NOTE DE L’AUTRICE
À celles et ceux qui ont cru qu’après tant de tempêtes, le calme durerait enfin…
Il y a des histoires que l’on écrit pour raconter une rencontre, d’autres pour faire naître un amour, et puis il y a celles qui nous obligent à regarder ce qui se passe après les grandes déclarations, lorsque les promesses ont été prononcées, que les blessures semblent cicatriser et que deux personnes doivent apprendre à vivre avec tout ce qu’elles ont traversé.
Les Fêlures de l’Amour appartient à cette dernière catégorie.
Depuis le début de leur histoire, Aiden et Émilie ont connu des moments où s’aimer semblait être la chose la plus naturelle du monde, et d’autres où leurs sentiments ne suffisaient plus à les protéger de leurs propres erreurs. Ils ont appris à se retrouver, à pardonner certaines blessures et à reconstruire une relation qui aurait pu disparaître sous le poids de leurs silences.
Mais une reconstruction n’est jamais une garantie.
On peut aimer quelqu’un de toutes ses forces et continuer à lui cacher ce qui nous effraie. On peut vouloir protéger sa famille avec une sincérité absolue et prendre, malgré soi, des décisions qui la fragilisent. On peut même croire que l’on agit pour le bien de ceux que l’on aime, sans remarquer que l’on commence à leur retirer le droit de choisir à nos côtés.
C’est cette contradiction que j’ai voulu explorer dans ce cinquième tome.
Je ne voulais pas raconter un amour devenu soudainement fragile parce que les sentiments auraient disparu, ni transformer les difficultés d’Aiden et d’Émilie en une succession de malentendus qui pourraient être réglés par une simple conversation.
Je voulais aller plus loin, là où les bonnes intentions rencontrent leurs conséquences, où les peurs anciennes influencent les décisions présentes et où la confiance devient parfois plus difficile à préserver que l’amour lui-même.
Car il existe des blessures qui ne se voient pas immédiatement.
Elles apparaissent dans une question à laquelle on ne répond pas vraiment, dans un regard que l’on détourne, dans une inquiétude que l’on préfère garder pour soi ou dans cette habitude dangereuse de croire que l’on peut porter seul le poids de toute une famille.
Elles s’installent lentement, presque silencieusement, jusqu’au jour où l’on découvre qu’une distance s’est créée entre deux personnes qui continuent pourtant à s’aimer.
À travers Aiden, je voulais montrer combien il peut être difficile de se détacher d’un passé qui nous a façonnés, surtout lorsque certaines habitudes ont longtemps ressemblé à des moyens de survivre. Son parcours ne sera pas celui d’un homme qui cesse simplement de commettre des erreurs, mais celui d’un homme qui devra comprendre que la volonté de protéger ne justifie pas toutes les décisions.
À travers Émilie, je voulais également raconter une autre forme de courage, moins spectaculaire peut-être, mais tout aussi essentielle : celui de continuer à exister en dehors de son couple, de reconnaître ses propres besoins et de comprendre qu’aimer profondément quelqu’un ne signifie pas devoir accepter de se perdre pour lui.
Et au milieu de leurs incertitudes, il y a Lucas, leurs projets, leur maison et cette vie qu’ils ont mis tant de temps à construire, autant de raisons de continuer à avancer, mais aussi autant de choses qu’ils redoutent de voir leur échapper.
Ce cinquième tome ne cherchera pas à rendre leurs choix toujours faciles à comprendre, ni leurs réactions systématiquement irréprochables.
Il y aura des décisions qui dérangeront, des silences qui feront mal et des moments où tu auras peut-être envie de leur demander pourquoi ils compliquent encore ce qui pourrait sembler si simple de l’extérieur.
Mais j’espère surtout que tu continueras à regarder au-delà de leurs erreurs, sans nécessairement les excuser, pour comprendre les peurs, les contradictions et les blessures qui les accompagnent.
Parce que l’amour ne devient pas plus véritable lorsqu’on lui invente une perfection qu’il ne possède pas.
Il devient parfois plus bouleversant lorsqu’on ose montrer ses limites.
Alors, avant de tourner cette première page, je voudrais simplement te demander une chose : n’attends pas d’Aiden et d’Émilie qu’ils soient devenus des personnes parfaites parce qu’ils ont déjà beaucoup souffert.
Ils restent humains, avec leurs espoirs, leurs failles et cette difficulté à toujours faire ce qu’ils savent pourtant être juste.
Accompagne-les dans cette nouvelle partie de leur histoire en gardant à l’esprit que les fêlures les plus profondes ne sont pas nécessairement celles qui annoncent la fin d’un amour.
Parfois, elles révèlent simplement tout ce qu’il reste à comprendre pour apprendre à aimer autrement.
Bienvenue dans Les Fêlures de l’Amour.
Là où les promesses rencontrent leurs conséquences, et où aimer ne signifie pas toujours savoir comment rester.
Jessica Begue ♡








