent vos secrets. D’autres attendent simplement que vous reveniez pour vous les faire payer.

À Blackthorn, tout le monde connaissait mon nom.

C’était l’un des problèmes de cette ville.

L’autre, c’était que certaines personnes semblaient me connaître mieux que je ne me connaissais moi-même.

Je l’ai compris le jour de mon retour, quand un inconnu m’a envoyé une photo de moi prise moins de dix minutes auparavant.

Mais à ce moment-là, je ne savais pas encore que ce garçon allait devenir mon plus grand problème.

Ni qu’un jour, je serais incapable de distinguer ce qui me faisait le plus peur chez lui : ce qu’il me cachait, ou la façon dont il me regardait.

— Tu sais que tu peux encore faire demi-tour ?

Je jetai un coup d’œil à ma meilleure amie, installée sur le siège passager, les pieds sur le tableau de bord.

— Tu veux vraiment que je fasse demi-tour après trois heures de route ?

— Honnêtement ? Oui.

Je ris malgré moi.

— Tu es censée me soutenir.

— Je te soutiens. Mais je soutiens aussi ta santé mentale, et cette ville est mauvaise pour les deux.

Je tournai les yeux vers la route.

Blackthorn apparut au détour d’un virage, nichée entre des collines couvertes d’arbres. De jolies maisons aux façades blanches, des boutiques aux vitrines impeccables, un vieux cinéma et des rues bordées de lampadaires noirs.

De loin, tout semblait parfait.

C’était le genre d’endroit où les gens se mariaient avec leur amour de lycée, où les familles organisaient des barbecues le dimanche et où les filles portaient des pulls trop grands pour aller chercher leur café.

Une carte postale.

Avec un cadavre caché derrière le cadre.

— Tu n’as rien dit depuis cinq minutes, remarqua ma meilleure amie.

— Je réfléchis.

— À quoi ?

Je serrai légèrement le volant.

À une fille aux cheveux blonds qui riait au bord d’un lac.

À une soirée dont je ne me souvenais jamais entièrement.

À une porte que je n’aurais jamais dû ouvrir.

Et à une promesse que j’avais faite deux ans plus tôt.

— À rien.

Elle me lança un regard sceptique, mais n’insista pas.

C’était pour ça que je l’aimais.

Elle savait quand poser des questions.

Et, surtout, quand ne pas en poser.

Je m’appelle Vesper Vale. J’ai vingt ans, un diplôme que je n’ai pas encore décidé d’utiliser et une tendance regrettable à fuir les problèmes plutôt qu’à les résoudre.

Il y a deux ans, j’ai quitté Blackthorn sans dire au revoir à presque personne.

Aujourd’hui, j’y revenais.

Et je détestais déjà ça.

Ma maison était exactement comme dans mes souvenirs.

Les volets blancs. Les rosiers de ma mère. Le petit banc sous la fenêtre de la cuisine.

Rien n’avait changé.

C’était presque insultant.

Ma meilleure amie m’aida à sortir les valises du coffre.

— Bon, annonça-t-elle, si tu rencontres un milliardaire mystérieux dans les prochaines quarante-huit heures, je veux être la première au courant.

Je levai les yeux au ciel.

— Pourquoi un milliardaire ?

— Parce que tu as assez souffert. Autant que ce soit avec quelqu’un qui possède un yacht.

— Je préfère quelqu’un qui sait faire la différence entre une fourchette et un couteau.

— Tu demandes vraiment trop.

Je ris.

Et pendant quelques secondes, je me sentis presque normale.

Puis une voiture noire passa lentement devant la maison.

Très lentement.

Je ne distinguai pas le conducteur, seulement une silhouette masculine derrière la vitre teintée.

La voiture continua sa route.

— Tu connais cette voiture ? demandai-je.

Ma meilleure amie se retourna.

— Non. Pourquoi ?

— Rien.

Je n’avais aucune raison de m’inquiéter.

Blackthorn n’était pas une prison. Les gens avaient le droit de circuler.

J’essayai de me convaincre que je n’avais pas remarqué la voiture parce qu’elle ressemblait étrangement à celle qui stationnait devant mon ancien lycée, le soir où tout avait basculé.

Mais je mentais.

Et je savais reconnaître un mensonge, surtout quand il venait de moi.

À dix-neuf heures, j’étais seule dans ma chambre.

Ma meilleure amie était repartie chez elle, en promettant de revenir le lendemain avec du café et des croissants.

J’avais défait deux cartons, retrouvé un vieux sweat-shirt et passé vingt minutes à essayer de me souvenir pourquoi j’avais conservé une collection de magazines datant de 2019.

Mon téléphone vibra.

Un message.

Numéro inconnu.

Alors, le voyage s’est bien passé ?

Je fronçai les sourcils.

Je répondis :

Qui est-ce ?

Le message fut lu presque immédiatement.

Pas de réponse.

Je laissai tomber mon téléphone sur le lit et continuai à ranger.

Trois minutes plus tard, il vibra de nouveau.

Une photo.

Je l’ouvris.

Mon sourire disparut.

C’était moi.

Devant ma maison.

Avec ma valise dans une main et mes cheveux emportés par le vent.

La photo avait été prise aujourd’hui.

Quelques heures plus tôt.

Je zoomai sur l’image, espérant trouver quelque chose, n’importe quoi, qui me permettrait de comprendre qui l’avait prise.

En bas de la photo, un message apparut.

Tu es encore plus jolie que dans mes souvenirs.

Je cessai de respirer pendant une seconde.

Puis je tapai :

Qui êtes-vous ?

La réponse arriva immédiatement.

Tu ne me reconnaîtrais pas.

