Chapitre 1 le retour de Caroline 01
“Ce livre est en cours de correction (avec le temps dont je dispose... Je sais qu’il est rempli de fautes, maintenant j’utilise un correcteur, donc inutile de perdre votre temps à me les commenter !)
Elle chargea l’Audi de Pierre et partit assez tôt. Elle avait le ventre noué. Déjà faire autant de route, elle n’avait pas l’habitude, avec un bébé et surtout devoir affronter Gregory pour récupérer son fils. Elle enfila une robe en laine qui lui collait au corps et mit des tennis pour conduire, ses talons dans le coffre. Elle mit de la musique pour essayer de se distraire durant ce long trajet. Mais cela n’eut aucun effet. Et puis rouler de nuit, elle n’avait jamais fait.
Elle arriva assez tôt le matin chez sa grand-mère.
Cette dernière eut un choc en voyant le bébé.
— Caroline, c’est quoi ça ?
— Un bébé, un souvenir de ton petit-fils adoptif !
La grand-mère allait parler mais elle l’interrompit.
— Non, il ne le sait pas... Pas encore.
Il m’a volé mon fils.
— Non, tu es partie, tu lui as laissé !
Coupa la grand-mère.
— Je n’avais pas d’autre choix...
Cette fois-ci, énervée par sa grand-mère qui prenait encore la défense de Gregory, elle prit la petite et l’installa dans son landau pour aller chez la voisine.
Dehors, il faisait un temps magnifique... Son cœur battait si fort qu’elle crut qu’elle allait faire un malaise. Elle allait devoir affronter toute la tribu et peut-être même la mère de Gregory. Sa montre indiquait dix heures. Elle s’approcha et sonna ; elle y était allée direct car elle sentait que le courage aurait pu lui manquer.
Dehors, elle entendait les enfants jouer, son cœur s’arrêta net. Son fils était si près d’elle.
Ce fut une jeune fille brune qui ouvrit, sourire aux lèvres.
— Oui !
— Bonjour... Est-ce que Gregory est là ?
— Oui, je vais l’appeler. Vous êtes ?
— Rodez, dites simplement Rodez.
Elle avait parlé d’une voix sûre d’elle. La femme haussa les sourcils, un peu intriguée par ce nom étrange, et la détailla de la tête aux pieds. Il faisait chaud pour une journée d’automne.
Lily se mit à gazouiller.
La femme regarda l’enfant puis disparut. Soudain, elle vit son fils qui la regardait. Il courut vers elle lorsque gronda la voix de Gregory.
— Clovis, dépêche-toi de rentrer !
Le petit hésita puis obéit.
Caroline en eut le cœur serré. Elle espérait qu’il n’avait pas trop souffert de ces mois avec ce père qui pouvait être autoritaire. Gregory arriva vers elle à grandes enjambées, suivi de sa brune. Elle eut même l’impression qu’il courait.
— Tu viens faire quoi ici ? Tu n’es pas la bienvenue !
— Je viens récupérer mon fils, tout au moins le voir !
— Tu l’as perdu le jour où tu es partie ! Fallait réfléchir, mais ça, tu ne sais pas !
Elle avala sa salive. Lily gazouilla de nouveau. Gregory fronça les sourcils. Elle se pencha vers le landau et attrapa la petite qu’elle colla contre elle.
— Bah alors, papa, tu dis pas bonjour ?
Elle lui rit au nez alors que son visage blêmissait et elle vit que son visage se crispait, il semblait encore plus nerveux qu’avant.
Il dit quelque chose qu’elle ne comprit pas et ce fut sa brune qui lui prit le bras en lui murmurant un truc qu’elle ne comprit pas plus. Il s’avança vers elle. Elle ne recula pas.
Et cacha le visage de sa fille contre elle et elle le menaça de l’index.
— Tu vois, on dirait que le sort s’acharne. En tout cas, sache que si tu veux avoir la chance un jour de voir cet enfant, il va falloir me rendre mon fils.
— Notre fils !
Gronda-t-il.
