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LES FAUX-SEMBLANTS

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Résumé

Et si l’homme que tu aimais avait été payé pour te séduire ? Léa tombe amoureuse de Gabriel, un homme mystérieux qui semble pourtant la comprendre mieux que personne. Mais leur rencontre n’était pas un hasard. Gabriel avait été engagé pour entrer dans sa vie et récupérer un secret que sa famille cherche désespérément à protéger. Alors que les vérités commencent à apparaître, Léa découvre que son père, son entourage et même les personnes auxquelles elle faisait le plus confiance lui ont caché une partie de la réalité. Mais Gabriel aussi cache quelque chose. Est-il le manipulateur qu’elle croit… ou est-il devenu prisonnier de ses propres sentiments ?

Genre :
Drama
Auteur :
Jade Veyne
Statut :
Terminé
Chapitres :
12
Rating
n/a
Classification par âge :
16+

Chapitre 1 — Le mauvais homme

Certaines histoires d’amour commencent par un coup de foudre. La mienne a commencé par un avertissement que j’ai choisi d’ignorer.

Je n’aurais jamais dû entrer dans ce restaurant.

C’est la première chose que je me suis dite en voyant Gabriel sourire à Romane.

Pas son sourire habituel, celui qu’il m’avait offert toute la soirée. Non. Celui-là était différent. Plus froid. Presque amusé.

Comme s’il venait de retrouver un vieux jouet qu’il pensait avoir perdu.

Et Romane, elle, avait l’air de vouloir disparaître.

Mais pour comprendre comment j’en suis arrivée là, il faut revenir trois heures en arrière.

— Si tu changes encore de tenue, je pars sans toi.

La voix de Romane traversa la porte de ma chambre.

— Deux minutes !

— Tu as dit ça il y a vingt minutes !

Je ris en ajustant la fermeture de ma robe bordeaux. Ce soir, Romane avait décidé de célébrer ma rupture avec Thomas. Selon elle, trois mois à pleurer un garçon qui m’avait remplacée avant même de me quitter méritaient au moins une bouteille de champagne.

Moi, j’aurais préféré rester chez moi, commander une pizza et prétendre que les hommes n’existaient pas.

Mais Romane ne connaissait pas le concept de tranquillité.

— Tu es magnifique, annonça-t-elle lorsque je sortis enfin.

Elle me regarda de la tête aux pieds.

— Ce soir, tu ne penses ni à Thomas ni à ses nouvelles photos de couple.

— Je ne les regarde même plus.

— Bien sûr. Et moi, je suis la reine d’Angleterre.

Je lui lançai un coussin.

Elle éclata de rire.

Romane était comme ça. Elle pouvait vous faire pleurer de rire cinq minutes après vous avoir trouvée en larmes. Elle connaissait mes pires défauts, mes secrets les plus embarrassants et toutes les raisons pour lesquelles j’avais du mal à faire confiance aux hommes.

C’était ma meilleure amie depuis l’université.

La sœur que je n’avais jamais eue.

Du moins, c’est ce que je croyais.

Nous vivions à Lyon, dans deux appartements différents, mais nous passions tellement de temps ensemble que nos voisins nous prenaient pour des colocataires. Elle travaillait dans la communication d’une marque de luxe. Moi, j’étais assistante dans une agence événementielle.

Nous n’avions pas les mêmes ambitions, ni le même caractère.

Romane aimait attirer l’attention.

J’aimais observer les gens avant de leur accorder ma confiance.

Et pourtant, ce soir-là, c’est moi qui allais faire la plus grosse erreur.

Le restaurant se trouvait sur une petite place du Vieux Lyon. Lumières dorées, musique discrète, serveurs impeccables et clients habillés comme s’ils avaient tous quelque chose à prouver.

Romane connaissait la moitié des personnes présentes.

Moi, je connaissais surtout le menu.

— Ne reste pas collée à moi toute la soirée, me prévint-elle. Fais des rencontres.

— Je suis venue avec toi, pas pour passer un entretien d’embauche.

