♡ 1 ♡
♡ ♡ ♡
J'ai l'habitude des regards. Les regards de ceux qui crèvent d'envie de baiser. Ceux de ceux qui sont jaloux de ce qu'ils n'ont pas. Même les regards des gens qui sont dans des relations stables.
Alors que je traverse le campus de Bangtan University, j'en reçois de tous les côtés. Bien sûr, j'avais droit au même traitement au lycée, donc je suis habitué.
Au lycée, j'étais considéré comme un fuck boy, si c'est vraiment comme ça qu'on veut m'appeler. Je suis juste très expérimenté dans le domaine du sexe. Mais même si je couchais à droite à gauche, j'étais plutôt populaire. Même les filles que je baisais une fois avant de me casser m'adoraient. Au contraire, elles se battaient encore plus pour moi après ça.
Je n'ai jamais été porté sur les relations. Je n'aime pas l'idée d'être attaché à quelqu'un. Je n'ai pas envie de suivre quelqu'un comme un petit chien ou qu'on m'empêche d'aller voir ailleurs. Évidemment, par « ailleurs », je veux dire d'autres filles. Mais ouais, l'engagement, c'est pas pour moi.
À la fac, j'espère que ma vie ne changera pas trop. J'aimais bien comment c'était au lycée. Sport, révisions, sexe, dodo. C'était ma routine et j'ai bien l'intention de continuer comme ça ici. J'avais de bonnes notes, un beau corps et une super vie sexuelle. Ça me plaisait.
J'ai déjà fait la semaine d'intégration. Aujourd'hui, c'est le jour où je trouve ma fraternité, les gars avec qui je vais passer le plus clair de mon temps. La fraternité où je vais sûrement passer tout mon cursus universitaire.
J'ai trois exigences majeures pour la fraternité que je vais choisir. De l'intimité, pas de couvre-feu, et le droit de baiser dans la maison.
J'ai déjà checké deux fraternités et les deux étaient un peu bizarres. Ils étaient soit super bruyants et relous, soit coincés et intellos. À ce stade, je vais aller voir toutes les maisons qui restent.
Les fraternités, ça veut dire moins de frais pour la fac. Et ça permet de s'éloigner de mes débiles de parents qui n'en ont strictement rien à foutre de moi.
Je regarde le plan du campus, puis je lève les yeux vers la maison devant moi. « Ça doit être ici », je marmonne en m'approchant de la porte. L'endroit a l'air correct et bien entretenu de l'extérieur. Je ne me suis pas du tout renseigné sur cette fraternité. Comme je l'ai dit, à ce stade, je suis désespéré.
J'appuie sur la sonnette et, presque aussitôt, la porte s'ouvre d'un coup. Un garçon plus petit que moi avec les cheveux roses apparaît en riant.
Très audacieux. Visiblement gay. Dans quoi je me suis embarqué ?
Je manque de rire à cette pensée, mais la voix du garçon me coupe. « Salut, sourit-il. Je peux t'aider ? »
Je plisse le nez et regarde à nouveau mon plan. « C’est bien... Je suis à la bonne fraternité, c'est ça ? »
Il hausse un sourcil et me dévisage de la tête aux pieds. « Oui, tout à fait », insiste-t-il, en continuant de me jauger.
Je secoue la tête et lâche un petit rire en détournant le regard. Dans quoi est-ce que je me suis fourré ?
Le garçon me tire à l'intérieur de la maison. J'étouffe un cri en trébuchant sur mes propres pieds.
« Y a un autre gars ici. Il a l'air prometteur, celui-là ! » hurle le garçon. Il me regarde et sourit. « On a plus de conditions que la plupart des fraternités, je suis sûr que tu l'as déjà deviné. »
« Ben, en fait, non... » Je commence à expliquer que je ne sais rien d'eux, mais une voix plus grave m'interrompt.
« Ah, alors tu es là pour nous rejoindre. » Un grand blond me tend la main. Je la serre rapidement.
Poignée de main ferme. Voix grave. Impressionnant. Pas gay. Pas du tout gay.
« Eh bien, je suis là pour voir, je suppose, dis-je en riant. J'ai besoin d'un endroit où loger pour ma première année au moins, peut-être plus. Il faut que je limite les frais. Je n'ai pas de gros revenus pour le moment. »
Un garçon plus grand aux cheveux châtains s'approche de moi et m'attrape le menton. Il tourne ma tête de gauche à droite. Il examine mon visage un moment avant de sourire et de me lâcher. « Tu sais, avec tes traits, tu pourrais te faire un max de thunes dans le milieu de l'escorting. »
Ce mec a un style vestimentaire impeccable et ça se voit qu'il prend soin de sa peau. Ça, plus sa façon de parler... Super gay. Méga gay. Le summum du gay.
« Merci, j'imagine », je réponds en riant.
« Hm », j'entends quelqu'un fredonner derrière les autres. Un nouveau garçon sort de derrière eux et me lance un regard méprisant. « Il n'a pas l'air d'avoir ce qu'il faut pour être ici. »
Putain de merde, sa voix est super grave. J'ai littéralement senti mes tripes vibrer. Lui, je ne le vois pas du tout être gay, mais j'aurais presque envie qu'il le soit. Enfin, c'est pas croyable.
