Une Vie aprés l'Autre

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Summary

Et si une simple virée en forêt vous faisait prendre conscience de votre vraie nature ? Gabrielle est face à elle-même et à la dure réalité. Saura-t-elle trouvée son chemin face à l'inimaginable ? Saura-t-elle se reconnaître à travers ses rencontres plus ou moins agréables. Finalement, qui sommes-nous vraiment ?

Status
Ongoing
Chapters
19
Rating
4.5 6 reviews
Age Rating
18+

Amies ou Ennemies?

Dayton

Je soupirais, elle était inconsciente. Je comprenais Loan. Cette femme avait un regard animal pourtant, elle n’avait pas encore commencé sa mutation. Je la débranchais et fis entrer un infirmier pour m’aider à la transférer sur la civière. Je traversais l’hôpital jusqu’au parking rejoint par ma sœur Loan. L’ambulance banalisée nous attendait prés des portes. C’était étrange, j’avais l’impression de voler une patiente. La clinique ainsi que presque toutes les infrastructures de la ville appartenaient à la meute. Nous avions quelques accords avec certains humains pour nous aider à garder l’anonymat. La mutation était un moment difficile et violent, il n’était pas rare qu’un mordu se blesse gravement voire se tue pendant la première mutation. Étant la première morsure « sauvage » depuis pas mal d’année, il était préférable de ne pas l’exposer. Le manoir de la meute disposait de salles de soins au sous-sol et les cris ne dérangeraient personne là-bas.

- Tu vois ce n’était pas si terrible. Me lança ma sœur quand je m’installé.

- Elle a fait un cauchemar juste quand je suis entré. Elle a de la poigne pour une humaine. Ce sera sûrement un esprit fort.

- il y a de fortes chances, il n’y a plus qu’à espérer qu’elle accepte de se soumettre à Law. Intervint Erick qui conduisait.

Il avait été réquisitionné pour la tâche par l’Alpha, impossible de se dérober.

Je soupirais. Si elle ne se soumettait pas, elle deviendrait une solitaire. Ses chances de survie étaient faibles ou elle changerait de meute ce qui n’était pas forcément mieux.

- Pour le moment, c’est une Lake alors arrête tes pronostiques fatalistes. Sa morsure d’Alpha l’empêchera d’intégrer une nouvelle meute pendant un bon moment et si elle devient solitaire peu de chance qu’on lui cherche des noises. Intervint Loan.

- On verra bien. Répondis-je dubitatif.

- On la convaincra s’il le faut. Elle est métamorphe. Repris ma sœur.

- Sérieux ?! M’écriais-je en même temps qu’Erick.

Une vraie louve Meta. Les douze femelles méta que nous avions venaient d’autre meute par mariage. Ma sœur comme toutes les autres femmes natives de la meute étaient incapables de se métamorphoser. Il restait bien 8 filles qui n’avaient pas encore l’âge et qui pouvais encore l’être.

- C’est quand même cher payer. Law est dans un sale état. Je n’aurais jamais cru que ça le mettrait comme ça. Dis-je en repensant au sauvetage dans la forêt.

- Rien n’est joué, attendons de voir.

Une fois arrivé au manoir, on la transféra dans les sous-sols. C’était une pièce capitonnée avec un matelas pour seul mobilier.

Gabrielle, puisque tel est son nom, était officiellement en chambre d’isolement pour risques bactériologiques. Aucune visite ne serait possible. Ce qui rendait son départ anonyme. Allongée sur ce simple matelas, elle paraissait fragile, mais quand l’instinct animal se réveillerait cela pouvait être extrêmement violent. Ses cheveux châtain clair, étalé librement sur le tissu, faisaient ressortir sa peau claire et les bleus que Lawson lui avait infligés. On pourrait croire à une femme battue.