— Qui me prouve qu’elle est bien de moi et pas de l’autre ?
Elle en resta bouche bée, elle ne s’était pas attendue à cette remarque.
— C’est vrai, bah on va dire ça alors !
La brune passa devant lui.
— Écoutez, comme il vous a dit, vous n’êtes pas la bienvenue ici, bébé ou pas, ça ne change rien. Gregory ne veut plus vous voir, et ma foi, votre fils, fallait y penser avant.
Caroline les regarda à tour de rôle, un peu choquée et même blessée intérieurement.
— On se connaît pour que vous me fassiez la morale ?
Ajouta-t-elle froidement. La brune regarda Gregory qui ne réagissait pas. Caroline savait que cela serait difficile avec lui.
— OK, je pars, enfin nous partons.
Elle reposa la petite dans le landau.
— Mais sache que si je dois prendre un avocat pour mon fils, je le ferai sans hésitation.
— Allez, partez ! Fit la brune.
Caroline la regarda en biais.
— Vous êtes ?
— Je suis sa fiancée...
Caroline ne put s’empêcher d’éclater de rire.
— Fiancée, c’est du sérieux ! Félicitations, y en a eu combien avant et pendant ?
Elle recula sans regarder et cogna contre quelqu’un, elle manqua de perdre l’équilibre et elle sentit deux bras la retenir. Quand elle se retourna, elle vit Lucas. Ce dernier sourit.
— Un peu plus et tu tombais, Caroline. Je ne pensais pas te revoir de si tôt.
Si elle n’était pas la bienvenue, lui semblait content de la voir.
Il lui fit la bise et il se pencha sur le bébé.
— Encore, maman ! Félicitations, elle est trop belle, c’est fou. Ça me rappelle la première fois que j’ai vu Clovis, elle aussi, la pauvre, elle ressemble à son père, ça fait peur le gène quand même.
Et levant la tête vers Gregory, il lui fit un :
— Félicitations, papa !
Caroline lui sourit.
— Non, ce n’est pas lui le père.
Elle voulut changer de sujet.
— Tu te rappelles quand tu l’as tenu, Clovis, la première fois ? Il était à peine plus vieux !
— Mon Dieu, oui, si petit ! Pas lui le père, je doute, enfin si tu le dis !
— J’espère te revoir, Lucas, un de ces jours. Et je te demande pardon pour le jour où je t’ai demandé de quitter ma vie, j’ai honte, crois-moi, tu m’as beaucoup manqué.
— Je ne t’en ai jamais voulu, Caroline !
Pendant qu’elle parlait, elle ne vit pas que Gregory s’était approché du landau. Il hocha la tête et la regarda droit dans les yeux.
— Et c’est quoi ton excuse cette fois-ci ?
— Je n’en ai pas besoin, je ne te dois rien ! Ce n’est pas toi le père !
Il regarda Lucas et d’un coup lui dit :
— Tu l’as voulu, profite, elle est libre !
Lucas fit signe que non.
— Ne me mêlez pas à vos histoires, j’ai une copine et ça me suffit.
— Dommage, je t’aurais expliqué ce qu’elle attend d’un homme ! Et ses fantasmes cachés, tu aurais vu ta Caroline sous un autre angle.
Elle lui lança un regard noir, il lui rendit.
— Tu crois que tu étais mieux que moi !
Elle regarda la brune qui essayait de comprendre.
— Je vous plains, ma pauvre ! Pour l’avoir testé, vous ne devez pas rigoler tous les jours.
Elle poussa le landau. Il s’écarta simplement avant qu’elle lui roule sur les pieds. Elle fit tomber ses clés, elle se baissa pour les rattraper.
— T’es pas obligée de montrer ton cul à tout le monde, Rodez. Les jupes longues, ça existe.
Lui dit-il, elle lui sourit.
— C’est sûr que ça peut te choquer, tu l’as jamais vu avant !
Elle sourit à Lucas et reprit la direction de sa voiture. Elle était choquée et vexée. Il avait tellement l’air de s’en foutre, elle avait pensé au moins lui faire un peu de peine.