— Léa, tu as vingt-neuf ans. Tu ne peux pas passer les dix prochaines années à comparer chaque homme à Thomas.

Je grimaçai.

— Merci pour ce discours motivant.

— Je t’aime aussi.

Elle disparut avant que je puisse répondre.

Je m’installai au bar et commandai un cocktail sans alcool. J’observais les gens quand une voix masculine s’éleva derrière moi.

— Vous avez l’air de vouloir vous enfuir.

Je tournai la tête.

Il était grand, les cheveux bruns légèrement désordonnés, une chemise blanche dont les manches étaient retroussées et un regard beaucoup trop sûr de lui.

— C’est si évident ?

— Vous regardez la sortie toutes les trente secondes.

— Peut-être que j’attends quelqu’un.

— Alors cette personne est en retard.

Je souris malgré moi.

— Vous analysez toutes les femmes que vous abordez ?

— Seulement celles qui ont l’air de s’ennuyer.

Il s’installa à côté de moi sans attendre que je l’y invite.

— Gabriel.

— Léa.

Il répéta mon prénom doucement, comme s’il voulait en mémoriser la sonorité.

— Enchanté, Léa.

Il avait quelque chose d’agaçant.

Pas parce qu’il était arrogant, mais parce qu’il savait exactement quand sourire, quand se taire et quand me regarder assez longtemps pour me faire perdre le fil de mes pensées.

Je détestais les hommes comme lui.

Enfin, c’est ce que je me racontais.

— Vous êtes toujours aussi sûr de vous ? demandai-je.

— Non.

— Ah bon ?

Il se pencha légèrement vers moi.

— Avec vous, je fais un effort.

Je levai les yeux au ciel, mais mon sourire me trahit.

Nous avons parlé pendant presque une heure.

De nos métiers, de Lyon, des voyages que nous voulions faire et des endroits que nous n’avions jamais osé visiter seuls. Il était drôle sans en faire trop, attentif sans sembler étouffant.

Quand je lui expliquai que je venais de sortir d’une relation compliquée, il ne me demanda pas pourquoi.

Il se contenta de dire :

— J’espère qu’il a compris ce qu’il a perdu.

Cette phrase aurait dû me paraître banale.

Pourtant, elle me fit quelque chose.

Peut-être parce que, depuis trois mois, personne ne m’avait regardée comme si j’avais encore quelque chose à offrir.

Gabriel, lui, semblait déjà le savoir.

— Vous avez quelqu’un ? demandai-je finalement.

Il sourit.

— Non.

La réponse était simple.

Trop simple, peut-être.

Mais je n’avais aucune raison de douter de lui.

Pas encore.

Vers vingt-deux heures, la musique changea et les conversations devinrent plus bruyantes. Gabriel m’invita à prendre l’air sur la terrasse.

La nuit était fraîche.

Il retira sa veste et la posa sur mes épaules.

— Tu fais toujours ça ? demandai-je.

— Quoi ?

— Être charmant avec les inconnues.

— Seulement quand elles me plaisent.

Je baissai les yeux pour cacher mon sourire.

Il posa doucement une main sur ma taille.

Je relevai la tête.

Il attendit.

Ce détail me surprit. Il ne se précipita pas, ne força rien. Il me laissa décider de la distance qui nous séparait.

Alors je m’approchai.

Son baiser fut doux au début, presque prudent. Puis je sentis sa main se resserrer légèrement autour de ma taille.

Pendant quelques secondes, j’oubliai Thomas, les mois de doute et les nuits où je m’étais demandé pourquoi je n’étais jamais assez bien.

Gabriel recula le premier.

— Tu souris, murmura-t-il.

— Et alors ?

— Rien. J’aime bien quand tu fais ça.

Je le regardai.

C’était ridicule. Je le connaissais depuis moins de deux heures.

Et pourtant, je me sentais étrangement à l’aise avec lui.

Comme si je pouvais baisser la garde.

