Mon Cœur En Otage

All Rights Reserved ©

Summary

Entraîner dans un monde qu'elle ne pensait pas le sien. la belle Anja se laissa happé par ce que lui fait ressentir l'homme qui cherche a la faire payer quelque chose pour son père. Mais savent t-ils qu'ils sont ennemis ?

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
4.3 3 reviews
Age Rating
16+

Chapter 1

9 ans plus tôt


Le monde s'effondra en une phrase.


- Nous sommes au regret de vous annoncer qu'il n'y a aucun survivant, monsieur Leoni.


Les mots flottèrent dans l'air, irréels.


Assis sur une chaise inconfortable dans la salle d'attente glaciale, Niccólo sentit son cœur cesser de battre pendant une seconde, puis il ne l'entendit plus battre dans ses oreilles. Ses oreilles bourdonnèrent, rendant la voix du médecin lointaine, comme si elle venait d'un autre monde. Il secoua la tête pour reprendre le dessus de ses émotions, cherchant à comprendre. Peut-être avait-il mal entendu.

Peut-être que cette réalité n'était pas la sienne.

Mais le regard grave du médecin confirmait l'impensable.


Un regard de pitié. Il ne voulait pas de sa pitié.


- Vous pourrez récupérer leurs corps dans la semaine. Toutefois, vous devriez attendre que la police termine son enquête, ajouta-t-il d'un ton prudent.


La police ?


À quoi serviraient ces bons à rien ? Ils allaient se contenter d'écrire des rapports, de poser des questions inutiles, avant de classer l'affaire par manque de preuves.


La réputation d'anciens mafieux de sa famille, qui les suivait à la trace, les pousserait à classer l'affaire le plus vite possible.


Un grondement monta dans sa poitrine.


Il se leva d'un bond, dominant le médecin sans difficulté. Malgré son jeune âge, son corps imposant portait encore les marques récentes du service militaire. Sa seule présence imposait silence et prudence. Il dégageait une force brute.

Son regard noir, abyssal, débordait de rage et de douleur.


- Si même après l'autopsie ils n'ont rien pu faire, alors ils ne feront rien. Je veux récupérer leurs corps tout de suite, gronda-t-il d'une voix qui ne laissait aucune place à la discussion.


Le médecin recula instinctivement, mais tenta de garder une contenance.


- Je suis navré, mais... cela mettrait en péril l'enquê...


- Je n'en ai rien à foutre de votre enquête ! rugit-il. Je veux les corps de ma famille, et vous avez tout intérêt à m'écouter avant que je sois obligé d'utiliser d'autres méthodes... moins clémentes.


Un silence pesant s'abattit dans le couloir éclairé et froid de l'hôpital.


Le médecin, livide, jeta un regard nerveux aux agents de sécurité derrière la porte, hésitant sur la marche à suivre. Devait-il lâcher prise ou attendre l'approbation des forces de l'ordre ? Mais face à ce jeune homme dont la rage brûlait d'une intensité terrifiante, il comprit que résister serait inutile.


- Très bien... je vais préparer la procédure, finit-il par céder d'une voix blanche.


Niccólo ne répondit pas. Il se contenta de serrer les poings, si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa paume.


Son visage était méconnaissable. Déformé par une rage qu'il ne connaissait pas encore.

Il ne pleurait pas. Il ne pouvait pas. Il ne le méritait pas.

Il n'avait pas su les protéger.

L'armée ne lui avait servi à rien.

Ce n'était pas ce chemin-là qui aurait pu sauver les siens.


Le gamin insouciant qu'il avait été était mort ce soir-là, sous une pluie battante.

Un autre Niccólo était né.

Et ce monde allait bientôt apprendre à le craindre.


Parce que ça ne s'arrêterait pas là.


...


- Présent -


La pièce baignait dans une pénombre tamisée, uniquement troublée par la lueur orangée des lampes murales. L'odeur du cuir et du whisky flottait dans l'air, mêlée à une tension presque palpable.


Assis derrière son bureau massif en acajou, Niccólo croisa les pieds sur le rebord, faisant lentement tourner un verre de whisky entre ses doigts. Le liquide ambré reflétait la lumière avec un éclat hypnotisant, mais son regard, lui, restait dur, impénétrable.


