⏳ V. I. P

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Summary

Et si la rockstar la plus célèbre du monde tombait sur la seule fille capable de lui dire non ? Il brise les cœurs, elle déteste les clichés. Ash Winters, star du rock arrogante et incontrôlable, pensait tout connaître des fans… jusqu’à Laurelyne. Une rencontre explosive qui pourrait bien tout changer — surtout pour lui.

Status
Ongoing
Chapters
29
Rating
3.0 1 review
Age Rating
13+

1. Le Concours

Laurelyne Tucker leva les yeux sur le calendrier affiché sur son écran d’ordinateur. Depuis plusieurs semaines maintenant, et sans aucune honte, elle passait des heures à se balader de sites en sites pour assouvir sa dernière passion pour le groupe de rock à la mode, Slice of Euphoria. Enfin, surtout depuis qu’elle avait participé à un concours organisé par un magazine musical où le premier prix était une entrée backstage VIP pour rencontrer les quatre membres du groupe… ainsi qu’un billet de première classe pour l’un des prochains concerts de son groupe préféré.

Trois semaines s’étaient déjà écoulées depuis qu’elle avait envoyé sa participation, simplement en indiquant son adresse mail, et plus les jours passaient plus le stress montait. Le concours était encore d’actualité puisque que chaque jour ou presque, la jeune femme recevait un mail d’information comme quoi il était encore temps de participer et, même si elle savaient que le service presse du magazine avait dû recevoir des millions de participations, elle gardait espoir de pouvoir, au moins une fois dans sa vie, gagner quelque chose…

Tout en faisant défiler son réseau social, Laurelyne découvrit soudain la liste des prochaines dates de concert de Slice of Euphoria et apprit qu’ils seraient à Londres le mois prochain pour onze concerts pendant tout un mois, mais en regardant les points de vente des billets, elle découvrit que tout était déjà vendu. Le groupe avait percé seulement six mois en arrière et était désormais mondialement connu et adoré, ils avaient des millions de fans à travers toute la planète et quand ils annonçaient une nouvelle date, qu’il y ait cent ou dix mille places, tout était vendu en une heure…

— Heureusement que le gagnant du concours va recevoir une entrée pour l’un des concerts de son choix… souffla Laurelyne en fermant la page internet. Si pour une fois dans ma vie je pouvais gagner quelque chose de plus intéressant qu’une montre à l’effigie d’une radio nationale !

Fermant son ordinateur, elle laissa son esprit vagabonder et s’imagina déjà remporter cette place VIP, aux premières loges, pour le concert de Londres, ainsi elle n’aurait pas trop à se déplacer, puisqu’elle vivait à Southampton, à moins de deux heures de routes de la capitale anglaise…

Les jours qui suivirent furent étranges pour Laurelyne et, même si elle son espoir de remporter cette place de concert s’amenuisait à mesure que la date de fin du concours approchait, elle n’en guettait pas moins la date qui le clôturait, inconsciemment.

Alors qu’elle se préparait pour se rendre au travail, ce lundi matin-là, son téléphone émit un son alors qu’elle se brossait les dents et, en jetant un œil sur l’écran qui s’était éclairé, la jeune femme grogna.

— Oh, merde… souffla-t-elle en s’essuyant le menton. Le concours vient à l’instant de prendre fin, il ne leur reste plus qu’à tirer au sort et on aura les résultats dans la journée… Bon sang, je n’ai jamais rien attendu autant de toute m vie !

— De quoi tu parles, chérie ?

Laurelyne leva les yeux vers sa mère qui passait dans le corridor, et secoua la tête.

— Rien, j’ai juste participé à un concours pour gagner une place de concert en VIP et rencontrer les membres d’un groupe, mais comme je ne gagne jamais rien…

— C’est pour un concert de ce groupe que tu écoutes sans arrêt depuis trois mois ?

— Oui, c’est ça, il fallait juste indiquer son email et bon, j’ai le droit d’espérer un peu quand même, même s’il y a sûrement des millions de participations.

— C’est évident. Il y a qu’une seule place ?

Laurelyne secoua la tête.

— Non, une centaine, mais bon, si je pouvais au moins en avoir une, je demande pas la lune.

Jade sourit puis s’éloigna et la jeune femme l’écouta descendre au rez-de-chaussée. Elles vivaient seules toutes les deux ici, dans cette petite maison de trois étages toute en hauteur, coincée entre d’autres maisons identiques, dans la banlieue de Southampton, depuis que Mark Tucker, le père de Laurelyne avait trouvé la mort de façon tragique pendant une mission militaire, plusieurs années en arrière.

À l’époque, Laurelyne avait onze ans, elle en avait vingt-deux à présent et l’absence de cet homme qu’elle avait adoré était toujours pesante surtout depuis que sa mère avait pris la décision de recommencer à sortir et passait donc presque toutes ses soirées dehors avec parfois un homme différent chaque soir. Heureusement, elle rentrait encore dormir à la maison, ce qui rassurait sa fille et lui assurait de ne pas avoir de beau-père, ou pire, de petit frère, sans en avoir été informée au préalable.

