0-Prologue
Quel sentiment amer et humiliant, celui de l’impuissance ! Elle ferma les yeux pour empêcher ses larmes de se déverser. Il n’en était pas question, de donner plus de satisfaction à son adversaire. Mais sa panique quadrupla quand le souffle mentholé de celui-ci érafla la peau douce de sa joue. Et, ses yeux s’écarquillèrent quand les mots glissèrent des lèvres sensuelles de cet homme, comme un élixir empoisonné.
— actuellement, vous pouvez crier ! Proposa-t-il en faisant semblant de méditer ses propres paroles.
Puis, il ajouta en enfonçant le clou, bien que personne ne vous entendra d’ici chère Signorina.
S’il espérait l’humilier et la voir noyée dans ses larmes ou glisser dans une crise hystérique, il se leurrait. Car pour Nadia, il était inconcevable qu’elle se laissât intimidée par lui. Cette résolution lui donna assez d’élan pour se ressaisir et le défier :
— ne comptez pas sur moi pour nourrir votre sadisme. Vous n’êtes qu’un salaud !
Sa propre riposte les étonna tous les deux. La jeune femme sentit la masse musculaire, qui l’écrasait, se raidir . Cependant, il ne perdit pas le soi-disant calme que son visage affichait. Etonnamment, celui qu’elle venait de traiter de salaud semblait admirer sa bravoure. Il semblait même se divertir dans cette situation, comme s’il s’adonnait à un jeu plaisant. Ainsi, tel un chat jouant d’une souris captive, il argua :
— vous aggravez la situation en m’insultant !
— vous ne me faites pas peur, prétendit-elle, et je vous signale que si vous osez me toucher... Les mots s’éteignirent d’eux-mêmes sur ses lèvres en ouvrant grand les yeux.
“Si vous osez me toucher !“, n’était-il pas déjà en train de la toucher en l’écrasant de tout son poids ? “Ne ressentait-elle pas le tressaillement de chacun de ses muscles bâtis en béton contre son corps, N’inhalait-elle pas son odeur masculine si envoutante, si déroutante...”
— vous feriez quoi ? L’incita-t-il à achever sa phrase.
Elle venait de se ridiculiser et son bourreau en était conscient ; au vu du sourire narquois qui ornait ses lèvres.
Ignorant sa bêtise, elle changea de tactique en demandant :
— pourquoi vous m’avez traîné ici ?
— sur un ring, vous donnez des coups comme vous en recevez. Vous ne pensez quand même pas, vous en tirez indemne après m’avoir frappé Bella signora ?!
— vous voulez vous venger !
En la considérant attentivement, et sans lâcher ses yeux, il répondit :
— venger est un mot bien fort, et après réflexion il précisa, disons plutôt que je compte vous punir !
Pour elle, en ce moment, venger ou punir étaient synonymes du même fait : la malmener.
— ainsi, vous voulez me frapper ?! Lui lança-t-elle avec un regard dédaigneux, pourquoi ça ne me surprend pas !
— vous continuez vos insultes ! Ai-je la tête de quelqu’un qui brutaliserai une femme ?
— mais vous êtes malade ou quoi ?! Parce que là, vous n’êtes pas en train de me brutaliser ? S’écria-elle en perdant le peu de calme simulé.
— je n’ai encore rien fait, excepté, vous avoir à ma merci !
— mais nom de Dieu, que me voulez-vous ? Hurla-t-elle d’impatience et d’exaspération.
— vous me décevez ! Répliqua-t-il doucereusement, en glissant un regard lascif sur ses lèvres.
En commençant à percevoir ce qu’il prévoyait, une autre frayeur fraya son chemin au cœur de Nadia. et peupla ses yeux, au grand plaisir de Lucca.
— Enfin, vous comprenez ! Il y a bien des manières pour punir sans frapper. Lui chuchota-t-il, en affichant un sourire à la fois espiègle et machiavélique.