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Summary

Il n'était encore qu'un adolescent de quatorze ans lorsqu'Ariel a décidé de révéler ses sentiments à son meilleur ami depuis l'école maternelle. La réaction de Louis n'a pas été des plus agréables et par surprise, Ariel a fait sa valise pour quitter son pays natal, la France. La douleur étant trop forte à supporter après cette humiliation, il s'est envolé pour New York pour vivre chez sa tante. Dix ans après, alors que ses parents ont besoin d'aide, Ariel se voit contraint de revenir dans le village de montagne qui l'a vu grandir jusqu'au début de l'adolescence et qui reflète à présent, un souvenir douloureux. Un mois. Il ne revient que pour un mois pour aider ses parents avec le petit café qu'ils tiennent. Trente-et-un jours, durant lesquels Louis n'aura de cesse de faire des efforts pour rattraper l'énorme erreur qu'il a commise ce jour-là. Tant de jours où il n'aura qu'un seul défi : faire que les choses deviennent ce qu'elles auraient dû être depuis toujours. Retrouvailles, tristesse, amour, le tout sur un fond de neige avec un plaid et une grosse tasse de chocolat chaud en main. Sans oublier, les indémodables chansons de Noël.

Status
Complete
Chapters
26
Rating
4.8 13 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1 - Quelques flocons de neige

« Last Christmas, I gave you my heart. But the very next day, you gave it away. This year, to save me from tears. I’ll give it to someone special. »

Wham - Last Christmas


Ariel

Je m’appelle Ariel. Ariel Rivière. Oui, vous pouvez rire, car ce n’est pas un prénom courant surtout pour un garçon, mais il faut croire que mes parents étaient de grands fans de La Petite Sirène ou bien que j’avais une tête de sirène à ma naissance, je n’en sais trop rien. Ce prénom n’a pas toujours été facile à porter, du moins dans mon enfance ça allait. Les enfants trouvaient ça amusant de me comparer au dessin animé, mais en grandissant, c’est un prénom qui est devenu une sorte de fardeau à porter.

Il n’est pas l’heure pour faire de grands discours sur les origines de mon prénom, il est l’heure de remettre les pieds dans la ville de mon enfance. Cet endroit où je ne suis pas revenu depuis dix ans. J’en suis parti à l’âge de quatorze ans et j’y reviens aujourd’hui, à vingt-quatre ans. Certains événements qui se sont produits ont fait que j’ai dû prendre mes distances avec cet endroit où j’avais toute ma vie et je n’ai pas fait dans la demi-mesure, car j’ai quitté la France pour les États-Unis, New York plus précisément.

Pourtant rien n’a changé ici, tout a l’air de s’être figé depuis que je l’ai quitté. New York me manque déjà alors que je ne suis parti que la veille. Revenir ici, me rappelle trop de mauvais souvenirs et surtout en cette période de l’année où tout n’est que joie, partage et amour. J’aime la période de Noël, ce n’est pas ça le souci. C’est le reste qui me pose problème. Ce que je faisais aux États-Unis à seulement quatorze ans ? J’ai eu la chance d’avoir de la famille là-bas qui a pu m’accueillir pour améliorer mon anglais, pour la version officielle.

Mon petit village d’enfance en France n’a strictement rien à voir avec la grosse pomme. Ici, tout le monde se connaît, car il y a peu d’habitants alors que là-bas, les gens sont toujours en train de courir à droite à gauche et la politesse laisse à désirer. Peut-être que finalement, revenir ici pour un mois ne pourra me faire que du bien. Ma famille me manque et si je suis ici, à l’instant T, c’est parce qu’ils ont besoin de moi.

Chaque année, avant même que tombent les premiers flocons de neige sur ce village de montagne, ma famille voit un véritable marathon se mettre en place. Elle tient un petit café et débute la période de l’année la plus festive qui soit. On y retrouve chocolat et vin chaud, thé de Noël et un tas de gourmandises toutes plus délicieuses les unes que les autres, à déguster. Si cette année je suis de retour ici alors que les autres années, ce sont eux qui m’ont rejoint à New York, c’est parce que je viens leur apporter mon aide. Je n’ai pas bien compris ce qui se passait, mais ça avait l’air grave alors j’ai pris le premier avion pour venir ici.

