I
C’est le grand jour, celui que j’attends depuis plus d’un an. Je suis majeure et je vais enfin quitter la maison familiale pour aller vivre chez mon Daddy. Je deviendrai alors sa Baby Girl. Ce sont les surnoms que nous nous donnons depuis presque le premier jour.
Le lien qui nous unit est bien plus fort qu’un amour éphémère. Lorsque je l’ai rencontré - sur un réseau social - j’étais à la recherche d’un maître BDSM. J’en avais trouvé plein mais lui était différent. Il ne voulait pas m’attacher avec des cordes ou me faire signer de contrat. Il me demandait juste d’être une enfant. Je connaissais déjà le sens des surnoms, ayant lu pas mal d’histoire sur le sujet. Je dois avouer qu’elles m’avaient toujours fait un certain effet.
Je ne l’ai jamais rencontré en vrai et je ne connais pas son nom. Lui connaît le mien mais m’a toujours surnommée Baby Girl. Nous nous sommes souvent appelés, parlé par message ou par Skype. Il est très gentil et ne m’a jamais rien demandé d’indécent. Il m’a, au contraire, fait promettre de ne jamais me toucher et de garder ma virginité pour le jour où l’on se rencontrerait. Et ce jour est enfin arrivé.
J’en ai déjà parlé à ma mère. Du moins, je lui ai déjà dit que j’avais un petit ami et que j’irai vivre chez lui à mes dix-huit ans. Bien sûr, elle m’a rit au nez et m’a lâché un « Si tu es encore avec lui d’ici-là ». Résultat : je suis plus que jamais proche de lui. Il n’y a que quelques kilomètres qui nous séparent. Je devrai simplement prendre le train pour le rejoindre.
J’ai refusé qu’il vienne me chercher parce que je sais que lorsque ma mère le verra, elle fera tout pour m’empêcher de partir. Il est plus âgé qu’elle. Elle le traiterait de pédophile et lui ferait un procès. C’est pour cela que Daddy m’a demandé de rester vierge, pour éviter les problèmes judiciaires de viol.
Le seul à connaître la nature de notre relation, c’est mon meilleur ami Tommy.
- T’es vraiment sûre de vouloir faire ça ? Me demande-t-il alors que je m’agite pour terminer mes bagages. Imagine que ce soit un psychopathe, un tueur en série...
- Tommy... Il n’a rien d’un psychopathe. Daddy est gentil, attentionné, présent et ne m’a jamais laissée tomber. Souviens-toi la fois où j’étais à l’hôpital. Il est venu me rendre visite.
A cette pensée, mon cœur se serre. J’étais dans une très mauvaise passe et avais tenté de me suicider. C’était quelques jours après l’avoir rencontré. Et je suis d’autant plus triste car je dormais lorsqu’il est venu. C’était le but de sa démarche, mais ça m’avait tout de même fait plaisir. Il m’avait laissé une petite carte et déposé un bouquet de fleurs. A mon réveil, toutes mes idées noires avaient disparu et depuis ce jour, Daddy est la seule personne qui arrive à me pousser sur le droit chemin.
- Oui mais moi je ne veux pas que tu partes ! Tu vas me manquer...
Le brun fait la moue et écarte ses bras pour que je vienne le consoler. Je ris légèrement et le prends dans mes bras. Nous finissons allongés sur mon lit et restons ainsi un moment. Enfin, lorsque mon alarme sonne, je me relève et me précipite vers ma valise pour la fermer, m’assurant que je n’ai rien oublié. Le plus important reste ma peluche et la tétine que Daddy m’a envoyée pour mes dix-sept ans.
- Ta mère va être folle de rage. Tu devrais au moins lui dire...
- Ne t’en fais pas, je le rassure. Je vais lui laisser un petit mot.
- S’il t’arrive quelque chose, elle s’en voudra toute sa vie...
- Il ne m’arrivera rien, Tommy. Je l’ai prévenue il y a longtemps. Elle sait que je vais chez lui.
Tommy soupire et se lève quand je commence à partir, me suivant jusqu’à la porte de sortie. Je prends un post-it et un stylo puis écris un petit « au revoir » à ma mère. Rien de plus, rien de moins. Nous ne sommes pas assez proches pour que je lui mette un cœur ou un petit mot d’amour. Enfin, quand tout cela est fait, je sors, referme la porte derrière Tommy et glisse la clé dans la boîte aux lettres en expirant. C’est la fin de mon ancienne vie et le début d’une nouvelle.
Adieux maman, bonjour Daddy.
Tout le trajet, j’ai le regard rivé sur le paysage, qui défile à toute vitesse. Je pense au fait que je vais avoir une figure paternelle, que je n’ai jamais eu, et que notre relation est vraiment étrange. Cependant, j’ai appris à accepter ce petit jeu.
Au début, lorsque j’ai découvert le Daddy/Baby Girl, je pensais que cela traitait de fantasmes pédophiles. J’ai longtemps culpabilisé en me disant que j’aimais ce genre d’histoire et que j’en étais même excitée. Je passais des heures à lire sur le sujet, un oreiller entre les cuisses. Et à chaque moment intime, je ne pouvais retenir une envie soudaine de me déshabiller et me toucher un peu partout. Toutefois, une fois l’orgasme atteint, je retombais dans un état moral proche de zéro. Je fantasmais sur des hommes mûrs, qui eux-mêmes fantasmaient sur des jeunes filles se prenant pour des enfants.