Lucas la rattrapa, lui était toujours content de le voir, il avait toujours un visage d’enfant avec ses boucles blondes qui lui tombaient sur le front.
— Tu es chez ta grand-mère ?
— J’aurais dû, mais elle ne voit que par l’autre connard, donc comme je ne peux pas voir mon fils, je vais rentrer, mais je ne vais pas en rester là.
— Tu es arrivée quand ?
— Ce matin, y’a deux heures.
— Tu n’as pas dormi.
Elle sourit.
— J’ai l’habitude et puis si je suis claquée, aire d’autoroute !
— Tu peux pas repartir, c’est dangereux !
Elle lui tapa dans le dos.
— Je crois que je déteste cet endroit et ses habitants, je n’ai pas que de bons souvenirs ici et toi, mon Lucas, tu deviens quoi ?
— Moi, je ne deviens rien !
— Tu as quelqu’un alors ?
Il rit.
— Oui, enfin ce n’est qu’une amourette, je n’ai pas encore trouvé ma Rodez !
Elle lui sourit, il lui caressa le visage.
— Mais j’y crois.
— Je ne te le souhaite pas sincèrement.
— Tu t’es toujours dévalorisée, mais tu sais, même l’autre andouille, tu le récupéreras, tu claques des doigts et il viendra comme un toutou !
Elle rit un peu fort, Gregory qui rentrait chez lui avec sa brune se retourna, elle l’ignora. Lucas ne put s’empêcher de lui caresser de nouveau le visage.
— Je t’assure !
— Lucas, tu rentres ou non ?
Gregory gronda.
— Tu vois, il est déjà jaloux.
Chuchota-t-il et il ajouta :
— Tu veux le rendre fou ? Embrassons-nous.
— Tu rigoles !
— J’ai l’air de rigoler ? Comme quand on était ados pour faire chier les autres, tu te rappelles, quand on simulait qu’on sortait ensemble.
— C’est loin !
Il se pencha et l’embrassa, elle fut surprise, Gregory la regardait les yeux plissés, il était dans son champ de vision, elle passa alors sa main dans les cheveux de Lucas et répondit à ce faux baiser qu’elle ne trouva pas désagréable du tout.
Lucas recula.
— C’était pas prévu ça, tu me fais toujours autant d’effet !
Elle le regarda en fronçant les sourcils et rit.
— Pardon, en plus c’est complètement con, tu as ton amourette et moi je ne veux rien entamer avec toi, tu le sais !
— Je sais ! Mais lui, ça l’a fait chier !
Gregory claqua la porte, les faisant sursauter tous les deux !
— Tu veux que je t’aide à ranger la petite ?
— Ça va aller, sauve-toi !
Il lui sourit et rentra à son tour. Mais pourquoi avait-elle fait ça, elle avait passé l’âge de jouer, mais un peu de tendresse, ça faisait du bien.
Elle mit la petite dans la nacelle, rangea le landau dans le coffre puis s’installa au volant. Elle se demanda comment faire pour récupérer son fils.
Elle mit le moteur en route et d’un coup, la voiture partit toute seule et alla emboutir une grosse voiture noire dans un brouhaha spectaculaire.
— Merde !
Elle réalisa à ce moment-là qu’elle venait d’emboutir la voiture de Gregory.
Il ne fallut pas plus de deux secondes pour qu’il apparaisse, suivi de la brune.
Elle recula doucement. Il lui fallait descendre de la voiture. Elle respira à fond et descendit.
Elle s’approcha du point d’impact et fit la grimace. Il y avait une énorme bosse sur la voiture de Gregory et la sienne, par miracle, n’avait rien.
— Putain ! Mais c’est pas vrai !
Cria-t-il.
— Juste un peu de tôle. Rien de méchant.
Fit Caroline en caressant sa voiture.
En faisant celle qui s’y connaissait.
— On va faire le constat de suite, tu as de quoi faire un constat ?
Lui demanda-t-il sèchement.