Je sortis pour rejoindre le demi-étage qui était équipé d’une vitre sans tain donnant sur la chambre. C’était un observatoire, pour les cas graves. Erick avait repris son poste de bras droit sitôt arrivé. Il jouait le rôle d’assistant autant que de garde du corps. Mais seul l’Alpha pouvait intégrer un nouveau membre. Lawson viendrait dès qu’elle commencerait à muter. Je m’inquiétais, cette femme avait mordu un Alpha en étant humaine ! Ce ne serait pas une louve docile, mais je ne pouvais pas en parler à ma sœur. Lawson nous avait ordonné de taire l’incident et je ne voulais pas m’attirer ses foudres. Comment réagirait ma sœur face à une louve dominante ? Loan était amoureux de l’Alpha depuis toute petite. Le fait d’avoir quasiment était élevés ensembles avait dû aider aux sentiments, mais bien évidemment, c’était à sens unique. Et même s’ils avaient eu un attachement profond, c’était une demi-louve incapable de muter et la communauté ne l’aurait jamais acceptée. J’avais vu le doute dans les yeux de ma sœur quand elle nous avait appris sa Meta. C’était à la fois une bonne et une mauvaise chose. Pour le moment, personne ne pouvait prétendre au titre de femelle Alpha, mais les choses étaient sur le point de changer et je craignais cette confrontation.

Gabrielle

J’avais chaud, trop chaud. J’ouvris les yeux sur une pièce blanche sans fenêtre. Je m’assis inquiète et regardais autour de moi. Il n’y avait rien, j’étais par terre sur un simple matelas de mousse. Je devais être en train de cauchemarder. Je me souvins de l’infirmier et jurais. Pourquoi faillait-il toujours qu’il m’arrive des couilles ? J’avais vraiment la guigne ! Déjà, se faire mordre par un loup et pourchasser par un grizzly ça n’arrivait que dans les films. Alors droguée et séquestrée ! Soit, j’étais dans un délire psychotique, soit une dimension parallèle. Mon épaule me tirait et me brûlait, je devais faire une infection ou un truc dans le genre. J’étouffais, la chaleur était intenable.

- hey ! Y a quelqu’un ? Je crève de chaud ici, moi ! Si vous vouliez me tuer, vous auriez dû le faire au bloc non ?! Criais-je au vide.

Je jetais la couverture et me levais, le sol était frais. Je savourais, mais j’étais en nage alors, je m’allongeais carrément. La fraîcheur était salutaire, mais mon sang, commencé, a pulsé sous mes tempes. Boum, boum, boum. C’était assourdissant. Je me mis à paniquer, je n’étais pas médecin, mais mes symptômes semblés graves. Je secouais la tête, ma vue se brouillait. Je voyais en couleurs ou en noirs et blanc par intermittence. J’avais le souffle court. Qu’est-ce qui m’arrivait. Ma peau se mit à me démanger à m’en arracher l’épiderme. Je me levais prête à fuir vers je ne sais où. Je m’élançais vers la porte et me retrouvais à quatre pattes, sonnée. J’avais envie de vomir et eu un haut-le-cœur. Je vis des pattes de chien feu. Je reculais instinctivement, mais mes mouvements correspondaient à ceux des pattes. Je tournais la tête de côté et me mis à trembler de tout mon corps de chien. J’étais paniquée, qu’est ce qui m’arrivait ? Je bougeais une jambe et c’est la patte qui se mit à bouger. Je me mis à marcher, puis à courir en rond dans la pièce. J’étais folle de rage. Je me mis à déchiqueter le matelas. J’étais devenu un loup ! Je me mis à hurler toute ma rage.

Dayton

Instinctivement, je me recroquevillais sur ma chaise. Ce cri me vrillait les entrailles comme rarement. J’en aurais gémi tellement, c’était intense. Loan me regardait avec les yeux écarquiller. Sa part Lycan était trop faible pour ressentir tout l’effet de ce cri. Mon instinct me disait de l’affronter ou de fuir. Je me bouchais les oreilles pour ne plus entendre ce son. La louve se tue quelques secondes.

- Fais la taire par pitié ! Criais-je prêt à courir chercher Lawson.

- T’as senti ?! C’est incroyable. Dit-elle, ébahit.

Le cri reprit et à peine deux secondes plus tard Lawson et Erick entrèrent dans la pièce, alerte.

Lawson

Un Alpha au manoir, j’allais le déchiqueter. Je me précipitais au sous-sol d’où venais le cri. Erick sur les talons. Cet intrus essaie de me provoquer chez moi ! J’entrais en trombe dans la pièce. Je mis quelques secondes à réaliser que c’était la louve dans la cellule qui hurlait.