Se reprenant, la jeune femme termina de se préparer et quand elle entendit le bus dans la rue, elle se hâta de quitter la maison en souhaitant une bonne journée à sa mère.

— Mais qu’est-ce que tu n’arrêtes pas regarder sur ton téléphone ?

Isabella Morgens sourit et tenta de faucher le portable de son amie qui l’en empêcha.

— T’as un amoureux, c’est ça ?

— Arrête tes conneries, je n’ai pas le temps pour ça… soupira Laurelyne. Non, j’attends le résultat d’un concours pour gagner une place de concert pour Slice of Euphoria.

Isabella haussa ses sourcils blonds parfaitement épilés.

— Tu te fous de moi ?

— Euh… Non… Je devrais ?

— Idiote, va ! J’adore ce groupe !

— Et tu ne m’en as jamais parlé ?

— On se connaît depuis un mois, comment tu voudrais que je parle de ce que j’aime ou pas en matière de musique alors qu’on bosse ensemble depuis si peu de temps ?

Laurelyne ne répondit rien et le bus s’arrêta pour récupérer quelques lycéens sur le trottoir. Le téléphone de Laurelyne vibra soudain et la jeune femme y jeta un œil mais soupira.

— T’as joué quand ? demanda alors Isabella.

— C’était il y a un mois, le concours s’est clôturé ce matin, j’ai reçu un mail ce matin qui disait qu’ils allaient procéder au tirage au sort dans la journée…

— Ça serait tellement bien que tu gagnes ! Peut-être que tu pourras emmener un « plus un » ?

Laurelyne cligna puis sourit.

— Il n’y avait rien de mentionné dans le règlement, mais va savoir ! Après tout, un concert comme ça, ça se partage volontiers !

Isabella battit des mains.

— Imagine une seule seconde, Laure, une seule !

— Quoi ?

— Imagine une seule seconde que tu sois au premier rang du public, tu as un Pass VIP, tu es limite une star, tu es juste devant la scène, aux pieds de Ash Winters… Il est juste là, il chante devant toi, il…

Laurelyne agita les mains devant son amie en lui faisant de l’air, prête à tomber en pâmoison.

— Eh oh, on se réveille, ce n’est plus l’heure de dormir ! s’exclama-t-elle en rigolant. Je crois que tu as beaucoup trop d’imagination, Izzie !

Isabella se mit à rire en retour et quand le bus freina pour s’arrêter devant le lycée, il déposa une vingtaine de lycéens puis continua sa route et les deux jeunes femmes descendirent deux arrêts plus loin, juste devant le supermarché où elles étaient caissières.

La journée fut très longue pour les deux amies qui n’avaient qu’une hâte, pouvoir regagner leurs vestiaires et consulter le téléphone de Laurelyne afin de connaître le fin mot de l’histoire, même si, statistiquement, les chances de gagner étaient vraiment très minces.

Enfin, la quitte s’annonça et Laurelyne ferma sa caisse rapidement en refusant une cliente aux bras chargés. Elle récupéra son fond de caisse et fila le déposer dans le coffre-fort avant de se ruer dans les vestiaires. Isabella apparut quelques secondes après elle ; elles avaient toutes deux les mêmes horaires, ce qui les arrangeait beaucoup.

— Alors, alors, alors ?! s’exclama la brunette en fermant la porte. Des nouvelles ? T’as pas encore prit ton téléphone ? Mais bouge, enfin !

Laurelyne sursauta devant l’enthousiasme de son amie et, alors qu’elle ouvrit son casier, son téléphone mit à vibrer furieusement en faisant un bruit de tous les enfers. Les deux jeunes femmes se fièrent ; Isabella la regarda alors fixement en agitant les mains et Laurelyne récupéra l’appareil en observant l’écran. C’était un appel d’un numéro inconnu.

— Bah décroche ! s’exclama-t-elle.

— Je… Et si c’est un spam ?

— Oh, bon sang, que tu es cruche ! Donne-moi ça !

Isabella s’empara du téléphone portable et appuya sur l’icône verte comme son amie laissait échapper un petit couinement de surprise.

— Tucker, j’écoute, lâcha-t-elle.

— Mademoiselle Laurelyne Tucker ? demanda une femme à l’autre bout du fil.

Isabella mit aussitôt le haut-parleur.

— C’est moi. Que puis-je faire pour vous ? répondit-elle.

Le femme dans le téléphone demanda alors si elle dérangeait et si oui, qu’elle pourrait rappeler, mais Isabella lui répondit qu’elle était au travail mais que sa journée était terminé, donc qu’elle pouvait parler sans problèmes.

— Très bien, dans ce cas, je suis Mackenzie Adams, je suis la rédactrice en chef du magazine musical On Rock, savez-vous de quoi je parle ?