C’était précisément ce qui aurait dû m’inquiéter.

Lorsque nous sommes rentrés, Romane nous attendait près du bar.

Elle me regarda d’abord, puis posa les yeux sur Gabriel.

Son visage changea.

Pas progressivement.

D’un seul coup.

Son sourire disparut, ses épaules se raidirent et elle devint si pâle que je crus qu’elle allait tomber.

— Romane ?

Elle ne répondit pas.

Gabriel, lui, ne sembla pas surpris.

Il glissa les mains dans ses poches et inclina légèrement la tête.

— Bonsoir, Romane.

Je regardai l’un, puis l’autre.

— Vous vous connaissez ?

Romane attrapa mon poignet.

— Léa, viens avec moi.

— Attends. Qu’est-ce qui se passe ?

— S’il te plaît.

Je n’avais jamais entendu cette voix chez elle. Pas même lorsqu’elle avait appris que son père était hospitalisé.

Je suivis son regard.

Gabriel n’essayait pas de nous retenir.

Il nous observait simplement, avec une expression presque amusée.

Cela me mit mal à l’aise.

Nous nous éloignâmes jusqu’au couloir menant aux toilettes.

Romane lâcha mon poignet.

— Dis-moi que tu n’as rien fait avec lui.

Je fronçai les sourcils.

— Pardon ?

— Tu l’as embrassé ?

Je restai silencieuse une seconde.

— Oui. Pourquoi ?

Elle ferma les yeux.

— Mon Dieu…

— Romane, explique-moi !

Elle se retourna vers moi.

— Gabriel est mon ex.

Je crus avoir mal entendu.

— Ton ex ?

— Nous avons été ensemble pendant presque un an.

Je secouai la tête.

— Tu ne m’as jamais parlé d’un Gabriel.

— Parce que je ne veux plus entendre parler de lui !

Sa voix résonna dans le couloir.

Quelques personnes se retournèrent.

Elle baissa le ton.

— Je l’ai quitté il y a six mois. Et je ne veux pas que tu vives ce que j’ai vécu.

Je sentis ma gorge se serrer.

— Qu’est-ce qu’il t’a fait ?

Romane hésita.

Ce n’était pas son genre. Elle avait toujours les mots faciles, les réponses rapides, les opinions bien arrêtées.

Mais cette fois, elle semblait chercher comment raconter quelque chose qu’elle aurait préféré oublier.

— Au début, il était parfait. Il se souvenait de tout, faisait attention à chaque détail, me disait que j’étais différente des autres.

Je ne dis rien.

— Puis il a commencé à critiquer mes amies. Pas directement. Il disait que certaines ne me méritaient pas, que d’autres étaient jalouses de moi. Quand je sortais sans lui, il devenait distant. Il ne m’interdisait rien, Léa. Il faisait pire.

— Quoi ?

— Il me donnait l’impression de le décevoir.

Elle détourna les yeux.

— J’ai fini par annuler des sorties, par cacher des choses sans importance pour éviter les disputes. Un jour, je me suis rendu compte que je demandais la permission pour des choses que je faisais librement avant lui.

Je sentis un frisson me parcourir.

— Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?

Romane eut un rire sans joie.

— Parce que j’avais honte. Et parce que j’étais persuadée qu’il finirait par changer.

Elle prit mes mains.

— Léa, je ne te demande pas de me croire sur parole. Je te demande seulement de prendre ton temps.

Je pensai au regard de Gabriel, à sa manière de m’écouter, à son attention.

Rien de ce qu’elle décrivait ne correspondait à l’homme que j’avais rencontré.

— Tu es sûre que tu ne confonds pas avec quelqu’un d’autre ?

Elle retira ses mains.

Son expression me fit immédiatement regretter ma question.

— Tu crois que j’invente ?

— Non ! Je veux juste comprendre.

— Alors comprends ceci : je ne suis pas jalouse de toi. Je ne veux pas le récupérer. Je ne veux même plus le revoir.

Elle inspira profondément.