Je regardai la fenêtre.

Les rideaux étaient ouverts.

Dehors, la rue était presque déserte. Une vieille dame promenait son chien de l’autre côté du trottoir. Un livreur remontait dans son véhicule.

Personne ne semblait me regarder.

Je refermai les rideaux.

Mon téléphone vibra une troisième fois.

Ne fais pas ça.

Je reculai d’un pas.

Puis un autre message apparut.

J’aimais bien la vue.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

Je composai le numéro de ma meilleure amie.

Elle décrocha au bout de deux sonneries.

— Tu as déjà cassé quelque chose ?

— Quelqu’un m’envoie des messages.

Son ton changea immédiatement.

— Quel genre de messages ?

Je lui expliquai tout.

La photo. Les phrases. Le fait que l’inconnu sache que j’étais rentrée.

Elle resta silencieuse un instant.

— Vesper, appelle la police.

— Pour quoi ? Une photo prise depuis la rue ?

— Quelqu’un te surveille.

— Tu ne crois pas que j’exagère un peu ?

— Non.

Sa réponse fut si rapide que je me tus.

Puis elle ajouta :

— Verrouille les portes. Je viens demain matin.

— Tu ne peux pas venir maintenant ?

— Je suis à l’autre bout de la ville et ma voiture est au garage. Mais si tu veux, je peux rester au téléphone avec toi.

Je regardai la porte de ma chambre.

— Oui. S’il te plaît.

Je m’assis sur mon lit et attendis que ma respiration ralentisse.

Je me sentais ridicule.

J’avais vingt ans, pas douze.

Je n’allais pas passer la nuit terrorisée à cause d’un inconnu qui envoyait des messages étranges.

J’allais verrouiller les portes, prendre une douche et dormir.

C’était tout.

Puis, pendant que ma meilleure amie me parlait de son travail, j’entendis un bruit.

Trois petits coups.

À la fenêtre.

Je me figeai.

— Vesper ? Tu es toujours là ?

Je ne répondis pas.

Les coups recommencèrent.

Trois fois.

Lentement.

Je tournai la tête vers les rideaux.

— Vesper ?

Je raccrochai sans réfléchir.

Le silence retomba dans la chambre.

Je pris mon téléphone à deux mains et m’approchai de la fenêtre.

Je tirai le rideau d’un geste brusque.

Personne.

Seulement le jardin, les arbres et l’allée qui menait au portail.

Je soufflai, presque honteuse de ma peur.

Puis je remarquai une silhouette près de la grille.

Un homme.

Grand, vêtu d’un manteau noir, les mains dans les poches.

Il ne bougeait pas.

Il regardait ma fenêtre.

Même à cette distance, j’eus la certitude étrange qu’il savait exactement où je me trouvais.

Je restai immobile.

Il leva la tête.

Nos regards se croisèrent.

Et, au lieu de partir ou de détourner les yeux, il sourit.

Un sourire discret.

Presque tendre.

Comme s’il venait de retrouver quelque chose qu’il avait perdu depuis longtemps.

Je reculai, le cœur battant.

Quand je regardai de nouveau, il avait disparu.

Je courus jusqu’à la porte d’entrée et vérifiai la serrure.

Fermée.

La porte arrière.

Fermée.

Toutes les fenêtres.

Fermées.

Je remontai dans ma chambre et saisis mon téléphone.

Un nouveau message m’attendait.

Tu devrais arrêter de vérifier les portes.

Je sentis mes doigts devenir froids.

Un deuxième message arriva.

Je ne suis pas venu pour entrer.

Puis un troisième.

Pas ce soir.

Je bloquai le numéro.

J’avais besoin de dormir. De réfléchir. De comprendre.

Mais avant de poser mon téléphone, je reçus une dernière notification.

Une photo.

Cette fois, ce n’était pas moi.

C’était un garçon.

Cheveux sombres, mâchoire dessinée, regard clair et expression indéchiffrable. Il portait un tee-shirt noir et une chaîne argentée autour du cou.

Il était beau.

D’une manière presque agaçante.

Le genre de beauté qui attirait les regards sans qu’il ait besoin de faire quoi que ce soit.

Sous la photo, une phrase :

Tu te souviens de Caspian Voss ?

Je fixai l’écran.

Caspian Voss.

Le nom ne me disait absolument rien.

J’ouvris la photo en grand.

Il regardait l’objectif avec un calme troublant.

Puis je remarquai un détail.

Autour de son cou, une chaîne argentée.

Au bout, un petit pendentif en forme de lune.

Je portai instinctivement la main à mon propre cou.

Ma chaîne était toujours là.

Mais le pendentif avait disparu depuis deux ans.

Depuis la nuit où Lena Hart s’était volatilisée.

Je zoomai sur la photo, le souffle court.

Le pendentif que portait Caspian était identique au mien.

Pas ressemblant.

Identique.

Mon téléphone vibra une dernière fois.

Tu as grandi, Vesper.

Je sentis mon estomac se nouer.

Dommage que tu aies oublié notre première rencontre.

Je relus le message.

Encore.

Et encore.

Puis une dernière phrase apparut.

« Demain, fais-moi une faveur : ne tombe pas amoureuse de moi. »

Je fixai l’écran, incapable de comprendre si je devais rire ou appeler la police.

Un inconnu me surveillait.

Il possédait un objet qui m’appartenait.

Il connaissait mon passé.

Et, apparemment, il savait déjà ce qui allait se passer demain.

Je n’avais aucune idée de qui était Caspian Voss.

Mais une chose était certaine.

Je venais de rentrer à Blackthorn.

Et quelqu’un avait déjà décidé que ma vie lui appartenait.

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