J'ai bien dit « presque ».
« Tu doutes de moi ? » je demande.
Il ricane et s'avance vers moi. « Tu ne saurais pas me gérer, mon mignon. »
Qu'est-ce que ça veut dire, ce bordel ?
Il ricane à nouveau et se retourne pour rejoindre les autres.
Je vois maintenant qu'il y a six garçons devant moi. Certains ont l'air gay à mort, d'autres ont l'air parfaitement hétéros, et les autres ont juste l'air d'avoir la dalle, quoi que ça veuille dire.
Le blond sourit et penche la tête en me regardant. « Il est super mignon, quand même. Mieux que certains qu'on a vus aujourd'hui. »
« Ouais, il me plaît bien », dit celui aux cheveux roses en se mordant la lèvre.
Dans quel bordel je me suis encore fourré ?
Le mec à la voix grave comme l'océan reprend la parole. « Je ne sais pas trop, les gars. Est-ce qu'on ne cherche pas des mecs plus... je ne sais pas... arc-en-ciel ? »
Je le savais. Gay. Mais au lieu de faire demi-tour et de chercher une autre fraternité, mon cerveau débile se bloque sur le fait que ce crétin doute de moi. Je déteste qu'on me sous-estime.
« Qu'est-ce que je dois faire ? » Je croise les bras en haussant un sourcil. Je n'ai jamais refusé un défi de ma vie, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer.
Le grand blond s'avance avec un sourire narquois. « Est-ce que tu sais seulement qui on est ? »
« Heu... » Je marque une pause, les sourcils froncés.
Le gars aux cheveux roses intervient. « On appelle notre maison la Sex House. » Il me fixe comme s'il s'attendait à ce que je me dégonfle. Comme je ne dis rien, il décide de continuer. « On l'appelle comme ça pour une bonne raison. »
Je hausse un sourcil. Ça promet d'être intéressant.
« Ma question tient toujours. Qu'est-ce que je dois faire ? » Je leur lance un sourire crâneur.
« Si tu arrives à coucher avec quelqu'un dans les prochaines 24 heures, tu peux rester », répond le rose.
Le mec est plutôt beau gosse. N'importe qui le verrait. Visiblement, ils cherchent les plus beaux mecs pour cette fraternité. J'imagine que ce test est là pour prouver que j'en ai dans le pantalon, ce qui est le cas. Donc, ça ne devrait pas poser de problème.
Je hoche la tête. « Ok. Facile. » Je me tourne pour sortir, mais un bras puissant me retient. C'est le grand blond de tout à l'heure. C'est visiblement lui le chef.
« Tu ne sais même pas ce que ça implique de vivre ici. »
Je hausse les épaules. « D'accord, c'est quoi les conditions ? »
Le blond se mord la lèvre. « Tout le monde ici est très proche », il appuie sur le dernier mot, essayant clairement d'insinuer quelque chose.
Je plisse les yeux, un peu paumé. « Ok... Et ? »
« Il est un peu lent à la détente, non ? » Le rose rigole.
Je lui lance un regard noir, puis je me tourne à nouveau vers le blond. « Accouche. Dis ce que tu as à dire. »
Le grand blond rigole. « Pour avoir le droit de rester ici, tu dois baiser avec l'un d'entre nous chaque semaine », dit-il avec un sourire en coin.
Mes yeux s'écarquillent. « Tu plaisantes, j'espère ? »
Le blond rit. « Je ne plaisante jamais. »
« Je vous l'avais dit qu'il ne serait pas partant », lance le mec à la voix grave.
Je serre les dents. « Je n'ai jamais dit que je n'étais pas partant. »
Le garçon aux cheveux roses sautille sur place en frappant joyeusement dans ses mains. « Youpi ! J'ai trop hâte de te mettre la main dessus. »
Je hausse un sourcil. Ça ne peut pas être si terrible. Ce sera exactement comme avec une fille.
Exactement comme avec une fille.
Pas vrai ?
« Bon, alors si je trouve quelqu'un pour baiser, je suis admis ? » je demande.
Le blond sourit et hoche la tête. « Normalement, on ne ferait pas ça si vite, mais il faut avouer que tu as le visage parfait pour notre groupe. »
Je ris. « Je sais très bien que je suis beau gosse et ce test sera un jeu d'enfant. Vous n'avez qu'à regarder », je leur lance avec mépris.
« Je ne croirai que ce que je verrai », rigole le mec à la voix grave.
« En parlant de ça, il nous faudra une preuve », dit le blondinet.
Je hoche la tête. « Pas de souci. » Je me détourne pour partir, un sourire narquois aux lèvres.
Je te jure, si je n'étais pas aussi désespéré, je me serais barré direct.
Évidemment.
Mais je dois gagner.
Ce n'est pas seulement que j'ai besoin d'un toit. C'est que ces abrutis pensent que je n'en suis pas capable.
Je vais leur montrer. Ça va être de la tarte.
♡ ♡ ♡