Il attendait.


Son esprit, pourtant rompu à la patience, bouillonnait d'impatience. Cela faisait des années qu'il poursuivait cette vérité insaisissable, et chaque fois qu'il pensait l'atteindre, quelque chose l'en empêchait. Ou plutôt quelqu'un, peut-être même celui qu'il cherche.


Il avait expressément mis son travail de côté afin de se concentrer sur cette affaire plus qu'importante pour lui.


Enfin, la sonnerie du téléphone brisa le silence pesant.

Il décrocha sans un mot.


- Ils sont là patron, lui annonça une voix grave de l'autre côté du combiné.


- Faites-les entrer.


Il posa son verre, son regard glacial se braquant sur la porte qui s'ouvrait lentement. Trois hommes entrèrent, leurs visages tendus sous la pression de l'instant. L'atmosphère du bureau, déjà lourde, sembla s'épaissir davantage.


Niccólo les scruta un à un, son expression impassible accentuant leur malaise.


- Et donc, messieurs ? Qu'avez-vous à me présenter ?


Sa voix était calme, presque trop. Ce ton, plus menaçant qu'un cri, fit frissonner les hommes face à lui. L'un d'eux, visiblement le plus courageux, se racla la gorge avant de répondre :


- Nous sommes sincèrement désolés, monsieur Leoni... Nous n'avons pas beaucoup avancé depuis la dernière fois.


Un silence glacé s'installa.


Niccólo inspira profondément, posant ses coudes sur la table et entrelaçant ses doigts sous son menton. Sa mâchoire se contracta légèrement.


- Pas beaucoup avancé... ? répéta-t-il lentement, sa voix caressant le bord du danger.


Les hommes baissèrent la tête, sentant la tension monter d'un cran.


D'un geste lent, presque calculé, Niccólo se leva. Son ombre s'étira sur le bureau, et son imposante carrure sembla engloutir l'espace. Sa chemise noire, parfaitement ajustée, épousait à peine la tension de ses muscles tandis qu'il contournait le bureau d'un pas lent et silencieux.

L'un des hommes déglutit difficilement, ses poings crispés sur son pantalon.


- Il y a toujours un obstacle qui m'empêche d'avoir ce que je veux. Qui est-ce que je vais devoir tuer cette fois ? demanda Niccólo, son regard transperçant chacun d'eux comme une lame.


L'homme qui avait parlé hésita avant de continuer, en mettant soigneusement ses paroles de côté :


- Nous avons... trouvé quelqu'un à interroger. Mais il est dans un état qui ne nous permet pas encore de lui soutirer des informations. C'est la seule piste que nous tenons.


Niccólo arqua un sourcil.


- Est-il mort ?


- Non, monsieur. Mais... il est inconscient. Dans un hôpital à New York.


Un silence pesant suivit cette révélation.

Lentement, un rictus effleura les lèvres de Niccólo. Un sourire sans joie, sans chaleur, qui fit frissonner les hommes en face de lui.

Puis, d'un mouvement mesuré, il remit son costume en place et fixa son équipe d'un regard glacé.


- Eh bien... qu'est-ce que nous attendons, messieurs ?


La chasse allait reprendre.


...


Les orteils douloureux dans ses sabots, Anja souffla de fatigue.


Elle n'était toujours pas habituée, et peut-être que ça ne changerait jamais.

Elle aimait son métier. Bien qu'elle ne soit pas médecin et ne sauve pas de vies directement, elle y contribuait un peu.


Infirmière depuis deux ans dans cet hôpital, elle tentait encore de s'adapter à ces longues journées où son cardio était constamment mis à rude épreuve.


Seule dans le poste de soins, elle commençait les transmissions du jour sur les patients qu'elle avait en charge, c'était bientôt la fin.

Elle n'avait qu'une envie, et c'était de rentrer chez elle. Mais elle devait attendre d'abord sa contre-équipe.


Anja pouvait même prévoir comment cela allait se passer. En ce moment, toute l'attention était tournée sur ses chaussures.

