Daddy ? Baby Girl. / 𝐂𝐋𝐀𝐈𝐑𝐄

All Rights Reserved ©

Summary

𝒞𝑜𝓁𝓁𝑒𝒸𝓉𝒾𝑜𝓃 𝓑𝓪𝓫𝔂 - 𝐼 Claire est une ado rebelle de dix-sept ans. Élevée par une mère camée, elle cherche constamment le conflit et croit tout savoir de la vie. Elle défie l'autorité et rien ne semble l'atteindre, jusqu'à ce qu'elle fasse la rencontre de Darill, un homme qui déteste les filles dans son genre. Parce que lui aussi, aime jouer les gros durs et assoir sa domination. Un mélange explosif entre deux fortes personnalités qui arrivent toutefois à trouver un terrain d'entente pour le moins... original. Fictions érotique. Scènes explicites et langage cru. Tw : Violence, Addictions, Différence d'âge

Status
Complete
Chapters
28
Rating
4.9 13 reviews
Age Rating
18+

I

Ma mère n'aura jamais assez d'argent pour me payer une école d'art. Je n'ai aucun avenir, je le sais. C'est pour ça que les cours ne m'intéressent pas et que je ne vais au lycée que pour assurer des aides familiales à ma génitrice. De toute façon, je ne lui sers qu'à avoir de l'argent.

- Vous n'irez pas loin dans la vie, Claire !

Je soupire et roule des yeux. Je suis à deux doigts de tout envoyer balader. D'accord je ne fais rien, mais je ne dérange personne. Au fond de la classe comme une solitaire, je remplis mon carnet de dessins. D'autres perturbent le cours en parlant ou en rigolant, mais c'est toujours sur moi que les profs s'acharnent. Et plus particulièrement celle-ci. Tout la rebute chez moi : mon style vestimentaire, mes dessins, ma façon de parler, mon maquillage, la musique que j'écoute... Je suis catégorisée comme une élève rebelle, alors que je ne demande rien à personne.

- Et assieds-toi correctement, nom de Dieu !

Comme chaque fois, elle a la remarque de trop. Je supporte les critiques depuis le début de la journée, j'ai atteint ma limite. Je ne vais pas me battre, la frapper ou l'insulter. Je ne suis pas ce genre de personne. Je me lève simplement, range mon carnet, ma trousse et sors mon casque avant de refermer mon sac à dos noir. Tous les yeux sont rivés sur moi.

- Que faites-vous ?

Je passe mes bras dans les trous et enfonce le fil dans mon téléphone. Ma table vide et ma chaise rangée, je passe devant mes camarades et le bureau de la prof avant de partir sans un mot. Avant que je n'allume ma musique, j'entends au fond du couloir :

- Revenez ici, Claire!

Enfin, j'appuie sur le petit triangle pour lancer The Kids are Coming. La douce voix de la chanteuse m'emmène hors du bahut. Armée de mes rangers à lacets jaunes, j'entame une randonnée. Je rejoins mon squat favori. En dehors de ma prison quotidienne, je me sens plus libre, plus heureuse. Le lycée me rend dépressive. Dehors, j'ai envie de sourire pour tout et n'importe quoi. J'ai l'impression d'être la maîtresse du monde.

Même si mes bas résille attirent la gente masculine, je me sens invincible. J'ai l'habitude que les hommes en chien me reluquent. Peu importe la façon de s'habiller, il y aura toujours des gens pour critiquer ou dire qu'on provoque. Alors je ne me gêne pas pour porter ce que j'aime. Aujourd'hui, c'est mon short bordeaux préféré et mon débardeur noir. Mes cheveux teints sont attachés en queue de cheval haute et mes yeux sont entourés de crayon noir.

Mon lieu de refuge est une ancienne usine désaffectée au bord d'un petit courant d'eau. Elle est fermée mais ses fenêtres cassées sont facilement accessibles via la grille, que je dois escalader pour atteindre l'arrière du bâtiment. Je préfère être dehors qu'enfermée entre quatre murs. De plus, il fait assez beau pour profiter d'une lumière naturelle, ce qui embellit mes dessins et mes photos.

- Merde !

En sautant la grille, mon collant se raccroche et se craque. Sur la cuisse gauche, j'ai désormais un énorme trou. Je soupire mais continue d'avancer. Enfin installée, contre le mur tagué, je sors mon carnet et termine le squelette mexicain que j'avais commencé en cours d'histoire.