Je n’en avais parlé à personne, jusqu’à ce que je rencontre Daddy. A la recherche de sensations fortes, j’étais tombée sur un compte mystérieux. Il avait tout d’une personne normale. Il partait en vacances à la montagne ou à la mer, rendait visite à sa famille, sortait avec des amis... Il y avait beaucoup de photos de lui et tous les commentaires étaient des mots d’amour de son entourage. Cela m’a très vite mise en confiance et j’ai commencé à échanger avec lui par message sur l’application. Est venu le moment où nous nous sommes échangé nos numéros. C’était un mois après notre rencontre. Deux mois plus tard, il m’avait appelée, pour parler de ma tentative de suicide. Il m’a promis d’être là et que si j’avais besoin de quoi que ce soit, je devais lui dire.
Après un an, soit peu de temps avant ma majorité, je lui ai envoyé quelques photos intimes de moi. La plupart ont été prises par Tommy. Fan de photographie, il cherchait un modèle féminin pour un shooting érotique. Nous avons fait d’une pierre deux coups et Daddy était très content de recevoir ces photos, même s’il n’a pas pu cacher sa jalousie vis-à-vis de mon ami. Quand il a appris que Tommy était gay, il a été soulagé.
Je mets fin à ces pensées intérieures en entendant le nom de ma station. Mon cœur bat la chamade lorsque le train s’arrête. Je prends mes affaires d’une main tremblante et suis la horde de passagers hors du train. Une fois dehors, l’ai frais m’apaise et j’inspire profondément.
- Laura ?
A l’entende mon prénom, mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Sa voix est bien plus rauque en vrai. Je tourne la tête et un sourire naît sur mon visage.
- Daddy ?
Son expression passe de mal assurée à heureuse. C’est lui. Il est devant moi, en chaire et en os, debout sur ses deux jambes, le soleil illuminant son visage bronzé. Ses iris bleues brillent et sa barbe de trois jours lui donne un charme indéniable. Rapidement, je lâche mes affaires pour me jeter dans ses bras. Il m’accueille chaleureusement et pose sa main sur ma tête pour la caresser doucement. Je hume son odeur, enfonce ma tête dans son torse et entoure sa taille de mes bras.
- Tu as fait bon voyage ? Me demande-t-il en me lâchant pour aller ramasser mes affaires.
- Oui. Je suis trop contente d’être enfin avec toi !
Il sourit et prends mes bagages, refusant que je porte quoi que ce soit. Il commence à avancer et je le suis. Nous arrivons dans un parking sous-terrain, où les phares d’une voiture noire clignote dans un bip qui résonne dans l’endroit. Daddy ouvre le coffre et y dépose mes affaires, me rejoignant par la suite à l’avant.
- Tu n’as rien oublié ?
- Non.
- Bien. Allons-y alors.
Il me sourit et caresse ma joue tendrement puis s’attache et démarre. Nous roulons une petite demi-heure, pendant laquelle aucun de nous ne parle. Je ne sais pas quoi dire. Tout me paraît nouveau alors que notre relation date de plus d’un an.
Arrivés devant un trio de maisons jumelées, il s’arrête. Nous descendons et reprenons ce qu’il y a dans le coffre. Au même moment, une autre voiture arrive et se gare en face d’une des deux autres maisons. Un couple en sort et nous sourit.
- Bonjour, je dis tout bas.
- Bonjour, me répond l’homme. La miss est enfin arrivée, tu dois être heureux !
- Oui, plus que jamais.
Daddy salue la femme d’un geste de la main. Elle le lui rend et me fait signe à moi. Je souris et enfin, nous entrons dans la demeure. Tout est blanc et semble neuf. Nous longeons d’abord un couloir et allons dans le petit salon, dont la porte/fenêtre donne sur le jardin. Tout est très lumineux et après avoir tout posé sur le canapé, Daddy me demande de le suivre.
Il me fait monter un escalier qui donne sur trois portes. La plus proche est sa chambre, de taille moyenne avec son lit, une commode, une armoire et une télévision. Tout est dans les tons marrons, à cause du bois des meubles.
La deuxième porte renferme la salle de bain. Elle est étroite mais plutôt agréable, avec du carrelage bleu sur les murs. Enfin, la dernière pièce est une autre chambre.
- Voici ta chambre.
Elle est beaucoup plus petite que la mienne et la décoration est complètement différente. Je suis passée d’une chambre de jeune femme à celle d’une enfant de six ans. Les murs sont décorés de Poneys sur fond bleu, le lit est drapé de rose et de bleu, et tous les meubles ont des petites étoiles pour poignées. Au plafond, des étiquettes phosphorescentes et au fond de la pièce, une caisse avec des livres pour enfant.
Je me pince les lèvres pour éviter de rire. Sur le coup, je suis assez surprise mais je me vois petit à petit vivre dans cette pièce. Je me sens étrangement plus à l’aise que dans mon lit baldaquin double et mon immense miroir en face.
Daddy dépose un baiser sur ma joue avant de me laisser. Il descend pour me laisser le temps de m’habituer. J’entre alors complètement dans la pièce et observe les moindres recoins. Sur mon petit lit, une pile de vêtements m’attend. Je ne réfléchis pas plus longtemps et me déshabille pour les enfiler. La culotte est blanche, avec les coutures bleues et un petit nœud sur le devant. J’enfile le short en jean, mets le débardeur blanc et enfile les petites chaussettes roses.
Excitée par la situation, mes tétons pointent et sont très voyants. Le haut étant légèrement transparent, on peut même en voir la couleur rosée. Je souris et me mords la lèvre en redescendant.
Je suis vraiment heureuse d’être ici.