— Je veux simplement que tu puisses encore reconnaître tes propres décisions quand tu seras avec lui.

Je ne trouvai rien à répondre.

Derrière nous, une porte s’ouvrit.

Gabriel apparut au bout du couloir.

— Tout va bien ?

Romane se raidit.

Je me retournai vers lui.

Il me regarda avec douceur.

— Je suis désolé. Je ne savais pas que vous étiez aussi proches.

Puis il se tourna vers Romane.

— Je suppose que tu lui as raconté ta version.

— Ne fais pas ça, Gabriel.

Il leva les mains, comme s’il voulait montrer qu’il ne cherchait pas la confrontation.

— Je ne fais rien. Léa m’a posé une question tout à l’heure. Je lui ai répondu honnêtement.

Il revint vers moi.

— Romane et moi avons eu une relation compliquée. Nous avons tous les deux fait des erreurs.

Romane eut un petit rire incrédule.

— Tes erreurs ?

— Oui, Romane. Les tiennes aussi.

Il ne criait pas. Il ne l’insultait pas. Il gardait cette voix calme qui rendait la scène encore plus inconfortable.

— Tu m’as quitté sans vouloir discuter, poursuivit-il. Tu as raconté à tes amis que j’étais un monstre. Tu as refusé de me laisser m’expliquer.

— Parce que je savais exactement comment tu allais retourner les choses !

Il soupira.

— Voilà. C’est exactement ce dont je parle.

Il se tourna vers moi.

— Tu vois ce que je veux dire ? Avec elle, tout finit par devenir un conflit.

Je sentis quelque chose se fissurer en moi.

Romane était mon amie depuis des années.

Gabriel était un homme que je venais de rencontrer.

Je savais parfaitement qui je devais croire.

Et pourtant, sa façon de présenter les choses me fit hésiter une fraction de seconde.

C’était peut-être cela, le plus inquiétant.

Il n’essayait pas de me convaincre qu’elle mentait.

Il me laissait simplement imaginer qu’elle pouvait avoir tort.

— Je vais rentrer, annonça Romane.

Elle se tourna vers moi.

— Je t’appellerai demain.

Je hochai la tête, incapable de trouver les bons mots.

Elle partit sans regarder Gabriel.

Lorsqu’elle eut disparu, il resta silencieux quelques secondes.

Puis il me tendit mon sac.

— Je suis désolé que tu aies découvert tout ça comme ça.

Je le regardai attentivement.

— Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu la connaissais ?

Il baissa les yeux.

— Parce que je ne voulais pas gâcher notre soirée.

— Tu savais que j’étais sa meilleure amie ?

Il hésita.

Une seconde à peine.

Mais je la remarquai.

— Non, répondit-il. Je l’ai compris quand elle est arrivée.

Je voulus le croire.

Vraiment.

Il s’approcha doucement.

— Je ne vais pas te demander de choisir entre elle et moi, Léa. Ce serait injuste.

Il effleura ma joue.

— Apprends simplement à me connaître. Tu te feras ta propre opinion.

C’était exactement ce que je voulais entendre.

Il ne me demandait pas de couper les ponts avec Romane. Il ne me demandait pas de le défendre. Il me laissait libre.

Et pourtant, lorsqu’il me proposa de me raccompagner, je remarquai que je n’avais pas répondu à un seul des appels de mon amie.

Je sortis mon téléphone.

Trois appels manqués.

Je commençai à écrire un message, puis m’arrêtai.

Gabriel regardait la rue.

— Tu devrais peut-être lui laisser un peu de temps, dit-il. Elle a l’air bouleversée.

Je reposai mon téléphone.

— Oui. Tu as raison.

Il ne sourit pas.

Il n’en avait pas besoin.

Dans la voiture, Gabriel me raconta quelques souvenirs de leur relation. Il ne la dénigra pas ouvertement. Il évoqua plutôt des disputes, des malentendus et des moments où ils s’étaient fait du mal.

À chaque fois que je lui posais une question précise, il répondait sans s’énerver.