Quand j'entame une nouvelle œuvre, mon téléphone sonne. L'écran affiche le numéro du dernier garçon qui a fourré sa langue dans ma bouche. Je l'aime bien alors je réponds. Il m'explique être en pause et qu'il reprend les cours dans moins de cinq minutes. Je ne lui fais pas perdre son temps et le laisse parler.

- Ça te dit qu'on aille au ciné ce soir ? Me propose-t-il.

- Tu me proposes un rendez-vous ?

- Ouais, en quelque sorte...

Je laisse un blanc s'installer. J'observe le sourcil que je n'ai pas fini de crayonner.

- Alors ? Insiste-t-il.

Je lève un coup les yeux vers le soleil et hausse les épaules, comme s'il pouvait me voir.

- Pourquoi pas, je réponds.

- Alors on se dit 20h devant le ciné ?

- Ok.

Il me salue et raccroche. Je regarde l'heure : 16h12. J'ai encore du temps à perdre. Je remets mon casque, change de musique et de position, et reprends mes coups de crayon. Cette-fois ci, c'est un couple en plein acte sexuel. On ne voit pas leur sexe, mais assez de leur corps pour imaginer le reste. Le garçon a la main posée sur l'une des fesses de sa partenaire, assise sur lui.

Les mêmes musiques tournent en boucle, ma playlist n'étant composée que de cinq musiques. J'en ai beaucoup plus – environ deux mille – mais ces cinq chansons sont celles que j'écoute en ce moment. Trois sont de la même chanteuse et les deux autres issues d'une série. Ma tête s'agite toujours dans le même sens, au même rythme, mais je ne me lasse pas. C'est pourquoi je pousse un cri quand je sens mon casque glisser de ma tête. Je pense d'abord à un coup de vent puis me rends compte que deux hommes se tiennent devant moi, habillés en mode Men in Black.

- C'est bon, tu m'entends là ? Aboie le premier.

Je le fusille du regard et referme mon carnet en soupirant.

- Quoi ? Je réponds sur le même ton.

- Tu ne sais pas lire une pancarte ? « Propriété privée » !

Je regarde le deuxième homme qui reste silencieux mais nous observe. L'autre est plus grand, plus bronzé et a des yeux gris. C'est la première fois de ma vie que je vois quelqu'un qui a les yeux gris. Je ne peux m'empêcher de planter mes iris marron dans les siennes.

- C'est bon, je n'ai rien fait de mal. Personne ne vient jamais de toute façon.

- Je suis là, moi. Maintenant lève ton cul de connasse et barre-toi. C'est pas un squat de défoncés ici.

Je pouffe de rire.

- C'est pas parce que je suis seule et que j'ai les cheveux teints en noir que je me drogue. Ce n'est pas bien de juger à l'apparence.

- J'en ai rien à foutre. Si tu te lèves pas, je te forcerai à le faire.

Je hausse les sourcils mais prends mon sac. Je ramasse mon casque et me lève, pas pour lui faire plaisir mais pour être tranquille.

- Il ne faut pas jeter votre frustration sexuelle sur moi. Je ne vous ai rien fait.

Je mets mon sac sur mes épaules et m'apprête à partir mais Monsieur me retient par le bras. Il resserre sa prise et me tire vers lui. Je grimace et tire dans le sens inverse mais il est plus fort.

- C'est bon Darill, laisse-là. C'est qu'une gamine, intervient son ami en avançant d'un pas.

- Rien à foutre. Elle me manque pas de respect.

- Qu'est-ce que vous comptez me faire, hein ? Je demande, le provocant.

Sans que je ne m'y attende, le prénommé Darill m'arrache mon téléphone des mains et le jette dans l'eau. Avec la rapidité de son geste, je ne peux pas le rattraper. Mon casque se débranche et l'appareil suit le courant, disparaissant rapidement de ma vue.

- Mon téléphone ! Je me plains.

- Tu fais moins la maligne là, hein ?

- Darill. Arrête tes conneries.

Je jette un regard de fausse détresse à son ami. Ne le voyant pas réagir, je décide de me défendre seule. Ce n'est la première fois qu'on m'agresse, je sais où donner des coups de pieds. Et même si je rate ma cible de peu, mon coup suffit à le faire lâcher. A cause de l'espèce de sable, mes chaussures lui ont laissé une trace blanche sur son costume noir. Je ne m'y attarde pas et prends mes jambes à mon cou pour m'enfuir, passant par la grille, cette-fois, ouverte.

- Je te jure que je vais te retrouver et te le faire payer connasse !