— Bien entendu. C’est pour le concours ? demanda Isabelle en regardant Laurelyne qui était soudain blême.

Elle lui fit signe de s’asseoir et l’imita, le téléphone à l’horizontale devant elle.

— C’est cela. Vous avez participé à notre concours pour tenter de remporter un Pass VIP pour un concert de Slice of Euphoria. Vous vous en souvenez ?

— Oui… Minute, j’ai gagné ? Je veux dire, si vous m’appelez en personne c’est que…

Laurelyne ouvrit la bouche de stupeur et Isabella se mordit la lèvre pour ne pas laisser éclater sa joie.

— J’ai le plaisir de vous annoncer que vous avez gagné, en effet, répondit Adams avec un sourire dans la voix. Votre adresse email a été tirée au sort parmi plusieurs millions, et vous avez donc remporté l’un des cent Pass VIP mis en jeux pour ce concert. Félicitation, Mademoiselle Tucker !

Isabella sourit et lâcha un « yes ! » en serrant le poing ; Laurelyne lui planta ses ongles dans l’avant-bras.

— Je vais recevoir le billet par courrier ? demanda alors Isabella.

— Non, nous devons vous le remettre en mains propres, afin qu’il ne puisse se faire dérober par des fans un peu trop dévoués, répondit Adams. Vous êtes sur Londres en ce moment ?

— Ah non, je vis à Southampton… déchanta Isabella en croisant le regard dépité de son amie.

— Hum, je vois… Une minute. Ne quittez pas.

Isabella opina puis coupa le micro du téléphone et Laurelyne laissa échapper un étrange grincement.

— J’ai gagné ! J’ai gagné à un putain de concours ! Oh, bordel, j’y crois pas, je vais assister à un concert des Slice tous frais payés !

— Je vais demander si une amie peu m’accompagner.

— Toi et ton culot, sourit Laurelyne.

— Mademoiselle Tucker ? demanda alors le téléphone.

— Oui, je suis là, répondit aussitôt Isabella.

— Alors, vous avez de la chance, car nous avons un journaliste qui vit à Southampton, répondit Adams. Je viens de le prévenir, dès qu’il m’aura répondu, je vous enverrais un mail pour convenir d’un rendez-vous et vous remettre le billet. Cela vous va-t-il ?

— Très bien, je guette le message, dans ce cas !

— Parfait alors, on fait comme ça. Est-ce que vous avez des questions ?

Laurelyne croisa le regard de son amie et opina vivement.

— Euh, ouais, ça va vous paraître abusé, mais ma meilleure amie est une fan des Slice et je me demandais si je pourrais amener une personne de plus au concert ? dit alors Isabelle en plissant le nez.

— Eh bien, ce n’est pas prévu dans le règlement, mais je vais en discuter avec le manager du groupe, peut-être qu’il acceptera une petite remise, mais je ne vous promets rien du tout.

— Vraiment ? Ce serait génial ! Elle peut se payer une place normale, mais pas VIP, alors…

Adams sembla opiner puis souhaita une bonne journée à celle qu’elle prenait pour Laurelyne avant de raccrocher.

— Bon sang, j’en reviens pas ! On va rencontrer les Slice ! s’exclama alors Isabella. Je paierai ma place s’il faut, mais ce serait tellement bien si je pouvais aller derrière avec toi !

Laurelyne lui pressa les mains avec un large sourire puis récupéra son téléphone et vérifia ses emails avant que le silence ne s’installe entre elles, un silence un peu béat. Elles se souvinrent alors que leur temps de travail était fini et se dépêchèrent de se changer avant de sauter dans un bus pour rentrer.

Les deux jeunes femmes se séparèrent à leurs arrêts respectifs une vingtaine de minutes plus tard, non sans qu’Isabella ne fasse promettre à Laurelyne de lui envoyer un message dès que le journaliste de On Rock vivant dans leur ville aurait appelé. Laurelyne n’avait cependant pas fait cent mètres dans sa rue que ledit téléphone se mit à vibrer dans sa poche, la faisant sursauter, et elle observa le message affiché un peu béatement : elle avait rendez-vous avec un certain Adolf Haussmann le lendemain à seize heures, dans un pub qu’elle connaissait très bien pour y aller avec Isabella dès qu’elles avaient un jour de congé ou du temps à tuer.

Se mordant la lèvre, Laurelyne hésita l’espace d’une seconde à prévenir sa meilleure amie, puis sa conscience lui indiqua qu’Izzie serait furieuse après elle d’être allée à ce rendez-vous seule, elle lui transféra donc le mail avec plein d’émoticônes partout et la réponse ne se fit pas attendre, Isabella sera devant le pub dix minutes avant l’heure indiquée.

— Et t’as intérêt à magner ton cul de sauterelle, lut Laurelyne avec un sourire.

Elle pouffa puis rangea le téléphone et rentra chez elle, trouvant la maison vide, comme d’habitude, sa mère travaillant tard dans un laboratoires d’analyses médicales.