Il semblait sincère.

Quand nous arrivâmes devant mon immeuble, il coupa le moteur.

— J’ai passé une très belle soirée avec toi, dit-il.

Je souris timidement.

— Malgré tout ça ?

— À cause de tout ça, peut-être.

Je fronçai les sourcils.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il prit ma main.

— Je n’ai pas envie de faire semblant avec toi. Si quelque chose te dérange, tu me le dis. Si tu as un doute, tu me poses la question. Je préfère une conversation difficile à un mensonge confortable.

Je le regardai.

Ces mots me touchèrent davantage que je ne voulais l’admettre.

— D’accord.

Il embrassa mes doigts.

— Bonne nuit, Léa.

Je descendis de la voiture avec le cœur léger et l’esprit embrouillé.

Je venais de découvrir que l’homme qui m’attirait avait brisé le cœur de ma meilleure amie.

Mais je n’avais encore aucune preuve qu’il me ferait la même chose.

Et une partie de moi voulait croire que les gens pouvaient changer.

Je montai chez moi, retirai mes chaussures et m’installai sur mon lit.

Mon téléphone vibra.

Un message de Romane.

Je suis désolée de t’avoir mise dans cette situation. Je t’aime. On parlera demain.

Je relus son message deux fois.

Puis je répondis :

Moi aussi, je t’aime.

J’étais sur le point de poser mon téléphone lorsqu’un autre message arriva.

Cette fois, c’était Gabriel.

Je sais que cette soirée était compliquée. Mais je suis heureux de t’avoir rencontrée.

Je souris malgré moi.

Puis un dernier message apparut.

Romane.

Léa, j’ai oublié de te dire quelque chose.

Je me redressai.

Un second message suivit.

Gabriel ne m’a jamais quittée. C’est moi qui suis partie.

Je fixai l’écran.

Ce détail ne changeait pas ce qu’elle m’avait raconté. Mais je ne comprenais pas pourquoi elle avait attendu maintenant pour me le préciser.

Puis mon téléphone vibra une nouvelle fois.

Et il y a une raison pour laquelle je suis partie.

Je retins mon souffle.

Le message suivant arriva.

« La dernière fois que j’ai essayé de le quitter, il a fait en sorte que je perde la personne qui comptait le plus pour moi. »

Je relus la phrase.

Une fois.

Deux fois.

Mes doigts se crispèrent autour du téléphone.

Je composai immédiatement le numéro de Romane.

Elle décrocha à la deuxième sonnerie.

— Léa ?

Sa voix tremblait.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? Qu’est-ce qu’il a fait ?

Un silence.

Puis elle murmura :

— Je ne peux pas t’expliquer ça au téléphone.

— Romane, tu me fais peur.

— Écoute-moi bien. Ne lui parle pas de ce que je viens de t’envoyer. Ne lui dis pas que je t’ai raconté quoi que ce soit.

Je me levai.

— Pourquoi ?

Sa réponse me glaça.

— Parce que Gabriel vient de m’appeler.

Je cessai de respirer.

— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

J’entendis Romane renifler.

Puis elle prononça six mots.

Six mots qui firent disparaître le peu de confiance que j’avais encore en cette soirée.

— Il m’a demandé si tu étais seule.

La communication se coupa.

Je restai debout au milieu de ma chambre, le téléphone contre l’oreille.

Puis quelqu’un sonna à ma porte.

Une fois.

Deux fois.

Je m’approchai lentement de l’entrée et regardai par le judas.

Gabriel.

Il tenait un petit sac en papier dans une main.

Lorsqu’il me vit derrière la porte, il sourit.

— Léa ? Ouvre-moi. J’ai oublié quelque chose dans ma voiture.

Je ne bougeai pas.

Il frappa doucement.

— Mon cœur ?

Je reculai d’un pas.

Puis je regardai mon téléphone.

Un nouveau message de Romane venait d’apparaître.

Quoi que tu fasses, ne le laisse pas entrer.

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