- c’est elle ?! Demandais-je à Erick, connaissant déjà la réponse.

Il acquiesça perplexe.

Pour la première fois de ma vie, j’étais en conflit avec ma part Lycan. Je voulais la déchiqueter d’un côté et je devais la soumettre de l’autre. Ma part Lycan la craignait et voulait la détruire et ma part humaine voulait la soumettre et la posséder dans tous les sens du terme. L’envie de me battre était insupportable.

- Lawson, ressaisis-toi ! Respire, on a besoin d’elle vivante. Intervint Erick en me tenant par le bras.

Je me mis à hurler, c’était plus fort que moi. La louve se mit à grogner, écume aux babines vers la vitre sans tain au-dessus d’elle. Elle claqua des dents me provocant à dessein. Je vis rouge, je me dégageais de la prise et descendis l’escalier. À peine avais-je ouvert la porte que je me jetais sur elle, tous crocs dehors.

Dayton

C’était impressionnant, on n’arrivait plus à distinguer qui était où. Des poils et de l’écume volaient dans tous les sens. Ils ne se lâchaient pas. Les premières gouttes de sang giclèrent sur le mur blanc. Une terreur me saisit. Et si Lawson était blessé ou s’il l’a tué. Avant que je n’ouvre la bouche, Loan et Erick se jetaient dans la mêlée, taser à la main. Les cris de douleur se mêlant aux bruits électriques étaient écœurants. Finalement, les deux loups tombèrent inerte au sol. Ils étaient couverts de sang et de baves. Peu à peu, ils reprirent leur forme humaine, laissant voir l’étendue des dégâts. L’inconscience serait de courte durée, aussi Erick tira Lawson en dehors de la pièce. Loan resta avec la louve.

- C’était quoi ça ? Criais-je excédé en arrivant dans le couloir menant à la cellule.

- tu l’as senti comme moi ! Sur tous les loups de la terre, il a fallu qu’il nous trouve une Alpha ! Répondit Erik.

- Une Alpha ? Ça existe au moins ? Je n’en avais jamais entendu parler.

- ça a existé. La dernière est morte y a plusieurs millénaires.

Je tombais à genoux sidère.

- comment tu sais ça ?! T’en ai sûr au moins ?

- tu as déjà entendu une louve crier comme ça toi ? Me hurler Erick encore tremblant de rage.

L’Alpha reprenait ses esprits aussi, Erick le maintient plaqués au sol.

- que… qu’est-ce tu fou ?!

- je t’empêche de faire une connerie. Dit-il menaçant.

Lawson fronça les sourcilles en avisant le sang et les plaies sur son corps. Il plissa les yeux de rage.

- qu’est-ce t’a fait, dit-il en se redressant.

La tension montée à vue d’œil.

- ce qu’il fallait.

- tu n’avais pas à t’en mêler !

Les deux hommes se dévisagèrent avec hostilité.

- C’est une Alpha, tu ne peux pas la tuer et tu le sais.

Lawson frappa du point sur le mur de frustration. Une Alpha. C’était comme trouver le Graal. Si l’information venait à s’ébruiter, les Alpha du monde entier seraient à ses trousses.

- tu ne pourras pas l’avoir de front, elle est de plus éducatrice canine donc, il sera difficile de la prendre à revers.

- Dehors ! Ne me touchez pas ! Entendîmes tous crier derrière la porte. Je me crispais, inquiétais pour ma sœur. Je regardais Erick qui dut lire dans mes pensers.

- Aller remontons, c’est fini pour aujourd’hui.

L’Alpha grogna vers la porte et Erick lui mit un petit coup de coude qui coupa toute rébellion.

- Pas aujourd’hui. Insista le Beta en emmenant l’Alpha a l’étagé. Il était pas mal amoché, mais d’ici une heure ou deux, on n’y verrait plus rien.

On entendait Gabrielle vociférée et cela mettait tout le monde à cran.

- Elle va me rendre dingue. Murmura l’Alpha en montant les escaliers. Je remontais à la salle d’observation, Gabrielle était enroulée dans une couverture et faisait les cent pas en rallant. Les lambeaux de vêtements jonchaient le sol et le sang sur les murs, le sol et le visage de cette femme était une vision très dérangeante.

