Et soudain, Moi

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Summary

Pour Laetitia, la vie rime avec tristesse, stress et monotonie. Les frustrations, les paroles acerbes et l'indifférence infligées par son mari sont devenues avec le temps, une routine si bien installée qu'elle ne l'avait jamais remise en cause... jusqu'à aujourd'hui. Ce livre est dans la catégorie érotisme, compte tenu du sens premier du mot "érotique" → sensualité, désir, volupté . Il contient des scènes explicites. Je me permets toutefois de préciser pour éviter les déceptions : l'explicite fait partie du récit, mais n'est pas LE récit.

Status
Ongoing
Chapters
38
Rating
4.8 39 reviews
Age Rating
18+

Une goutte, le vase déborde et soudain...

Préambule :



« Laetitia, là, stop, on va pas en parler pendant cent ans ! Amuse-toi, je sais pas moi, baise qui tu veux s’il le faut, occupe-toi ! »


Oui, c’est bien ce qu’il a dit. Mot pour mots.

Et quand ces mots lourds sont parvenus à mes oreilles, mon cerveau les a tout de suite transformés. Adoucis, polis. Peut-être même occultés un peu aussi.

C’est ce qui arrive quand, comme moi, on a appris à dissocier.

Bien évidemment, je ne parle pas d’un trouble mental, je ne me prétends pas psychiatre, je parle bien de cette faculté naturelle à changer ce qu’on est et ce qu'on accepte, petit à petit. À étirer nos limites, à modifier notre propre perception pour subir le quotidien et ses déceptions et ainsi maintenir l’illusion de vivre encore dans ce schéma idéal qu’on se faisait de l’Amour.

De cette routine, si bien ancrée, qui nous fait penser que le problème –en admettant déjà qu’on le voit – c’est nous.

Alors, quand mon mari m’a craché cette tirade, j’ai ressenti deux moi. Celle pour qui ces mots n’étaient rien de plus que du bruit. Une simple succession de lettres qui ensemble créaient des sons. Celle qui ne comptait pas réagir.

Et l’autre, outrée, déterminée, qui m’a enfin ouvert les yeux, utilisant cette bassesse comme le symbole de tout ce que je supportais jusqu’alors en silence. En souffrance.

Mon mariage et ma vie ne tenaient-il que par la force de mon déni ?