1.AUTOMNE 2000
Eté 92 j’arrive frais pour la nouvelle saison
Accueilli sur les terres de l’île de la Réunion
Pas une ombrelle de nuages pour disperser mes rayons
Bien accompagné pour accomplir début de ma mission
Je suivais ma guidée dans ce voyage à sens unique
Assez de vie pour alimenter une centrale électrique
On était heureux on vivait sans internet
On ne ressentait pas le besoin de vivre sur une autre planète
Papa devait rejoindre la France, pour que je puisse devenir médecin
On subissait auparavant donc je suis content qu’on m’aide ici
Pied sur terre ferme, on revient de loin
Je n’ai pas reconnu Saint-Denis dans Paris
On jouait au foot et fondait comme glace sous le soleil
Pique-nique au parc sous une ombre pour fuir canicule
Nos mères qui s’entendaient toutes à merveille
On était jeunes on ne craignaient pas d’être ridicule
On siégeait près de Fontenay toute l’après-midi
Les roses se fanaient couramment vers L’Haÿ
J’y ai trouvé mes frères, se complétait comme Les 3 Mousquetaires
Système infaillible comme architecture en trois-tiers
Je pouvais tout donner pour Franck, Lotfi et Marie-Amandine
Coeur sur la main ressemblait à orange sanguine
Quand le cancer m’attendait je n’étais plus nouveau-né
Je détestais le goût de la misère et de ces cages d’escalier
J’étais arrivé à un stade où je ne pouvais plus pallier
Je n’avais plus d’autre option donc j’ai dû m’en aller
Les meilleurs partent les premiers sans même finir à l’hôpital
D’un oeil innocent je décris ma réalité
Ouvrir sa porte est preuve d’hospitalité
Je ne pouvais être insensible face à la mendicité
Automne 2000 je fais les comptes et le bilan
On ne se souviendra pas de moi comme la Vénus de Milo
Fort heureusement les chemins mènent tous vers La Mecque
Aux côtés de mes ancêtres ma vie est fantastique