— Sûrement oui !
Elle ouvrit le coffre à gants et n’en trouva pas. Elle le regarda à travers le pare-brise. Il s’était presque assis sur le capot et l’attendait les bras croisés. Elle respira à fond et ressortit de la voiture.
— Non, j’ai pas.
Il soupira et alla dans sa voiture et ressortit avec le fameux papier.
— C’est bon, j’ai !
Grogna-t-il. La brune arriva.
— Mon Dieu, mais cette folle t’en veut ! Ta pauvre voiture !
— Rentre !
Lui répondit-il seulement, presque en aboyant.
Ah, chassez le naturel, il revient au galop, pensa Caroline en voyant comment Gregory parlait à sa brune. Cette dernière obéit direct, il avait enfin trouvé sa soumise, elle ne put s’empêcher de sourire, il la fixa d’un coup.
— Ça te fait rire ?
Elle s’approcha de lui et sortit un stylo de sa poche.
— Pas du tout ! Je suis navrée, j’avais dû passer la vitesse sans m’en rendre compte.
— Faut moins t’exciter sur Lucas.
— C’est sûrement ça !
— Ta voiture est en plein soleil, tu ne sors pas le bébé ?
Demanda-t-il un peu excédé en la prenant de haut.
— Ça ne va pas durer des heures non plus !
Lui dit-elle.
— Ouvre au moins les fenêtres.
Ajouta-t-il.
— On est pas en été non plus !
Répondit-elle butée, mais elle vit qu’il allait la souler davantage, elle alla ouvrir un peu les fenêtres. Il posa le constat sur le capot et remplit son côté sans parler puis lui tendit.
Elle le remplit en mettant le nom de Pierre et non son nom de jeune fille.
— Pour l’avocat, c’est non, mais pour trouver un arrangement, je suis d’accord.
Lui dit-il d’un coup d’une voix posée. Elle ne s’y attendait pas du tout.
— Tu es prêt à me rendre mon fils !
— Non, mais je suis prêt à réfléchir à une garde alternée... Pour les deux !
— Niet, fit Caroline. Lily est trop petite et ce n’est pas la tienne, tu l’as dit !
— Je sais m’occuper d’un bébé, on peut faire un test de paternité aussi !
Elle fit signe que non de la tête.
— Alors tant pis, Clovis grandira sans toi ! Il est habitué en même temps !
Lâcha-t-il en lui donnant la partie pour son assurance. Elle tremblait. Il le vit et eut un petit sourire malgré lui. Elle le fusilla du regard.
La brune revint.
— Julie pleure, Greg, dépêche-toi.
— J’arrive !
Puis se tournant vers Caroline, il ajouta :
— On peut régler ça rapidement ou faire traîner des années. À toi de voir.
— Rapidement, évidemment.
— Passe chez moi la semaine prochaine, je ferai les papiers et on passera par mon avocat !
— Je croyais que tu ne voulais pas d’avocat.
— Pas le tien ! Alors ?
— OK, ou chez toi ?
Il eut un sourire narquois.
— Tu as déjà oublié mon adresse ?
— J’ai surtout souvent trouvé porte close !
— Dans la vie, on a ce qu’on mérite !
Elle ne releva pas.
— Quel jour ?
— Jeudi ou vendredi en début de soirée. Le temps que je fasse les papiers.
— Je voudrais voir Clovis. S’il te plaît.
Elle se força à être polie. Il la regarda de la tête aux pieds.
— Non, on fait les papiers avant !
— Juste 5 minutes !
— N’insiste pas, c’est non ! Et sois heureuse que je veuille bien le partager, car tu ne le mérites pas ! Alors tu as retrouvé ton petit jouet, le pauvre Lucas, il est comme un chien avec toi !
— Il m’a dit pareil de toi !
Aurait-elle voulu lui dire, mais sa conscience lui dit de ne pas le chercher. Elle mit son constat dans le fond de sa poche et repartit. Elle se retint de l’écraser. Elle rentra le jour même sur Paris, elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il ne fléchirait pas.