Et me voilà déjà en train de dévaler les rues pavées jusqu’à leur petit café où je n’ai pas mis les pieds depuis dix années. Je suis agréablement surpris en rentrant à l’intérieur, car même si certaines choses sont différentes, j’aime ce qu’ils ont fait de cet endroit. On sent toujours que c’est accueillant et familial. La petite touche décoration de fin d’année apporte un charme supplémentaire. D’ailleurs je vois quelques familles déjà attablées qui sont en train de déguster un bon repas. Ça me donne envie de faire comme eux. Je me traîne avec ma valise jusqu’à un tabouret au bar et m’assieds dessus.

— Bonjour Madame, je vais vous prendre l’un de vos délicieux chocolats chauds avec un supplément chantilly, ainsi qu’un cookie, s’il vous plaît. Il paraît que ce sont les meilleurs des alentours.

Ma mère se retourne pour me faire face et l’élan de joie qui l’envahit en me voyant, la force à faire rapidement le tour du comptoir pour venir me serrer dans ses bras dans une étreinte chaleureuse. C’est vrai que ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire qu’elle vérifie que je sois en un seul morceau, car je le suis même si selon elle, je suis trop maigre.

— Quand es-tu arrivé ? Et pourquoi tu ne nous as pas prévenus ? On serait venu te chercher à l’aéroport, voyons. Chéri, viens voir qui est là.

— Je voulais juste vous faire la surprise maman et le principe d’une surprise, c’est de ne pas prévenir, m’amusé-je en riant.

Mon père sort sa tête de la cuisine où il était en train de préparer une nouvelle fournée de pâtisseries, si j’en juge à la farine sur ses mains et son tablier. Il a le même élan de joie quand il me prend dans ses bras et m’examine, mais contrairement à ma mère, il me trouve bien en forme, lui. Ah les parents. Il ne manque plus que ma sœur, quelques flocons de neige et tout sera parfait.

— Je suis vraiment content de vous voir, mais je n’ai pas bien compris ce qui se passait. Ton message n’était pas très clair, maman, mais ça avait l’air grave donc je suis venu aussi vite que j’ai pu.

— Ariel, mon chéri, tu ferais mieux de t’asseoir, lance ma mère après avoir échangé un regard avec mon père.

Elle m’entraîne déjà vers une table pour que je me pose et vu la tête qu’ils font tous les deux, ça ne sent pas bon. Mon père pose ses mains sur celles de ma mère et une fois de plus, ils échangent un regard qu’eux seuls peuvent comprendre. Je me sens comme le héros d’un téléfilm de Noël en cet instant. Le fameux moment où il revient aux sources et qu’on lui annonce une terrible nouvelle. L’air grave sur le visage de mes parents et le décor qui m’entoure m’y plongent direct.

— J’écoute, je les presse ne tenant pas plus de ce suspense.

— Disons que les affaires ne vont plus si bien, ces derniers mois...commence mon père.

— C’est pire que ça, chéri et tu le sais, continue ma mère.

— C’est si terrible que ça ? Pourtant il y a des clients alors c’est que les affaires ne vont pas si mal.

— Ariel, il y a quelque chose qu’on ne t’a pas dit...

— Quoi, papa ?

— Nous avons dû vendre le café... C’était soit ça, soit nous devions vendre la maison, car nous avions un crédit à rembourser.

— Vous avez vendu le café ? Mais quand ça ? Une seconde, je ne comprends pas. Si vous n’êtes plus propriétaires, pourquoi est-ce que vous continuez à travailler ici et pourquoi est-ce que le café porte toujours le même nom ?

— Parce que le nouveau propriétaire a bien voulu nous laisser continuer de gérer le café. D’ailleurs à ce propos, il y a autre chose qu’on doit te dire et je pense que tu ne vas pas être content...

De quoi est-ce que ma mère parle ? Qu’est-ce qui peut être pire pour mes parents que de perdre ce pour quoi ils se sont battus toute leur vie ? J’y suis, dans la partie croustillante du téléfilm où le héros se prend un sapin sur la tronche ou glisse sur le verglas, se rétamant en beauté, enfin façon de parler. La petite clochette à l’entrée du café retentit, signe que quelqu’un vient d’entrer, mais je reste concentré sur mes parents, perturbé par ce que je viens d’apprendre alors que je sens quelqu’un qui approche dans mon dos.

— Qu’est-ce que vous me cachez ?

— Le nouveau propriétaire est...

— Juste derrière toi,termine l’ombre dans mon dos.

Je me retourne et mon cœur s’emballe.

La personne derrière moi n’est autre que Louis Lacroix, mon ex-meilleur ami dont j’étais éperdument amoureux.

Il est aujourd’hui le patron de mes parents et donc mon patron, par la même occasion.

C’est un cauchemar.

Le pire scénario de l’histoire des téléfilms de Noël s’écrit sous mes pieds.