Gabrielle

- j’ai dit dehors ! Grognais-je.

J’avais besoin d’être seule pour comprendre. Ce hurlement m’avait envahi de haine et d’autre chose. Je n’arrivais pas à saisir toutes ses émotions qui me traversaient. Toutes les fibres de mon corps voulaient le détruire et maintenant, j’en avais presque peur. C’était l’homme de l’hôpital, j’en étais sûr. Le loup de la forêt aussi, c’était lui ! Il n’était pas mon sauveur, mais mon bourreau ! J’avais envie de déchiqueter tout sur mon passage. Toutes mes crises de rage finissaient par me transformer en louve et la transition était épuisante. La femme était sortie à ma première métamorphose. J’avais beau gesticuler, hurler, rien n’apaisait ma rage. Je me retrouvais dans une série Z. Un loup-garou sérieux ?! Ce n’était censé être que des légendes et folklore, putain ! J’étais épuisée et fini roulée en boule dans un coin à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Lawson

Je tremblais de rage, j’avais beau tourné le problème dans tous les sens, je ne trouvais aucune solution. Une Alpha. J’avais créé la première Alpha depuis deux mille ans. Si je ne la soumettais pas rapidement, un autre le ferait et pour une telle louve, certains seraient prêt à tuer. Avoir un couple Alpha, c’était comme être tout-puissant. Mais pour le moment, j’avais juste envie de la tuer. C’était peut-être cette nature sous-jacente qui m’avait poussé à la mordre avec autant de violence. Je tournais en rond comme un loup en cage, soumettre une Alpha serais le plus gros défi de ma vie, mais pour le moment, elle m’inspirait trop de violence pour tenter le diable. J’avais déjà rivalisé avec de jeunes Alpha, mais là, ce serait différent. Je ne devais pas l’écraser de ma supériorité, juste la convaincre de rester avec moi et qu’elle me laisse prendre l’ascendant. Très simple en théorie. Pourquoi maintenant ? C’était le meilleur et le pire moment. Une nouvelle louve dans notre meute serait une garantie pour perpétuer l’espèce, mais j’étais moralement épuisé et pour que je m’en rende compte, c’est que c’était visible. Je la sentais par tous les pores de ma peau. Toutes mes alarmes hurlaient au rival et je ne pouvais rien faire, c’était à devenir dingue. Comment avoir les idées claires avec ça ?

- Essaye de te détendre. Je sais, moi aussi, ça me stresse. On va aller chez moi. Plus loin tu seras, mieux ce sera. Me lança Erick assit sur un fauteuil.

Mon sang ne fit qu’un tour.

- hors de question ! Criais-je, malgré-moi.

J’étais à fleur de peau, mais jamais je ne fuirais.

- Elle est enfermée et après votre rencontre, je ne pense pas qu’elle soit en état de fuir.

Je détournais la tête, je l’avais encore abîmée. Nos rencontres étaient toujours violentes. Je la revoyais inconsciente et couverte de sang. Cette image s’incrustait dans ma tête. Je m’ébrouer, il fallait que je me ressaisisse pour le bien de la meute. Cette femme était notre salut, je ne pouvais pas laisser passer cette chance.

- Va me chercher Loan. Ordonnais-je avec force ce qui surprit Erick qui, après un regard inquiet sorti.

Il fallait que j’en sache plus sur cette femme pour établir un plan d’action. Loan entra épuisée et s’assit sur un fauteuil.

- j’ai peur. Dit-elle abattue.

En cas de morsure, le taux ne dépassait généralement pas les cinquante pourcents, leur nature humaine était trop encré. Nous étions plus que 28 Alpha pure à 100%. Et le risque de consanguinité était très élevé. Ma petite sœur était morte avant ses un an à cause de pathologie consanguine. J’avais le graal juste sous les mains. Ma part humaine avait envie de prendre soin d’elle mais mon instinct de loup ne la voyait que comme une rivale, j’étais déchiré. Comment apprivoiser quelqu’un qui vous hérisse. Il fallait que je maitrise mon côté loup.