Un seul mot : "Ridicule", mais elles étaient si confortables et réduisaient ses douleurs aux orteils. Elle ne pouvait plus s'en passer. Alors, elle s'en foutait des moqueries.


Un soupir de soulagement lui échappa lorsque ses pieds touchèrent enfin le seuil de sa maison.


Enfin libre.


Mais pour combien de temps ?

Depuis qu'elle avait commencé ce travail, elle n'avait jamais pensé à prendre des congés. Absorbée par le sentiment que lui procurait son métier. Et maintenant, son corps lui rappelait désormais, à coups de courbatures, qu'il était temps.


Elle finirait tout de même le mois, pensa-t-elle.


La nuit était déjà avancée quand son téléphone la réveilla.


C'était Léa, sa meilleure amie. La seule à être restée depuis la fac.

Elles étaient très différentes, et c'était sûrement pour ça que leur amitié durait. Elles avaient encore beaucoup à apprendre l'une de l'autre.


- Allô ?


- Prépare-toi, ma chérie, ce soir, c'est la fête ! hurla Léa à l'autre bout du fil.


Anja éloigna le téléphone de son oreille avant de répondre.


D'après la musique et le bruit en fond, son amie était clairement dans une boîte de nuit.


- Léa, sérieusement... Tu devrais rentrer. Tu n'as pas encore dépassé les 30 ans, mais ton foie va te haïr.


- Oh, fais pas ton rabat-joie, ça fait longtemps qu'on n'a pas passé du temps ensemble. Viens me retrouver à l'endroit habituel !


- Tu es ivre ? demanda Anja, un peu inquiète.


- Mais noooon... Je suis parfaitement ludice... euh, lucide.


En bafouillant ainsi, Léa ne faisait que confirmer les soupçons de son amie.

Sans répondre, Anja raccrocha et appela Stéphane.


Il accepta immédiatement d'aller chercher Léa. Il ne disait jamais non pour quelque chose qui la concernait.


De cette manière, elle pouvait s'assurer qu'elle allait bien tout en se reposant.

En plus d'être son amie, Anja devait aussi jouer le rôle de la mère.


Enfin, elle pouvait se reposer avant la longue journée qui l'attendait demain.


...


La ville était restée inchangée.


Cela faisait pourtant un moment qu'il n'y avait pas mis les pieds. Et pourtant, New York demeurait un lieu plein de mystères.


Niccólo était enfin prêt à agir.


Garé devant l'hôpital, il attendait les informations sur la chambre où il devait entrer. Peut-être contenait-elle la clé du complot mis en place des années plus tôt visant à exterminer les Leoni.


Lorsqu'il pénétra dans l'hôpital, il ne fut pas surpris que quelques personnes le reconnaissent. Après tout, il était l'un des hommes les plus dangereux d'Italie.

Son regard sombre et impassible ne quitta pas son objectif : le deuxième étage.


Presque arrivé à destination, il ne vit pas la jeune femme qui arrivait en sens inverse.


La collision fut inévitable.

Anja crut qu'elle allait s'effondrer au sol, mais une main la retint fermement contre un corps massif et musclé.


Un mur.


Ou du moins, c'est ainsi qu'elle l'avait perçu sous l'impact. Ça ne serait pas là première fois.


Elle leva la tête, s'étirant presque la nuque, pour mettre un visage sur ce torse sculpté.

Elle aurait dû reculer, mais elle en était incapable. Cette main la tenait fermement, et de plus, elle ne faisait aucun effort.


L'homme devant elle était probablement le plus bel homme qu'elle ait jamais vu... mais aussi le plus terrifiant.


Son visage sombre accentuait la profondeur de ses yeux noirs. Il était affreusement grand, et son corps semblait taillé à la perfection.


Ses mains, larges et puissantes, reposaient encore sur sa taille.

Sa chemise noire moulait ses muscles, mettant en valeur les tatouages sur ses avant-bras, qui semblaient se poursuivre sous le tissu.


- Voulez-vous que je l'enlève ?


Anja cligna plusieurs fois des yeux, sortant de sa torpeur.


- Pa-pardon ? bafouilla-t-elle.


Un rictus moqueur étira les lèvres de l'inconnu.


- La chemise. Voulez-vous que je l'enlève ?